Telechargé par ferrandmarc01

Séquence 2. Représenter le monde réel. Percevoir l intrusion du fantastique. Comprendre la manifestation du fantastique

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Sommaire
Séquence 2
Découvrir le fantastique dans une nouvelle de Maupassant :
Le Horla
Durée approximative : 11 heures
Séance 1
Représenter le monde réel
Séance 2
Comprendre la pertinence de l’emploi du « je »
Séance 3
Exprimer la peur
Séance 4
Percevoir l’intrusion du fantastique
Séance 5
Comprendre la manifestation du fantastique
Séance 6
Percevoir l’échec du narrateur dans sa recherche d’une explication
Séance 7
Analyser la fin d’un récit fantastique
Séance 8
Je m’évalue
Séquence 2 — séance 1
Socle commun
Durant cette séquence, tu auras l’occasion d’employer et de développer tes connaissances et
compétences relevant des domaines suivants :
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Compétence 1. La maîtrise de la langue française
Lire à haute voix, de façon expressive, un texte en prose ou en vers.
Dégager l’idée essentielle d’un texte lu ou entendu.
Comprendre un énoncé, une consigne.
Rédiger un texte bref, cohérent, construit en paragraphes, correctement ponctué, en
respectant des consignes imposées : dans cette séquence, ce sera un texte fantastique.
Utiliser les fonctions principales d’un outil de recherche sur le Web (moteur de
recherche, annuaire…).
Compétence 5. La culture humaniste
Lire une œuvre majeure de la culture française et la situer dans l’histoire littéraire et
culturelle. Si tu le souhaites, tu pourras lire d’autres œuvres (ou des extraits) de la
culture européenne.
Compétence 7. L’autonomie et l’initiative
Connaître ton potentiel et t’auto-évaluer.
— © Cned, Français 4e
séance 1 —
Séquence 2
Séance 1
Représenter le monde réel
Je peux lire aussi …
Dans le cadre de cette séquence, tu peux lire aussi en lecture cursive
les œuvres suivantes :
– Théophile Gautier : La Cafetière
– Prosper Mérimée : La Vénus d’Ille
– Edgar Allan Poe : Le Chat noir
© Cned / N. Julo
Durée : 1 h 30.
Cette durée est approximative. Il est possible que tu aies besoin d’un peu plus de temps pour
réaliser l’ensemble.
Dans la première séquence, tu as étudié des extraits d’une nouvelle réaliste de Guy de Maupassant. Dans
cette séquence, tu vas étudier une autre nouvelle de cet auteur : Le Horla (deuxième version de 1887).
Ce sera l’occasion de t’intéresser particulièrement aux enjeux de l’écriture fantastique : comment
naît le doute qui s’empare du personnage principal ? Quels sont les thèmes abordés ?
En principe, tu dois avoir lu le livre. Si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave : tu vas le commencer
en même temps que cette séance, mais, ensuite, il faut que tu avances assez rapidement ta lecture !
Avant de commencer, prends ton cahier. En haut d’une nouvelle page, recopie en rouge le numéro et le
titre de la séquence. Encadre-les. Écris ensuite en rouge le numéro et le titre de la séance. Souligne-les.
L’objectif de cette première séance est de comprendre les spécificités d’un début de récit fantastique
(incipit), à travers l’étude croisée d’un texte et d’une image.
© Cned, Français 4e —
45
Séquence 2 — séance 1
A
Décrire des lieux réels
Observe cette peinture et réponds aux questions qui l’accompagnent sur ton cahier de brouillon.
Cela va te permettre de préciser l’ambiance qui règne dans ce début de récit.
Claude Monet (1840-1926), Chasse-marée à l’ancre, près de Rouen
© RMN (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski
1- a) Qui est l’auteur de ce tableau ?
b) A-t-il vécu à la même époque que Maupassant ?
c) Ce tableau appartient au même mouvement pictural que Le Déjeuner des canotiers. Quel
est ce mouvement ?
2- Quel est le sujet du tableau ? Décris ce que tu vois.
3- a) Comment l’espace est-il organisé ? Pour répondre, complète les phrases suivantes :
– Au premier plan, se trouve………………….
– Au second plan, se trouve ………………..
– À l’arrière-plan droit se trouvent ……………………..
b) Est-ce une scène réaliste ou non ? Justifie ta réponse.
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— © Cned, Français 4e
séance 1 —
Séquence 2
Vérifie tes réponses. Lis attentivement, deux fois, le texte qui suit. C’est le début du récit :
1
8 mai. – Quelle journée admirable ! J’ai passé toute la matinée étendu sur l’herbe,
devant ma maison, sous l’énorme platane qui la couvre, l’abrite et l’ombrage tout
entière. J’aime ce pays, et j’aime y vivre parce que j’y ai mes racines, ces profondes
et délicates racines, qui attachent un homme à la terre où sont nés et morts ses
aïeux, qui l’attachent à ce qu’on pense et à ce qu’on mange, aux usages comme aux
nourritures, aux locutions locales, aux intonations des paysans, aux odeurs du sol, des
villages et de l’air lui-même.
J’aime ma maison où j’ai grandi. De mes fenêtres, je vois la Seine qui coule, le
long de mon jardin, derrière la route, presque chez moi, la grande et large Seine qui
va de Rouen au Havre, couverte de bateaux qui passent.
À gauche, là-bas, Rouen, la vaste ville aux toits bleus, sous le peuple pointu des
clochers gothiques. Ils sont innombrables, frêles ou larges, dominés par la flèche
de fonte de la cathédrale, et pleins de cloches qui sonnent dans l’air bleu des belles
matinées, jetant jusqu’à moi leur doux et lointain bourdonnement de fer, leur chant
d’airain1 que la brise m’apporte, tantôt plus fort et tantôt plus affaibli, suivant qu’elle
s’éveille ou s’assoupit.
Comme il faisait bon ce matin !
Vers onze heures, un long convoi de navires, traînés par un remorqueur, gros
comme une mouche, et qui râlait de peine en vomissant une fumée épaisse, défila
devant ma grille.
Après deux goélettes2 anglaises, dont le pavillon rouge ondoyait sur le ciel, venait
un superbe trois-mâts brésilien, tout blanc, admirablement propre et luisant. Je le
saluai, je ne sais pourquoi, tant ce navire me fit plaisir à voir.
5
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20
Le Horla, Maupassant (1887)
Notes :
1. « airain » : bronze.
2. « goélettes » : bateau léger à deux mâts.
Réponds maintenant aux questions qui suivent, sur ton cahier de brouillon.
4- Que décrit le narrateur ?
5- a) Dans le texte, souligne les expressions qui rappellent le tableau.
b) Le cadre décrit te semble-t-il réel ? Justifie ta réponse.
