EFFETS-DE-LACTIVITE-PHYSIQUE-Rachid-Ziane-Professeur-agrégé-dEPS-Enseignant-universitaire-Docteur-en-Sc.-de-lEducation-mis-à-jour-2014

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Effets de l’activité physique sur l’organisme
et la santé : quelques bonnes raisons d’en
faire !
La relation entre la pratique d’activités physiques et la santé est acceptée voire visée comme
un objectif par le plus grand nombre. Cependant, les effets attendus ne sont pas forcément
réalistes. On constate également que trop souvent,  les effets réels et les phénomènes
sous-jacents sont mal connus.  Quels effets sur la santé peut-on attendre de la pratique
d’activités physiques et à quelles conditions ? Autant d’arguments qui peuvent
être utilisés par des entraîneurs pour justifier leurs propositions ou convaincre les sceptiques.
Par Rachid Ziane
La relation entre la pratique d’activités physiques et la santé est acceptée voire visée comme
un objectif par le plus grand nombre. Cependant, les effets attendus ne sont pas forcément
réalistes. On constate également que trop souvent, les effets réels et les phénomènes sous-
jacents sont mal connus. Quels effets sur la santé peut-on attendre de la pratique d’activités
physiques et à quelles conditions ? Autant d’arguments qui peuvent être utilisés par des
entraîneurs pour justifier leurs propositions ou convaincre les sceptiques.
Effets sur le mental
L’activité physique a globalement un effet stimulant, antidépresseur et épanouissant. Il
semblerait que ces phénomènes soient renforcés par la confrontation régulière à des situations
et des environnements variés.
Qu’il s’agisse de durée, d’intensité ou de complexité de la tâche et/ou des situations, la
progressivité reste une caractéristique à donner à la nouveauté.
On sait également que l’exposition à la lumière naturelle joue un rôle favorable contre la
dépression. Ceci incite à s’exercer dehors ou à se rendre à pied sur le lieu de la pratique.
Par Rachid Ziane
Professeur Agrégé d'EPS
Enseignant Universitaire
Docteur en Science de l'Education
mis à jour 2014
Quoiqu’il en soit on recommande de s’exposer au moins une demi-heure par jour à la lumière
du soleil.
Effets sur l’appareil locomoteur
Contrairement à une idée reçue, fondée sur une analogie avec les machines mécaniques,
l’organisme ne s’use que si on ne s’en sert pas… ou trop (arthrose, lésions diverses).
L’activité physique permet de stimuler ses fonctions et la restauration des tissus
(cartilagineux, osseux, nerveux). Elle permet l’entretien de l’appareil locomoteur :
- passif, c’est-à-dire le squelette (solidification, maintien de la masse osseuse, lutte contre la
décalcification…),
- actif, c’est-à-dire les muscles (volume, force, endurance, souplesse, antagonistes…).
Il n’est pas nécessaire de s’entraîner longtemps et avec une intensité élevée pour cela. Mais
c’est la fréquence des stimulations générées par l’activité physique quotidienne qui induit ces
effets.
Activités physiques, arthroses et lombalgie
L’activité physique est-elle recommandée dans le cas de maladie articulaires ?
Par l’activité physique régulière et « pour certaines maladies telles que l'arthrose, la douleur
peut être réduite » Kujala (2009). Ceci concernerait les personnes souffrant de gonarthrose,
de coxarthrose, de polyarthrite rhumatoïde, d’arthrite juvénile idiopathique, de spondylarthrite
ankylosante… les activités aérobies et les exercices de renforcement musculaire des membres
inférieurs permettraient une diminution de la douleur et une amélioration de la fonction
globale.
Par ailleurs, pour les personnes lombalgiques, le renforcement musculaire lombo-abdominal
assorti d’exercices de proprioception, permettent une diminution des douleurs et du temps
d’arrêt de travail.
Effets de l’activité physique sur le système hormonal
L’activité physique stimule la libération de certaines hormones et régule la production
d’autres. Quelques exemples sont présentés ci-dessous de façon non-exhaustive :
- Les hormones de la glande thyroïde, "thermostat" et régulatrice du métabolisme énergétique,
sont stimulées par :
l’exposition à des variations de températures (chaleurs d’été, sorties hivernales,
activités aquatiques…),
l’activité physique consommatrice d’énergie et libératrice de chaleur.
L’activité physique en particulier en extérieur est alors un entraînement de la fonction de
thermorégulation. Autrement dit et de ce point de vue, plus on se protège en évitant de
s’exposer à l’environnement, plus on se fragilise. Il ne s’agit pas non plus de se mettre en
danger en s’exposant à des températures extrêmes et sans précaution !
- L’hormone arginine vasopressine (antidiurétique) et son antagoniste l’aldostérone sont
sécrétées respectivement par l’hypothalamus et les glandes corticosurrénales. Leur production
est stimulée par l’exposition à la chaleur, les variations d’hydratation de l’organisme (apport
d’eau et sudation).
- Hormones sexuelles et libido : si l’entraînement intense est "consommateur" de certaines
hormones au détriment de la libido, à l’inverse, l’activité physique modérée serait plutôt
stimulante voire régulatrice.
- L’hormone de croissance continue d’être produite après l’arrêt de la croissance. Elle
participe ainsi à la restauration des tissus. L’activité physique stimule sa production au
bénéfice entre autre de la masse musculaire et de la densité osseuse.
