Chapitre II : La Fonction d'Investissement en Macroéconomie

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COURS DE MACROECONOMIE
CHAPITRE II
LA FONCTION D’INVESTISSEMENT
1
INTRODUCTION
L’investissement constitue à côté de la consommation, la deuxième composante majeure de la
demande globale (ensemble des dépenses agrégées d’une économie). Le terme investissement tout
au long du chapitre correspond plus exactement à l’expression « dépenses d’investissement ».
L’investissement joue un rôle essentiel dans le processus de développement puisqu’il détermine la
capacité de production d’une économie. Par exemple, un pays où l’investissement est faible ne pourra
pas produire suffisamment produire, sera obligé d’importer au risque de détériorer la Balance
Commerciale. De même, le sous-investissement limite la création d’emploi (encourage le chômage) et
contraint la consommation en termes de quantité et de qualité.
L’investissement désigne l’ensemble des dépenses effectuées au cours d’une période, ayant pour but
d’acquérir des biens de production, c’est-à-dire destinés à produire d’autres biens et services. Il exclut
donc les investissements sur les marchés financiers. Les biens acquis et ou utilisés pendant le processus
de production ne constituent l’investissement que dans la mesure où ils sont utilisés pendant au moins
un an. Autrement, il s’agit d’une consommation intermédiaire. L’investissement est donc
l’accroissement du stock de capital existant. Il s’agit de l’investissement net donnée par
1nt t t t
I K K K
=  =
. L’investissement brut ou total quant lui intègre en plus l’investissement de
remplacement qui permet de maintenir le stock de capital productif :
1Bt nt Rt nt t
I I I I K
= + = +
Dans une perspective macroéconomique, il est donné par la relation suivante :
I FBCF S= + 
.
Il est possible de déterminer plusieurs types d’investissement. L’investissement public (dépenses
réalisées par les APU en vue d’accroitre la fourniture de biens et services publics), l’investissement
privé qui concerne en principe les ménages (dépenses liées à l’acquisition de biens
d’équipement/durables neufs) et les entreprises qui se caractérisent par la réalisation d’investissements
productifs, c’est-à-dire à produire des biens et services marchands. C’est exclusivement à cette forme
d’investissement que nous nous intéressons dans ce chapitre.
Partant de l’importance macroéconomique de l’investissement et du fait qu’il est plus volatil que la
consommation, il est important d’expliquer la logique qui sous-tend cette variable. L’objectif du
chapitre est alors d’apporter une réponse à la question suivante : quels sont les déterminants, c’est-
à-dire les facteurs explicatifs, du comportement d’investissement ? La réponse à cette question
revient à considérer le point de vue néoclassique (I) et le point de vue question keynésien sur la question
(II).
2
I. L’ANALYSE NEOCLASSIQUE DU COMPORTEMENT
D’INVESTISSEMENT
Dans cette section, nous présentons l’explication du comportement de consommation suivant le point
de vue de la théorie néoclassique. Selon les défenseurs de cette théorie, le principal déterminant
du comportement d’investissement est le coût du capital que l’on approxime généralement
par taux d’intérêt réel. Leur analyse est surtout néoclassique et correspond à l’analyse standard de la
demande d’un facteur de production par la firme. La détermination des dépenses d’investissement
résulte simultanément de l’équilibre sur le marché des capitaux (ou marché des fonds prêtables, ou
marché titres) et de la capacité des firmes à s’y ajuster.
I.1. Le principe de détermination néoclassique de l’investissement
Nous présentation ci-dessous les deux modalités de détermination de l’investissement dans l’analyse
néoclassique. Il convient de préciser qu’il s’agit essentiellement d’une analyse microéconomique.
I.1.1. La détermination du niveau de l’investissement sur le marché
L’analyse de la détermination de l’investissement sur le marché est un préalable à une analyse au niveau
du marché dans la mesure où les conditions du marché s’imposent à la firme, notamment le prix. Elle
est de ce fait price taker conformément aux implications des hypothèses de la concurrence pure et
parfaite. Le prix sur le marché des fonds prêtables est le taux d’intérêt réel (ou dans un sens plus strict,
il s’agit du coût du capital) et les quantités correspondent aux dépenses (réelles) d’investissement de
l’ensemble des firmes.
Fonds
prêtables ou
titres
Offre de fonds prêtables
Demande de fonds
prêtables
Taux d’intérêt (r)
rk
3
Le coût du capital est obtenu à l’équilibre suite à la confrontation entre l’offre de capitaux par les agents
à capacité de financement, généralement les nages et les agents à besoin de financement,
généralement les firmes (et parfois, l’Etat). L’offre de capitaux ou de fonds prêtables, ou demande de
titres correspond à l’épargne (S). Le besoin de financement ou de fonds prêtables ou offre de titres
correspond à l’investissement à réaliser (I). A l’équilibre, S = I, ce qui permet de déduire le montant
des dépenses d’investissement sur le marché et le coût du capital ou taux d’intérêt réel d’équilibre.
I.1.2. La détermination de l’investissement au niveau de la firme : le choix du stock
de capital optimal
La détermination du niveau d’investissement de la firme résulte d’un comportement d’optimisation de
cette dernière aux conditions du marché, en particularité le prix unitaire du capital rK. Dans le modèle
néoclassique, l’investissement correspond à la différence entre stock de capital optimal Kt* et la valeur
du capital disponible dans la firme. De ce fait, en vue de déterminer le montant à consacrer aux
dépenses d’investissement, chaque firme doit au préalable déterminer le niveau optimal de son stock
de capital. Pour cela, elle cherche à maximiser son profit donné comme suit :
1
( , ,..., )
nK
RT K X X r K
=−
(1)
π (profit de la firme), K (désigne le stock de capital de la période), Xi (autres déterminants du profit),
rk (coût du capital). À l’équilibre, la condition de premier ordre conduit à la relation suivante :
(2)
La dernière expression ci-dessus signifie que la firme accroit son stock de capital jusqu’à niveau où sa
recette marginale (c’est-à-dire ce que lui rapporte l’utilisation d’une unité supplémentaire de capital)
soit égal à ce que lui coûte l’acquisition de cette unité de capital sur le marché, soit le prix de marché.
La vérification de cette relation permet de déterminer le stock de capital optimal Kt*. Ce dernier dépend
négativement du coût du capital. En différenciant la relation
1
( , ,..., )
K n K
RT K X X r=
par rapport à rK,
on obtient :
1
* 1 0
0
K
K
KK
RT KK
RT
K r r K