6- À la fin de l’extrait, quel élément du décor semble important ?
Vérifie tes réponses dans le corrigé. Lis et recopie ensuite dans ton cahier la rubrique suivante :
j e retiens
Un cadre réaliste
Le début de la nouvelle fantastique présente un cadre réaliste : les lieux sont réels.
Dans Le Horla est présenté le cadre familier du narrateur (il décrit ce qu’il voit depuis
sa maison).
© Cned, Français 4e —
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Séquence 2 — séance 1
B
Le regard de l’artiste
Reprends ton cahier de brouillon pour répondre aux questions suivantes.
1- Dans le tableau :
a) Observe les marges de l’image, les contours. La manière de représenter la scène te
paraît-elle précise et fidèle à la réalité, comme une photographie ? Justifie ta réponse.
b) Quelle est la couleur dominante ?
c) Quelle impression ressens-tu en observant ce tableau (calme, angoisse, sérénité,
inquiétude) ? En quelques lignes, rédige une réponse en utilisant les expressions
« couleurs pâles », « bateau immobile », « calme de l’eau ».
2- Dans le texte :
a) À quelle personne le récit est-il écrit ?
b) Le narrateur (celui qui raconte et décrit) est-il un personnage de l’histoire ? Justifie
ta réponse en relevant, dans le premier paragraphe, deux expressions comprenant
chacune un pronom désignant le narrateur et un verbe.
c) Quelles sont les trois perceptions sensorielles sollicitées dans la description : le toucher,
l’ouïe, le goût, la vue, l’odorat ? Justifie ta réponse en relevant des exemples du texte.
d) Encadre , dans le texte, les deux phrases exclamatives. Qu’expriment-elles ?
Vérifie tes réponses dans le corrigé.
3- Dans le texte et l’image, dirais-tu que la description est réalisée d’un point de vue interne
ou externe ?
4- a)Dans les deux premiers paragraphes, de quel verbe le pronom personnel « je » est-il à
plusieurs reprises le sujet ?
b) Cite deux activités auxquelles le narrateur s’est livré durant cette journée.
c) Comment qualifierais-tu finalement l’état d’esprit du « je » ? Dans le dernier
paragraphe, surligne le nom qui résume l’état d’esprit du narrateur.
5- Dans le texte, dirais-tu que la description est personnelle (subjective) ou plutôt neutre
(objective) ? Justifie ta réponse.
Vérifie tes réponses puis lis et recopie la rubrique suivante :
j e retiens
La description objective ou subjective
En cinquième, tu as appris à distinguer le portrait purement informatif du portrait
reflétant le jugement du narrateur (séquence 6, séance 2).
Une description peut donc être faite de façon objective (neutre) ou de façon subjective
(en exprimant un jugement et/ou des impressions).
Une description subjective peut être :
–
péjorative (dévalorisante) : « un affreux trois-mâts »
–
méliorative (valorisante) : « un superbe trois-mâts »
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— © Cned, Français 4e
séance 1 —
C
Séquence 2
Repérer les informations de l’incipit
Relis le « Je sais déjà » sur l’incipit, dans la séance 2 de la séquence 1.
1- Quelles informations l’extrait étudié nous apporte-t-il ? Pour répondre, appuie-toi sur tes
réponses précédentes.
2- Parmi les éléments présentés dans l’incipit, quel est celui qui n’apparaît pas ici ?
Pourquoi ?
j e retiens
L’incipit du récit fantastique
L’incipit du récit fantastique apporte un certain nombre d’informations (il répond
aux questions où ? quand ? qui ?). Dans Le Horla, un cadre réel (la Normandie, près de
Rouen) est décrit à travers le regard d’un narrateur enthousiaste qui éprouve un bienêtre simple et naturel. Le choix du point de vue interne crée un effet de suspense : on
n’a aucune information concernant l’intrigue à venir… Que va-t-il se passer ?
D
Expression écrite
Réécris la description de la ville de Rouen (l. 11-16) pour produire une vision péjorative et
effrayante de la ville.
Lis bien les consignes dans le tableau ci-dessous. Fais d’abord cet exercice au brouillon. Quand tu
auras fini, corrige l’orthographe et vérifie que tu as bien respecté les consignes en remplissant les
deux dernières colonnes. Prends ensuite ton cahier et recopie ton texte au propre.
Je vérifie que…
Je commence mon texte par : « Je déteste cette maison où j’ai grandi. »
Je remplace tous les adjectifs mélioratifs par des adjectifs péjoratifs.
Je joue sur l’utilisation des couleurs.
Je reprends les diverses perceptions sensorielles que j’ai repérées dans le texte de départ.
Je respecte l’organisation du texte mais je peux quand même prendre quelques libertés avec lui.
Je fais attention à l’expression et à l’orthographe de mon texte.
Fait
Relis bien ton texte une dernière fois puis compare-le à celui qui t’est proposé dans le corrigé.
© Cned, Français 4e —
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Séquence 2 — séance 2
Séance 2
Comprendre la pertinence de l’emploi du « je »
Durée approximative : 1 heure.
Dans cette séance, l’objectif est de percevoir l’intérêt de la narration à la première personne. C’est
une caractéristique essentielle du récit fantastique.
Avant de commencer, prends ton cahier. En haut d’une nouvelle page, recopie en rouge le numéro
et le titre de la séquence. Encadre-les. Écris ensuite en rouge le numéro et le titre de la séance.
Souligne-les.
Lis attentivement le texte qui suit. C’est la suite immédiate de l’extrait étudié lors de la séance 1.
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12 mai. – J’ai un peu de fièvre depuis quelques jours ; je me sens souffrant, ou
plutôt je me sens triste.
D’où viennent ces influences mystérieuses qui changent en découragement notre
bonheur et notre confiance en détresse ? On dirait que l’air, l’air invisible est plein
d’inconnaissables Puissances, dont nous subissons les voisinages mystérieux. Je
m’éveille plein de gaieté, avec des envies de chanter dans la gorge. – Pourquoi ? – Je
descends le long de l’eau ; et soudain, après une courte promenade, je rentre désolé,
comme si quelque malheur m’attendait chez moi. – Pourquoi ? – Est-ce un frisson de
froid qui, frôlant ma peau, a ébranlé mes nerfs et assombri mon âme ? Est-ce la forme
des nuages, ou la couleur du jour, la couleur des choses, si variable, qui, passant par
mes yeux, a troublé ma pensée ? Sait-on ? Tout ce qui nous entoure, tout ce que nous
voyons sans le regarder, tout ce que nous frôlons sans le connaître, tout ce que nous
touchons sans le palper, tout ce que nous rencontrons sans le distinguer, a sur nous,
sur nos organes et, par eux, sur nos idées, sur notre cœur lui-même, des effets rapides,
surprenants et inexplicables.
