
2009 et 2015. Il s’agit d’un secteur dynamique de l’économie française, pourtant soumis à de
fortes disparités.
B – Les centres-villes soumis à la déprise commerciale
Le commerce est réparti de manière inégale sur le territoire. On trouve en moyenne 67
commerces pour 10 000 habitants. Ce chiffre est très variable : à la hausse dans les villes de
plus de 200 000 habitants (mais très peu de commerces alimentaires), à la hausse comme à la
baisse pour les villes de 5 à 10 000 habitants. Pour les communes rurales, près de 60 % d’entre
elles ne disposent plus de commerces du tout. La diminution des commerces de proximité est
aussi dû à la modification des habitudes des Français. 17 % d’entre eux effectuaient leurs
courses à pied en 2010 contre 53 % en 1975. Ils sont désormais 65 % à les effectuer en voiture
(en 2010) contre 38 % en 1975. De ce fait, les commerces des centres-villes sont délaissés au
profite des grandes surfaces péri-urbaines.
En milieu rural, la déprise du commerce en centre-ville est due à la présence de grandes
surfaces en centre-ville. Par ailleurs, de plus en plus de superettes et petits commerces
s’installent en périphérie, le long des axes routiers. Cette déprise est un phénomène continu
depuis 1980, mais s’est particulièrement intensifié entre 2009 et 2015. Le taux de vacance des
commerces est passé de6,1 % en 2001 à 10,4 % en 2015, avec des taux de vacance dépassant
même parfois les 15 %. Les professionnels considèrent faire face à une crise grave au-delà de
10 % de vacance. Le commerce étant en général le reflet de la santé économique et
démographique d’un territoire, il faut mettre en place des logiques diverses de revalorisation.
II – Vers une politique volontariste de revalorisation du commerce de proximité
A – Opération de revalorisation : l’Etat force de propositions
Avec la loi Elan de 2018, l’Etat entend s’engager dans la revitalisation des centres-villes et la
revalorisation du commerce de proximité. Cette loi a en particulier créé les ORT – Opérations
de Revitalisation des Territoires, outil précieux. L’Etat a aussi mis en place deux programmes :
Action Cœur de Ville en 2018, qui est désormais dans sa seconde phase 2023-2026, ainsi que
Petites Villes de Demain en 2021. Ces actions mises en place par les collectivités sont en partie
financées par l’Etat. Au-delà de ces aides financières, l’Etat entend, par le biais de ces
programmes, *proposer* des solutions techniques et des actions coordonnées : développer
une offre attractive de l’habitat en centre-ville, favoriser un développement économique
équilibrer, développer accessibilité, mobilité et connexions, mettre en valeur l’espace public
et fournir l’accès aux équipements.
Par la loi NOTRe du 7 août 2015, la compétence commerce a été transférée aux communautés
de communes et d’agglomération, tout en laissant quelques libertés aux communes. Elles
disposent donc d’une latitude importante pour déterminer les champs relevant de l’intérêt
communautaire : aides à l’immobilier, ouvertures dominicales, périmètres de sauvegarde,
animations, programmes pluriannuels…. La Région reste en appui au développement
économique, avec la compétence de ce développement et de l’innovation. Chaque région
définit ses objectifs dans le SRADDET et le SDREII. Les départements quant à eux restent en
appui au titre de la solidarité territoriale.