
Pour appréhender cette problématique, une clarification des concepts clés est
nécessaire.
Le binôme « Eau et Santé » entretient une relation dialectique. D’un côté, l’eau
est un élément essentiel à la vie et à l’hygiène, donc à la santé. De l’autre, elle
peut être un vecteur de maladies lorsqu’elle est contaminée. Dans le cas de la
bilharziose, cette dualité est frappante : l’eau est à la fois une ressource
indispensable aux activités humaines et le milieu de transmission du parasite.
L’analyse devra donc se focaliser sur la qualité de l’eau de surface, mais aussi,
et surtout, sur l’accès différencié des ménages à une source d’eau alternative et
salubre.
Le concept d’« Inégalités socio-spatiales » désigne les disparités systématiques
et évitables dans la distribution des ressources et des état de santé, qui sont
produites socialement et inscrites dans l’espace géographique. Il ne s’agit pas
simplement de constater que les pauvres sont plus malades, mais de comprendre
comment la localisation résidentielle (l’espace) interagit avec la position sociale
pour créer des gradients de vulnérabilité. Un ménage pauvre vivant en bordure
d’un canal d’irrigation cumule ainsi des désavantages sociaux et spatiaux qui
potentialisent son risque d’infection.
Enfin, une analyse approfondie de la « Bilharziose » elle-même est cruciale. Sa
transmission repose sur un cycle parasitaire complexe entre l’homme et un
mollusque hôte intermédiaire, dans un milieu aquatique spécifique. Les facteurs
de risque sont multiples, allant des facteurs proximaux (contact cutané avec
l’eau infestée) à des facteurs structurels (pauvreté, absence de latrines). Son
impact va au-delà des symptômes cliniques initiaux (hématurie) ; c’est une
maladie chronique débilitante qui peut entraîner des séquelles urogénitales
graves et contribuer à perpétuer la pauvreté en affectant la scolarisation des
enfants et la productivité des adultes.
Le concept de « Commune » doit être appréhendé ici dans sa double dimension
administrative et socio-spatiale. Sur le plan administratif, Richard Toll est une
collectivité locale dotée d’une personnalité juridique et de compétences
spécifiques, notamment en matière de planification du développement local,
d’assainissement et de santé publique. Cette autonomie implique que la
municipalité joue un rôle crucial dans la lutte contre la bilharziose, que ce soit
par la gestion des points d’eau, la collecte des déchets ou les campagnes de
sensibilisation. Sur le plan socio-spatial, la commune n’est pas un territoire