Comme il est profond, ce mystère de l’Invisible ! Nous ne le pouvons sonder avec
nos sens misérables, avec nos yeux qui ne savent apercevoir ni le trop petit, ni le trop
grand, ni le trop près, ni le trop loin, ni les habitants d’une étoile, ni les habitants
d’une goutte d’eau... avec nos oreilles qui nous trompent, car elles nous transmettent
les vibrations de l’air en notes sonores.
Elles sont des fées qui font ce miracle de changer en bruit ce mouvement et par
cette métamorphose donnent naissance à la musique, qui rend chantante l’agitation
muette de la nature... avec notre odorat, plus faible que celui du chien... avec notre
goût, qui peut à peine discerner l’âge d’un vin ! Ah ! si nous avions d’autres organes
qui accompliraient en notre faveur d’autres miracles, que de choses nous pourrions
découvrir encore autour de nous !
Le Horla, Maupassant (1887)
A
Les interrogations du narrateur
Réponds aux questions suivantes sur ton cahier de brouillon.
1- a)Quelle date est indiquée dans l’extrait reproduit dans la séance 1 ? Quelle est la date
indiquée dans cet extrait ?
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— © Cned, Français 4e
séance 2 —
Séquence 2
b) Combien de jours ont passé depuis l’extrait étudié lors de la séance 1 ?
2- a) Dans les lignes 1 à 6, souligne dans le texte au moins deux noms qui résument l’état
d’esprit que le narrateur avait dans l’extrait étudié lors de la séance 1.
b) Comment a évolué l’état d’esprit du narrateur depuis le 8 mai (rupture,
continuité…) ?
c) Quelle atmosphère se dégage désormais du texte (plusieurs réponses sont possibles) :
Coche la bonne réponse.
 l’angoisse ?
 le bonheur ?
 l’inquiétude ?
 le bien-être ?
d) Dans le deuxième paragraphe, souligne de deux traits le nom et le verbe qui expriment
la confusion qui semble s’emparer du narrateur.
3- Relis les lignes 3 à 11.
a) Quel type de phrase est le plus souvent employé ?
b) Encadre l’adverbe interrogatif utilisé à deux reprises dans une phrase non verbale
(l. 3 à 15) ?
c) Pourquoi, selon toi, ces interrogations sont-elles si nombreuses ?
d) Quelles suppositions le narrateur émet-il pour expliquer son état ?
Vérifie tes réponses. Tu l’as certainement compris, un mal-être angoissant s’empare peu à peu du
narrateur. La rupture est nette par rapport à l’incipit.
4- Dès le premier paragraphe, quel pronom personnel est utilisé ?
5- Relis les lignes 11 à 15.
a) Quel est le pronom le plus souvent utilisé ? Qui désigne-t-il ?
b) Relève les déterminants de même personne que le pronom que tu as relevés.
c) Pour quelle raison le pronom et le déterminant que tu as relevés sont-ils utilisés ?
j e retiens
L’utilisation de la première personne
L’utilisation du « je » et du « nous » permet au lecteur de « vivre » ce que ressent le
narrateur. On parle alors d’identification car le lecteur peut facilement se reconnaître
dans ce que ressent le narrateur. Le lecteur se met « dans la peau » du narrateur. On a
en quelque sorte l’égalité je = narrateur = lecteur.
C’est un procédé fréquent dans les récits fantastiques car le lecteur s’identifie ainsi aux
doutes et aux angoisses du narrateur.
© Cned, Français 4e —
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Séquence 2 — séance 2
B
La forme d’un journal intime
Réponds aux questions suivantes. Tu vas notamment comprendre l’importance du choix qu’a fait l’auteur
de présenter son récit comme un journal intime. Peut-être écris-tu toi-même un journal intime ? Même
si ce n’est pas le cas, tu tiens peut-être à jour un blog ou un compte sur un réseau social.
1- a) Pourquoi peut-on dire que notre texte prend la forme d’un journal intime ?
b) Qui parle dans ce journal intime ?
2- Pour quelle raison le narrateur tient-il un journal intime ?
3- a) Par définition, un journal intime est-il destiné à :
 rester confidentiel ?
 être publié avec l’accord de l’auteur ?
 être publié sans l’accord de son auteur ?
b) Est-ce le cas de notre texte ? Pourquoi ?
4- Quel effet produit l’utilisation de cette forme sur le lecteur ?
j e retiens
La forme du journal intime
Dans Le Horla, le procédé d’identification entre le lecteur et le narrateur est d’autant
plus marqué que le récit se présente sous la forme d’un journal intime, c’est-à-dire
d’un texte dans lequel le narrateur se dévoile sans mentir. Il se pose des questions
personnelles et troublantes et l’utilisation de la première personne (« je » et « nous »)
invite le lecteur à se poser les mêmes questions.
5- À toi de jouer !
Tu vas maintenant rédiger un texte d’une dizaine de lignes. Il s’agit d’un extrait de ton
journal intime. Ton (ta) meilleur(e) ami(e) t’a trahi(e) et, comme le narrateur du Horla,
tu as des doutes et des angoisses que tu confies à ton journal.
Avant de rédiger, tu vas déterminer toi-même les consignes de la rédaction en complétant les
éléments manquants dans les lignes qui suivent. Ces éléments sont bien évidemment en rapport
avec les questions auxquelles tu as déjà répondu.
1. Mon texte est principalement conjugué au _________________ de l’indicatif, je peux aussi
utiliser le passé composé. La personne utilisée est prioritairement le ___. Je n’oublie pas
de mentionner la _______ au début de mon texte.
2. Pour exprimer mes ___________ et mes _________________, je vais notamment utiliser
des phrases ________________________, car je me pose des __________ sur le sens de
l’amitié. Les premières lignes racontent les circonstances de la trahison.
Vérifie que tu as bien cerné les consignes. Rédige d’abord au brouillon avant de rédiger au propre
sur ton cahier. Compare ensuite ton texte à celui proposé dans le corrigé.
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— © Cned, Français 4e
séance 3 —
Séquence 2
© Cned / N. Julo
Le coin des curieux…
Si la thématique du récit fantastique t’intéresse, tu peux lire partiellement ou
intégralement deux monuments de la littérature fantastique du XIXe siècle. Il s’agit de
Frankenstein, publié en 1818 par Mary Shelley, et de Dracula, publié par Bram Stoker en
1897. Tu verras que l’écriture à la première personne est omniprésente (journal intime,
lettres) dans ces deux livres. Cela permet, dans le premier livre, l’identification du lecteur
au docteur Frankenstein, complètement bouleversé par la créature qu’il a construite
de ses propres mains. Dans le second ouvrage, l’utilisation du « je » permet au lecteur
de vivre la terreur que ressent Jonathan Harker, le personnage principal, alors qu’il est
hébergé dans le sinistre château du comte Dracula.
