Revaloriser le commerce de proximité

Telechargé par Louise de MASCAREL
Concours : Rédacteur
Session : 2023
Spécialité : Finances
Épreuve : Note sur Dossier
Date épreuve : 19 octobre 2023
Le 19 octobre 2023
Communauté d’agglomération de Commaglo
Direction de l’Aménagement et du Développement Économique
Note à l’attention de la Vice-Présidente
Déléguée au Développement Durable
Objet : l’activité commerciale de proximité
Références : Loi NOTRE du 7 août 2015
Loi ELAN de 2018
Code de l’Urbanisme
Tout au long de son histoire, le commerce a dû faire face à des évolutions. Pourtant, aucune
n’avait remise en cause la localisation de l’acte d’achat dans ses boutiques physiques. La crise
COVID 19 comme l’inflation ou encore la numérisation de la société ont fait évoluer les
rapports de force entre les différents acteurs du secteur commercial, et notamment les
commerces de proximité. Après des années de ni, la lutte contre la désertification des
centres-villes est devenue une priorité des pouvoirs publics. L’attractivité des centres-villes et
le commerce de proximité sont désormais au cœur des préoccupations du Gouvernement et
des collectivités territoriales. Le commerce de proximité est un secteur qui souffre de
multiples disparités mais les pouvoirs publics engagent une politique volontariste de
revalorisation du commerce de proximité.
I Le commerce de proximité, un secteur qui souffre de multiples disparités
A Un secteur qui se porte globalement bien
Le commerce de proximité regroupe l’ensemble des activités économiques relevant des
commerces et des services répondant à des actes de consommation de la vie courant. Accès
rapide, le commerce de proximité doit se trouver dans un rayon de 800 mètres du
consommateur, soit 15 minutes à pied (ou une durée similaire en voiture, pour les zones
rurales ou moins denses). Un tel commerce peut donc se trouver en centre-ville, en centre
commercial ou en périphérie, du moment qu’il est proche du consommateur.
Le commerce, en tant que secteur économique, se porte globalement bien. La croissance de
son chiffre d’affaire, de ses emplois, sa part dans la richesse nationale n’a que très rarement
décliné. Avec 700 000 établissements employant 3,2 millions de salariés, le commerce croît,
ayant augmenté de 9,1 % le nombre d’établissements et de 4,9 % le nombre de salariés entre
2009 et 2015. Il s’agit d’un secteur dynamique de l’économie française, pourtant soumis à de
fortes disparités.
B Les centres-villes soumis à la déprise commerciale
Le commerce est réparti de manière inégale sur le territoire. On trouve en moyenne 67
commerces pour 10 000 habitants. Ce chiffre est très variable : à la hausse dans les villes de
plus de 200 000 habitants (mais très peu de commerces alimentaires), à la hausse comme à la
baisse pour les villes de 5 à 10 000 habitants. Pour les communes rurales, près de 60 % d’entre
elles ne disposent plus de commerces du tout. La diminution des commerces de proximité est
aussi à la modification des habitudes des Français. 17 % d’entre eux effectuaient leurs
courses à pied en 2010 contre 53 % en 1975. Ils sont désormais 65 % à les effectuer en voiture
(en 2010) contre 38 % en 1975. De ce fait, les commerces des centres-villes sont délaissés au
profite des grandes surfaces péri-urbaines.
En milieu rural, la déprise du commerce en centre-ville est due à la présence de grandes
surfaces en centre-ville. Par ailleurs, de plus en plus de superettes et petits commerces
s’installent en périphérie, le long des axes routiers. Cette déprise est un phénomène continu
depuis 1980, mais s’est particulièrement intensifié entre 2009 et 2015. Le taux de vacance des
commerces est passé de6,1 % en 2001 à 10,4 % en 2015, avec des taux de vacance dépassant
même parfois les 15 %. Les professionnels considèrent faire face à une crise grave au-delà de
10 % de vacance. Le commerce étant en général le reflet de la santé économique et
démographique d’un territoire, il faut mettre en place des logiques diverses de revalorisation.
II Vers une politique volontariste de revalorisation du commerce de proximité
A Opération de revalorisation : l’Etat force de propositions
Avec la loi Elan de 2018, l’Etat entend s’engager dans la revitalisation des centres-villes et la
revalorisation du commerce de proximité. Cette loi a en particulier créé les ORT – Opérations
de Revitalisation des Territoires, outil précieux. L’Etat a aussi mis en place deux programmes :
Action ur de Ville en 2018, qui est désormais dans sa seconde phase 2023-2026, ainsi que
Petites Villes de Demain en 2021. Ces actions mises en place par les collectivités sont en partie
financées par l’Etat. Au-delà de ces aides financières, l’Etat entend, par le biais de ces
programmes, *proposer* des solutions techniques et des actions coordonnées : développer
une offre attractive de l’habitat en centre-ville, favoriser un développement économique
équilibrer, développer accessibilité, mobilité et connexions, mettre en valeur l’espace public
et fournir l’accès aux équipements.
Par la loi NOTRe du 7 août 2015, la compétence commerce a été transférée aux communautés
de communes et d’agglomération, tout en laissant quelques libertés aux communes. Elles
disposent donc d’une latitude importante pour déterminer les champs relevant de l’intérêt
communautaire : aides à l’immobilier, ouvertures dominicales, périmètres de sauvegarde,
animations, programmes pluriannuels…. La Région reste en appui au développement
économique, avec la compétence de ce développement et de l’innovation. Chaque région
définit ses objectifs dans le SRADDET et le SDREII. Les départements quant à eux restent en
appui au titre de la solidarité territoriale.
B Les collectivités territoriales prennent en main l’attractivité de leurs centres-villes
Les Élus locaux jouent sur leurs délégations afin de recréer du flux de clientèle par la
revalorisation du territoire, la rénovation ou l’implantation d’espaces verts, les transports en
commun ou le PLU. Ils s’attachent aussi à mettre en place des animations culturelles,
l’augmentation des patrouilles ou encore la piétonnisation des espaces publics. Des
concertations entre Élus et commerçants apparaissent indispensables afin de soulever des
problèmes et de pouvoir apporter des solutions. Les managers de commerce sont aussi des
acteurs indissociables, incontournables dans les cellules de gestion du management du
centre-ville.
De nombreuses villes confrontées à la baisse d’activité commerciale de proximité ont ainsi
développé des solutions afin d’y remédier. Albi propose de nombreuses aides financières
variées qui ont favorisé le développement de ses commerces. A Chauny, une recherche sur
l’attractivité commerciale de son territoire a permis de réaliser une étude comportant une
enquête sociologique puis une étude de la forme urbaine de son territoire. Dans de
nombreuses villes, la charte « petits commerces » a fait ses preuves sur l’attractivité
commerciale. Enfin, certains leviers comme la mise en place d’une charte des devantures de
commerçants aux outils numériques permet de revaloriser les centres-villes et l’activité
commerciale de proximité.
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