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MEMOIRE BILAN DAHER L3 GFCE

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Gestion du Risque de Change dans une Banque de l’UEMOA : Cas d’ECOBANK Sénégal
INTRODUCTION :
Le développement du commerce international a permis aux entreprises d’établir des
nombreux liens d’affaires avec des partenaires étrangers. Bien que favorable sur un plan
économique, cet événement a entrainé l’apparition d’un risque auquel plusieurs entreprises
locales doivent maintenant faire face dans leur quotidien, en l’occurrence le risque de change
dans le cadre des activités bancaires.
Le risque de change provient des fluctuations des taux de change entre la devise domestique
de la banque et les autres devises. C’est le décalage qui produit le risque, par lequel la banque
est susceptible de subir des pertes, lorsque des fluctuations défavorables affectent le taux de
change d’une devise donnée sur un période. Toutefois, le risque de change est de nature
spéculatives et peut engendrer des profits ou des pertes, selon le sens des fluctuations des taux
de change et selon que la position nette de la banque en devise étrangère est courte ou longue.
Ce genre de fluctuations procède normalement des facteurs macroéconomiques et s’observent
sur les périodes relativement longue, mêmes si la perception du marché des devise permet
souvent de cerner plus vite les tendances. Les autres aspects macroéconomiques affectant la
valeur de la devise nationale sont le volume et le sens des flux de marchandises et des
capitaux dans les pays .des facteurs aux courts termes comme les éventements politique
prévisible. L’évolution des anticipations des agents du marché et des opérations spéculatives
sur les devises peuvent aussi engendrer des fluctuations des court de celle-ci .tous ces
facteurs sont susceptible d’affecter l’offre et de la demande d’une devise et par conséquents
les mouvements journalier des taux de changes sur les marchés des devises. Si les risques sont
gérés, la banque supporte un cout de couverture. Dans la situation inverse, la banque ne subit
pas des couts de gestion mais elle doit considérer la probabilité que se manifestent plus tard
des partes susceptibles d’induire des graves difficultés financières et une mauvaise évaluation
des pertes et de profit de change a un impact sur les résultats et donc sur la valeur de
l’entreprise.
De tout ce qui précède, il convient de dire que le métier du banquier est le métier du risque.
En effet, les banques sont exposées à plusieurs risques dont le risque de change du fait de la
détention des comptes libellés dans des devises étrangères. Les opérations de change font
partie des marchés les plus liquides au monde et de grosse perte sont en jeu compte tenu du
haute volume de transactions et des grands montants qui y sont échangés. Ces transactions
importantes conduisent à des risques qui peuvent mettre en péril la pérennité des banques.
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L’absence ou l’insuffisance des mesures de maitrise de ces risques provoque inévitablement
des pertes qui affectent la rentabilité et les fonds propres. Cependant, le risque est une source
de profil et la banque qui ne prendrait aucun risque prendrait le plus grand d’entre eux : celui
de ne pas être dans la quête d’une meilleure rentabilité. Ainsi, le risque n’est donc pas de
prendre des risques mais d’en prendre trop ou de mal les contrôler. Il faut donc avoir un
regard plus avisé sur ces opérations qui peuvent impacter directement le compte de résultat
conformément a la réglementation bancaire.
Dans une telle situation, il s’avère nécessaire de mettre en œuvre un processus de contrôle des
opérations de change pour s’assurer de leur maitrise.
C’est ce qui nous amène à voir dans une première partie les cadres théorique et
méthodologique, puis dans une deuxième partie le cadre organisationnel et enfin dans une
troisième partie le cadre analytique.
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PREMIERE PARTIE : CADRES
THEORIQUE ET
METHODOLOGIQUE
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CHAPITRE 1 : CADRE THEORIQUE
L’environnement bancaire est devenu très instable et très vulnérable face aux différentes
fluctuations de la sphère monétaire. Faces à ces différentes perturbations les banques sont de
plus en plus menacées par une diversité des risques nuisant à leurs activités et à leur position
sur le marché financiers.
Ce chapitre sera structuré en quatre sections : une première section qui définira la
problématique à résoudre tout au long de ce cursus, une deuxième section qui présentera les
objectifs de notre recherche, une troisième section qui portera sur les hypothèses et enfin la
quatrième section va expliciter la revue critique de la littérature.
SECTION 1 : PROBLEMATIQUE
le développement du marché interbancaire avec comme corollaire l’intégration des marchés a
engendré une grande volatilité des taux de change entre les devises les plus fréquemment
échangées sur le marché de change. Cette volatilité exacerbe le risque de change qui se
caracterise par des pertes potentielles souvent élevées.
L’une des principales spécificités du marché de change est qu’il est parfaitement efficient ;
ainsi toute prévision devient quasiment impossible car les cours évoluent en temps réel et en
fonction de nouvelles informations non antérieurement disponibles.
Cette meme efficience est d’ailleurs à l’origine de bulles spéculatives et de l’instabilité du
marché. D’une manière générale, une bulle spéculative peut se définir comme un écart
important et persistant du prix d’un actif par rapport à sa valeur fondamentale. Celles-ci
peuvent ainsi etre issues d’anticipations rationnelles des investisseurs ; hypothèse dans
laquelle le cours d’une devise est égal a son cours anticipé. Ces bulles peuvent aussi etre
d’origine irrationnelle par les anticipations hétérogènes des agents microéconomiques du fait
d’une certaine asymétrie d’information.
En définitive, l’interaction entre les opérateurs rationnels et ceux irrationnels permet de
comprendre comment peuvent se former de telles divergences par rapport à la valeur
fondamentale d’une devise.
Outre ces facteurs suscités, il apparait que la volatilité des cours de change peut ne pas etre
absolument corrélée aux fontamentaux économiques.
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Ainsi, l’analyse du taux de change de la paire EUR/USD par rapport aux écarts
macroéconomiques fais ressortir un paradoxe : le fait que la devise européenne se soit
appréciée par rapport au Dollar durant une phase de très faible croissance.
Globalement, depuis le début des années 90, le taux de change de cette paire a évolué en sens
inverse de ce qu’auraient exigé les fondamentaux économiques.
Cet exemple met clairement en évidence le fait que les fluctuations des devises, au-delà des
fondamentaux macroéconomiques, peuvent avoir de multiples origines qui rendent
excessivement difficile toute tentative de prévison de l’évolution des cours.
C’est dans ce nouvel environnement financier hautement compétitif, incertain et instable
quévolue ECOBANK SN dont le service de la trèsorerie est en charge du management
Actif/Passif incluant entre autres la gestion de change et celle de la liquidité internationale.
Dans cette gestion de la trésorerie, l’objectif fondamental est de maximiser le profit tout en
minimisant les risques ; notemment le risque de change du fait de la très grande volatilité
susmentionnée des devises sur le marché de change. Une bonne gestion de ce risque pourrait
permettre de se prémunir contre les pertes potentielles qui lui sont inhérentes et meme dans
certais cas susciter des gains.
C’est dans ce cadre que s’inscrit la présent étude qui tentera d’évaluer la démarche
d’ECOBANK SN en matière de gestion du risque de change. De manière spécifique, elle
tentera de repondre à la question suivante :
 Dans un contexte d’extreme volatilité des devises, ECOBANK SN gère t-il son
risque de change de manière efficiente ?
SECTION 2 : LES OBJECTIFS DE RECHERCHE
Pour répondre à ces différentes préoccupations il convient de s’intéresser au contrôler les
risques liés aux opérations de change de la banque. C’est dans cette perspective que le thème
de cette mission de gestion se formule comme suit « gestion du risque de change dans une
banque : cas d’ECOBANK SN ». À partir de ce thème, nous allons définir l’objectif général
qui impliquera des objectifs spécifiques.
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Sous-section 1 : L’objectif général
L’objectif principal est d’analyser les déterminants du taux de change d’ECOBANK SN.
Sous-section 2 : Les objectifs spécifiques
Cette objectif implique des objectifs spécifiques autour de la gestion du risque des
operations.il s’agit de :

Présenter les méthodes de prévision de l’évolution des cours.

Mettre en évidence les techniques de couvertures contre le risque de change.

Analyser les différents risques auxquels est confronté ECOBANK SN et les méthodes
de gestion de ce risque.

Proposer des outils alternatifs permettant une gestion plus efficiente de ce risque.
SECTION 3 : LES HYPOTHESES DES TRAVAIL
Dans leur majorité, les systèmes de gestion des risques sont fondés sur la notion de
mesurabilité du risque. Ils reposent essentiellement sur des modèles, sortes de boîtes noires,
dans lesquelles les données entrent d’un côté et ressortent de l’autre sous la forme d’une
mesure. Elle repose sur l’idée que le système financier peut être décrit par une succession
d’équations mathématiques et qu’il suffit de trouver les bonnes équations pour mesurer le
risque.
C’est dans cet ordre d’idées que nous allons émettre les deux hypothèses ci-dessous :

Hypothèse 1 : ECOBANK SN gère son risque de change de manière efficiente.