Petite remarque au passage : on a l’habitude de désigner la créature horrible sous le nom
de Frankenstein. C’est faux, en réalité Frankenstein est le créateur de cette créature !
Séance 3
Exprimer la peur
Durée approximative : 1 h 30.
Dans l’incipit du Horla (séance 1), tu as vu que l’ambiance était paisible et que le narrateur
était serein. Très vite, cette atmosphère se dégrade et devient inquiétante (séance 2). Voici la
suite du texte. Lors de cette nouvelle séance, tu vas comprendre comment, petit à petit, la panique
croissante s’empare du narrateur.
Avant de commencer, prends ton cahier. En haut d’une nouvelle page, recopie en rouge le numéro et le
titre de la séquence. Encadre-les. Écris ensuite en rouge le numéro et le titre de la séance. Souligne-les.
Commence par lire deux fois le texte suivant.
1
5
10
16 mai
Je suis malade, décidément ! Je me portais si bien le mois dernier ! J’ai la fièvre, une
fièvre atroce, ou plutôt un énervement fiévreux, qui rend mon âme aussi souffrante
que mon corps. J’ai sans cesse cette sensation affreuse d’un danger menaçant, cette
appréhension d’un malheur qui vient ou de la mort qui approche, ce pressentiment
qui est sans doute l’atteinte d’un mal encore inconnu, germant dans le sang et dans
la chair.
18 mai
Je viens d’aller consulter mon médecin, car je ne pouvais plus dormir. Il m’a trouvé
le pouls rapide, l’œil dilaté, les nerfs vibrants, mais sans aucun symptôme alarmant.
Je dois me soumettre aux douches et boire du bromure de potassium.
© Cned, Français 4e —
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Séquence 2 — séance 3
15
20
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30
35
25 mai
Aucun changement ! Mon état, vraiment, est bizarre. À mesure qu’approche le soir,
une inquiétude incompréhensible m’envahit, comme si la nuit cachait pour moi une
menace terrible. Je dîne vite, puis j’essaie de lire ; mais je ne comprends pas les mots ;
je distingue à peine les lettres. Je marche alors dans mon salon de long en large, sous
l’oppression d’une crainte confuse et irrésistible, la crainte du sommeil et la crainte du lit.
Vers dix heures, je monte dans ma chambre. À peine entré, je donne deux tours de clef,
et je pousse les verrous ; j’ai peur… de quoi ?... Je ne redoutais rien jusqu’ici… j’ouvre
mes armoires, je regarde sous mon lit ; j’écoute… j’écoute… quoi ?... Est-ce étrange qu’un
simple malaise, un trouble de la circulation peut-être, l’irritation d’un filet nerveux, un peu
de congestion, une toute petite perturbation dans le fonctionnement si imparfait et si délicat
de notre machine vivante, puisse faire un mélancolique du plus joyeux des hommes, et un
poltron du plus brave ? Puis, je me couche, et j’attends le sommeil comme on attendrait
le bourreau. Je l’attends avec l’épouvante de sa venue, et mon cœur bat, et mes jambes
frémissent ; et tout mon corps tressaille dans la chaleur des draps, jusqu’au moment où je
tombe tout à coup dans le repos, comme on tomberait pour s’y noyer, dans un gouffre d’eau
stagnante. Je ne le sens pas venir, comme autrefois, ce sommeil perfide, caché près de moi,
qui me guette, qui va me saisir par la tête, me fermer les yeux, m’anéantir.
Je dors – longtemps – deux ou trois heures – puis un rêve – non – un cauchemar m’étreint.
Je sens bien que je suis couché et que je dors… je le sens et je le sais… et je sens aussi
que quelqu’un s’approche de moi, me regarde, me palpe, monte sur mon lit, s’agenouille
sur ma poitrine, me prend le cou entre ses mains et serre… serre… de toute sa force pour
m’étrangler.
Moi, je me débats, lié par cette impuissance atroce, qui nous paralyse dans les
songes ; je veux crier, – je ne peux pas ; – je veux remuer, – je ne peux pas ; – j’essaie,
avec des efforts affreux, en haletant, de me tourner, de rejeter cet être qui m’écrase
et qui m’étouffe, – je ne peux pas !
Et soudain, je m’éveille, affolé, couvert de sueur. J’allume une bougie. Je suis seul. Après
cette crise, qui se renouvelle toutes les nuits, je dors enfin, avec calme, jusqu’à l’aurore.
Le Horla, Maupassant (1887)
Réponds maintenant aux questions suivantes.
A
Le malaise du narrateur
1- a) À la date du 16 mai, de quoi le narrateur souffre-t-il physiquement ?
b) De quoi a-t-il peur ?
2- a) Pourquoi va-t-il chez le médecin ?
b) Le médecin réussit-il à identifier la cause de ses troubles ?
c) Le diagnostic du médecin est-il alarmant ?
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés.
54
— © Cned, Français 4e
séance 3 —
B
Séquence 2
La montée de la peur
À la date du 25 mai, le narrateur décrit différents degrés dans la montée du sentiment de peur qui
s’empare de lui chaque soir… Étudie maintenant la progression de ce malaise.
1- a) À quel moment de la journée surgit l’inquiétude ?
b) Dans la séquence 1, tu as vu que le mot « quiétude » signifie « calme ». Qu’est-ce qui,
dans le comportement extérieur du narrateur, traduit son « inquiétude », c’est-à-dire
son absence de calme au sens étymologique ?
c) Intérieurement, le narrateur éprouve « l’oppression d’une crainte confuse et
irrésistible, la crainte du sommeil, la crainte du lit » (l. 17). Quelle est la figure de style
utilisée dans cette phrase ? Quelle est l’impression produite ?
2- a) À quel moment de la soirée la peur surgit-elle ?
b) Des lignes 18 à 21 quels sont les moyens utilisés pour faire ressentir la peur du personnage ?
Pour répondre, observe la longueur des phrases, les types de phrases et la ponctuation.
3- a) À quel moment survient l’épouvante ?
b) Montre que l’épouvante se traduit physiquement.
c) Pourquoi l’attente du sommeil épouvante-t-elle le narrateur ?
Vérifie tes réponses. Tu l’as compris, dans cet extrait l’expression de la peur est omniprésente. C’est
l’un des ingrédients indispensables dans un récit fantastique.
4- Découvre maintenant la grille qui suit.
