des choses par le patient dont celui-ci n’avait pas conscience, de faire parler son inconscient. Il
existe encore d’autres méthodes puisque, comme dit antérieurement, chaque méthode possède un
objectif fixe.
C’est pourquoi, il est nécessaire d’inclure le patient dans la mise au point d’un processus
adapté à lui même. Le clinicien se doit aussi de participer, puisqu’il possède un savoir sur la
psychanalyse indispensable au travail clinique. Les symptômes étant un autre langage ne cherchant
qu’à s’exprimer, il est nécessaire d’être deux pour pouvoir le faire parler et le déchiffrer. Freud a
construit une méthode qui consiste, pour le patient, à mettre en mots et à s’engager dans un travail
de construction. Ce travail consiste à réunir les souvenirs et les affects associés à une scène qui aura
débordé le sujet, c’est-à-dire, le champ de ce qu’il pouvait en comprendre. Ces différents processus
s’inscrivent dans une histoire racontée « à deux » qui aide à exprimer, élaborer et mettre en sens la
souffrance psychique. Dans cette logique, se soigner seul en psychologie n’est pas possible, on doit
être deux. Se soigner seul ne permet pas le recul nécessaire pour se rendre compte du véritable
problème. Il y a de plus en plus de personnes parlant de la pleine conscience, ce qui n’est pas
efficace puisque personne ne peut réellement s’ouvrir à soi-même. Le risque est de croire avoir
réussi, et de rester ainsi bloqué dans cette vision faussée. C’est à dire, qu’ici le clinicien reçoit les
informations partagées par le patient, et les interprète, puis les partage à son tour avec le patient.
Ces interprétations apportent un nouveau champ des possibles dans les réflexions du patient. Il
n’aurait, seul, pas été capable d’émettre ces hypothèses sur sa propre personne. Ces hypothèses
émises sont une preuve de l’inventivité dont doit faire preuve le clinicien. Il ne s’agit pas
simplement de ressortir des hypothèses apprises qui ont quelques points communs avec le patient. Il
doit réfléchir et inventer des hypothèses à partir de ce que le patient donne à entendre, dans le
respect de sa parole. Ainsi, lorsque le clinicien intervient, il ne s’agit pour lui ni de savoir ni de
penser pour l’autre. Il s’agit d’un « réfléchissement », ainsi que l’indique Albert Ciccone, un «
réfléchissement » qui vise la production d’un savoir du côté du patient. Le clinicien est un outil pour
le patient, il est là pour aider le patient à extraire de lui-même les clés de ses symptômes.
Dans ce même registre, être deux favorise la création d’un lien, d’une relation entre le
clinicien et le patient. En prenant l’exemple de l’hôpital d’aujourd’hui, les soignants sont considérés
comme des pièces d’une machine interchangeable, comme le dit Rabeyron. Cette organisation
bureaucratique tend à négliger l’aspect relationnel essentiel du soin. Les équipes médicales ont
besoin de connaître les patients afin de pouvoir instaurer un climat de confiance entre eux. Les
patients, étant moins bien accompagnés dans l’accompagnement thérapeutique qu’effectuait avant
les soignants, ont davantage tendance à faire des rechutes, et donc à être à nouveau hospitalisés.
C’est également sur cette idée de confiance et de relation que repose la psychanalyse. Si l’on
appliquait cette méthode en psychologie et psychopathologie clinique, donc un changement de
psychologue du jour au lendemain, sans même prévenir le patient, toute l’avancée effectuée serait à
reprendre dès le début, et le climat de confiance instauré avec l’ancien psychologue ne serait pas
transféré au nouveau psychologue comme ça. Au vu de la relation crée et du transfert du patient
envers le clinicien, ils ne sont pas interchangeable entre eux. Lors du cours magistral avec Maxime
Annequin, il nous a fait part d’une méthode qui était encore utilisée il n’y a pas si longtemps. Les
adolescents peuvent être particulièrement difficiles à approcher, et proposer des cigarettes aux
adolescents fumeurs pouvait favoriser ce rapprochement. Une relation privilégiée s’installait. C’est
une méthode innovante, très inventive, qui n’est plus autorisée aujourd’hui, mais elle a été
remplacée par la proposition d’une pause café. Les adolescents, tout comme les adultes, discutent
lors de ces moments informels et peuvent dire des choses qu’ils ne diraient pas dans un autre