
2 Systèmes et grandeurs thermodynamiques
1.1.2 Système thermodynamique et ordre de grandeurs
Si on considère un système composé d’un grand nombre de particules (atomes, ions, molécules) en
interaction, il est illusoire de vouloir étudier les mouvements individuels de chaque particule par les lois
de la mécanique à cause du trop grand nombre de particules qui rend une résolution analytique du
mouvement impossible. Par contre, comme nous allons le voir, ces grands nombres permettent de définir
des grandeurs moyennes, mesurables à l’échelle macroscopique, telles que la température, la pression, la
masse volumique, la densité moléculaire ... qui suffisent à décrire le système thermodynamique.
Avant de poursuivre, il est nécessaire d’avoir en tête quelques ordres de grandeurs sur les systèmes
que nous allons étudier. Dans le cadre de la description macroscopique du système, on considérera
pour les gaz, des gaz contenus dans un "grand" volume Vet donc un "grand" nombre Nde particules.
Typiquement, dans l’air, à la pression atmosphérique (P0= 1,013 ×105Pa), à la température (0◦C),
V= 1 m3,onaN= 3 ×1025 particules, soit quelques dizaines de moles. La thermodynamique est la
science des systèmes à grand nombre de particules et typiquement N∼ NA. Il convient également d’avoir
en tête et de savoir retrouver que, dans des conditions usuelles, la distance typique entre particules est
de :
— pour les solides ou les liquides, environ 3Å= 0,3 nm = 3 ×10−10 m,
— pour les gaz, environ 3 nm.
Dans 1 cm3de matière, il y a donc typiquement :
— pour les solides ou les liquides, entre 1022 et 1023 particules.
— pour les gaz, entre 1019 et 1020 particules.
Après ces rappels, considèrons maintenant un sous-volume ∆V(avec des parois fictives) contenu à
l’intérieur du volume V. Au cours du temps, du fait de l’agitation thermique, le nombre de molécules
contenues dans ce sous volume ∆Vva varier car il y a des entrées, sorties de particules au travers
des parois fictives. Intéressons nous aux fluctuations relatives du nombre de particules contenues dans
ce sous volume, ces fluctuations relatives sont définies comme le rapport de la variation du nombre de
particules (δN) sur la valeur moyenne du nombre de particules N, soit δN/N que l’on peut exprimer
en pourcents. Comme l’illustre la figure 1.1, on voit que plus on réduit ce volume, plus l’amplitude des
fluctuations relatives du nombre de particules va être importante . Quantitativement, on peut montrer
que les fluctuations δN varient comme la racine carrée du nombre de particules et donc que la fluctuation
relative varie en √N
N=1
√Nce qui permet d’évaluer ces fluctuations sur plusieurs échelles (microscopique
- mésoscopique - macroscopiques) comme proposé dans l’exercice d’application ??. Par définition, on dira
que nous sommes dans le cadre microscopique du système lorsque les fluctuations sont de l’ordre de 1%
de la valeur moyenne.
Dans ce cours, nous nous placerons à des échelles mésoscopiques et macroscopiques et
dans ce cadre, nous voyons que le nombre de particules correspond donc à une grandeur moyenne
qui, du fait du très grand nombre de particules, possède des fluctuations relatives très faibles et que
l’on pourra négliger. Plus généralement, dans le cadre de ce cours, de nombreuses grandeurs
telles que la pression, la température, la densité,...que nous utiliserons pour caractériser l’état d’un
système correspondront également à des valeurs moyennes statistiques mesurables à l’échelle
macroscopique et dont les fluctuations seront négligées.
1.2 Évolution des systèmes thermodynamiques
1.2.1 Équilibre thermodynamique
Un système est à l’équilibre thermodynamique lorsqu’il n’y a plus ni mouvement macro-
scopique, ni flux d’aucune sorte (matière ou énergie).
Attention, l’équilibre thermodynamique ne signifie pas que plus rien ne bouge : au niveau microsco-
pique, il existe des fluctuations comme nous venons de le voir car les différentes particules qui composent