Ce travail sur le lexique va t’être utile pour exprimer la peur dans le devoir d’expression écrite en
fin de séance.
a) Trouve dix mots du texte appartenant au champ lexical de la peur présents dans
le texte. Ils sont disposés verticalement, horizontalement ou en diagonale. Ils sont
toujours lisibles de la gauche vers la droite.
b) Trouve aussi deux mots qui ne figurent pas dans le texte.
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© Cned, Français 4e —
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Séquence 2 — séance 3
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés.
c) Parmi les douze mots que tu as trouvés, repère les noms féminins synonymes du mot
« peur ».
d) Classe-les ensuite, dans l’ordre croissant, selon qu’ils expriment faiblement ou
fortement le sentiment de peur (plusieurs réponses sont possibles).
C
Le cauchemar et l’oppression
1- a)En une phrase, résume le contenu du cauchemar dont le narrateur fait le récit à partir
de la ligne 30.
b) Dans le dernier paragraphe, relève une expression qui renseigne le lecteur sur la
fréquence de ce cauchemar.
2- Quelle est la sensation éprouvée par le narrateur lors de son cauchemar ?
3- Relève une phrase qui montre que cette sensation éprouvée lors du cauchemar vient
contaminer ensuite la réalité.
4- Le verbe angere signifie « serrer » en latin.
a) Trouve le nom d’un sentiment formé sur la racine latine ang-.
b) Dans le cinquième paragraphe, trouve un verbe formé sur la racine latine du mot.
c) La racine du mot peut également prendre la forme anx-. Trouve un nom et un adjectif
formés sur cette racine.
5- a) Entre les lignes 30 et 34, relève deux synonymes du verbe « oppresser ».
b) Relève le nom dérivé du verbe « oppresser ».
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés.
D
« L’impuissance atroce »
Tu l’as compris : lors de son cauchemar, le narrateur subit les événements. Il n’a aucune maîtrise
de ses actions. C’est sur cette passivité que nous allons désormais insister. Comment se manifestet-elle précisément dans le texte ?
1- Observe les verbes suivants : « s’approche » (l. 32), « regarde » (l. 32), « palpe » (l. 32),
« monte » (l. 32), « s’agenouille » (l. 32), « prend » (l. 33), « serre » (l. 33).
a) Surligne le sujet qui est commun à tous ces verbes.
b) Qui est désigné par ce sujet ?
c) Encadre le pronom personnel qui est le COD de deux de ces verbes.
d) Qui est désigné par ces COD ?
e) Qui subit l’action ? Qui agit ?
2- Dans les lignes 36 à 38 :
a) À combien de reprises est utilisée l’expression « je ne peux pas » ?
b) Quelle est la forme de phrase* employée ?
56
— © Cned, Français 4e
séance 3 —
Séquence 2
c) Que peux-tu en déduire sur l’état d’esprit du narrateur ?
d) À la fin du paragraphe, quel type de phrase* est utilisé ?
e) Que peux-tu en conclure sur les sentiments du narrateur (découragement, volonté de
se battre, passivité, etc.) ?
3- Repère le mot « impuissance » (l. 35) :
a) Comment appelle-t-on le début du nom (im-) ?
b) Quelle est la signification de cet élément im- ?
c) Dans le troisième paragraphe, relève deux adjectifs qui sont construits sur le même
modèle que le nom « impuissance ».
Lis et apprends le « Je retiens » qui suit.
j e retiens
L’expression de la peur
L’expression de la peur peut recourir à plusieurs moyens :

Dans les phrases, les mots qui désignent le personnage sous l’emprise de la peur
peuvent être en position de COD du verbe. Cela montre que le personnage subit
l’action.

Les phrases peuvent être à la forme négative. Cela montre que le narrateur n’a
aucune prise sur les événements. On trouve aussi des mots construits à partir d’un
préfixe négatif (= privatif), par exemple le nom « impuissance » et les adjectifs
« incompréhensible », « irrésistible ».

Les phrases peuvent être de type exclamatif ou interrogatif pour insister sur l’émotion
du personnage.

Enfin, bien sûr, le vocabulaire développe le champ lexical de la peur. Ce vocabulaire
peut être utilisé de manière croissante. Ainsi, dans notre extrait, le narrateur évoque
d’abord la « crainte », la « peur », l’« épouvante » et, enfin, une « impuissance atroce ».
E
Expression écrite
Dans un texte d’une quinzaine de lignes, tu vas raconter ou inventer un moment
d’angoisse. Tu appliqueras tous les procédés que tu as découverts dans cette séquence
afin d’exprimer la peur :
 Mon texte est rédigé au présent et est écrit avec « je ».
 Dans mon texte, le narrateur est régulièrement en position de COD du verbe.
 Dans mon texte, j’utilise des phrases négatives et des mots construits avec un préfixe
privatif.
 Dans mon texte, j’utilise le vocabulaire de la peur et j’emploie au moins une fois
chacun des mots relevés dans la grille plus haut : « inquiétude », « oppression »,
« menace », « crainte », « épouvante », « frayeur », « terreur ».
 Mon texte est correctement ponctué et orthographié.
Lorsque tu auras terminé ton brouillon, relis-le en cochant les cases des consignes. Ensuite, recopiele au propre sur ton cahier et va découvrir la proposition de corrigé.
© Cned, Français 4e —
57
Séquence 2 — séance 4
Je vérifie que…
J’ai écrit un texte d’une quinzaine de lignes sur un moment d’angoisse.
J’ai utilisé le présent de l’indicatif et la première personne du singulier.
J’ai régulièrement positionné le narrateur en COD du verbe.
J’ai utilisé des phrases négatives et des mots à préfixe privatif.
J’ai employé le vocabulaire de la peur.
J’ai accordé chaque verbe avec son sujet.
J’ai soigné les accords des noms, des déterminants, des adjectifs.
Fait
Séance 4
Observer l’apparition du fantastique :
l’intrusion du surnaturel dans le quotidien
Durée approximative : 1 h 30.
Lors de la séance précédente, tu as compris que la peur s’empare peu à peu du narrateur. Il est sous
le choc à cause d’un cauchemar dans lequel quelqu’un vient le tuer. Dans cette séance, tu vas voir
comment l’angoisse, cette fois, trouve son origine directement dans le réel – et non plus dans un songe.
Avant de commencer, prends ton cahier. En haut d’une nouvelle page, recopie en rouge le numéro et le
titre de la séquence. Encadre-les. Écris ensuite en rouge le numéro et le titre de la séance. Souligne-les.
Lis deux fois le texte suivant.
Depuis l’extrait de la séance 3, le narrateur a entrepris un voyage au mont Saint-Michel pour
se reposer. L’effet bénéfique de cette cure ne dure pas et les troubles du narrateur reprennent
rapidement le dessus.
