Filière Papaye au Mali: Rapport de Mission PCDA 2009 - Vincent Lannuzel

Telechargé par Mahamat Sougour Bourigué
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MINISTERE DE L’AGRICULTURE REPUBLIQUE DU MALI
Un Peuple – Un But – Une Foi
PROGRAMME COMPETITIVITE
ET DIVERSIFICATION AGRICOLES
(PCDA)
COMPOSANTE 2
PARAMETRAGE DE LA FILIERE PAPAYE
ET
PRODUCTION D’OUTILS DIDACTIQUES
RAPPORT DE MISSION
DU 16 SEPTEMBRE AU 4 OCTOBRE 2009
Consultant : Vincent Lannuzel
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TABLE DES MATIÈRES
1. Introduction
2. Diagnostic des gions
3. Variétés de papaye
4. Fiches techniques
5. Coûts de production
6. Programme de travail
7. Annexes
A. Termes de référence
B. Rapport de restitution
C. Itinéraires techniques
D. Coûts de production (estimation)
E. Liste des personnes rencontrées
F. Calendrier de mission
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1. INTRODUCTION
Le Programme Compétitivité et Diversifications Agricoles (PCDA) est un
programme de promotion des filières agricoles. L’objet de ce rapport concerne
essentiellement le développement de la filière papaye.
Le constat ayant été fait que le Mali importait régulièrement de la papaye en
provenance de la Côte d’ivoire et du Burkina Faso pour alimenter un marché
potentiellement très rémunérateur, il est logique que le PCDA s’intéresse
fortement à ce produit.
Le Mali produisant principalement de la papaye dite locale, dérivée et hybridée
à partir d’une variété appelée Kita, le besoin s’est fait sentir de diversifier l’offre
vers une variété très demandée, soit la Solo n°8.
Si, dans un premier temps, l’objectif concerne la couverture du marché local,
certains opérateurs envisagent déjà de produire pour les marchés d’exportation
par avion où la Solo dispose d’une niche commerciale, et ensuite avec la
Golden plus propice à être exportée par bateau.
La majorité des informations disponibles ayant déjà été données lors de la
session de restitution, l’objet de ce rapport est de compléter et de préciser
certains éléments clés et de proposer un programme de travail pour les années
à venir.
Les Termes de référence de la mission sont présentés à l’Annexe A.
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2. DIAGNOSTIC DES REGIONS
Les trois régions visitées présentent un profil différent, deux d’entre elles -
Bamako et Sikasso – ayant déjà un profil exportateur pour d’autres produits que
la papaye (la mangue par exemple) et la troisième - Ségou - ayant plutôt un
profil d’autoconsommation. La stratégie et l’organisation de la production
devraient donc tenir compte des spécificités de chacune des régions.
2.1 Région de Ségou
Les plantations visitées sont de très petite taille (0,1 à 0,2 ha). La production est
entièrement vendue sur le marché local, soit par l’intermédiaire de grossistes,
soit directement au bord de la route.
Les plantations visitées - que ce soit autour de Ségou, Bla et San et à l’Office
du Niger - ont montré un bon potentiel, le problème principal, comme souligné
lors de la restitution, étant la méconnaissance de la culture proprement dite.
Ceci occasionne des dégâts importants dans les plantations.
La production est faite à partir de variétés locales, assez diverses suite aux
hybridations inévitables pour ce genre de culture. La région de Ségou ne
devrait pas accéder à l’exportation mais se concentrer pour l’instant sur la
formation des planteurs à l’aide d’outils didactiques simples et très attractif,
lesquels sont à élaborer sous forme de posters ou d’affiches en addition au
Manuel du Planteur qui constituera déjà une bonne base de travail. Il faudra à
la fois améliorer les variétés locales par la maîtrise de la pollinisation afin de
sécuriser l’origine (nécessité de sélectionner des plants originels de la région de
Kita) et introduire de nouvelles méthodes de travail pour accroître le rendement
et la qualité.
Une organisation commerciale pourrait être mise en route pour accéder à des
marchés enclavés comme les villes plus au nord (Djenne, Tombouctou et la rive
nord du Niger qui a priori semble un marché naturel pour cette région). La vente
locale ou bord route bénéficierait aussi d’une amélioration qualitative du produit.
2.2 Région de Bamako
Il s’agit ici du plus gros marché du pays qui, compte tenu du haut niveau de
rémunération en matière de fruit, est sujet aux importations régulières des pays
environnants.
Il semble toutefois qu’un des facteurs limitatifs pour ce marché soit la difficulté
de communication par route pour beaucoup de bassins de production entourant
la ville. Les régions de Safo ou de Banko par exemple sont peu éloignées du
centre de Bamako mais les routes exécrables dissuadent le producteur de
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commercialiser lui-même et régulièrement sa production au profit
d’intermédiaires qui assurent le transport et la vente, bien sûr en offrant au
producteur une rémunération moindre. La solution serait ici de favoriser la
création de groupements disposant d’un centre de collecte et assurant eux-
mêmes le transport et l’accès aux marchés principaux de la ville.
Tel que mentionné lors de la restitution du samedi 4 octobre, les qualités de sol
sont souvent excellentes dans la zone et permettent déjà des rendements
exceptionnels.
Bien que les plantations visitées restent de taille modeste, il semble que les
techniques employées dans la région de Bamako soient plus professionnelles
même s’il existe aussi une méconnaissance de l’itinéraire technique du
papayer.
2.3 Région de Sikasso
La visite à Sikasso a été très courte mais nous a néanmoins permis de voir le
potentiel de cette zone, dotée d’une pluviométrie naturelle supérieure aux
autres zones.
La région a également un passé d’exportation de mangues par bateau à travers
la Côte d’Ivoire et un opérateur de la place a affirmé son intention d’initier des
opérations d’exportation, d’abord par avion et ensuite par bateau. Il faut noter
toutefois que les problèmes logistiques que pose la papaye sont plus
compliqués que ceux de la mangue auxquels les opérateurs sont habitués.
Citons entre autres :
¾ le transit time qui doit être le plus réduit possible,
¾ la grande sensibilité aux maladies fongiques et à la frisure (gestion du
froid),
¾ la nécessité de réduire le temps entre la coupe et le passage en
precooling et,
¾ la mise en froid.
Les investissements prévus dans la zone par le PCDA en matière
d’équipement de froid et un accord à négocier avec les organisations
professionnelles du secteur fruitier en Côte d’ivoire pourraient permettre de
sécuriser l’exportation par bateau.
Quant à l’exportation par avion, rappelons que l’exportation régulière par voie
aérienne nécessite une surface plantée de cinq hectares pour assurer une
continuité dans l’approvisionnement des marchés.
Les expéditions par conteneurs maritimes requièrent 25 hectares de
plantations (18 tonnes par semaine), et de surcroît dans une autre variété, la
GOLDEN qui possède ses particularités techniques.
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