
ciale : avulsions dentaires, chirurgie nasale par
exemple. L’ensemble des auteurs prône l’utilisa-
tion des masques laryngés armés
37
, même en pédia-
trie
57
.
La protection des voies aériennes par le masque
laryngé armé contre l’inhalation de sang venant du
nez ou de la bouche est comparable à celle fournie
par l’intubation
134
. Tous les auteurs soulignent l’in-
térêt du masque laryngé au réveil : moins d’agita-
tion et de laryngospasme
121
, meilleure protection
des voies aériennes contre le saignement
136
.La
bronchoconstriction est limitée avec le masque la-
ryngé
136
, surtout chez l’enfant enrhumé
70
. Pour des
praticiens expérimentés, le ML s’est avéré efficace
chez les patients porteurs d’un trismus après radio-
thérapie cervicale haute
58
. Il est possible de poser
un masque laryngé même lorsque l’écart interinci-
sives est inférieur à 15 mm. Aucun travail prospec-
tif n’a encore rapporté l’utilisation du Proseal™
dans le contexte de la chirurgie maxillofaciale.
Monitorage respiratoire
Pendant l’opération, la capnigraphie est indispen-
sable en détectant précocement un grand nombre
d’incidents : intubation œsophagienne, débranche-
ment, encombrement ... Sous sédation, la sur-
veillance du CO
2
expiré
16
est utile pour le diagnos-
tic des apnées ou des bradypnées, même si ce
monitorage s’avère inopérant chez certains pa-
tients (respiration buccale, hypersécrétion, ...).
Protection des voies aériennes supérieures
contre le saignement
Elle est assurée le plus souvent par l’intubation
trachéale ; il est habituel d’y associer un « pac-
king », non pas tant pour protéger l’arbre aérien du
saignement que pour éviter la présence de caillots
dans l’hypopharynx et la déglutition de sang, fac-
teur de vomissements postopératoires. En cas de
saignement endobuccal postopératoire, le risque
d’inhalation de sang est non négligeable. La toux,
conséquence de ces inhalations, majore le saigne-
ment local et peut ainsi initier un cercle vicieux.
Le masque laryngé armé représente donc une
alternative intéressante à l’intubation trachéale ;
néanmoins, du fait de l’accès difficile à la tête et
des éventuelles manipulations chirurgicales,
l’anesthésiste doit maîtriser parfaitement cette
technique, et le chirurgien doit tenir compte de la
présence du masque laryngé lors des gestes chirur-
gicaux.
Critères d’extubation
Les problèmes d’extubation sont deux fois plus
fréquents après chirurgie ORL et dentaire qu’après
les autres chirurgies
11
. Les facteurs de risque sont
le sexe masculin, l’obésité et les difficultés d’expo-
sition de la glotte
11
. Les problèmes d’extubation
sont plus fréquents si elle est réalisée sur un patient
endormi (30 %) plutôt que semi-conscient (20 %) ou
complètement réveillé (15 %) ; l’utilisation
d’agents anesthésiques de courte durée d’action,
sans accumulation, représente probablement un
gage de sécurité.
Certains facteurs favorisent l’apparition d’un
œdème glottique postextubation : enfant de 1 à
4 ans, diamètre du tube trop élevé, mouvements
répétés de la sonde (mobilisation, toux, ...), bal-
lonnet haute pression, sonde réutilisable. L’œdème
débute quelques minutes à quelques heures après
l’extubation. Le plus souvent transitoire, il peut
être source de séquelles (sténose sous-glottique)
s’il persiste plus de 24 heures. Les mesures préven-
tives sont l’intubation douce et le choix du calibre
de la sonde, laissant une fuite audible pour des
pressions trachéales de 20 cmH
2
O. Le diagnostic
des lésions par laryngoscopie directe et le traite-
ment par aérosol d’oxygène et d’adrénaline doit
être précoce
81
.
Pour réduire l’incidence des inhalations postopé-
ratoires, il est souhaitable d’extuber les malades
complètement réveillés. La reprise de l’alimenta-
tion se fait après contrôle de la déglutition par
ingestion d’eau. Le blocage maxillaire pose des
problèmes spécifiques. Les vomissements peuvent
avoir des conséquences désastreuses (inhalation,
rupture des sutures endobuccales) ; pour les préve-
nir, l’aspiration gastrique et l’administration d’an-
tiémétiques sont effectuées. Le blocage maxillaire
doit pouvoir être levé rapidement, soit par section
à l’aide d’une pince de Bebee qui doit rester atta-
chée au lit du patient, soit à l’aide de montages
particuliers qui permettent le déblocage par simple
traction sur un fil d’acier.
En cas de doute sur la perméabilité de la filière,
deux attitudes sont possibles : la réalisation d’une
trachéotomie transitoire ou l’extubation sur guide
creux. Ce guide est passé à travers la sonde d’intu-
bation et laissé dans la trachée quelques heures
après l’extubation. Il permet la réintubation sur
guide ; le choix d’un guide creux permet la vérifi-
cation de la position de l’extrémité du guide par
capnigraphie, et l’éventuelle administration d’O
2
si
l’expiration est possible
125
.
Chirurgie odontologique
Il s’agit de la chirurgie dentaire : avulsions de dents
de sagesse ou de dents incluses, traitement des
infections locales, chirurgie reconstructrice de la
6 J.-L. Bourgain