Conscience et Non-Dualité: John Wheeler

Telechargé par pierrealberthayen
ON DEMEURE COMME UN CIEL SEREIN
JOHN WHEELER
Avez-vous la bonne perspective par rapport aux choses, aux gens, aux circonstances et
aux événements — et quelle est cette perspective ?
Pour le savoir, voici un entretien extrait de Right here, right now - Seeing your true
nature as present awareness.
John Wheeler enseigne la non-dualité dans la « lignée » de Sri Nisargadatta Maharaj et
de ‘Sailor’ Bob Adamson.
John : Le corps et le mental se forment
sur la base de causes et de conditions.
Ils évoluent ou s'agitent pendant un
certain temps, puis disparaissent. Des
corps et des esprits ont une certaine
apparence, et d'autres en ont une autre.
La vie a-t-elle une opinion ? Voyez-les
pour ce que c’est : des images
temporaires dans la Conscience
toujours claire et indéniable que vous
êtes. Ce n'est pas l'apparence et ce
qu'elle fait ou ne fait pas le vrai
problème. C'est plutôt le fait de
s'identifier exclusivement à cela, de le
considérer comme étant ce que je suis.
Êtes-vous un nuage, une brise
occasionnelle, un concert de klaxons ?
Ces choses nous importent-elles tant
que cela ? Que sont le corps et le
mental, à part des expériences
éphémères dans la Conscience ?
Pourquoi devrions-nous les adopter, les
revendiquer comme étant « moi » et y songer autant ?
Question : La nuit dernière, la question « Qui suis-je ? » m'a réveillé et poussé à
creuser profondément pour trouver des habitudes de pensée réductrice, qui se
perpétuent encore dans la Conscience. Et donc, la compréhension que je suis la
Conscience est reconnue. Des énergies se sont réveillées dans le corps, que le
mental a voulu nommer et qu’il a taxées de « peur ». Des pensées relatives au
manque, au fait qu'il n'y a pas suffisamment d'argent pour couvrir les frais généraux
s'attachent à la peur, et une tempête de pensées se déchaîne pour provoquer
davantage de souffrance, mais pour qui ? Moi ? Quel moi ? Quel est ce moi ? Où
est-il ? La Présence est simplement là, toujours ici et maintenant. En retrait, en
retrait, précédant le mental, les sentiments, l'énergie et les émotions. Cette
connaissance pure et spacieuse est simplement là. Tout va bien. C'était/c'est clair
comme de l'eau de roche.
J : La souffrance, les doutes, la peur, les problèmes, les questions, etc. ne sont que
des manifestations de la pensée. Ce ne sont que des pensées passagères. En
dehors de la pensée, ils n'ont aucune substance, aucune réalité, aucune existence.
Combien de ces choses peut-on avoir sans pensées ?
Le corps, le monde, les autres, les événements sont simplement ce qu'ils sont. Ils ne
sont ni bons ni mauvais. Ce ne sont que des manifestations. Ils sont tous
impersonnels, et aucune de ces choses ne pose problème. S'énerver à propos des
autres, de nous-mêmes ou de nos pensées implique que nous leur accordons
beaucoup trop d'importance, une importance qu'ils ne méritent pas.
Ce à quoi nous sommes toujours confrontés, ce sont les pensées. Les pensées ne
sont que des histoires qui tourbillonnent dans l'espace vide (l'espace de la
Conscience). Notre unique problème est de les prendre pour argent comptant, en
particulier celles qui tentent de nous dire qui et ce que nous sommes. Ce sont les
pensées égocentriques, les pensées en rapport avec moi. Mais qu'est-ce que ce
prétendu « moi » dont elles parlent toutes ? L'avons-nous jamais trouvé ? Tous les
doutes et problèmes concernent un personnage fictif. Vous, en tant que personne
distincte, vous n'avez jamais réellement existé, si ce n'est en tant que personnage
hypothétique. Si tel est le cas, comment pouvons-nous prendre toutes les pensées le
concernant trop au sérieux ?
En voyant cela, l'absorption et la fixation sur les pensées passagères et le contenu
du mental diminuent. S'il y a encore une certaine absorption et une certaine fixation,
c'est qu'il y a encore une certaine croyance dans ces pensées. Elles ne sont pas
vues comme de simples pensées, mais comme quelque chose de réel et valable. Il
ne s'agit pas de nier les problèmes et les soucis pratiques. Ce n'est pas une licence
pour abandonner le bon sens et la nécessité de répondre aux préoccupations
pratiques, au fur et à mesure qu'elles se présentent.
