Psychologie et santé : Approche psychosomatique et mécanismes de défense

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1.1 Psychologie et santé (pare 1)
Sommaire
1.Objectifs de la psychologie de la santé
2.Approche psychosomatique
3.Mécanismes d’adaptation
4.Qualité de vie
5.Vulnérabilité
6.Corps et santé
7.Mécanismes de défense
Objectifs
Expliciter le caractère unique de l’expérience de santé vécue par une personne,
Identifier les caractéristiques psychologiques pouvant influencer la représentation de la santé et de la
maladie chez une personne ou un groupe de personnes et la participation aux soins.
Psychologie et santé : approche psychosomatique, schéma et image du corps, qualité de vie, souffrance
psychique, mécanismes d’adaptation et de défense, résilience, vulnérabilité...
Introduction
Définition de la psychologie de la santé : ”étude des troubles psychosociaux pouvant jouer un rôle dans
l'apparition des maladies et pouvant accélérer ou ralentir leur évolution(Bruchon-Schweitzer, 1994) ou « un
ensemble des savoirs fondamentaux de la psychologie appliquée à la compréhension de la santé et de la
maladie ». (Matarazzo, 1984).
Intérêt pour le lien qui relie les causes et les conséquences d'une pathologie.
Domaine innovant qui recherche des solutions préventives mais également curatives.
D'après Fischer (2002), « la psychologie de la santé étudie l'importance et le rôle des facteurs psychiques
sur les comportements de santé en général, mais également sur le déclenchement et l‘évolution des maladies
».
La santé devient donc psychologique.
Santé = conception ancienne : qui passe de la tradition organiciste de Hippocrate (460-370 avant J-C.) aux
écrits de Freud (1909), qui avait étudié le lien entre le corps et l'esprit dans ses travaux sur la conversion
hystérique (cas Anna. O.)
Approche fondée sur l’organicité est une tradition ancienne dans la médecine occidentale (Hippocrate, 460-370
avant J-C.)
Deux Écoles en Grèce antique :
École de Cnide : 1ère école de médecine Grecque. Basée sur des méthodes empiriques. Pour eux la maladie
= lésion corporelle. Théorie du solidisme : seules les parties solides du corps sont essentielles pour la médecine
École de Cos : dirigée par Hippocrate. Le médecin traite un homme malade. Le traitement relève plus de
conseils sur le mode de vie (régime plutôt que remèdes, contrairement à l’école de Cnide) régime plutôt que
de trouver des remèdes
Théorie d’Hippocrate selon les humeurs. Chaque liquide représente des tempéraments.
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L’hystérie de conversion : cas clinique d'Anna O., patiente de J. BREUER, cas décrit dans
« Etudes sur l’hystérie », co-écrit par ce dernier et S. Freud.
Freud part du postulat d'un lien entre corps et esprit. L'hystérie de conversion est la
somatisation d'un conflit intrapsychique.
Idée relativement présente dans le corps médical actuel, mais certaines notions qui défient
cette conception négative du lien corps/esprit : l'effet placebo et hypnose.
Anna O était une fille unique, qui était très proche de son père. Elle avait un tempérament
très fort, intelligente mais se réfugie dans ses rêveries de jeune fille. Son père étant atteint
d’une tuberculose, elle voyait son père souffrir.
Approche psychosomatique
Introduction du concept de « psychosomatique » au XIXe siècle par le psychiatre allemand Heinroth qui
insistait l’importance de considérer chaque individu comme entité spécifique.
Création d’un nouveau courant médical issu du courant organiciste et expérimental qui prenait en compte les
facteurs d’ordre psychique dans l’étiopathogénie de certaines maladies somatiques.
Nouvelles découvertes touchant les relations entre système immunitaire, système nerveux autonome (SNA) et
système nerveux central (SNC) ont permis un échange complexe entre différentes disciplines : médicale,
biologique, psychiatrique et psychanalytique.
Gérard Pirlot (2007) définit la psychosomatique comme étant l’étude des processus psychiques entrant en jeu
dans les « désorganisations somatiques »
Plusieurs hypothèses ont toutefois été formulées concernant ces causalités : théorie du traumatisme (Freud),
théorie des personnalités prédisposées (Dunbar, 1935), théorie émotionnelle (lalexithymie de Sifneos, 1973),
théorie économique (Marty), topique des clivages (Dejours, 1986), filiation narcissique (Guyotat, 1980), théorie
du stress, chronobiologique, etc.
En 1952, Alexander reprend l'idée que des conflits intrapsychiques provoquent des symptômes physiques.
Alexander (1938) théorisait que toute maladie avait une origine psychosomatique car nos émotions auraient
un impact sur les phénomènes physiologiques.
Psychosomatique =
Nos émotions, nos conflits, selon Alexander, crée des maladies.