1
5
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15
58
5 juillet. – Ai-je perdu la raison ? Ce qui s’est passé la nuit dernière est tellement
étrange, que ma tête s’égare quand j’y songe ! Comme je le fais maintenant chaque
soir, j’avais fermé ma porte à clef ; puis, ayant soif, je bus un demi-verre d’eau,
et je remarquai par hasard que ma carafe était pleine jusqu’au bouchon de cristal.
Je me couchai ensuite et je tombai dans un de mes sommeils épouvantables, dont
je fus tiré au bout de deux heures environ par une secousse plus affreuse encore.
Figurez-vous un homme qui dort, qu’on assassine, et qui se réveille, avec un couteau
dans le poumon, et qui râle couvert de sang, et qui ne peut plus respirer, et qui va
mourir, et qui ne comprend pas – voilà. Ayant enfin reconquis ma raison, j’eus soif
de nouveau ; j’allumai une bougie et j’allai vers la table où était posée ma carafe. Je
la soulevai en la penchant sur mon verre ; rien ne coula. – Elle était vide ! Elle était
vide complètement ! D’abord, je n’y compris rien ; puis, tout à coup, je ressentis une
émotion si terrible, que je dus m’asseoir, ou plutôt, que je tombai sur une chaise !
puis, je me redressai d’un saut pour regarder autour de moi ! puis je me rassis,
éperdu d’étonnement et de peur, devant le cristal transparent ! Je le contemplais
avec des yeux fixes, cherchant à deviner. Mes mains tremblaient ! On avait donc
bu cette eau ? Qui ? Moi ? Moi, sans doute ? Ce ne pouvait être que moi ? Alors,
— © Cned, Français 4e
séance 4 —
20
25
Séquence 2
j’étais somnambule, je vivais, sans le savoir, de cette double vie mystérieuse qui fait
douter s’il y a deux êtres en nous, ou si un être étranger, inconnaissable et invisible,
anime, par moments, quand notre âme est engourdie, notre corps captif qui obéit à
cet autre, comme à nous-mêmes, plus qu’à nous-mêmes. Ah ! qui comprendra mon
angoisse abominable ? Qui comprendra l’émotion d’un homme, sain d’esprit, bien
éveillé, plein de raison et qui regarde épouvanté, à travers le verre d’une carafe, un
peu d’eau disparue pendant qu’il a dormi ! Et je restai là jusqu’au jour, sans oser
regagner mon lit.
Le Horla, Maupassant (1887)
A
Le retour des cauchemars
Les cauchemars – et la peur qu’ils occasionnent – sont revenus, mais ils ne suscitent plus chez le
narrateur le même type de réaction.
1- Relève une phrase qui montre que le narrateur a pris l’habitude d’avoir peur et d’agir en
conséquence.
2- Les cauchemars font désormais partie du quotidien du narrateur. Il n’en parle plus de la
même manière qu’au début.
a) Quel est le type de phrases employées ?
b) Quelle différence vois-tu avec la manière dont le narrateur parlait de ses cauchemars
dans l’extrait de la séance 3 ?
3- De « Figurez-vous un homme qui dort » (l. 7) jusqu’à « voilà » (l. 9), le narrateur ne
décrit pas son cauchemar, mais essaie de faire comprendre, grâce à la comparaison avec
un homme assassiné pendant son sommeil, ce qu’il éprouve au sortir de ses cauchemars.
a) Qu’est-ce qui le gêne le plus dans le retour régulier de ces cauchemars?
b) Il termine son explication par l’adverbe « voilà » (l. 9). Quelle attitude semble-t-il
adopter désormais face à sa situation?
4- Le narrateur parvient désormais à se dominer. Relève la phrase qui le prouve.
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés.
B
Le surgissement du fantastique
La peur du narrateur était liée jusque-là au monde du sommeil, au domaine du rêve. Mais, dans ce
passage, une nouvelle étape est franchie : l’incompréhensible, le surnaturel surgit dans le quotidien.
1- À quelles lignes un phénomène inexplicable apparaît-il ?
2- En quoi consiste le phénomène incompréhensible ? Explique-le en quelques phrases.
3- On retrouve toutes les manifestations de la peur telles que le narrateur les éprouvait dans
l’extrait de la séance 3. Relis les lignes 11 à 16, de « Elle était vide » jusqu’à « mes mains
tremblaient ! ».
a) Quels sont les types de phrases employées ?
b) Souligne les connecteurs temporels qui organisent le passage.
© Cned, Français 4e —
59
Séquence 2 — séance 4
c) Lorsqu’il s’assoit une première fois, par quoi est-il dominé ?
d) Par quoi est-il dominé lorsqu’il se rassoit à nouveau ?
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés.
Lis et apprends le « Je retiens » qui suit.
j e retiens
L’intrusion du fantastique
Jusqu’à présent, dans Le Horla, l’angoisse du narrateur était la conséquence de
cauchemars qui se répétaient.
Dans cet extrait, la carafe est vide. On n’est plus dans le cauchemar mais dans le réel.
Le fantastique, c’est précisément cela : un événement inexplicable qui survient dans
un univers bien réel, quotidien. Cet événement sème alors le doute dans l’esprit du
personnage.
C
La recherche de l’explication
1- a) Souligne la phrase interrogative qui ouvre le texte. Que commence à croire le narrateur ?
b) Comment se traduit « l’angoisse abominable » du narrateur dans le texte des
ligne 22 ? Observe les types de phrases employées, le vocabulaire et la construction
des phrases pour répondre.
2- Quelle est l’explication – peu rassurante – qu’il est amené à donner lorsqu’il cherche à
comprendre sa situation (l. 17 à 21) ?
3- a)Quels sont les deux adjectifs construits à partir d’un préfixe privatif, utilisés pour
décrire l’être mystérieux qui prendrait possession de lui lorsqu’il est somnambule ?
b) Par quel pronom ce « double » est-il désigné à deux reprises dans l’ensemble du texte ?
Quel est l’intérêt d’utiliser ce pronom ?
4- a)Surligne, dans les lignes 18 à 21, les deux formes du verbe « comprendre ». Dans quels
types de phrase ce verbe est-il employé ?
b) À quel sentiment du narrateur ces types de phrase renvoient-ils ?
c) Pourquoi le narrateur se retrouve-t-il dans une situation qui lui fait particulièrement peur ?
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés.
D
Les homophones on/on n’
Comme tu l’as remarqué, le double « mystérieux » est désigné par le pronom indéfini « on ». C’est
sur l’orthographe du « on » que tu vas travailler.
1- a) Reprenons les expressions du texte. Réécris ces phrases à la forme négative :
- On assassine  __________________________________________.
- On avait bu cette eau  __________________________________________.
b) Quelle remarque peux-tu faire sur la prononciation du début de chacune de ces
phrases ?
