Introduction
En dépit de la place grandissante occupée par les technologies numériques à l'école et
dans la société en général, l'écriture manuscrite reste une compétence essentielle à la
scolarité et dans la vie quotidienne (remplissage de formulaire, prises de notes etc...). Son
apprentissage, issu d'un processus long et complexe, peut être difficile et inabouti pour
certains sujets souffrant de troubles de l'écriture. La prise en charge de tels troubles est
alors nécessaire pour en limiter les conséquences négatives. Afin de proposer une
intervention psychomotrice efficace, il est nécessaire, d'une part, d'individualiser la prise
en charge à chaque sujet, et d'autre part, de baser sur des données théoriques fiables,
solides et récentes les interventions proposées. Or, s'il apparaît de façon évidente que la
prise en charge psychomotrice de l'écriture se base sur la notion d'apprentissage moteur,
certaines données théoriques relatives à ce domaine ne sont pas ou peu prises en compte
dans les techniques de rééducation de l'écriture. De plus, l'apprentissage moteur mettant
en action des phénomènes multiples et complexes, la manipulation de divers paramètres
relatifs à celui-ci peut avoir une influence réelle sur l'efficacité des interventions proposées.
Diverses lectures m'ont amené à m’intéresser plus particulièrement aux organisations de
pratiques possibles et de façon plus spécifique à l'interférence contextuelle. Je me suis
ainsi demandé si la manipulation de l'interférence contextuelle pouvait contribuer à
l'efficacité d'une prise en charge psychomotrice de l'écriture, et j'ai décidé de tenter de
répondre à cette question au travers de ce mémoire.
Durant mon stage au sein d'un cabinet libéral j'ai pu, notamment via le cas d'Adrien,
jeune collégien souffrant de troubles de l'écriture et d'une comorbidité TAC-TDA/H, me
rendre compte des difficultés multiples dont peuvent souffrir les sujets porteurs de troubles
de l'écriture ainsi que les cadres nosographiques complexes dans lesquels ceux-ci
peuvent s'inscrire. J'ai alors décidé, en m'appuyant sur les données théoriques recueillies,
d'intégrer le phénomène d'interférence contextuelle au sein d'une technique rééducative
de l'écriture me semblant adaptée aux difficultés d'Adrien.
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