Alexander avait déterminé des variables constituant la maladie :
A : constitution héréditaire
B : traumatisme obstétrical
C : maladies organiques durant l'enfance
D : soins, attention reçus durant l'enfance
E : accidents physiques ou traumatismes durant l'enfance
F : accidents affectifs durant l'enfance
I : climat affectif au sein de la famille et traits personnels des parents
J : traumatismes physiques ultérieurs
Il avait aussi décrit des profils psychologiques pour différents types d'affection médicale :
Patients asthmatiques
Patients avec des problèmes cardiaques (type A)
Patients souffrant de cancers (type C)
Patients atteints d’obésité
Patients souffrant de colites
Patients anorexiques
Etc.
Pour Alexander, la physiologie est un trait d'union entre le corps et l'esprit.
A l’heure actuelle, la maladie est considérée comme ayant des causes multifactorielles, c'est-à-dire qu'elle
représente un ensemble de processus qu'ils soient biologiques, psychologiques ou environnementaux
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Dans le courant psychosomatique, certaines maladies sont expliquées par la prédominance des facteurs
psychologiques. Il s'agit du courant psychosomatique issu de la psychanalyse freudienne.
Dans la psychanalyse, les mécanismes de conversion somatique reflètent l’état psychique du patient. Un
fonctionnement psychique inadéquat fragiliserait les patients face à l’adversité.
Expériences, sentiments refoulés provoqueraient donc des problèmes physiques.
Théorie classique psychanalytique d'une approche somatique
Un processus psychosomatique pathologique serait lié à une carence fantasmatique et émotionnelle
La somatisation serait engendrée par un dysfonctionnement ou une carence, par manque de mentalisation
La théorie de Freud met en avant une intrication et un ancrage du psychisme dans le biologique : la pulsion
sexuelle est au carrefour du soma et de la psyché.
DEUXIÈME MODÈLE FREUDIEN : CONVERSION HYSTÉRIQUE
L’HYSTÉRIE DE CONVERSION = PROTOTYPE DES DIFFÉRENTS TYPES D’HYSTÉRIE. IL S’AGIT DE LA
TRANSPOSITION D’UN CONFLIT (SEXUEL) PSYCHIQUE. LES PATIENTES ALLAIENT VERS UNE
TENTATIVE DE RÉSOLUTION DE CELUI-CI DANS LES SYMPTÔMES MOTEURS (PARALYSIE) OU
SENSITIFS (ANESTHÉSIE OU DOULEURS LOCALISÉES).
LES REPRÉSENTATIONS REFOULÉES DU FAIT D’UN CONFLIT SEXUEL INFANTILE ONT UNE
SIGNIFICATION SYMBOLIQUE ET DEVIENNENT DE VÉRITABLES « CORPS ÉTRANGERS INTERNES »
DANS LE PSYCHISME.
Parenthèse : hystérie de Charcot
Approche psychosomatique – Charcot
Pour en revenir à Freud, le symptôme névrotique est représentatif du «ça » car il exprime donc ce conflit
inconscient entre pulsion sexuelle et interdit moral
Les symptômes somatiques renvoient a un fantasme inconscient.
Il est toutefois important de noter que Freud ne prend pas en compte les maladies organiques.
Le psychanalyste moniste Groddeck (1900) avait expliqué que l'homme n'est constitué que d'une seule même
force pulsionnelle responsable a la fois du corps et de l'esprit.
Freud lui a emprunté terme Ça”. Cependant pour Groddeck estime, le Ça représente la globalité des
échanges entre corps et esprit alors que pour Freud, il s’agit surtout du réservoir pulsionnel de l'appareil
psychique.
Théorie psychosomatique de Marty
Selon Marty, le comportement des malades psychosomatiques diffère de celui des malades névrotiques
décrits par Freud. Leur vie fantasmatique est pauvre, leur discours factuel. Il s’agit de ce qu’il appelle la pensée
opératoire (P.O.).
Le malade psychosomatique n’est pas en mesure de symboliser ses affects et ses conflits personnels, il
régresse dans ses défenses (tendances auto-agressives => il se rend malade)
La dépression essentielle (Marty 1963) se définit par le fait d’être une dépression « sans objet » : sans auto-
accusation, ni de culpabilité consciente ou de tristesse apparente => est surtout identifiable par la perte de «
tonus vital » dans le domaine psychique (fatigue +++) et dans le mode de relation à l’autre. La dépression
essentielle devient délétère pour l’organisation somatique si associée à P.O.
Sifneos (1973) s’intéresse au rapport des patients avec leurs émotions, aux difficultés de trouver les mots
pour en parler (P.O.). L’alexithymie apparait alors comme un déficit de l’affect : « une vie fantasmatique pauvre
avec comme résultat une forme de pensée utilitaire, une tendance à utiliser l’action pour éviter les conflits et
les situations stressantes, une restriction marquée dans l’expression des émotions et particulièrement une
difficulté à trouver les mots pour décrire ses sentiments ».
L’alexithymie se définit comme étant « une inhabilité à pouvoir faire des connexions entre les émotions et les
idées, les pensées, les fantasmes, qui en général les accompagnent ».