Hypothèse 2 : La volatilité du marché de change affecte la rentabilité d’ECOBANK
SN.
SECTION 4 : LA REVUE CRITIQUE DE LA LITTERATURE
L’importante volatilité du marché de change pose à nouveau le problème de la détermination
a priori d’un taux de change d’équilibre pour pouvoir ainsi se couvrir au maximum contre le
risque de change. Outre cela, l’efficacité du taux de change utilisé en politique monétaire est
intimement corrélée à la possibilité de déterminer ce fameux niveau d’équilibre pour mieux
appréhender le concept de sous-évaluation ou de sur évaluation d’une monnaie par rapport à
une autre.
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D’après VAN GREUNING & BRATANOVIC (2004), le risque de change est « une
conséquence des fluctuations des taux de change, et provient des décalages entre les valeurs
des actifs et des passifs libellés dans des devises différentes. »
L’un des premiers modèles de détermination du taux de change demeure la parité du pouvoir
d’achat en ses versions absolue et relative. Cette théorie a été mise en évidence par CASSEL
(1916), et stipule, en version absolue, que la valeur du taux de change nominal entre deux
devises est égale au rapport des niveaux des prix entre les deux pays concernés.
Rappelons que cette théorie est tirée de la loi du prix unique qui stipule que le prix d’un bien
est partout le même dès lors qu’il est converti dans la monnaie locale. Ceci présuppose,
cependant, que les taux de change réels bilatéraux sont toujours égaux ; ce qui est très
rarement le cas, même à long terme comme le soutiennent les tenants de cette théorie.
Dans ces conditions, le PPA se décline dans sa forme relative qui veut que ce soit la variation
des niveaux de prix (inflation) qui soit la variable d’ajustement du taux de change.
Cette théorie souffre, cependant, de certains limites notamment du fait qu’il ne fasse aucune
référence aux performances économiques qui représentent des déterminants fondamentaux du
taux de change.
A ce propos, ROLL (1979à et ADLER & LEHMANN (1983) vont ressortir le fait que la PPA
ne constitue pas un fondement absolu à la détermination des taux même à long terme.
Les limites à cette théorie sont à l’origine de la mise en évidence d’autres approches ; en
l’occurrence les approches monétaire (à prix flexibles et à prix rigides) et macroéconomique.
En ce qui concerne le modèle monétaire à prix flexibles, il est basé sur quelques hypothèses
cruciales : i) la parfaite flexibilité des prix ; ii) la parfaite substituabilité des actifs nationaux et
étrangers ; iii) la PPA ; iv) la parité des taux d’intérêt sans couverture, qui d’après MC
DONALD & TAYLOR (1992) postule qu’une hausse de la demande locale d’une monnaie
comparée à celle étrangère entraine une augmentation incidente de la demande de cette
monnaie et partant son appréciation du fait de sa raréfaction sur le marché.
La principale limite imputable à cette théorie est certainement la même hypothèse de stabilité
du taux de change réel que la PPA ; et c’est là tout le sens de l’introduction par DORNBUSH
(1976) de la théorie monétaire des prix rigides qui fondamentalement vérifie la PPA avec la
variabilité des taux de change et d’intérêts qui s’ajustent instantanément ; mais seulement en
longue période et ainsi la corrélation entre l’offre de monnaie et les fluctuations du taux de
change.
A l’instant de la théorie de la PPA, celle monétaire souffre également de certaines
insuffisance relevées par LANE (1991, 2001) parmi lesquelles les hypothèses de stationnarité
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du taux de change réel et d’égalité des paramètres des fonctions de demande de monnaie dans
deux pays.
C’est dans une optique de pallier ces insuffisances que l’approche macroéconomique est
élaborée par WILLIAMSON (1985, 1994), et qui veuille que le taux de change d’équilibre
fondamental assure simultanément les équilibres interne et externe.
Les travaux concernant cette approche par OBSTFELD & ROGOFF (1995) ainsi que
SARNO (2001) pose le problème du choix des variables macroéconomiques sur lesquels les
économistes ne s’entendent pas encore.
C’est d’ailleurs, là, le sens de la question du taux de change de l’Euro pro cyclique posée par
FITOUSSI (2004), et qui met e évidence le paradoxe de l’appréciation de la monnaie
européenne par rapport à l’USD en sens inverse des fondements macroéconomiques et
principalement de la croissance.
Ainsi, du fait de ce quasi impossibilité de prévoir l’évolution des cours de change, la
pertinence de l’élaboration d’une stratégie de gestion efficace du risque de change trouve
toute sa justification.
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CHAPITRE 2 : CADRE METHODOLOGIQUE
Le Sénégal est un pays sahélien situé dans la partie la plus occidentale de l’Afrique, en
bordure de l’océan Atlantique, le Sénégal entoure la Gambie, son voisin de plus petite taille,
et partage ses frontières avec la Guinée, le Mali et la Mauritanie. Le pays compte au moins
15,4 millions d’habitants (2016), dont environ un quart se concentre autour de la capitale,
Dakar, et près de la moitié dans d’autres zones urbaines. Le Sénégal est l’un des pôles
économiques les plus importants d’Afrique de l’Ouest.
Traditionnellement, les systèmes bancaires étaient organisés selon un système comprenant un
Institut d'émission (la banque centrale) faisant figure d'autorité suprême, et un ensemble
d'établissements constitués par les banques dites de second rang.
Les banques centrales ont pour rôle l'émission de monnaie et jouissent d'une autonomie
particulière vis-à-vis des pouvoirs publics. Elles participent aussi à la stabilisation des
relations monétaires entre un pays et ses partenaires commerciaux étrangers en assurant la
gestion des réserves de change.
Elles interviennent à cet effet sur le marché des changes à travers l'achat de devises étrangères
lorsque la monnaie nationale s'apprécie ; et à travers la vente de devises lorsque la monnaie se
déprécie. Aussi est-il que la banque centrale participe à la définition de la politique monétaire,
et par la même occasion à la politique économique générale d'un pays car elle a une action
non négligeable sur la croissance de la masse monétaire et sur le niveau des prix.
SECTION 1 : LE CHAMP DE L’ETUDE
Les opérations de change sont effectuées par des banques et des institutions financières qui
interviennent directement pour leur propre compte, et des opérations extérieurs au marché
pour le compte duquel les institutions financières achètent et vendent des devises.
Sous-section 1 : Champ élargi de l’étude
A. Caractéristique du marché de change
Le marché interbancaire des devises est le marché international sur lequel s’échangent les
grandes devises convertibles entre elles par le canal systèmes bancaires nationaux.
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C’est un marché dématérialise (pas de localisation géographique) et qui a la particularité
d’être international et de fonctionner en continu 24/24.
Les principaux intervenants du marché de change sont tout d’abord les banques centrales et
commerciales qui constituent les fondements de ce marché interbancaire. En effet, c’est par
leur intermédiaire que s’effectuent les transactions. A côté de ces deux éléments apparaissent
aussi les entreprises et institutions financières non bancaire et les états qui, eux, évoluent sur
ce marché soit par une logistique qui leur est propre soit pas l’intermédiaire respectif des
banques commerciales et centrales susmentionnées.
1. Les banque centrales & Etats
Les banques centrales et les Etats peuvent intervenir sporadiquement sur le marché de change,
le plus souvent pour répondre à des impératifs monétaires. En effet, la très grande volatilité
sur le marché peut induire d’importantes fluctuation des devises et qui ne seront pas
forcement en adéquation avec les objectifs des autorités institutionnelles au regard des
impacts que cela pourrait engendre sur les éléments du carré magique : inflation, chômage,
taux d’intérêt et croissance ; ainsi, il arrive qu’elles interviennent pour apprécier ou déprécier
une devise dans le souci d’atteindre les objectifs susvisé.
Il convient, cependant de tempérer cette assertion dans la mesure où aucune banque centrale,
à elle seule, ne peut influer pertinemment sur me marché de change. Les banques centrales se
retrouvent ainsi dans l’obligation d’agir de concert pour espérer avoir un quelconque impact
sur le marché.
2. Les banques commerciales et d’investissements
La très grande majorité des transactions de change sont l’œuvre des banques commerciales
sur les différentes places financières.
Le principal motif de cette importance des transactions bancaires entre dans le cadre leur
activité de gestion de portefeuille en exécution des ordres de leurs mandants.
3. Les entreprises et institutions financières non bancaires
L’intervention des entreprises sur le marché interbancaire ne peut se faire que par
l’intermédiaire des banques. Les transactions commerciales (transferts de fonds …) effectuées
dans des devises autres que celles du pays de résidence expliquent ce besoin. En outre, le
souci de se prémunir contre le risque de change concernant des échéances futures peut aussi
expliquer leur intervention sur le marché de changes.
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Il convient de préciser ici que certaines multinationales (en Europe & USA notamment)
disposent de la latitude d’intervenir sur le marché interbancaire de manière directe, sans
l’intermédiation d’une banque ; c’est souvent le cas pour les entreprises dont la nature même
de l’activité engendre un important risque de change.
Pour ce qui est des institutions financières non bancaires, il convient de citer les investisseurs
institutionnels tels que les fonds de pension, les sociétés d’assurance et les fonds
d’investissement.
B. Types d’opération du marché de change
1. Le marché au comptant ou marché « spot »
Le change au comptant consiste en l’échange certain et immédiat de deux devises ; ainsi
toutes les devises librement convertibles peuvent faire d’une transaction sur le marché spot.
Cependant, seule une poignée de devises est régulièrement traitée et elles sont toutes cotées
l’USD.
Toutes les transactions sur le marché spot entrainent une livraison effective des devises J+2
ouvrés.
GRAPHIQUE 1 : Structure de marché SPOT
Comptant
Sèches (outright
solo)
Opérations
Terme
Swaps cambistes/
Swaps tresorerie
Source : les marchés de change et leur fonctionnement, Gilles MORRISSON, Institut Bancaire
et Financier International (IBFI)
2. Cotation des devises au comptant
Le taux de change est la détermination de la valeur d’une devise comparée à une autre.
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Les devises peuvent être cotées :
-
Soit au certain ou cotation indirect ; on cote la monnaie nationale contre les autres
devises : c’est le cas pour l’Euro en Grande Bretagne, Australie…
Ex : EUR/GBP, EUR/AUD
-
Soit à l’incertain ou cotation direct ; on cote la devises étrangère contre la monnaie
nationale
Ex : GBP/EUR, AUD/EUR
Ainsi la cotation se fait sous la forme de deux prix : un prix acheteur (Bid) et un prix vendeur
(Ask) pour le « market-maker ».
EUR/USA=
BID
ASK
1,3050
1,3065
3. Le marché à terme ou marché « FORWARD »
Une opération sèche de change a terme (dite opération à terme sec ou « outright-forward »)
est une opération de change permettant de fixer aujourd’hui a quel taux de change seront
échangées deux devises a une future et en quelle qualité.
GRAPHIQUE 2 : Structure du marché FORWARD
Livraison différée "Forward-cash
Forward-terme sec" (OTC)
Ferme
Contrats standardisés "future" (Marchés
organisés
Opération à terme
OTC (gré à gré)
Conditionnelle
(Optionnelle)
Contrat d'option stantardisé (Marchés
organisés)
Source : les marchés de change et leur fonctionnement, Gilles MORRISSON, Institut Bancaire
et Financier International (IBFI)
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4. Principe de détermination du court à terme
INSTRUCTION :
Soit les informations suivantes :
Cours EUR/USD : 1,3050/1,3065
Taux d’intérêt USD : 5,25%
Taux d’intérêt EUR : 3,75%
Nombre de jour : 45