Que sont les pensées égocentriques ? Ce ne sont que des habitudes et des
croyances acquises pendant des années d'ignorance, quand nous ne savions pas
mieux. Il n'y a rien de bien ou mal à leur propos. Ce ne sont que des réflexes
mécaniques. La clé est de les voir pour ce qu'elles sont. Notez que les apparences
du corps ou de l'esprit n'ont pas besoin de changer ou d'être différentes. Tout ce qui
advient adviendra, et avons-nous le choix de toute façon ? Il ne s'agit pas non plus
de nier l'apparence relative ou de la dévaloriser de quelque manière que ce soit.
En voyant tout cela, l'attention exclusive peut se détacher du contenu mental. Alors, il
y a de l'espace pour reconnaître votre véritable nature, la claire Présence-
Conscience qui rayonne en amont du mental, ce que vous êtes réellement. Cela
n'est pas du tout conditionné par le mécanisme corps-mental. Laissez l'attention se
détacher de l'apparence du corps-mental. Oubliez ce que les autres pensent et
disent de vous, et ce que vous dites d'eux. Il ne s'agit que d'une bande de
personnages fictifs qui jacassent dans leur sommeil ! Tout s'équilibre avec la
reconnaissance claire de votre véritable nature. En sachant qui vous êtes, le corps et
l'esprit sont libres de jouer les rôles qui leur sont attribués dans l'apparence.
Résolument et hardiment, voyez simplement toute souffrance, tout doute et toute
confusion comme des pensées qui surgissent dans l'esprit. Ensuite, tournez-vous
vers ce qui en vous connaît le mental et tout le reste, et revendiquez cela comme
étant votre identité. Il s’agit de la présence constante du Soi-Conscience qui reste
immuable, quoi qu'il se passe dans le mental. Votre identité étant fermement établie
dans cette Présence-Conscience, l'identification exclusive avec les pensées et
l''intérêt soutenu pour celles-ci disparaissent. Les expériences ne font plus que
glisser sur vous, comme des feuilles mortes dans un champ. Vous restez comme un
ciel serein : lumineux, pur, ouvert, accueillant tout, mais sans être affecté par tout ce
qui vous traverse.
(Suite…)
Q : Cela peut-il être aussi simple que de ne croire qu'aucune pensée n'est vraie ? Il
semble que oui. Je continue à réfléchir à votre dernier message. Celui-ci m'ouvre de
nouvelles perspectives.
J : Les pensées relatives et pratiques associées aux choses et aux événements
peuvent être vraies ou fausses, mais ce n'est pas vraiment le sujet ici. Nous parlons
ici de pensées égocentriques, de pensées relatives à qui je suis, à ce que je suis, à
ce que sont mes caractéristiques. Naturellement, nous pouvons parler des
caractéristiques du corps et du mental. Mais le problème réside dans le fait de
s'accrocher à ces pensées et de croire qu'elles disent quelque chose sur moi,
qu'elles sont des affirmations vraies par rapport à qui je suis et à ce que je suis. Elles
sont toutes catégoriquement fausses. Comment le néant spacieux et pur de la
Présence-Conscience pourrait-il avoir des étiquettes et des attributs conçus par le
mental ? Le ciel transparent de la Conscience, qui est ce que vous êtes, est-il bon ou
mauvais, éclairé ou pas, élevé ou bas ? Ce sont tous des attributs de quelqu'un que
l’on suppose être nous-mêmes.
Nous croyons à ces attributs, parce que nous supposons que la personne qui les
possède est présente et correspond à qui nous sommes. Alors, considérez ces
attributs et toute l'agitation qu'ils génèrent comme de simples idées, des
mouvements qui surviennent, puis qui disparaissent dans l'esprit, sans autre
existence substantielle. Une fois qu'ils sont considérés comme des idées, vous êtes
alors en mesure de vous demander si celles-ci sont vraies ou pas, comme vous le
faites. La clé, c’est la reconnaissance profonde de la raison pour laquelle elles ne le
sont pas. Elles ne le sont pas pour deux raisons. Primo, votre nature, la clarté
naturelle de la Présence-Conscience, ne se conforme à aucun des concepts que le
mental vous impose. Découvrir ce que vous êtes vraiment sape fondamentalement
toutes les croyances égocentriques du mental. Secundo, les pensées égocentriques
s'appliquent à une personne ou à une entité qui, après recherche, ne peut tout
simplement pas être localisée. La découverte du Soi non localisé, non concret et
illimité dans le tableau coupe la racine de tout le mécanisme conceptuel. Tout le
réseau d'idées fausses et de croyances réductrices est vu pour ce qu'il est : des
pensées qui traversent l'espace de la Présence-Conscience transparente, à l’instar
d’une poignée de feuilles sèches qui tourbillonnent dans le ciel d'automne clair et
dégagé. Rien n'est gagné, mais la véritable perspective est rétablie…
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