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Pour Sifneos, les patients atteints de maladies psychosomatiques souffrent d’une incapacité à identifier et à
décrire verbalement les sentiments et les émotions, une activité fantasmatique limitée et un style cognitif
pragmatique essentiellement orienté vers les symptômes physiques et les éléments factuels extérieurs.
Théorie psychosomatique de Sami-Ali (2003)
Défaut de projection, situation d’impasses + rôle du refoulement caractériel de l’imaginaire chez les patients
psychosomatiques
Rêve = état se rejoignent le biologique et psychologique. Et l'imaginaire est aussi l’équivalent du rêve à
l‘état d’éveil
Rêve et imaginaire = l'inconscient
Le refoulement de cet imaginaire rend malade. L’imaginaire est le trait d’union entre soi et l'autre, dans la
relation d’objet.
Chronobiologie (Poirel, 1982)
Les pathologies résulteraient de stress aigu et chronique
L’anxiété actionnelle, les troubles névrotiques, maladies psychosomatiques, les troubles dépressifs seraient
aussi liée à des troubles des rythmes circadiens
=> intérêt d’une approche chronobiologique, notamment en médecine du travail.
Psychologie de la santé – partie 2
Mécanismes d’adaptation
Rappel des objectifs de la psychologie de la santé :
Promouvoir les comportements responsables en matière de santé.
Étudier les différents facteurs psychologiques et sociaux qui entourent la maladie, les processus de guérison
ou non.
Comprendre les processus biologiques, psychologiques et sociaux de la maladie.
Psychologie de la santé => 3 domaines distincts (Bruchon-Schweitzer et Dantzer, 1994):
Comportements influençant la santé
Façon de vivre, habitudes
Comportements adoptés par les malades face à la maladie
Dans ce domaine, l'individu est considéré comme un acteur responsable de son bien-être, ce qui revient à
dire qu’il a la possibilité d’éviter certains comportements ou de mettre en place des comportements préventifs.
Nos croyances que nous appelons cognitions : ces représentations vont affecter les comportements et les
relations que nous avons avec la maladie, le milieu médical, les médicaments, etc.
Grâce à ses cognitions, le malade va pouvoir mettre en lien son histoire personnelle avec le fait médical, à
savoir, la maladie.
La conception de la santé dépend du lieu, de l’époque, des sociétés et des croyances mais elle peut aussi
différer au sein d’une même époque et d’une même culture.
2 grands types de comportements spécifiques (Matarazzo,1984) :
« comportements pathogènes » : effet néfaste
« comportements immunogènes » : effet bénéfique - Thèse de McKeown (1979)
Comportements = Prédicteurs de l’état de santé
Effet potentiel sur la longévité (ex : différences interculturelles : Abkhaziens)
7 facteurs prédiraient la longévité (Breslow,1983) :
Dormir 7 à 8 heures par nuit,
Prendre un petit déjeuner chaque matin
Ne pas fumer
Ne pas grignoter entre les repas
Avoir un poids normal (compte tenu du sexe, de l’âge)
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Ne pas boire d’alcool (ou modérément)
Faire régulièrement de l’exercice physique
Facteurs prédictifs des comportements en santé (Leventhal et al., 1985) :
Facteurs sociaux
Facteurs génétiques
Facteurs émotionnels
Symptômes perçus
Croyances des individus en matière de santé et maladie
Croyances des professionnels de la santé
Chez le patient, il y a une recherche de sens de ce qui est vécu => théories naïves
Identification (quoi)
Description (comment)
Interprétation (pourquoi)
Le sens de la maladie est un véritable travail psychique : l'individu recherche les causes, il tente de reconstruire
une temporalité des événements, il cherche du sens et tente d'élaborer des projets de vie, à intégrer cet
évènement à leur histoire personnelle.
Hypothèse de Pédinielli (1996, 1999) = existence dun décalage entre les théories « profanes » et les
conceptions « savantes » (biomédicales).
La théorie de la maladie chez le malade peut être partiellement contradictoire ou complémentaire à la
conception médicale.
Description de la maladie
Interprétations des symptômes
Inférences causales à propos de l’étiologie
Contrôle perçu
Pronostic subjectif
L'expérience subjective joue un rôle dans l'efficacité de tout soin :
Compréhension, acceptation du diagnostic et des traitements
Attitude envers les soins
Observance et adhésion thérapeutique
Adoption de comportements sains
Elaboration de stratégies d'adaptation face à la maladie plus ou moins fonctionnelles (coping)
etc.
L'explication causale : Etude de Murray et McMillan (1993)
Stress, environnement, facteurs biomédicaux, facteurs comportementaux
=> Combinaisons de causes internes et externes
Dans les causes externes : éléments naturels (grippe, Ebola, VIH, etc.) ; événements de vie (problèmes
financiers, charge de travail excessive, chômage, etc.) ; relations à autrui (séparation, etc.)
Dans les causes internes : les transmissions génétiques, les dysfonctionnements corporels, les émotions,
le tempérament
Un modèle transactionnel en psychologie de la santé (Bruchon-Schweitzer, M. et Siksou, M., 2008)
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