Après application numérique :
Cours à terme EUR/USD = 1,3074/ 1,3089
5. Le marché des dépôts
Le marché des dépôts est le marché interbancaire de la trésorerie devises. Une banque qui
souhaiterait emprunter ou prêter des devises étrangères ira sur ce marché. Sans contrôle de
change, les taux sur ce marché sont très proches de ceux pratiqués sur le marché domestique
de la devise concernée.
Il conviendra de spécifier que sur ce marché, les périodes sont standardisées :
-
Overnight : correspond aux opérations au jour le jour ;
-
Tom-Next : tomorrow-next ou de demain a après-demain ;
-
Spot-Next : d’après-demain au jour suivant ;
-
1 semaine et plus (1 mois, 2 mois, 3mois, 6 mois, 12 mois).
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C. Volume des échanges sur le marché de change
TABLEAU 1 : Opérations de change
Opérations
2001
2004
(en Mds US$)
(en Mds US$)
Comptant
387
621
Terme sec
131
208
Swaps cambistes
656
944
Ajustement
26
107
Total
1200
1880
Swaps de devises
7
21
Options
60
117
Autres
0
2
Total
1267
2020
Source : Enquête Triennale BRI, 2004
A l’exception de 2001, le volume des transactions sur le marché des changes augmente de
manière exponentielle. Ainsi, le volume total est passé de 1267 Mds US$ en 2001 à 2020 Mds
US$ en 2004 soit une hausse de 59,43%. En excluant le marché des produits dérivés, les
montants échangés passent de 1200 Mds US$ à 1880 Mds US$ soit une augmentation de
56,7%.
Il convient de préciser que sur ce marché, 83% des transactions sont l’œuvre des banques
(48%) et des institutions financière, contre seulement 17% pour les institutions non
financières.
Notons qu’en 2001 et pour les structures suscitées ces proportions étaient respectivement de
85% et 15% avec notamment 56% des transactions gérées par les banques.
Trois paires de devises animent principalement le marché, il s’agit de EURUSD avec 28% du
marché, USDTPY (17%) et enfin USDGBP (14%).
D. Logistique de la salle des marchés
La salle des marchés (« Dealing Room ») peut être définie comme le cœur du système de
gestion des transactions de change dans un établissement financier, c’est en son sein que se
gère la direction des opérations sur le marché.
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1. Plateforme de « trading » électronique
Aujourd’hui, la plupart des transactions interbancaires au comptant sur les grandes devises se
concentre sur la plateforme EBS (Electronic Brokerage System). C’est un système
d’appariement des ordres en fonction :
-
De la comptabilité des ordres en termes de prix ;
-
De l’ordre d’arrivée dans le système ;
-
Des autorisations de transactions avec devises contreparties (ou non) ;
-
Des limites par contreparties.
Une plateforme similaire « Reuters – Dealing » existe sur les grandes devises et les
moyennes, et il convient de préciser ici que ces deux plateformes concentrent quasiment 80%
de l’ensemble des transactions au comptant.
Les coutiers traditionnels sont en voie de disparitions même le « trading » direct par téléphone
perdue, c’est notamment le cas dans les banques africaines dont le volume traité sur le marché
ainsi que le retard technologique n’autorisent pas le recours a ce système.
Ainsi, chaque opérateur dispose d’un écran spécial EBS lui permettant de :
-
Suivre le marché des devises traitées ;
-
Entrer des ordres d’achat ou de vente à prix précis ;
-
Connaitre immédiatement sa contrepartie en cas d’exécution de l’ordre par le système
et les conditions de la transaction par le ticket d’opérations.
2. Déroulement des opérations
La salle des marchés peut être subdivisée en trois niveaux :

FRONT OFFICE
Ce sont les opérations (traders) qui réalisent les opérations sur le marché, qu’elles soient au
comptant, à terme, ou sur les produits dérivés.
Le « Front Office » agrège les compétences aussi diverses et complémentaires que l’analyse
économique (prévisions), l’ingénierie financière et l’informatique (gestion des systèmes EBS,
REUTERS…). Sa caractéristique principale est sa capacité de réaction, eu égard à
l’importance du facteur temps par rapport à la compétitive du marché.

MIDDLE OFFICE
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Le « Middle Office » s’occupe principalement du suivi de l’ensemble des risques inhérents
aux opérations de change, en d’autres termes identifier le type de risque et s’assurer que son
ampleur reste dans les limites imparties.
C’est par ailleurs, le niveau où se détermine l’élaboration des stratégies de marché et ce en
étroite synergie avec le « Front Office ».

