
Cette problématique, inspirée des interrogations axiales posées par Sedikki (2015)
sur le rôle des citoyens dans la conduite de l'action publique et les conditions
préalables à une participation effective (État de droit, droits humains, volonté
politique), oriente l'analyse vers une évaluation critique. Elle interroge non seulement
les bases théoriques et juridiques, mais aussi leur traduction empirique, en intégrant
une perspective comparative pour éclairer les transferts potentiels d'un modèle
méditerranéen avancé comme l'espagnol.
Cette approche s'aligne sur les synthèses bilantiques contemporaines, telles que
celle de Polère (2007
) dans Millénaire 3, qui souligne l'écart persistant entre
ambitions participatives et réalisations concrètes, l'avis du CESE (2024)
appelant à
un renforcement institutionnel de la participation citoyenne au Maroc, et les analyses
OCDE (2023) sur la participation citoyenne au cycle de l'action publique, qui
explorent de nouveaux horizons pour une gouvernance territoriale inclusive.
De même, les travaux de Rajeb et Yahyaoui (2019)
sur la lecture critique des lois
organiques marocaines (111.14 et 113.14) soulignent la contrainte constitutionnelle
d'intégrer la participation comme droit fondamental, tandis que El Yadini et El
Aazzaoui (2025)
revuient la littérature sur la contribution des communes au
développement territorial, insistant sur une approche territoriale holistique. Des
rapports d'ONG comme celui de l'OIDP (2023) sur la promotion de la démocratie
participative en Afrique, incluant le Maroc, renforcent cette perspective en appelant à
un partage d'acquis pour l'institutionnalisation locale.
Pour y répondre, nous adopterons une structure en deux parties : la première,
descriptive, exposera les fondements conceptuels et historiques ; la seconde,
analytique, évaluera les impacts concrets, les limites et une étude comparative
enrichissante avec l’Espagne, modèle décentralisé avancé. Cette démarche,
inspirée des bilans critiques comme celui de Polère (2007), vise non seulement à
diagnostiquer, mais à prospecter des voies d’hybridation pour une territorialité
marocaine émancipée.
Sedikki, O. (2015). La participation des citoyens à la gestion publique au Maroc. [Document de recherche en science
politique]. Rabat : Centre de recherche en politique publique.
2 Polère, C. (2007). La « démocratie participative » : État des lieux et premiers éléments de bilan. Synthèses Millénaire 3,
DPSA, 1–2 https://www.millenaire3.grandlyon.com
Conseil Économique, Social et Environnemental (CESE). (2024). Renforcer la participation des citoyennes et citoyens à la
gestion des affaires publiques [Auto-saisine n° 77/2024]. Rabat : CESE. www.cese.ma
Rajeb, S., & Yahyaoui, M. (2019). Démocratie participative et réforme du système de la décentralisation au Maroc : Lecture
critique des lois organiques de la région et des communes (111.14 et 113.14). Dans La communication publique participative à
l’ère de la régionalisation avancée (pp. 18–51). Université Hassan II de Casablanca. ISBN : 978-9920-36-995-4.
El Yadini, K., & El Aazzaoui, A. (2025). Contribution des communes marocaines au développement territorial : Une revue de
littérature dans le cadre de l’approche territoriale de développement. African Scientific Journal, 3(32), 613–643.
https://doi.org/10.5281/zenodo.17342844