60
— © Cned, Français 4e
séance 4 —
Séquence 2
c) Quel élément écrit dans les phrases négatives n’apparaît pas clairement dans la
prononciation de la phrase ?
d) Pourquoi est-il pourtant nécessaire à l’écrit dans ces phrases négatives ?
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés.
Lis et apprends le « Je retiens » qui suit.
j e retiens
On/On n’
Dans les expressions « on avait » et « on n’avait pas », la manière de prononcer « on »
avec la liaison et « on n’ » avec la négation est identique.
Quand on écrit, il ne faut pas oublier le « n’ » qui est indispensable pour marquer la
négation dans les phrases négatives.
Conseil Il te suffit de repérer la négation pour ajouter obligatoirement un « n’ ». Si tu
as un doute, remplace « on » par « il » : « il a faim » (pas de « n’ » prononcé) et « il n’a
pas faim » (on entend clairement le « n’ » prononcé).
2- Entraîne-toi !
 Dans le texte qui suit, complète les cases par « n’ » si tu juges que c’est nécessaire.
Sinon, n’écris rien.
Si tu as un doute, repère les marques de la négation pour être certain d’orthographier avec
« n’ ».
On  recevait toute la famille pour l’anniversaire de mon frère. On  aime guère
rester longtemps à table quand on  est enfant. Pourtant on  venait juste d’attaquer
l’entrée et on  pouvait penser qu’on  resterait assis encore deux bonnes heures.
On  avait plus très faim. On  avait beaucoup grignoté lors de l’apéritif. Et voilà
qu’on  apportait une terrine monumentale. Ah ! on  était pas sorti de l’auberge !
On  allait encore attendre longtemps le dessert !
E
Expression écrite
As-tu bien retenu et compris les bilans ? C’est ce que nous allons voir ! Tu vas rédiger un texte
d’une dizaine de lignes qui va te permettre de réinvestir les éléments de la séance.
Applique-toi car la séance 5 t’invitera à compléter, à améliorer et à enrichir ce texte !
Tu es confronté à une situation inhabituelle qui t’amène à douter. Ton texte commencera de
la manière suivante : « Je suis seul dans cette vieille maison abandonnée. Quelle idée d’avoir
bêtement crevé un pneu en pleine tempête dans cet endroit inquiétant ! J’entends du bruit
dans la pièce voisine. On m’observe. Je le sens ! »
1- Dans mon texte, le narrateur est régulièrement en position de COD du verbe.
2- Mon texte est écrit à la première personne.
3- Je fais particulièrement attention à l’orthographe de « on » et de « on n’ ».
4- J’utilise les procédés d’expression de la peur déjà bien connus : phrases interrogatives et
exclamatives, vocabulaire adapté, phrases négatives, etc.
5- Mon texte est rédigé au présent.
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61
Séquence 2 — séance 5
6- Mon texte est correctement ponctué et orthographié.
Travaille d’abord au brouillon. Quand tu es satisfait de ton travail, assure-toi que tu as respecté les
consignes en complétant le tableau suivant. Relis-toi. Puis recopie ton texte au propre. Après l’avoir
relu, regarde le livret de corrigés et découvre un exemple de correction.
Je vérifie que…
Le narrateur est régulièrement en position de COD du verbe.
Le sujet est « je ».
J’ai fait attention à l’orthographe de « on » et « on n’ ».
J’ai utilisé des procédés d’expression de la peur.
J’ai utilisé le présent.
J’ai accordé chaque verbe avec son sujet.
J’ai soigné les accords des noms, des déterminants, des adjectifs.
Fait
Séance 5
Comprendre la manifestation du fantastique
Durée approximative : 1 h 30.
L’objectif de cette nouvelle séance est d’approfondir : tu vas faire la synthèse de ce que tu as déjà vu
précédemment pour comprendre comment fonctionne le fantastique.
Prends ton cahier. En haut d’une nouvelle page, recopie en rouge le numéro et le titre de la
séquence. Encadre-les. Écris ensuite en rouge le numéro et le titre de la séance. Souligne-les.
Lis le texte une première fois. Le trouble du narrateur évolue encore…
1
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6 août. – Cette fois, je ne suis pas fou. J’ai vu... j’ai vu... j’ai vu !... Je ne puis plus
douter... j’ai vu !... J’ai encore froid jusque dans les ongles... j’ai encore peur jusque
dans les moelles... j’ai vu !...
Je me promenais à deux heures, en plein soleil, dans mon parterre de rosiers... dans
l’allée des rosiers d’automne qui commencent à fleurir.
Comme je m’arrêtais à regarder un géant des batailles, qui portait trois fleurs
magnifiques, je vis, je vis distinctement, tout près de moi, la tige d’une de ces roses se
plier, comme si une main invisible l’eût tordue, puis se casser, comme si cette main
l’eût cueillie ! Puis la fleur s’éleva, suivant une courbe qu’aurait décrite un bras en
la portant vers une bouche, et elle resta suspendue dans l’air transparent, toute seule,
immobile, effrayante tache rouge à trois pas de mes yeux.
Éperdu, je me jetai sur elle pour la saisir ! Je ne trouvai rien ; elle avait disparu.
Alors je fus pris d’une colère furieuse contre moi-même ; car il n’est pas permis à un
homme raisonnable et sérieux d’avoir de pareilles hallucinations.
Mais était-ce bien une hallucination ? Je me retournai pour chercher la tige, et je la
retrouvai immédiatement sur l’arbuste, fraîchement brisée entre les deux autres roses
demeurées à la branche.
— © Cned, Français 4e
séance 5 —
20
Séquence 2
Alors, je rentrai chez moi l’âme bouleversée, car je suis certain, maintenant,
certain comme de l’alternance des jours et des nuits, qu’il existe près de moi un être
invisible, qui se nourrit de lait et d’eau, qui peut toucher aux choses, les prendre et les
changer de place, doué par conséquent d’une nature matérielle, bien qu’imperceptible
pour nos sens, et qui habite comme moi, sous mon toit...
Le Horla, Maupassant (1887)
A
Faisons le point
Réponds aux questions suivantes sur ton cahier de brouillon.
1- Reproduis le tableau suivant sur ton cahier de brouillon et complète-le :
Le trouble du narrateur 
Séance 3
Séance 4
Séance 5 : l’extrait que tu
viens de lire
À quel moment survient-il ?
À quelle occasion ?
2- Quelle impression se dégage de la progression du récit ?
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés.
B
Lire
un extrait qui présente les caractéristiques essentielles d’un texte
fantastique
Poursuis ton travail dans ton cahier de brouillon.
1- a) Où se déroule la scène ?
b) Ce lieu est-il présenté de manière péjorative ou méliorative ?
c) Cite le texte pour justifier ta réponse.
d) Quelle impression cela suscite-t-il chez le lecteur ?
