Responsabilités des multinationales en Afrique subsaharienne

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RESPONSABILITÉS DES MULTINATIONALES EN
AFRIQUE SUBSAHARIENNE
Issa Abou Berthe
To cite this version:
Issa Abou Berthe. RESPONSABILITÉS DES MULTINATIONALES EN AFRIQUE SUBSAHARI-
ENNE. 2025. �hal-05067525�
1
RESPONSABILITES DES MULTINATIONALES EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE :
Introduction :
L’Afrique subsaharienne regorge d’énormes potentialités de ressources naturelles mais
manque de moyens matériels et financiers pour assurer la production. Pour ce faire, elle fait
appel à des Firmes Etrangères en vue d’éventuelles exploitations. Il y’a lieu d’évaluer leurs
activités pour comprendre leurs contributions au développement économique à travers des
projets locaux de société. Il est évident que, le continent africain est un lieu de jeu d’influence
politique, stratégique, économique, mafieux et criminel. Les aides publiques au développement
sont des outils stratégiques au service des intérêts des initiateurs pour tirer profit des contres
parties. Dans le domaine des relations internationales, l’intérêt stratégique de l’Afrique a été
transformé après la guerre froide. Sous pression des pays du Nord et des institutions financières
internationales, l’Afrique a été oblie d’adopter le modèle de démocratie libérale qui a produit
des résultats décevants. Les pratiques de corruption ont augmenté. Les zones de non droit se
sont multipliées. La fuite des capitaux accompagne l’accroissement des inégalités
socioéconomiques et des catastrophes humanitaires. La dégradation de la situation nous amène
à poser les questions suivantes : Quels sont les intérêts économiques de la présence des firmes
étrangères en Afrique subsaharienne ? Quelles sont leurs responsabilités dans la situation
socioéconomique désastreuse du continent africain ? Le présent numéro vise à comprendre
l’intérêt des multinationales pour des pays hôtes et des mauvaises pratiques qui font parties des
raisons du sous-développement du continent africain depuis plusieurs décennies.
2
A. Responsabilité économique des entreprises :
Pour connaître la responsabilité des entreprises étrangères dans le sous-développement
de l’Afrique, il faudrait porter un regard sur la situation économique et sociale du contient et le
transfert des capitaux étrangers. En outre, il faut revenir sur la conception historique des
conditions de développement, des critères et des types de projets de développement
précédemment élaborés pour l’ensemble du continent. La privatisation des firmes a fait installer
une économie de pillage à travers laquelle les pouvoirs politiques captent des ressources des
pays avec la complicité des entreprises qui exercent des activités illicites.
1
1. Faible poids de l’Afrique dans les échanges mondiaux :
Le poids de l’Afrique est très faible dans les échanges mondiaux. Cette situation fait de
lui un cas d’école mais aussi un révélateur des difficultés du système économique capitaliste
libéral. L’Afrique subsaharienne n’a toujours pas trouvé sa place dans un milieu mondial,
économique, politique et culturel. Depuis 1850, sa forte croissance démographique se heurte au
faible PIB par habitant.
2
Le taux de mortalité est très élevé et tourne autour de 100%. Entre
1990 et 2004, l’Esperance de vie a chuté à cause des maladies. La moyenne est de 52 à 47 ans.
3
Le taux d’analphabétisme reste élevé. En 2003, il était estimé à 32% au Nigéria et 15% au
Kenya. Les phénomènes de déforestation provoquent des situations très catastrophiques :
« 40% de l’énergie consommée en Afrique provient du bois » Les sols sont entièrement
dégradés. La désertification connaît une allure considérable. Les temps de jachère sont courts.
Les méthodes d’utilisation des ressources hydriques sont très mauvaises. Le rythme de la
production agricole tourne au ralenti et avoisine 1 à 1,5% alors que la démographie s’accroit à
3%.
4
Le continent africain reçoit de moins en moins des capitaux étrangers permettant de
faciliter le transfert de technologie et la croissance économique.
5
1
B. Hibou, « Le capital social de l’Etat falsificateur, ou les ruses de l’intelligence économique » in Cécile
Renouard : Chapitre 5. La responsabilité économique confrontée à la culture et à l’histoire dans la responsabilité
des multinationales (2007),p : 189
2
Angus Maddison, l’économie mondiale : Une perspective millénaire, Paris, OCDE, 2001 in Cécile Renouard :
Chapitre5. La responsabilité économique confrontée à la culture et à l’histoire dans la responsabilité éthique des
multinationales (2007), p : 190
3
S. Brunel, « Priorité aux hommes ! Le développement durable et l’Afrique »Ibid. p : 191
4
22% de PNB mondial entre (1960-1969), 1,2% entre (1990-1999), 4% contre 1,5% en moyenne des exportations
(1990-1999), croissance des exportations 2,7% inferieur à la moyenne mondiale 6,1% (1960-1999)
5
L’Afrique subsaharienne a reçu 2,3% des flux privés sur les 44% en 1990 et les 89% en 1986. Sa part reste
toujours faible alors que le taux de retour est supérieur 24 à 38% (1990-1999), par rapport à l’ensemble des PED
16 à 18%. À partir de l’an 2000, les IDE ont augmenté dans les pays détenteurs des ressources minières et
pétrolières notamment le Nigeria et l’Angola.