BACK OFFICE
Le « Back Office » est en charge de toute la logistique administrative des transactions sur le
marché, en l’occurrence assurer la bonne fin des opérations (confirmation, messages au
correspondants…) jusqu’au dénouement final. Par ailleurs, il s’occupe en appoint des
positions des opérations par devises et par correspondants.
Sous-section 2 : Délimitation de l’étude
Avec 20 milliards de dollars de total bilan, ECOBANK estime avoir atteint la taille critique
pour jouer pleinement le rôle de pivot entre les investisseurs internationaux et les acteurs
africains.
C’est en quelque sorte l’un des chaînons manquants entre la finance monde et la finance
africaine : une plateforme de cotation de devises africaines dans les principales devises
internationales, pour permettre aux investisseurs internationaux à la recherche de
diversification de se positionner sur les actifs africains, caractérisés par des rendements
élevés. Elle devrait aussi servir à tous les acteurs effectuant simplement des opérations de
change entre l’Afrique et le reste du monde.
Avec des rendements en moyenne de 2,5% sur dix ans en Europe, 6% en Amérique latine et 8
à 20% en Afrique, le choix de l’investisseur est, normalement, vite fait. A condition que
l’aversion des investisseurs aux risques de change africains ne change la donne.
Mise en place par ECOBANK, cette plateforme est le signal fort que la banque la plus
panafricaine, arrivée à la fin de son expansion géographique, se tourne désormais vers la mise
en place d’instruments modernes, pour faciliter la jonction entre les investisseurs et
institutionnels internationaux et les acteurs africains. « Il n’y a pas de doute, l’Afrique est la
nouvelle frontière de la finance internationale. Il y a un appétit certain des investisseurs
internationaux pour le continent. Pour transformer le potentiel, on a besoin d’instruments
comme cette plateforme de cotation de devises», explique Paul-Harry Aithnard, directeur
groupe de la recherche d’ECOBANK, basé à Paris.
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La banque espère tirer profit des nouvelles tendances de l’Afrique avec l’émergence d’une
classe moyenne et l’attrait, nouveau, du continent africain pour les hedge funds, les fonds
d’asset management et les structures de private equity. « Nous sommes certainement la
banque la mieux placée pour jouer ce rôle d’accompagnateur des investisseurs internationaux,
forts de notre présence dans 33 pays africains (ECOBANK vient d’obtenir une licence en
Guinée équatoriale), avec une présence effective à Paris, des bureaux de représentation à
Londres, à Dubaï et certainement bientôt dans d’autres centres financiers internationaux »,
déclare pour sa part, Abdoul Aziz Dia, directeur groupe de la trésorerie d’ECOBANK.
Il faut le dire, l’effet de taille que représente la prise de contrôle d’Océanie Bank plaide en
faveur de ce saut qualitatif. Fort de 20 milliards de dollars de total bilan, la banque estime
avoir atteint la taille critique pour jouer pleinement le rôle de pivot entre les investisseurs
internationaux et les acteurs africains. Concrètement, ce sont les institutions internationales et
les multinationales qui disposent de plusieurs succursales en Afrique qui économisent du
temps et de l’argent à travers cette plateforme de cotation de devises : « Quand on est une
multinationale et que, de Paris ou Londres, on veut effectuer des transferts vers quatre filiales,
c’est plusieurs opérations de change qu’il faut entreprendre. Il fallait faire quatre transactions
différentes, probablement avec quatre banques différentes. »
Aujourd’hui, avec la cotation de 22 monnaies africaines par la salle de marchés d’ECOBANK
à Paris, c’est un guichet unique qui est disponible et qui, poursuit M. Dia, rapprochera
l’Afrique du marché financier international. Déjà des multinationales, des organismes
internationaux, des investisseurs et autres banques internationales, mais également africaines,
utilisent cette plateforme unique. « En plus de la cotation de ces devises, nous allons
commencer à offrir une plateforme exclusive qui va permettre aux investisseurs
internationaux de s’exposer aux actifs africains, devises, obligations, dettes qui offrent
aujourd’hui l’un des meilleurs profils rendement-risque au monde », ajoute M. Dia. Un
contexte international favorable.
Le contexte international est favorable à un tel positionnement. Aujourd’hui, ces investisseurs
ont des rendements très faibles sur les actifs des pays développés, à cause des politiques
actuelles de taux d’intérêt bas, appliquées pour juguler la crise. Or, certains actifs africains
(dettes souveraines, dettes corporate) dégagent des rendements intéressants, à deux chiffres.
«Nous allons proposer aux investisseurs internationaux des instruments qui permettront
d’accéder facilement aux actifs africains. »
Ces solutions pratiques rapprochent
incontestablement le continent africain du marché international. Le mur est en train de
tomber. « Le problème que les investisseurs internationaux ont depuis plusieurs années, c’est
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la difficulté d’accéder aux actifs africains. L’attrait du continent est une réalité, les taux
d’intérêt sont élevés, les rendements sont plus intéressants mais il n’y a pas assez de véhicules
d’investissements », rappelle Paul-Harry Aithnard. Et de poursuivre : «Nous allons structurer
les actifs africains pour permettre à ces investisseurs de s’exposer plus facilement au marché
africain. » Avec des rendements en moyenne de 2,5% sur dix ans en Europe, 6% en Amérique
latine et 8 à 20% en Afrique, le choix de l’investisseur est, normalement, vite fait. A condition
que l’aversion des investisseurs aux risques de change africains ne change la donne.
SECTION 2 : LES METHODES D’INVESTIGATION
Tout travail de recherche implique une démarche structurée et cohérente afin d’en assurer sa
pertinence. Plusieurs investigations ont été réalisées dans le cadre de ce travail de recherche.
Elles comprennent pour l’essentiel la collecte de données, la collecte documentaire et
l’élaboration de guides d’entretiens.
Sous-section 1 : les sources secondaires
Elle a été établie sur la base des données chiffrées issues de nos recherches et portant
notamment sur le Groupe ECOBANK SN, la BRVM et l’environnement économique de
l’UEMOA.
Pour la réalisation de notre étude, nous avons entrepris un recherche documentaire basée sur
des rapports publiés par le Groupe ECOBANK SN et la BRVM notamment à travers des
publications les plus récentes et disponibles. Cette recherche documentaire a été complétée
par des études et ouvrages spécialisés en finance, lesquels constitueront en grand apport au
niveau de la définition de notre cadre analytique.
Sous-section 2 : les sources primaires
Il nous a paru également nécessaire de recueillir l’avis de certains responsables d’ECOBANK
et de la CGF bourse. L’objectif étant d’avoir une meilleure connaissance notamment du
contexte et des conditions d’introduction de l’action ECOBANK SN mais également d’avoir
leur appréciation sur les perspectives de cette action au niveau de BRVM.
L’exploitation de ces guides d’entretien permet aussi de conforter nos recherches et analyses
empiriques vis-à-vis de l’action ETI.
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A. Techniques qualitatives
L’interview a été utilisée pour approfondir ou éclairer les informations collectées. Cette
technique a permis de faire des rapprochements en termes d’observations entre les procédures
décrites par le contrôle des opérations de change et les pratiques observées.
B. Techniques quantitatives
Le questionnaire de prise de connaissance est orienté sur l’application du dispositif prudentiel
et des normes, du système de gestion du risque et de l’application de la procédure de contrôle
des opérations de change. La prise de connaissance portera également sur le niveau de
sécurité dans les opérations de change et les systèmes de surveillance mise en place.
SECTION 3 : DIFFICULTES RENCONTREES
Nous avons fait face à plusieurs difficultés dans la réalisation de ce mémoire. D’abord, le
manque des documentations précise sur l’appel public à l’épargne de d’UEMOA. Ensuite, la
difficulté dans la collecte de certaines données notamment celles concernant le nombre
d’actions en circulation, le cours de l’action ETI, etc.
De plus, nous avons rencontrés des difficultés par rapport à la prise de contact avec les
responsables de CGF et du Groupe ECOBANK administrer les guides d’entretiens.
Ainsi, ces difficultés susmentionnées ont constitué des limites dans notre travail de recherche.
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DEUXIEME PARTIE : CADRE
ORGANISATIONNEL
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CHAPITRE 1 : PRESENTATION D’ECOBANK SN
ECOBANK SN développe une stratégie conforme à celle du groupe tout en adoptant des
activités spécifiques à son environnement. Ce chapitre sera consacré tout d’abord à un bref
historique d’ECOBANK SN et ensuite à la présentation d’ECOBANK SN à travers ses
stratégies, sa vision et mission, son fonctionnement et enfin son organisation.
SECTION 1 : HISTORIQUE ET CADRE JURIDIQUE D’ECOBANK SN
ETI, une société anonyme à responsabilité limitée au capital autorisé de 100millons $ US, est
créée en 1985 comme holding bancaire à l’initiative de la fédération des chambres de
commerce d’Afrique de l’Ouest avec le soutien de la CEDEAO. Au début des années 1980
l’industrie bancaire en Afrique de l’Ouest était dominée par les banques étrangères et
appartenant à l’Etat. Il existait pratiquement aucune banque en Afrique de l’Ouest appartenant
ni étant gérée le secteur privé africain. ETI a été fondée dans le but de combler ce vide.
ETI a commencé ses activités avec sa première filiale au Togo en Mars 1988.
ECOBANK est aujourd’hui la première institution bancaire phare panafricaine présente dans
36 pays de continent africain et du reste du monde (Annexe n°2). Elle opère actuellement
dans les pays de l’Afrique de l’Ouest, Centrale, Orientale et Australe, ECOBANK dispose
également d’une filiale à Paris et de bureaux de représentation à Dubaï, Johannesburg,
Londres, Luanda et Pékin.
Créée en 1999, ECOBANK Sénégal (ESN) s’est installée comme la 12 ème banque sur la place
financière avec un capital essentiellement composé de capitaux africains. C’est un
établissement financier sous forme d’une société anonyme avec conseil d’administration dont
le capital social s’élève à 16 776 900 000 FCFA aujourd’hui. Enfin 2009, la banque est
devenue une référence sur le marché bancaire. En effet, ECOBANK est aujourd’hui la
troisième banque au Sénégal en termes d’agence et de rentabilité.
Conformément aux statuts, la société a pour objet la pratique des opérations de banque, et
notamment de faire, tant pour son compte que pour le compte de tiers ou en participation avec
la république du Sénégal et à l’étranger, toutes opérations financiers, commerciales,
mobilières, immobilières.
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SECTION 2 : VISION, MISSION ET STRATEGIES D’ECOBANK SN
ECOBANK exerce ses activités en tant que « Banque Unique » dotée d’une marque commune
ainsi que de normes politiques et procédures communes. Pour cela, la vision et la mission sont
les mêmes dans toutes les filiales.
Sous-Section 1 : Vision
La vision définie par ECOBANK est la suivante : construire une banque panafricaine de
classe mondiale et contribuer au développement économique et financier de l’Afrique.
Son expansion fulgurante est la résultante de sa vision et des valeurs qui sont :
-
Une vision de « Banque Unique » qui transcende des barrières géographiques ;
-
Une stratégie pour attirer, développer et retenir les meilleurs talents sur le continent
Africain ;
-
Une technologie adéquate pour fournir des services accessibles, pratiques et fiables à
ses clients ;
-
La standardisation des politiques et procédures ;
-
Une mode de fonctionnement basé sur la bonne gouvernance.
Sous-Section 2 : Mission
Conformément à ses statuts, ECOBANK a pour mission de fournir à ses clients des gros et
détails des produits et services financier pratiques, accessibles et fiables.
Sous-Section 3 : Stratégies
Conformément à la stratégie globale du Groupe, ESN a poursuivi sa stratégie de présence
parmi les premiers acteurs bancaires financiers locaux.
La stratégie de la banque a été axée en 2011 sur la recherche de la productivité notamment en
mettant l’accent sur :
-
Le développement de l’activité avec de nouveaux clients ;
-
La mobilisation des dépôts à moindre cout ;
-
La vente croisée avec l’accroissement de taux d’équipement ;
-
La recherche d’une meilleure qualité de service ;
-
L’amélioration de la qualité de service ;
-
La mise en place d’une stratégie de recouvrement efficace.
Cette stratégie tout au long de l’année a été sous-tendue et supportée par les orientations du
Groupe telles que la mise en place d’un organigramme plus fonctionnel, notamment en créant
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trois lignes de métier au sein de l’activité commerciale : Corporate Bank, Domestic Bank et
Ecobank Capital.
Pour soutenir son action, de nouveaux produits et services ont été lancés. Ainsi les « Forum
client » ont été introduits par les rencontres à thème régulier afin d’échanger avec les clients a
prospects.
SECTION 3 : STRUCTURES ORGANISATIONNELLES D’ECOBANK
SN
Sous-Section 1 : Organes et fonctionnement
ECOBANK Sénégal, comme toutes les autres filiales, sont le dispatching opéré par le groupe
dans son organisation. Elle comporte ainsi une séparation convenable des taches des différents
acteurs de la banque. Dans ce souci, elle s’est organisée en 11 directions à savoir :
La Direction Générale
La Direction Générale a pour attribution la définition, l’élaboration de la politique globale, la
mise en place des stratégies et veille à leur adéquation avec les objectifs globaux de
développement décidés par le groupe. Elle coordonne les activités des autres directions.
En collaboration avec le conseil d’administration, la Direction Générale assure la gestion
quotidienne de la banque en appliquant les instructions provenant du siège conformément à la
règlementation bancaire et aux actes uniformes de l’Organisation pour l’Harmonisation en
Afrique du Droit des Affaires (OHADA)
Les Directions de Contrôles
Trois départements jouent le rôle de contrôle à savoir, la Direction de l’Audit Interne, la
Direction du Contrôle Interne et celle de la conformité :
 La Direction de l’Audit Interne
L’Audit Interne est caractérisé par l’ensemble des mesures permettant la maitrise de
l’organisation et la réduction des différents risques auxquels la banque est confrontée. Il se
manifeste par l’organisation, les méthodes et les procédures visant à garantir la pérennité des
activités de l’entreprise. Les auditeurs internes sont chargés de suivre les instructions de la
Direction Générale et du comité d’audit allant dans le sens d’assurer la protection et la
sauvegarde du patrimoine de l’institution, la justesse et l’intégralité de l’information,
l’amélioration des performances.
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Les missions assignées à la Direction de l’Audit Interne sont réalisées selon la charte d’audit
du groupe ECOBANK approuvée par son conseil d’administration, et la circulaire
N° 003-2011/CB du 04 janvier 2011 de la BCEAO, relative à la réorganisation du contrôle
interne se récapitulant comme suit :
-
S’assurer du respect des politiques institutionnelles, des dispositions législatives et
règlementaires en vigueur, des normes et usages professionnels et déontologiques, des
stratégies et procédures applicable à la fiable ;
-
Vérifier et apprécier la fiabilité, la conformité et l’application des principes comptables,
financiers et autres contrôles opérationnels et promouvoir un contrôle efficace à moindre
cout ;
-
S’assurer que les Actifs d’ECOBANK sont correctement évalués, comptabilisés et
protégés des pertes et risques de tout genre ;
-
Vérifier que les limites fixées par l’organe délibérant en matière de risques, notamment de
signature, de change et de taux d’intérêts sont strictement respectées ;
-
Veiller à la qualité de l’information comptables et financière, en particulier aux conditions
d’enregistrements, de conservation et de disponibilité de cette information ;
-
Apprécier la qualité des performances par rapport aux responsabilités assignées ;
-
Recommander des améliorations dans les secteurs opérationnels et s’assurer de l’efficacité
des actions correctives mises en place ;
-
Effectuer des missions spéciales d’audit.
 La Direction du Contrôle Interne
La Direction du Contrôle Interne fait partie de l’architecture de contrôle de la banque.
Elle a pour mission :
-
D’instituer une culture et un environnement de contrôle fiable, efficace, orienté vers les
affaires et qui réduiront les infractions aux contrôles/règlements et leur impact sur les
objectifs commerciaux et financiers de la banque ;
-
De fournir un service novateur, alerte et à valeur ajoutée en assistant la Direction dans le
contrôle des risques, la surveillance de la conformité et l’amélioration de la performance
du système de contrôle interne, en vue d’assumer sa responsabilité devant le conseil
d’administration et les actionnaires.
 La Direction de la Conformité (Compliance)
La Direction de la conformité a pour rôle de :
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-
S’assurer du strict respect des lois, des règlements et des normes du groupe ECOBANK ;
-
Coordonner le dispositif de lutte contre le blanchissement d’argent et financement du
terrorisme ;
-
Former et sensibiliser le personnel de la banque aux règles d’éthiques de déontologie, aux
procédures et à la lutte contre le blanchissement d’argent et le financement du terrorisme ;
-
Veiller à la mise à jour permanente des procédures de la banque.
La Direction Commerciales
Les trois centres commerciaux de la banque sont le Corporate Bank, le Domestic Bank et la
Trésorerie :
 La Direction de la trésorerie
La Direction de Trésorerie fait partie des trois centres de profit de la banque. Les principales
sources de revenus de la Trésorerie sont le change, les commissions sur transfert et les intérêts
sur placements interbancaires ou sur titres. La trésorerie doit également assurer une gestion
Actif-passif efficiente du bilan en organisant et animant des réunions mensuelles « ALCO » et
en procédant à une gestion prévisionnelle dynamique de la liquidité afin d’éviter toute
défaillance dans le bouclage de la compensation tout en respectant les réserves obligatoires.
Techniquement, les missions de la trésorerie sont de trois ordres essentiellement :
-
La gestion ALM (Assets & Liability Management) qui consiste à placer de la manière la
plus optimale possible les excédents de liquidités de la banque tout en respectant les
normes règlementaires de la BCEAO mais aussi en assurant le bon dénouement des
engagements vis-à-vis de tiers ;
-
Le volet SALES consiste en la vente des produits la trésorerie ;
-
Foreign Exchange TRADING : Activité de trading sous tendue par des transactions
commerciales et réalisée par les traders. La règlementation de change dans la Zone
UEMOA interdit toute activité de spéculation. Cette activité est également interdite par les
procédures du groupe.
 La Direction du Domestic Bank
