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Les raisons de l’instabilité politique et macro-économique explique la réticence de
certains investisseurs. En outre, les infrastructures devant accueillir et faciliter les mobilités
sont insuffisantes et même obsolètes. L’accumulation des dettes dans plusieurs pays a provoqué
les arriérés de non-paiement. En 2001, un nouveau pôle d’intégration politique et économique
fut créé dans la perspective de trouver les conditions favorables à la croissance économique. Le
NEPAD est un nouveau partenariat de développement pour faciliter l’intégration économique
et politique des États africains. Il était au départ porté par cinq pays (Afrique du Sud, Algérie,
Nigéria, Niger et Sénégal), avant d’être adopté par l’OUA. Cette initiative purement africaine,
se voudrait de défendre et de promouvoir les valeurs démocratiques. Elle considère l’Europe
comme un grand partenaire mais lui accorde une position seconde par rapport au système de
contrôle mutuel des gouvernants Africains « contrôle par pairs. » Cependant, le projet du
NEPAD était censé poursuivre les quatre principaux objectifs du millénaire pour le
développement à savoir « la paix et la sécurité, la gouvernance, la santé et l’éducation, la
croissance économique et l’investissement privé. » L’aide promue par les pays du Nord aux
membres du NEPAD n’a pas permis d’améliorer la situation de façon satisfaisante. Les pays du
Nord n’ont pas honoré leur engagement généreux à l’égard de ceux du Sud. Ils ont massivement
soutenu leurs exportations agricoles, alors que les pays Africains cherchaient la stabilité macro-
économique qui devrait être exercée par des institutions transparentes, efficaces et équitables.
Le développement est la création des richesses pour lutter contre la pauvreté de façon
générale en mobilisant toutes les potentialités permettant de maintenir la dynamique
d’avancement social et culturel durable. En effet, le NEPAD avait accordé un rôle important au
secteur privé qui devrait mobiliser des ressources pour assurer une bonne gestion. Mais l’apport
des capitaux ne doit pas se limiter aux seules mannes pétrolières et minières. Les
multinationales industrielles et bancaires doivent aussi contribuer au développement.
Aujourd’hui, on observe une présence de plus en plus accrue des multinationales en Afrique.
La Chine investit dans les grands projets d’infrastructures dans le continent africain sans tenir
compte de la corruption des régimes politiques et des cas de violation des droits de l’homme
commis par ces régimes. L’intérêt est immédiat pour les gouvernants mais reste à savoir si ce
On constate qu’il y’a une volonté réelle de changer les pratiques mais Les moyens manquent. La fragilité de la
gouvernance de certains Etats au niveau national remet en cause leur légitimité de promouvoir la bonne
gouvernance au niveau régional. Pour de nombreux observateurs le projet du NEPAD ne responsabilise pas et ne
tient pas compte de la parole des classes sociales défavorisées. Ibid.193