3
Les raisons de l’instabilité politique et macro-économique explique la réticence de
certains investisseurs. En outre, les infrastructures devant accueillir et faciliter les mobilités
sont insuffisantes et même obsolètes. Laccumulation des dettes dans plusieurs pays a provoqué
les arriérés de non-paiement. En 2001, un nouveau pôle d’intégration politique et économique
fut créé dans la perspective de trouver les conditions favorables à la croissance économique. Le
NEPAD est un nouveau partenariat de développement pour faciliter l’intégration économique
et politique des États africains. Il était au départ porté par cinq pays (Afrique du Sud, Algérie,
Nigéria, Niger et Sénégal), avant d’être adopté par l’OUA. Cette initiative purement africaine,
se voudrait de défendre et de promouvoir les valeurs démocratiques. Elle considère l’Europe
comme un grand partenaire mais lui accorde une position seconde par rapport au système de
contrôle mutuel des gouvernants Africains « contrôle par pairs. » Cependant, le projet du
NEPAD était censé poursuivre les quatre principaux objectifs du millénaire pour le
développement à savoir « la paix et la sécurité, la gouvernance, la santé et l’éducation, la
croissance économique et l’investissement privé. » L’aide promue par les pays du Nord aux
membres du NEPAD n’a pas permis d’améliorer la situation de façon satisfaisante. Les pays du
Nord n’ont pas hono leur engagement généreux à l’égard de ceux du Sud. Ils ont massivement
soutenu leurs exportations agricoles, alors que les pays Africains cherchaient la stabilimacro-
économique qui devrait être exercée par des institutions transparentes, efficaces et équitables.
6
Le développement est la création des richesses pour lutter contre la pauvreté de façon
générale en mobilisant toutes les potentialités permettant de maintenir la dynamique
d’avancement social et culturel durable. En effet, le NEPAD avait accordé un rôle important au
secteur privé qui devrait mobiliser des ressources pour assurer une bonne gestion. Mais l’apport
des capitaux ne doit pas se limiter aux seules mannes pétrolières et minières. Les
multinationales industrielles et bancaires doivent aussi contribuer au développement.
Aujourd’hui, on observe une présence de plus en plus accrue des multinationales en Afrique.
La Chine investit dans les grands projets d’infrastructures dans le continent africain sans tenir
compte de la corruption des régimes politiques et des cas de violation des droits de l’homme
commis par ces gimes. L’intérêt est immédiat pour les gouvernants mais reste à savoir si ce
6
On constate qu’il y’a une volonté réelle de changer les pratiques mais Les moyens manquent. La fragilité de la
gouvernance de certains Etats au niveau national remet en cause leur légitimité de promouvoir la bonne
gouvernance au niveau régional. Pour de nombreux observateurs le projet du NEPAD ne responsabilise pas et ne
tient pas compte de la parole des classes sociales défavorisées. Ibid.193
4
modèle de croissance accéléré peut booster un véritable développement social dans le contexte
africain.
7
2. Multinationales sous feu des critiques :
En Afrique subsaharienne, les critiques à l’encontre des multinationales et l’aide
occidentale au développement sont devenues intenses. Le modèle de développement
économique initié a échoué. Pour comprendre cela Cécile Renouard cite trois raisons. Les deux
premières raisons qu’elle évoque, indiquent le non-fonctionnement des règles du jeu liées à des
responsabilités internes et des facteurs endogènes conditions naturelles, institutions, modèles
de société, valeurs et normes. »)
8
Ensuite viennent les responsabilités externes et les facteurs
exogènes (colonisation). La troisième raison est le jeu politique qu’il faudrait impérativement
changer. Cette auteure en poursuivant sa réflexion a tenté de comprendre la manière dont les
cultures africaines peuvent être adaptées aux règles du capitalisme libéral ou du système libéral
aux cultures africaines. Le contexte africain a besoin d’un autre projet mondial. Cette approche
est une proposition de construction de projet et de changement total du système ancien. Il s’agit
d’établir la réalité entre les cultures africaines et le système libéral en rejetant la subordination
des valeurs et des modèles de sociétés africaines soumises aux exigences économiques de la
mondialisation. L’existence d’un contrepoids de culture amènera à réfléchir sur le modèle
économique occidental. L’Afrique connaît le retard global de croissance par rapport aux
économies occidentales. Dans cette situation, les multinationales ont joué un grand rôle. Les
conditions politiques de diffusion du libéralisme économique soumis à l’exigence démocratique
est une difficulté de son implantation en Afrique. L’objectif du modèle de développement
durable européen vise l’émergence démocratique, seule condition de développement. Dans ces
conditions il serait difficile de réaliser un « auto-développaient des peuples » dans les États
africains de tradition politique ou considérés autoritaires qui refusent de suivre les valeurs
démocratiques occidentales. Dans l’ensemble, les firmes étrangères implantées en Afrique
apparaissent comme des outils de poursuite de la politique coloniale sous un autre format.
9
Les multinationales affirment être dans un dilemme entre vouloir respecter les principes
démocratiques auprès des salariés et des pouvoirs publics locaux et des critiques d’ingérences
dans les affaires internes des pays hôtes. Le risque est, de perdre les contrats lorsqu’elles
7
Ibid. p : 194
8
L. E. Harrison et S.P. Hungtington. Culture matiers. How values shape human progress, New York. Basic Books,
2000 in Cité par Cécile Renouard, p : 194
9
F. X. Verschave, Noir silence. Les relations complexes entretenues par la France et ses anciennes colonies. Ibid ;
p : 195
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