Domesic Bank fait partie des 3 pôles d’activité de la banque. Il couvre l’ensemble des
produits et services offerts aux particuliers, aux PME/PMI et grandes entreprises locales et au
secteur public (Administrations, Projets, Gouvernement, Agences…). Il a en charge la gestion
de la « Banque de proximité », intervient dans les domaines de la stratégie, du développement
commercial et de la veille économique par la coordination et le contrôle des divisions
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suivantes : Réseau d’Agence, Marketing et Customer Service, Consumer Banking, Private
Banking, Small Médium Entreprise (SME) et Local Corporate et Public Sector Services.
 La Direction du Corporate Bank
La Direction Corporate Bank est la branche qui gère le portefeuille de la clientèle composée :
-
Des entreprises régionales, multinationales et parapubliques ;
-
Les organismes non gouvernementaux régionaux ou internationaux ;
-
Et les institutions financières (banques, assurances, SGI, fonds de pensions).
Elle a comme objectif : le développement de la clientèle par l’acquisition de nouveaux clients
et une meilleure pénétration de la clientèle existante, la maximisation du produit net bancaire
à travers la vente de tous les produits de la banque, le suivi du portefeuille de prêts y compris
le recouvrement, et l’amélioration de la qualité de service.
Les autres Directions de support
Les restes des Directions sont les suivantes :
 La Direction Financière
La Direction Financière d’ECOBANK SN est composée de trois services ayant en charge le
suivi budgétaire, la comptabilité générale, la gestion des immobilisations et les déclarations
fiscales. Cette Direction comme son nom l’indique a pour rôle le suivi des réalisations par
rapports aux budgets, de veiller aux différentes charges d’ECOBANK toute entité confondue,
d’assurer la comptabilisation et le suivi des immobilisations.
Par ailleurs, la Direction Financière gère la production de tous les rapports financiers
mensuels, semestriels ou annuels et travaille en étroite collaboration avec le groupe et la
banque centrale.
 La Direction des Risques
La Direction des Risques s’articule autour de 5 pôles : l’administration du crédit, le
recouvrement, le risque de crédit, le risque opérationnel et le risque de marché.
Le risque de marché : ce service suit les risques de marché de (change, taux, liquidité, etc.),
les reporting Groupe des risques identifiés et le suivi des engagements inter filiales.
 La Direction Juridique
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Cette Direction a pour rôle d’assurer la sécurité juridique et de veiller au respect des
différentes lois qui régissent le fonctionnement de la banque. Par ailleurs, elle assure aussi le
secrétariat général du conseil d’administration. Elle est composée du :
 Service garantie qui s’occupe de tout ce qui est prise de garantie ;
 Service contentieux et acte qui veille à l’exécution correcte et à temps des actes
émanant des autorités compétentes et allant dans le sens de saisir les comptes d’un
client, d’informer ou de confirmer ses avoirs à la banque ;
 Service juridique qui accompagne la Direction dans ses prises de décisions en jouant
un rôle de conseiller. De ce fait, il s’occupe de la vérification avec les lois et
règlementations qui régissent l’activité bancaire, la rédaction de tous les contrats qui
engagent la responsabilité de la banque.
 La Direction des Opérations et de la Technologie
Elle est composée de trois divisions à savoir : Opérations (OPS), Ecobank Business Services
(EBS), Informatique et Technologie (IT).
 La division des opérations
Cette division est subdivisée en plusieurs services couvrant les différentes activités
opérationnelles de la filiale.
 La division de l’informatique et des technologies
L’IT est la division informatique d’Ecobank. Elle joue le rôle déterminant dans la mesure où
le système d’exploitation ainsi que toutes les autres applications utilisées pour la banque
dépendent de cette division. De ce fait, elle assure la sécurité, la disponibilité et la
confidentialité de l’information. Elle gère un volet infrastructure et télécommunication qui
s’occupe de la gestion des liaisons entres filiales et de la sécurité internet. Il existe aussi un
volet développement d’application qui accompagne la banque dans ses projets.
 La division des services généraux ou Ecobank Business Services (EBS)
Cette division est en charge du « fonctionnement interne de la banque » : Logistique,
Fournisseurs, Protocole etc….
 La Direction des Ressources Humaines
La Direction des Ressources Humaines est chargée de l’administration du personnel et la
gestion des dossiers du personnel, la gestion du capital humain (le recrutement, le suivi des
plans de carrière, la formation, la promotion et le reclassement), la gestion des prêts et
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avances sur salaire au personnel. Elle veille en permanence au respect de la règlementation du
travail et du règlement intérieur (maintien du bon climat social dans l’institution).
Apres 15ans d’exercice dans le milieu bancaire Sénégalais, ECOBANK Sénégal a connu 3
années consécutives, marquées par des performances remarquables sur la plupart des
indicateurs bancaires.
Sous-Section 2 : Organigramme
(Voir annexe n°3)
En sommes, ce chapitre nous a permis d’avoir une vue sur l’organisation, le mode de
fonctionnement des différentes directions d’ECOBANK Sénégal.
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CHAPITRE 2 : ANALYSE DE L’ENVIRONNEMENT
D’ECOBANK SENEGAL
SECTION 1 : L’ENVIRONNEMENT MACROECONOMIQUE
Sous section 1 : Sur le plan économique
En 2006, la situation économique du Sénégal a noté un léger ralentissement avec un taux de
croissance du PIB de 3,1% (XOF 463,5 Milliards) par rapport à l’année précédente durant
laquelle cette croissance s’est établie à 5,5%.
Durant cette période, l’inflation est demeurée relativement maitrisée à 1,9%, soit une très
légère hausse de moins de 0,2 points, toujours rapporté à 2005.
Ces mauvaises performances sont essentiellement imputables à l’impact sur l’économie de la
hausse des cours mondiaux de l’énergie, incidemment de la fourniture erratique en
(SENELEC) qui a été un déterminant essentiel des performances moyennes des entreprises
sénégalaises, mais surtout de la cessation des activités des Industries Chimiques du Sénégal
(ICS), l’une des plus grandes entreprises du pays couplée aux difficultés récurrentes depuis
quelques années de la SAR.
Par contre la bonne tenue de l’inflation qui reste maitrisée sous les 2% est due à la relative
stabilité (ajustements inadéquats) des prix du gaz, de l’électricité et des transports qui sont
subventionnés par l’état et ne suivent donc pas une tendance corrélative à celle des cours
mondiaux.
Ceci met en évidence combien le Sénégal demeure vulnérable aux chocs exogènes mais
également dépendant des dons étrangers. Ainsi, le déficit compte courant hors dons à crû
d’environ 6 points entre 2004 et 2006 pour s’établir à 12,1% du PIB ; pendant le même temps,
l’assistance étrangère sous forme de dons, prêts concessionnels et rééchelonnement de dettes
ramène ce déficit à des proportions beaucoup plus raisonnables à environ 7% du PIB.
Sous section 2 : Sur le plan social
ECOBANK a décidé de consacrer le premier samedi du mois d’octobre, au concept
«ECOBANK Day», un programme d’activité RSE au profit des communautés.
Pour la 1ère édition en 2013, au Sénégal, +400 agents se sont mobilisés avec un budget de 50
millions FCFA. 40 établissements scolaires en ont bénéficié avec, à l’appui, rénovation de
bâtiments, peinture, matériel scolaire, ordinateurs…
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En 2014, les actions se sont concentrées autour de la lutte contre le paludisme. Plus 1,6
millions de doses de SP (médicament contre le paludisme réservé aux femmes enceintes et
aux enfants de moins de 5 ans) ont été remis aux médecins- chefs de région, leur permettant
d’être autonomes pendant 4 mois.
Sous section 3 : Sur le plan politique
La zone UEMOA est la première contributrice aux bénéfices d’ECOBANK Sénégal, avec 114
millions de dollars (+ 20 %), devant l’Afrique de l’Ouest anglophone (hors Nigeria), où le
résultat net a chuté de -27 % à 71 millions de dollars, le Nigeria qui est en nette progression
(+190 % à 66 millions de dollars) et la région Afrique orientale, centrale et australe (+182 % à
28 millions de dollars).
Dans une note aux investisseurs, Ade Ayeyemi s’est engagé à poursuivre « sa stratégie
quinquennale Feuille de route pour le leadership ». « En 2018 et au-delà, nous
mettrons l’accent sur un point : l’exécution opérationnelle implacable. Nous mettrons toutes
nos ressources à l’appui de nos efforts pour mieux servir nos clients, gérer nos activités plus
efficacement et générer des rendements qui atteignent et dépassent le coût des capitaux
propres », explique-t-il.
Le rendement des capitaux propres d’ECOBANK Sénégal est redevenu positif à 11,6 %,
contre -9,6 % en 2016. Mais il reste loin des niveaux atteints au début de la décennie, lorsqu’il
frôlait régulièrement les 16 %.
SECTION 2 : L’ENVIRONNEMENT MICROECONOMIQUE
Les risques microéconomiques sont ceux liés aux facteurs internes à l’entreprise. Leur
maitrise est à la portée des banques. Il s’agit, pour l’essentiel, des risques de marché.
Le risque de marché est le risque de perte qui peut résulter des fluctuations des prix des
instruments financiers qui composent un portefeuille. Le risque peut porter sur le cours des
actions, des taux d’intérêts, des taux de change, des cours de matières premières, etc.
 Le risque de taux d’intérêts
Le risque de taux sur le marché ou le taux trading est lié au mouvement de la courbe des taux
sur le marché et entraine une diminution du PNB (Produit Net Bancaire). Les taux de marché
sont instables et cette instabilité se répercute sur les résultats.
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 Le risque de position sur actions
Il s’agit du risque de perte lié a un changement des prix des actions dû à un mouvement
général du marché (on de risque général) ou à une variation sur une valeur particulière (risque
spécifique). Le prix d’une action est susceptible de varier en fonction de deux phénomènes :
la détérioration de la situation de l’émetteur et la dégradation du marché des actions.
 Le risque de change
C’est le risque de perte pour une banque suite à des fluctuations des taux de change entre la
devise domestique de la banque et les autres devises. Le risque de change est analogue au
risque de taux. Les banques ayant des activités internationales ont à la fois des risques de taux
d’intérêts libellés sous différentes devises et des risques de change. Les corrélations entre taux
d’intérêts des différentes devises et taux de change entre couples de devises créent des
interactions entre risque de taux et risque de change.
 Le risque de règlement
Le risque de règlement est le fait de livrer de la monnaie vendue et de ne pas recevoir la
monnaie achetée car entre-temps, la contrepartie est défaillante. Ce risque est présent dans
toutes les opérations de marché mais particulièrement aigu pour les opérations de change.
SECTION 3 : ANALYSE CONCURRENTIELLE
Sous-Section 1 : Concurrents Présents
En 2015, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a listé 23 banques
d’origines diverses et 2 établissements financiers actifs dans notre pays. En d’autres termes, le
Sénégal peut se targuer aujourd’hui d’avoir un réseau bancaire assez dense.
Le système bancaire sénégalais s’est beaucoup densifié ces dernières années. Les banques
sont présentes partout dans la capitale sénégalaise. Dans les régions, certaines d’entre elles ont
implanté leurs succursales, pour plus d’accessibilité à tous. Selon un document de la Banque
centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) publié récemment, pour le système
bancaire en activité, ‘’23 banques et 2 établissements financiers à caractère bancaire ont été
relevés au Sénégal en 2015’’.
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Un état des lieux qui confirme une certaine prolifération des banques au Sénégal. Et ces
dernières, en fonction de leur secteur d’activités et de leur couverture, ont une certaine
classification. Elles varient entre les banques généralistes à réseau national, (CBAO, SGBS,
BICIS), les banques à réseau ouest africain qui mènent des politiques favorisant les clients des
autres pays d’Afrique à effectuer des transactions économiques et financières dans le pays
(Ecobank, Attijariwafa Bank…), les banques d’affaires spécialisées dans le financement
d’entreprises (Citibank, Banque islamique du Sénégal) et enfin, les banques spécialisées dont
les plus en vue sont la BHS et la CNCAS.
Ainsi, ces institutions qui ont pour rôle essentiel la gestion des moyens de paiement et qui
fournissent aux agents économiques les liquidités nécessaires au bon fonctionnement de
l’économie sont une vingtaine au Sénégal. Au-delà, cet avocat explique que le paysage
bancaire peut être réparti ainsi : il y a une première catégorie où l’on compte l’institution
d’émission qui est la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), la
deuxième catégorie où sont classées les banques primaires ou banques commerciales dont la
SGBS, Ecobank, Attijariwafa Bank, entre autres. Il y a aussi les banques de développement
comme la Banque nationale de développement économique (Bnde) qui a rejoint le système
bancaire sénégalais en janvier 2014 et la Banque islamique du Sénégal (Bis). Enfin, nous
avons les systèmes financiers décentralisés dont le Crédit mutuel du Sénégalais (CMS), le
Partenariat pour la mobilisation de l’épargne et le crédit au Sénégal (Pamecas), etc.
DAKARACTU.COM Le magazine "Réussir" a publié dans son dernier numéro, le rapport
Total Bilan 2012 sur l'activité bancaire au Sénégal. Selon ce rapport, et contrairement à 2011,
l'activité bancaire en 2012 a connu une hausse de 8 % au Sénégal, soit 3 379 199 millions de
F CFA.
Le duo de tête est constitué par CBAO et SGBS, qui dépassent les 600 milliards de total bilan.
Soit 1 853 pour la CBAO et 1 962 pour la SGBS.
Elles sont suivies par ECOBANK avec 410, 503 milliards qui a su gagner des marchés très
vite avec la Sar et la Sénélec et la Bicis qui suit avec 321 milliards.
Après le quarté leader, se distingue une banque émergente, la BHS avec 230, 443 milliards.
Ce qui se justifie par une maitrise de son champ d'intervention et la génération d'une taille de
bilan conséquente.
Puis vient le gros de la troupe, un total de 6 banques qui oscillent entre la CNCAS avec 188,
431 milliards, UBA avec 102,456 milliards en passant par BRM, BAS, BOA et Crédit Mutuel
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du Sénégal. La révélation reste tout de même UBA qui intègre le Middle Market, après
seulement 4 ans de présence sur le marché.
Toutes ces banques se situent dans la tranche de plus de 100 milliards de Total Bilan et sont
pleinement engagées dans une vraie course vers la taille. Grandir et grossir à tout prix. Vite et
bien! Pour cela, elles ne se font aucun cadeau et tous les moyens sont bons pour conquérir et
fidéliser le client. Ce qui les pousse à faire du chiffre. Beaucoup de chiffres.
Sous-Section 2 : Parts de Marché
Au terme de l’exercice de l’année 2016, ECOBANK Sénégal se positionne en tant que
troisième banques du Sénégal avec un total bilan de 741milliards FCFA contre 648 milliards
pour l’année 2015, une progression très significative en une année. Concernant le résultat net
de 2016 il est de 7,52 milliards après impôt comparé à 5,16 milliards en 2015. Une bonne
opération pour les actionnaires qui peuvent bien se frotter les mains avec cet important
bénéfice. Cela s’explique par une bonne tenue de son portefeuille d’ECOBANK par
l’assainissement et mettre l’accent sur les emplois de qualité et le recouvrement des clients en
difficulté a laissé entendre Gabriel Fal Président sortant du conseil d’administration.
Le Groupe ECOBANK est une filiale africaine implantée dans plusieurs régions de l’Afrique
et notamment en Afrique de l’Ouest. Et par conséquent il est tenu de se conformer aux
politiques bancaires de l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest. C’est dans
ce sens que Serges Ackré, directeur général de l’Institution bancaire dira « Nous sommes en
train de développer le paiement électronique pour faciliter les transactions financières, mais
surtout à des coûts relativement bas». En définitive, poursuit-il «l’objectif, c’est d’avoir un
maillage intégral sur tout le territoire national». Pour réussir ce pari l’institution travaille à
augmenter le volume de son portefeuille d’offres et de services sur le marché pour consolider
son positionnement par rapport à ses concurrents. Le marché financier et bancaire du Sénégal
est très bien approvisionné avec la présence de plusieurs banques sur son territoire.
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TROISIEME PARTIE : CADRE
ANALYTIQUE
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CHAPITRE 1 : PRESENTATION DU RISQUE DE CHANGE
SECTION 1 : POSITION DE CHANGE
La position de change constitue le révélateur de l’exposition au risque de change dans une
devise étrangère pour la banque.
La position de change (PC) est la somme des créances et des engagements dans une devise à
un temps « t » donné.
Ainsi, la position de change est la somme des devises détenues et à recevoir défalquées de
celle à payer :
Position de change = Devises détenues + Devises à payer
La position de change peut être définie comme fermée ou couvert si PC = 0, c’est-à-dire que
les avoirs sont égaux aux engagements. Elle est dite ouverte ou spéculative si PC # 0, dans
cette deuxième configuration, on distingue :
 La position longue : lorsqu’en un instant « t », le montant des devises détenues et à
recevoir est supérieur à celle à livrer. Dans une telle situation, le risque provient d’une
baisse des cours de la devise considérée.
 La position courte : si les devises à livrer sont supérieures à celles détenues. En cette
occurrence, le risque résulte de la hausse des cours.
Ainsi, une banque doit disposer de règles écrites régissant ses activités en devises étrangères
et limitant son exposition au risque de change, et donc aux pertes éventuelles.
SECTION 2 : LES DIFFERENTS TYPES DE RISQUES DE CHANGE
Au regard des multiples crises qui ont accompagnées le développement des marchés
financiers durant ces dernières décennies, la maitrise des risques constitue un impératif dans
la perspective d’une meilleure sécurisation des transactions internationales. Les préalables à
toute maitrise de ces risques demeurent sans aucun doute leur identification et classification
en fonction des activités au cours desquelles ils peuvent survenir.
Sous-section 1 : Typologie du risque de change
Le risque de change est l’impact sur le patrimoine que pourrait avoir la fluctuation des cours
d’une devise considérée, ou comme sur évoqués « les pertes potentielles engendrées par
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l’extrême volatilité des taux de change ». Selon une autre définition, le risque de change est
une conséquence des fluctuations des taux de change, et provient des décalages entre les
valeurs des actifs et des passifs libellés dans des devises différentes.
Généralement, le risque de change peut se présenter de 3 manières :