- Grand consommateur de sucre et par son effet hypoglycémiant, l’activité physique réduit les
besoins en insuline. Ceci est intéressant en particulier chez les personnes diabétiques
insulinodépendantes.
- L’activité physique agit comme un régulateur de l’appétit, dépendant des hormones ghréline
et de ses antagonistes la leptine et l’obestatine.
- L’activité physique stimule la production de l’hormone du stress (adrénaline) et celle de
l’humeur (sérotonine) et permet de réguler le sommeil.
En régulant la production de certaines hormones et même en en "consommant" une partie,
l’activité physique participe à l’équilibre hormonal. Elle participe à la régulation de
nombreuses activités physiologiques avec des effets psychologiques.
Effets de l’activité physique sur l’appareil digestif et le
système excrétoire
L’activité physique est consommatrice des nutriments provenant de la digestion, dont les
lipides. Les lipides utilisés comme "carburant" ne viennent pas s’ajouter aux réserves de
graisse de l’organisme, ni au dépôt de cholestérol des artères (athérome).
L’activité physique stimule l’élimination des déchets :
- elle amplifie les échanges respiratoires,
- elle stimule la sudation,
- elle régule la miction (concentration des urines),
- elle favorise le travail intestinal post-exercice (Pilardeau,1995).
L’activité physique assure le "malaxage" des organes et favorise le drainage des tissus
sollicités.
Effets de l’activité physique sur le système
cardiovasculaire
La pratique régulière, fréquente et prolongée d’une activité physique entraîne des adaptations
de l’appareil cardio-vasculaire.
Certaines adaptations portent sur la structure des tissus et des organes :
- Les activités à dominante aérobie (jogging, natation, vélo, randonnée, roller…) entraînent
une cavitation ou augmentation de la taille des cavités du cœur.
- Les exercices impliquant un travail de force ou d’explosivité, entraîneraient plutôt une
pariétalisation ou renforcement et un épaississement du muscle cardiaque.
- Les tissus sollicités par l’effort seraient mieux vascularisés. A terme, le réseau de capillaires
veineux et artériel s’y densifierait : on parle alors de capillarisation.
- L’entraînement permettrait d’entretenir voire d’améliorer l’élasticité des vaisseaux sanguins
dont la rigidité peut résulter de dépôt de cholestérol (athérome) et de la consommation de
tabac.
- L’activité physique préserve pour partie des effets délétères du stress sur l’appareil cardio-
vasculaire et améliore sa résistance contre cet agent pathogène.
D’autres adaptations portent sur l’activité de ces organes :
- L’entraînement en endurance aérobie permettrait de réguler l’activité électrique du cœur.
Ceci est intéressant pour les personnes sujettes à une arythmie cardiaque non morbide.
- L’entraînement en puissance et avec changement de rythme stimulerait aussi l’activité
électrique du cœur en permettant des adaptations à ce type d’effort.
- Si l’effort physique augmente temporairement la tension (pression sanguine), l’entraînement
régulier en endurance aérobie est un facteur de lutte contre l’hypertension artérielle.
Certaines de ces adaptations sont immédiates (augmentations de la fréquence cardiaque et du
volume d’éjection systolique).
D’autres ne s’installent qu’à la suite d’entraînements fréquents et réguliers pratiqués pendant
plusieurs mois voire années (cavitation, pariétalisation, capillarisation, modification durable
de l’activité électrique du cœur, baisse de la fréquence cardiaque de repos).
D’autres enfin sont à éviter (décrochage d’un morceau de plaque d’athérome, rupture
d’anévrisme, fibrillation cardiaque…). Ceci peut survenir à la suite d’entraînements :
- peu progressifs,
- trop intenses,
- sans respect de période de récupération et de repos,
- intercalés entre des épisodes tabagiques.
Progressivité de l’effort, récupération et hygiène de vie sont ainsi un minimum à s’imposer.
« L’activité physique a également un effet positif chez les insuffisants cardiaques, notamment
en améliorant la consommation maximale d’oxygène (VO2 max), en améliorant l’endurance à
l’exercice […] » Grosclaude et Zilteiner (2010).
Effets de l’activité physique sur le système pulmonaire
L’entraînement en particulier aérobie stimule l’activité mécanique et chimique de la
ventilation pulmonaire. Il améliore :
- les capacités et volumes respiratoires,
- la souplesse de la cage thoracique,
- la force des muscles inspirateurs et expirateurs.
Effets de l’activité physique sur la mortalité
La pratique d’activités physiques pourrait réduire la mortalité : « chez les patients sous
traitement souffrant de maladies chroniques, l’exercice est efficace pour améliorer le
pronostic […] retardant la mortalité » Kujala (2009). Alors que pour certains la maladie est
un prétexte pour ne pas pratiquer d’activité physique, les médecins et les éducateurs sportifs
sont incités au contraire à en préconiser.
Une étude menée pendant 35 ans sur des hommes de plus de 50 ans débutant une activité
physique régulière conclue que : « Au bout de dix ans, le taux de mortalité des patients avait
atteint le même taux que les sujets déjà actifs au préalable. La réduction de mortalité après
dix ans était ainsi comparable à celle observée après cessation de la fumée [tabac] »
(Byberg & al., 2009).
Ces deux résultats peuvent venir en appui à un argumentaire de promotion des activités
physiques pour la longévité.
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