
1941, attaqués par le Japon, ils s’engagent pour la seconde fois dans une guerre
qu’ils voulaient éviter, mais se saisissent alors du leadership et deviennent une «
superpuissance » à part entière.
A. La Première Guerre mondiale
1. L’intervention
Formulés par le président Wilson, dans un discours prononcé devant le Congrès,
les « Quatorze Points » (8 janvier 1918) récapitulent les buts de guerre
poursuivis par les États-Unis, neuf mois après leur entrée en guerre contre
l’Allemagne (6 avril 1917), non pas comme alliés, mais comme associés des pays
de l’Entente[2].
Deux mois auparavant, le Parti bolchevik s’est emparé du pouvoir en Russie (7
novembre 1917, 25 octobre, ancien style). Dans un « décret sur la paix » adopté
le même jour par le IIe Congrès panrusse des Soviets, la Russie propose « à tous
les peuples belligérants et à leurs gouvernements d’entamer des pourparlers
immédiats en vue d’une paix juste et démocratique. » Le nouveau gouvernement
conclut un armistice avec l’Allemagne en décembre (Brest-Litovsk, 15 décembre
1917) et s’engage dans des négociations de paix.
Les « Quatorze Points » portent à la fois sur le règlement de la guerre et sur
l’établissement d’un nouvel ordre international propre à garantir une paix
durable. Le président Wilson entend fonder le règlement des questions
nationales sur le principe des nationalités et sur le droit des peuples à disposer
d’eux-mêmes (VIe-XIIIe points). Il admet les revendications coloniales, mais les
subordonne à l’« intérêt des populations concernées » (Ve point). Il formule
plusieurs principes destinés à garantir une paix durable : diplomatie ouverte
(Ier point), réduction des armements (IVe point), liberté de navigation et de
commerce, raison première de l’entrée en guerre (IIe-IIIe points). Il prévoit la
création d’une association générale des nations destinée à garantir
l’indépendance et l’intégrité territoriale de tous les États (XIVe point).
2. La portée de l’intervention : l’internationalisme wilsonien
L’entrée en guerre des États-Unis et leur adhésion à une association générale des
nations rompent avec une doctrine établie de longue date, le non-engagement