Risque de transaction qui peut affecter une entreprise ayant des créances ou des
dettes en devises à la suite d’une transaction avec une société d’un autre pays ;

Risque de traduction qui découle de la consolidation des états financiers des filiales
étrangères d’une entreprise établis en devises, dans la monnaie de référence ;

Risque économique qui correspond à la probabilité de voir ses opérations financières
affectées par une évolution imprévues des cours de change.
Il conviendra de préciser que sur le marché de change, le risque peut être ramené
essentiellement à un risque économique.
Sous-section 2 : Origine du risque de change
L’origine fondamentale du risque de change vient sans doute de la volatilité des cours et de la
parfaite inefficience de ce marché où il est totalement impossible de prévoir avec certitude
l’évolution des cours.
Les devises les plus couramment échangées sur les marchés sont l’Euro et le Dollar US dont
les cours sont les plus volatiles qui soient du fait de la très grande spéculation sur cette paire.
Dans le cadre de ses activités de couverture, la salle des marchés effectue le gros de ses
transactions dans ces deux devises, lesquelles affectent les positions de manière plus ou moins
importante.
Dans ce cas, le risque est la résultante du fait que les performances de la banque sont affectées
par les fluctuations de la devise considérée.
Exemple :
Durant une journée du mois de décembre 2006, le Dollar a brusquement entamé une chute par
rapport à l’Euro et incidemment au F CFA qui l’a amené au niveau de 1$ = 491 F CFA.
Il convient de préciser ici que cette occurrence est corrélative à un mouvement d’ensemble
des traders sur les marchés européens et asiatiques qui ont brusquement soldé leurs positions
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longs en US ($) Dollar accumulés durant une période précédente de raffermissement par
rapport à la devise européenne.
A ce moment, la banque est en position longue de 50 000 US $ acquis à un prix moyen de 498
F CFA, le cout moyen d’achat s’élève à 24 900 000 F CFA. Ainsi, cette position relativement
modérée a tout de même engendré une perte immédiate de F CFA 35 000.
Pour peu importante qu’elle ait pu être, cette occurrence met en évidence l’ampleur que ce
risque peut atteindre pour peu que la position dans une devise donnée soit longue, mais dans
de plus grandes proportions et qu’il y ait une très grande volatilité conjoncturelle.
SECTION 3 : TECHNIQUE DE COUVERTURE DU RISQUE DE
CHANGE
Il existe aujourd’hui une multitude de techniques de couverture contre le risque de change que
l’on peut essentiellement scinder en deux catégories : les techniques externes s’appuyant sur
des produits dérivés et les techniques internes.
Les produits dérivés sont des instruments financiers de nouvelles générations et dont la
spécificité réside dans le fait qu’ils sont construits sur la base d’un actif existant dénommé le
« sous-jacent » (actions, obligations, monnaies…).
Le mécanisme de fonctionnement des produits dérivés est d’une grande simplicité puisque ne
consistant qu’en un transfert du risque vers une tierce.
Sous-section 1 : Les options
En terme simples, l’option est le droit et non l’obligation d’acheter ou de vendre un actif
financier à un certain prix et à une date définie ou non dans le futur.
Il existe deux types d’options : le « Put » et le « Call ».

Put
Le « put » confère à son détenteur le droit de vendre une certaine quantité d’un actif à un prix
donnée, à une date future, et ce moyennant le versement d’une prime.

