
Canada 2015; Dextras-Gauthier et al. 2016; Tornare et Rinfret 2019). Elle peut inclure de
nombreuses dimensions, dont la qualité de l’emploi, la formation et le développement de
carrière, la santé et sécurité au travail, la exibilité et la sécurité à l’emploi, l’organisation
du travail et l’équilibre travail-vie personnelle, le dialogue social et l’implication des
travailleurs, la diversité et l’absence de discrimination et la performance de travail globale
(Dupuis et al. 2009; Royuela, López-Tamayo, et Suriñach 2008). Au Canada et au Québec,
comme dans plusieurs pays occidentaux, plusieurs normes, guides, palmarès, certica-
tions ou modèles d’excellence ont vu le jour en lien avec la QVT (Bouteiller et al. 2013). De
nature volontaire, ils permettent de guider les organisations dans l’établissement de leur
politique stratégique de QVT et d’améliorer leur marque employeur (Bouteiller et al. 2013;
Sardas, Dalmasso et Lefebvre 2011). Certains ciblent des facteurs de risque comme la
norme canadienne de santé mentale en milieu de travail (Commission de la santé mentale
du Canada 2015), ou des sphères d’activités, telle la norme Entreprise en santé du bureau
de normalisation du Québec, adoptée par plusieurs organisations publiques (Bureau de
normalisation du Québec 2018). Dans ce foisonnement, il est dicile d’identier ce qui
pourrait être prioritaire pour les organisations publiques, d’autant qu’aucune norme ou
palmarès ne visent en particulier le secteur public. Notons, outre le contexte spécique
présenté précédemment, que les salariés du secteur public peuvent avoir des attentes
distinctes de celles des salariés du privé, par exemple quant aux pratiques de gestion
(Gravel 2014). De plus, de nombreuses organisations publiques ont des contraintes
statutaires ou organisationnelles qui peuvent être peu propices à l’amélioration de la
QVT- par exemple, les questions du partage de l’autorité décisionnelle et de lautonomie
(Côté, Harvey et Picard 2014), ou de la conciliation travail-vie personnelle (Tremblay 2017).
Des points qui doivent être pris en compte pour l’amélioration de la QVT (Côté, Harvey et
Picard 2014; Masse 2017; Tremblay 2014). Le dernier plan stratégique de gestion des
ressources humaines du Secrétariat du Conseil du trésor rappelle d’ailleurs que la fonction
publique doit se démarquer en tant qu’employeur, en s’assurant que les personnes
bénécieront de milieux de travail stimulants pour favoriser leur épanouissement et
leur pleine contribution, et prévoit sous l’axe performance l’implantation d’une vision
globale en santé des personnes au travail (Secrétariat du Conseil du trésor 2018). Plusieurs
dimensions de la QVT sont en eet liées à la performance organisationnelle et individuelle
quand elles sont alignées avec la stratégie, la prise en compte des parties prenantes, la
culture organisationnelle et les pratiques de gestion de l’organisation (Tornare et Rinfret
2019). Il paraît donc essentiel d’explorer les mesures prises au sein du secteur public en
matière de QVT pour favoriser l’attraction, la rétention et la mobilisation du personnel
tout en améliorant la performance.
La qualité de vie au travail au niveau organisationnel, sous le prisme de
l’approche systémique et de la théorie des parties prenantes
La grande majorité des études portant sur la QVT s’intéressent davantage à l’aspect
individuel (Martel et Dupuis 2006), bien que plusieurs auteurs rappellent que son
appréhension doit se faire aussi au niveau organisationnel (Berger-Douce 2015;
Gogoleva, Sorokin et Efendiev 2014; Silveri 2017). L’approche systémique permet l’analyse
de la politique stratégique de QVT au niveau organisationnel: c’est l’ensemble des
régulations du système - l’organisation et son environnement - qui contraint l’action de
AMERICAN REVIEW OF CANADIAN STUDIES 343