= =
 
(3)
Profit = RT - CT
Max
4
Puisque par définition la recette marginale croit avec le stock de capital mais à un rythme décroissant
(
²
00
²
RT RT
KK


) il devient évident que le stock de capital est une fonction décroissante de son
coût. Il convient à préciser la notion de coût du capital dans l’analyse.
I.2. La notion de coût du capital
En réalité, le coût du capital est notion bien plus large que celle du taux d’intérêt réel. En effet, le coût
du capital va largement au-delà du coût de financement de l’investissement pour inclure les coûts liés
à l’utilisation du capital et même à son remplacement.
I.2.1. Le coût d’usage du capital
Le coût d’usage du capital est défini selon Sterdyniak (1986) comme la mesure synthétique des charges
supportées par la firme dans la cadre de l’utilisation de leur capital physique. Il peut s’agir selon
Jorgenson (1963) du prix de location ou d’immobilisation des équipements productifs de la firme. En
réalité, lorsque la firme possède un équipement, elle a le choix entre le conserver davantage et le vendre
sur le marché au prix PK(t). Si en définitive elle fait le choix de conserver ce capital elle supporte au
moins trois (03) sortes de coûts qui composent le coût d’usage du capital.
- le coût d’opportunité qui correspond au montant qu’elle perd en conservant le capital, et qu’elle
aurait pu gagner si elle avait au contraire vendu cet équipement et en avait placé la recette sur
le marché des fonds prêtables. Ce coût est noté : r(t).PK(t).
- le coût de dépréciation du capital qui est supporté du fait de l’usure du capital dans le temps.
Il est donné par : δ.PK(t).
- la variation du prix de marché du capital constitue la troisième composante du coût d’usage du
capital. En effet, en cas de hausse du prix de marché, la conservation du capital dans la firme
est plus coûteuse. On note ce coût
()
K
Pt
.
En définitive, le coût total d’usage du capital est noté :
( ) ( ) ( ) ( ) ( )
K
KK
r t P t P t r t P t
++
(4)
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