Call
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Inversement, le « call » confère à son détenteur le droit d’acheter une certaine quantité d’un
actif à un prix donnée, à une date future, toujours moyennant le versement d’une prime.
L’illustration suivante, un graphique de « profil/perte » permet de mettre en évidence le
montant des pertes maximums que pourrait subir le détenteur d’une option.
GRAPHIQUE 3 : Profil/Perte Option
Supposons qu’un « call » avec un prix d’exercice égal au sous jacent (100) soit acheté 1 US $.
A l’expiration, si le prix du titre est inferieur au prix d’exercice, l’option pourra expirer sans
valeur et la perte sera de 1 US $ représentant la prime. Par contre, si le prix du sous jacent
monte, l’option sera exercée et engendrera un gain de 1 US $ pour toute hausse de 1 US $ du
prix du sous jacent au dessus du prix d’exercice, nonobstant la prime.
Lors de l’achat d’un « put », c’est le processus exactement inverse avec un gain qui sera
proportionnel à la baise du prix du sous-jacent en dessous du prix d’exercice, compte toujours
non tenu de la prime.
Sous-section 2 : Le contrat a terme
C’est un engagement de livraison standardisé, dont les caractéristiques sont connues à
l’avance, et portant sur une quantité déterminée d’un actif sous jacent, à une date précisément
définie et négocié sur un marché a terme organiser.
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En terme simples, il représente un engagement à acheter ou vendre une quantité définie d’une
devise à un prix et a une échéance prédéterminée.
Ces types de contrat sont différenciés en « forward » selon qu’ils sont traités « over the
counter » (gré à gré) ou « future » selon qu’ils sont traités sur des marché organisés.
Sous-section 3 : Les swaps
Les swaps sont des contrats passés entre deux parties qui conviennent d’échanger, selon des
règles préétablies, des paiements relatifs à un montant spécifié d’endettement. Dans le cas de
la couverture contre le risque de change, deux types de swaps sont communément utilisés :

Le « swap » de change ;

Le « swap » de devise, portant sur l’échange de montants spécifiés de deux monnaies
différentes et intégrant, à un date donnée, les remboursement du capital.
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CHAPITRE 2 : ANALYSE DE LA GESTION DU RISQUE DE
CHANGE A ECOBANK SENEGAL
SECTION 1 : EXPOSITION AU RISQUE DE CHANGE
Le marché de change, du fait de sa volatilité et de l’ampleur des échanges, peut être
extrêmement dangereux et exposer les intervenants à une multitude de risque. Ainsi, dans ses
activités habituelles, de multiple situation peuvent exposer la banque au risque de change.
Sous-section 1 : le financement du commerce international
A travers les activités d’import et d’export de sa clientèle, ECOBANK SN finance le
commerce international de la même manière qu’elle reçoit des devises, par le biais d’un
certain nombre d’instruments : la remise documentaire import (RDI), la remise documentaire
export (RDE) et le crédit documentaire.
Cet ensemble de dispositifs de financement du commerce international sont de nature à
augmenter l’exposition au risque de change dans la même où la position de la banque dans les
différentes devises fluctue au gré des opérations commerciales de sa clientèle.
Sous-section 2 : Transfert de fonds
Le risque de change lors de transferts est généralement constaté dans le cas de réception de
devises.
Ainsi, si un client reçoit des devises, la banque le crédite de la contre-valeur en F CFA et
détient désormais la devise considérée, ce qui peut être de nature à échanger la position de la
banque dans de grandes proportions et l’exposer de ce fait à un risque de change.
Sous-section 3 : Détermination des taux quotidiens et change manuel
Les taux appliqués au change manuel sont déterminés une fois par jour, très tôt dans la
matinée, ainsi qu’elle achète et vend des devises sur la base de ces taux qui demeurent rigides
tout au long de la journée.
Le risque, à l’achat est que le cours de la devise se déprécie, auquel cas la banque est dans
l’obligation de continuer à l’acheter au cours déterminé au préalable.
Cependant, les volumes du change manuel sont assez insignifiants au regard du volume
quotidien de l’activité de change.
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Sous-section 4 : Défaut de contrepartie
C’est là une occurrence très courante, également corrélée à la variabilité des cours de change.
Ainsi, si la banque, pour honorer des engagements pris, conclue une opération d’achat d’une
devise contre une autre à un certain taux, la défaillance de la première contrepartie dans la
livraison de la devise considérée peut avoir des conséquences graves dans la mesure où les
engagements pris par la banque doivent de toute façon être respectée.
Elles se trouvent donc dans l’obligation d’acquérir la devise initiale mais à un taux qui, en
fonction de la volatilité du marché peut engendrer une perte par rapport aux engagements
susdits.
SECTION 2 : STRATEGIES DE GESTION DU RISQUE DE CHANGE
Sous-section 1 : limitation de l’activité de change
L’activité de change à ECOBANK SN est essentiellement dirigée par les besoins exprimés
par la clientèle. Les prises de position sont exclusivement à usage de couverture ; toute
position conjoncturelle prise sur le marché doit faire face à une opération inverse.
Ainsi, dans un souci de minimiser les risques encourus sur ce marché, la spéculation et
l’arbitrage, sauf approbation expresse de la direction, sont interdits.
Sous-section 2 : analyse macroéconomique des marches
Outre la limitation de l’activité de change, une analyse quotidienne des marchés financiers
internationaux est requise dans le but de prévoir l’évolution que pourrait avoir les cours des
principales devises, sur la base des déterminants des taux de change susmentionnés.
Il convient, cependant, de préciser ici que l’évolution des cours sur la paire EUR/USD ne suit
pas toujours la logique des fondamentaux économiques. C’est tout le sens de la question de
l’Euro pro cyclique évoqué.
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GRAPHIQUE 4 : Ecarts macroéconomiques UE/USA
Source : la question du taux de change de l’Euro, la lettre de l’OFCE n° 247
Si l’on accepte le fait que le différentiel de taux d’intérêt est le principal déterminant de
l’appréciation de l’Euro dans la première moitié des années 1990, la dépréciation de cette
devise, à partir de 1997 est par contre un peu plus difficile à expliquer. Le différentiel de
croissance qui a longtemps été considéré comme la principale cause ne peut pas tout
expliquer ; en effet, celui-ci a été plus faible à partir de 1997 qu’il ne l’était antérieurement :
dans la période 1997-2000, l’écart de croissance ne peut pas constituer le seul fondement.
L’écart négatif d’inflation peut être considéré comme une explication secondaire, mais son
ampleur depuis 1994 a été trop faible pour en faire une cause majeur ; ce qui permet de
supputer un rôle essentiel du différentiel de taux d’intérêt.
En ce qui concerne la période 2000-2003, les différentiels décrits ne permettent pas
d’expliquer les variations de change ; en effet, l’écart des taux permet une explication partielle
mais les écarts sont si faibles qu’ils ne peuvent fonder le soubassement de variations aussi
amples du taux de change.
En définitive, la seule hypothèse plausible consisterait à supporter que l’appréciation de
l’Euro est liée au fait de la plus grande attractivité supposée de l’UE par rapport aux USA
pour les investisseurs.
Cette occurrence permet de saisir la difficulté de pouvoir prédire les cours futurs des taux de
change, et ce en dépit de l’analyse fondamentale macroéconomique exigée.
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Sous section 3 : Le suivi de la position de change
La position de change susmentionnée doit être suivi avec la plus grande attention, et ce pour
éviter une exposition imprévu au risque de change.
Pour cette occurrence, ECOBANK SN préconise la tenue régulière d’un journal des
opérations (« Blotter ») (voir annexe A4) dans lequel toutes les opérations de change doivent
être consignées en temps réel. Le « Blotter » permet ainsi de pourvoir connaitre sa position
dans n’importe quelle devise à tout moment de la journée et de pouvoir gérer sa liquidité avec
un maximum d’efficience et de sécurité.
Le « Blotter » est un fichier établissant un récapitulatif de toutes les opérations de transferts
en devise durant une journée. Elle permet, par ailleurs, de voir la contre-valeur en F CFA des
différentes positions ainsi que le montant en date des gains de change réalisés.
Sous-section 4 : la compensation
La compensation (« clearing » en anglais) est un mécanisme permettant aux banques et
institutions financières d’effectuer des transactions. Cette technique nécessite l’ouverture d’un
compte en devises chez le correspondant appelé « NOSTRO » ; lequel correspondant détient
également un compte en devises appelé « VOSTRO ».
Ainsi, lors d’opérations en devises, les transferts se font sur la simple base des débits et
crédits de ces comptes.
Au-delà de ce cas particulier, il convient de souligner que la compensation est une pratique
largement répandue dans la zone UEMOA.
Sous-section 5 : les techniques internes
Subséquemment à la compensation, il existe un certain nombre de techniques internes de
couverture contre ce risque de change mais elles concernent essentiellement les entreprises et
ne sont donc pas d’une grande utilité sur le marché de change :

Choix de la devise ; méthode qui peut être opportune dans le sens où l’entreprise
reporte le risque sur la contrepartie commerciale.

Le termaillage ; technique permettant de profiter de l’évolution favorable des cours et
qui exige une maitrise des techniques d’analyse et de prévision des cours de change. Il
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consiste en un raccourcissement (« leading ») ou un rallongement (« lagging ») des
délais de paiement pour profiter d’une évolution favorable des cours.

Le « netting » ; qui s’apparente à la compensation et qui consiste à profiter des entrées
dans une devise pour effectuer des règlements dans cette même devise.
SECTION 3 : LA VERIFICATION DES HYPOTHESE
Les difficultés à mesurer le risque financier influent directement sur la régulation des
établissements. Depuis quelques années, celle-ci tend à s’appuyer toujours plus sur la
sensibilité au risque. En principe, la sensibilité au risque est sensée : les établissements
financiers doivent renforcer leurs fonds propres lorsque leurs activités sont risquées et gérer le
risque en recourant à des méthodes de pointe.
Parmi les récentes propositions de réforme du système financier, un nombre élevé est axé sur
le risque systémique. À l’avenir, les systèmes de régulation auront vraisemblablement pour
vocation de minimiser le risque systémique ; à la charge des superviseurs de mesurer celui-ci
et réagir de manière appropriée lorsqu’il est perçu comme élevé. C’est un concept
théoriquement séduisant, mais sa mise en pratique n’est pas encore à l’ordre du jour.
Le risque systémique est un problème bien plus délicat que les mesures du risque pour un
établissement financier individuel, sans parler de celles pour actif donné. La modélisation doit
prendre en considération les positions individuelles et agrégées au sein d’une banque, puis les
agréger à l’échelle de tout le système financier, incluant explicitement les effets de contagion
entre établissements.
L’un des aspects cruciaux est la façon dont les établissements réagissent aux signaux : si l’un
perçoit un choc négatif et se met à vendre, quelles sont les répercussions sur les autres ? Ces
externalités devront constituer l’un des principaux paramètres de tout futur modèle de risque
systémique. Ce qui importe pour ces modèles est le risque endogène. De tels modèles sont en
cours d’élaboration, et font l’objet d’importantes recherches mais ne sont pas encore prêts à
être mis en application. ECOBANK Sénégal en s’appuyant sur ce modèle a pu gérer ses
risques liés en général à la défaillance des clients emprunteurs. De cette explication, nous
pouvons dire que l’hypothèse 1 est vérifiée.
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
Hypothèse 1 : ECOBANK SN gère son risque de change de manière efficiente.
Les modèles statistiques financiers exercent des effets procycliques sur les prix des actifs et
sur le risque, provoquant des bulles. Lorsque les modèles les plus courants s’appuient sur des
hypothèses de distribution analogues, ils ont tendance à envoyer des signaux similaires aux
intervenants de marché.
Supposons que la valeur des actifs augmente. Les modèles intègrent ce mouvement pour
prévoir une appréciation des actifs à l’avenir. Le fait que les établissements financiers
prennent en compte ces modèles provoquera, de manière endogène, une hausse de la valeur
des actifs. De la même façon, le risque mesuré diminuera. Ces processus s’auto-renforcent
progressivement et finissent par produire des valeurs nettement déconnectées par rapport aux
fondamentaux économiques sous-jacents, tandis que les mesures du risque sous-estiment
significativement le risque réel.
D’après les résultats obtenus, les contraintes sur la prise de risque accroissent la volatilité et
les corrélations. En période de turbulences financières, les corrélations des rendements
augmentent avec la hausse de la volatilité. Le modèle rend compte d’une caractéristique
commune aux bulles des prix des actifs qui sont suivies d’une crise financière : les marchés
connaissent de longues phases de rendements élevés dans un contexte de volatilité faible.
Puis, brusquement, au premier signe de turbulences, la bulle éclate, donnant naissance à un
schéma que les opérateurs de marché décrivent par l’image suivante : on « monte par
l’escalator mais on descend par l’ascenseur ».
De ces différentes considérations, nous pouvons juger « raisonnable » l’hypothèse 2

Hypothèse 2 : La volatilité du marché de change affecte la rentabilité d’ECOBANK
SN.
A l’heure actuelle, l’ensemble des transactions sur le marché de change se fait par téléphone ;
dans ces conditions, cela crée un certain déséquilibre puisque le sens de la transaction est
immédiatement connu de la contrepartie, qui peut ainsi déterminer son prix sur cette base.
En outre la mise en place d’une telle salle de marché ne nécessite même pas de gros
investissements. En effet le cout de l’abonnement à un des systèmes de référence ; Bloomberg
ou routers, demeure relativement modique au regard du surcroit d’efficience qu’il permet de
glaner.
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RECOMMANDATIONS
Au terme de ce diagnostic ; il est vrai loin d’être exhaustif, de la stratégie de gestion de
change au sein d’une des banque les plus dynamique sur le marché sénégalais, il nous est
clairement apparu la nécessité pour ECOBANK SN de prendre un certain nombre de mesures
afin de réduire encore plus son exposition au risque de change ; quand on sait que, de par son
orientation même, elle est très active sur le marché de change sous régional.
I.
Création d’une salle de marche
Pour une plus grande efficience dans les transactions, la mise en place d’une véritable salle de
marché est une nécessité.
A l’heure actuelle, l’ensemble des transactions sur le marché de change se fait par téléphone ;
dans ces conditions, cela crée un certain déséquilibre puisque le sens de la transaction est
immédiatement connu de la contrepartie, qui peut ainsi déterminer son prix sur cette base.
Ainsi, cette nouvelle sale serait-elle équipée d’une plateforme de « trading » électronique ;
ESB (Electronic Brokerage Service), Routers Dealing et Bloomberg Add In ; a l’instar des
salles de marché occidentales et qui sont des systèmes d’appariement des ordres en fonction
de :

De la comptabilité des ordres en termes de prix ;

De l’ordre d’arrivé dans le système ;

Des autorités de transaction avec les diverses contrepartie ou non ;

Des limites par contrepartie.
On outre, cette technique permet d’annuler totalement
l’asymétrie d’information
susmentionnée puisque toute transaction se fera sur la base de la proposition cours acheteur et
d’un cours vendeur (Bid & Ask), sans possibilité pour la contrepartie de connaitre le sens de
la transaction. Hormis cela, il permet aussi :

Suivre le marché des devises traitées

Entrer des ordres d’achat ou de vente a prix précis

Connaitre immédiatement sa contrepartie en cas d’exécution de l’ordre par le système
et les conditions de la transaction par le ticket d’opération.
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En outre la mise en place d’une telle salle de marché ne nécessite même pas de gros
investissements. En effet le cout de l’abonnement à un des systèmes de référence ; Bloomberg
ou routers, demeure relativement modique au regard du surcroit d’efficience qu’il permet de
glaner.
II.
Mise en œuvre d’un VaR (Value at Risk)
Cette méthode initiée par JP MORGAN permet de valorisé les montant maximum des pertes
possible par rapport au budget alloué. Il tien compte de la volatilité historique du marché de
change.
GRAPHIQE 5 : Volatilité historique EUR/USD
ILLUSTRATION
Sans entré dans la démonstration de la formule la VaR, et si l’on postule que la distribution de
la volatilité suit une Loi Normale, celle-ci s’établit comme suit :
Soit, VP= Valeur du portefeuille ; σ=écart type ; Va=Volume annuelle ; δ=1,65=quantile
d’ordre 95%.
VaR= 1,65 × Va × VP
Ce tableau met en évidence la volatilité historique de la paire EUR/USD avec les valeurs
suivantes :
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σ = 0,53620% ; Va = 10,2242%
Pour position longue de 20 000 000 USD :
VaR = 1,65 × 20 000 000 × 10,2442%
VaR = 3 380 575 USD
En terme clair, cela signifiera qu’avec une certitude de 95%, la banque ne perdra pas plus
d’USD 3 380 575 en une journée sur le marché du fait de la dépréciation des cours d’une
devise.
L’application de la VaR est d’une importance capitale, dans le sens ou elle permettrait à la
banque de pouvoir géré ses positions de change en tout connaissance de s risque encourue et
adapter sa stratégie en conséquence.
III.
Détermination des taux quotidiens
Comme il a été montré précédemment, la détermination des taux du change manuel, une fois
par jour, est de nature à exposer à un risque de change.
Cette insuffisance peut être facilement pallié par une réévaluation de ces taux plusieurs fois
par jour ; ceci dans un double objectif.
Tout d’abord, cela permettra de supprimer les pertes de change engendrées par une fluctuation
des taux ; ensuite, cela sera de nature à mettre en confiance la clientèle qui saura ainsi pouvoir
bénéficier des meilleurs taux possibles sur le marché
IV.
Utilisation des produits dérives
L’une des propositions qui semblent très pertinente demeure sans nul doute l’utilisation des
produits dérivés ; en effet, il apparait qu’ECOBANK SN n’en a qu’une utilisation marginale
pour ne pas dire inexistante.
En ce qui concerne, les options, leur recours permettrait de se couvrir contre le risque de
change en cas de position longue dans une devise, et en cas de forte volatilité du marché.
Dans une telle circonstance, la perte potentielle se limiterait à la prime d’achat de l’option
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tandis que la banque pourrait profiter de manière illimitée d’une fluctuation favorable de la
devise sous-jacente.
Les « Swaps » de devises pourraient également être envisageables ; mais cela nécessitera au
préalable une certaine maitrise des techniques de prévision des taux de change.
Cela permettra de pouvoir recourir à une devise contre une autre à un taux négocié sans être
exposé à la volatilité du marché. Dans une même perspective, on pourrait citer les « futures »
, qui pourraient permettre à ECOBANK SN de faire face à un besoin futur d’une certaine
devise à un taux négocié en évitant toujours la volatilité susmentionnée ; le seul danger étant
que les taux de change fluctuent de manière adverse à ce qui escompté.
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CONCLUSION
Incidemment à la mondialisation née à la faveur de la chute du bloc de l’Est à la fin des
années 80, les marchés financiers ont connu un développement exponentiel, notamment le
marché de change interbancaire qui demeure le plus dynamique et le plus important en termes
de volumes échangés.
Les banques africaines, dans une optique d’adaptation à ces mutations, sont de plus en plus
tournées vers l’extérieur et veulent s’ériger en acteurs incontournables sur ces marchés
financiers.
Dans cet environnement hautement compétitif, elles sont confrontées à un risque de change
qu’il est impératif de pouvoir maitrisé et gérer de façon efficiente sous peine de s’exposer à
des pertes potentielles très importantes.
La spécificité d’ECOBANK SN réside dans le fait qu’elle demeure l’une des rares banques de
la zone UEMOA dont l’activité de change, et principalement le « Trading » est l’une des plus
importantes en termes de produits générés et de concours au résultat final.
Malgré l’existence des méthodes de prévisions économiques et numérique du risque de
change, il est sujet à des fluctuations erratique et pro cycliques par rapport à ce qu’exigeraient
les fondamentaux macroéconomiques.
Ainsi, a coté de toute cette palette de méthodes éprouvées, ECOBANK SN a développé un
certain nombre de stratégie internes visant à rendre le plus marginal possible son exposition
au risque de change.
Cela demeure, cependant, insuffisant dans la mesure ou malgré tout cela, la banque est
sporadiquement à des pertes au-delà des limites imparties. Ainsi, il conviendrait, au-delà des
techniques susmentionnées, de mettre en œuvre un certains nombre d’actions qui rendraient
beaucoup plus efficiente la gestion du risque de change ; il s’agit de :

La création d’une véritable salle de marchés ;

L’utilisation de VaR qui permettrait de connaitre à tout moment l’état de son niveau
maximum d’exposition ;

L’utilisation des produits dérivés dont la maitrise permettrait de pouvoir se couvrir
totalement contre tout type de risque de change.
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La banque de la zone UEMOA se trouve aujourd’hui dans l’obligation de faire évoluer leur
stratégie de gestion du risque de change pour la mettre aux normes des pays occidentaux, pour
plusieurs raisons.
La menace principale provient, cependant, de l’incertitude qui règne dans l’environnement
macroéconomique de la zone avec, tel que certains économistes me préconisent, le
désarrimage du FCFA par rapport à l’Euro. Dans une telle occurrence, au demeurant
relativement probable, une gestion optimale du risque de change deviendrait une nécessité
sous peine de disparition du paysage bancaire.
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BIBLIOGRAPHIE
OUVRAGES
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KRUGMAN R.P. & OBSTFELD M. (2001), Economie Internationale, 3° Edition
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ROLL R. (1979), « Violations of purchasing power parity and their implications for efficient
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PUBLICATIONS ET ARTICLES DE PRESSE
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long run », journal of finance, 38, pp, 1471-1487
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sources du financement du budget de l’Etat » p. 12
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www.fxtrading.com
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ANNEXES
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ANNEXE N°1 : GUIDE D’ENTRETIEN/ TRESORERIE
1. Quels sont les différents types de risques auxquels la trésorerie est confrontée dans le cadre
de ses activités ?
………………………………………………………………………………….....
………………………………………………………………………………….....
2. Quels sont vos instruments de couverture contre les risques précités ?
………………………………………………………………………………….....
………………………………………………………………………………….....
3. Résultats financiers d’ECOBANK SN.
………………………………………………………………………………….....
………………………………………………………………………………….....
4. Quels sont les gains de change mensuels réalisés par la trésorerie ?
………………………………………………………………………………….....
………………………………………………………………………………….....
5. Quels sont les objectifs mensuels ?
………………………………………………………………………………….....
………………………………………………………………………………….....
6. Concours de gains de change par rapport au total bilan ? (3 dernières années)
………………………………………………………………………………….....
………………………………………………………………………………….....
7. Impact du risque de change sur les résultats financiers ?
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………………………………………………………………………………….....
………………………………………………………………………………….....
8. suggestions en vue de réduire l’exposition au risque de change ?
ANNEXE N°2 : Présence d’ECOBANK Sénégal
Source : Livret d’accueil 2014 Ressources Humaines ESN
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ANNEXE N°3 : ORGANIGRAMME D’ECOBANK SENEGAL
MANAGING
DIRECTOR
AUDIT
LEGAL
COUNSEL/COMPANY
SEC
FINANCIAL CONTROL
RISK MANAGEMENT
COMPLIANCE
HUMAN RESSOURCES
INTERNAL CONTROL
OPERATIONS &
TECHNOLOGIES
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DOMESTIC BANK
CORPORATE
BANK
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TREASURY
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