2- a) En deux ou trois phrases, résume l’événement imprévu.
b) Quel est le temps dominant utilisé pour raconter cet événement inattendu, à partir de
la ligne 7 ?
c) Quel temps du passé est principalement utilisé avant ?
d) Quel effet provoque ce changement de temps ?
3- a) Quel sentiment domine chez le narrateur durant le déroulement de cet événement ?
b) Quel adjectif, dans le premier paragraphe, pourrait résumer l’état d’esprit du narrateur ?
4- a) Parmi les cinq sens, quel est celui qui est le plus sollicité dans le texte ?
b) Dans le dernier paragraphe, relève deux adjectifs qui qualifient l’être mystérieux.
c) Quelle remarque peux-tu faire sur la construction de ces adjectifs ?
d) Que peux-tu en déduire au sujet du trouble qui anime le narrateur ?
© Cned, Français 4e —
63
Séquence 2 — séance 5
5- Tu vas résumer ce que tu viens de découvrir. Complète le texte suivant en écrivant pour
chaque élément manquant l’un des mots qui suivent : « invisible », « imperceptible »,
« réel », « calme », « troublé », « peur », « visuelle », « fou ».
Le début du texte présente au lecteur un environnement ________. C’est dans
cet univers _____ qu’intervient un événement inattendu. Le narrateur sollicite
particulièrement sa perception ________________. Il est très ___________ puisque,
justement, l’être qu’il soupçonne d’être à côté de lui est « _____________ » et
« __________________________ ». C’est finalement un sentiment de _______ qui le
gagne de plus en plus. Il est peut-être devenu « ______ » !
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés.
C
Le doute comme moteur du fantastique
Tu as désormais bien en tête les principaux ingrédients indispensables à la recette d’un bon récit
fantastique ! Pour que la « sauce prenne complètement », il faut que le narrateur doute. Tu vas
approfondir cet aspect avec les questions qui suivent. Relis d’abord la seconde moitié de l’extrait,
à partir de la ligne 12.
1- a)Dans cette seconde moitié du texte, par quel mot (utilisé à deux reprises) le narrateur
tente-t-il d’expliquer l’événement imprévu ?
b) Autrement dit, dans un premier temps, doute-t-il de lui-même ou non ?
c) Qui est d’ailleurs désigné par l’expression « un homme raisonnable et sérieux » (l. 14) ?
d) Que suggèrent les deux adjectifs de cette expression ?
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés.
2- a)Quelle conjonction de coordination montre que le raisonnement du narrateur est
perturbé ?
b) Dans quel type de phrase cette conjonction de coordination est-elle utilisée ?
c) Que cela suggère-t-il au sujet de l’état d’esprit du narrateur ?
d) Au début du texte, le rosier possède trois fleurs. À la fin de l’extrait :
Coche la bonne réponse.
 Le rosier a toujours ses trois fleurs disposées sur trois tiges.
 Le rosier a trois tiges mais seulement deux fleurs. La troisième est à terre.
 Le rosier a trois tiges mais seulement deux fleurs. La troisième a disparu.
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés.
3- a) Quel sentiment t’inspire le fait qu’une fleur a effectivement disparu ?
b) Cet événement peut-il s’expliquer de manière logique ?
c) Quelle conclusion, pour sa part, le narrateur en tire-t-il ?
d) Est-ce, selon toi, une explication satisfaisante ?
Vérifie tes réponses dans le livret de corrigés.
Lis et apprends le « Je retiens » qui suit.
64
— © Cned, Français 4e
séance 5 —
j e retiens
Séquence 2
Le moment du fantastique
1- Fantastique/étrange/surnaturel
Lorsqu’un événement inattendu intervient dans un univers réel bien connu, on va
parler de moment fantastique. Cela se manifeste particulièrement, chez le narrateur,
par un moment de doute (ce que je vis est-il vraiment réel ?).
 Si on parvient à expliquer l’origine de cet événement, on dira qu’il est étrange ; par
exemple, un bruit inquiétant qui s’avérerait trahir la présence d’un animal.
 Si on ne parvient pas à expliquer l’origine de cet événement, on dira qu’il est
surnaturel car il renvoie à quelque chose que l’on ne connaît pas ; par exemple, un
bruit inquiétant provoqué par un fantôme.
 Dans notre texte, le narrateur opte pour le surnaturel. Il ne peut expliquer l’origine
de cet événement. Il en conclut qu’une présence « invisible » vit avec lui.
2- Rappel : Merveilleux (Souviens-toi, tu as étudié des récits merveilleux en 6e.)
Lorsque ces éléments surnaturels sont acceptés par le narrateur qui ne se pose pas de
questions car il sait qu’il évolue dans un monde surnaturel, on parlera de merveilleux.
Par exemple, Cendrillon n’est pas vraiment surprise quand sa marraine, la fée, vient lui
proposer son aide pour assister au bal du prince.
D
Expression écrite
À toi de jouer ! Tu vas rédiger un petit texte fantastique…
Tu vas, en fait, améliorer le texte que tu as rédigé lors de la dernière séance.
Rappelle-toi, ta rédaction commençait par : « Je suis seul dans cette vieille maison
abandonnée. Quelle idée d’avoir bêtement crevé un pneu en pleine tempête dans cet
endroit inquiétant ! J’entends du bruit dans la pièce voisine. On m’observe. Je le sens ! »
On retrouvera donc les principaux éléments qui ont été évalués la dernière fois. Reportetoi aux consignes de la séance 4.
Cette fois, tu devras bien insister sur le doute qui s’empare du « je ».
Tu devras proposer deux fins à ton histoire. La première sera surnaturelle (on ne peut
pas expliquer l’événement dont est victime le « je »), la seconde sera étrange (on peut
expliquer l’événement dont est victime le « je »).
 Je reprends le texte que j’ai rédigé lors de la séance 4. Je le recopie au brouillon en
l’améliorant éventuellement.
 J’insiste sur le doute qui envahit le narrateur.
 Je propose deux fins bien distinctes : la première est surnaturelle, la seconde est
étrange.
 Mon texte est correctement ponctué et orthographié.
Lorsque tu auras terminé ton brouillon, relis-le en cochant les cases des consignes. Ensuite, recopiele au propre sur ton cahier et va découvrir la proposition de corrigé.
© Cned, Français 4e —
65
Séquence 2 — séance 6
Je vérifie que…
J’ai repris le texte rédigé dans la séance 4.
J’ai insisté sur le doute qui envahit le narrateur.
J’ai proposé deux fins distinctes.
J’ai accordé chaque verbe avec son sujet.
J’ai soigné les accords des noms, des déterminants, des adjectifs.
Fait
© Cned / N. Julo
Séance 6
Percevoir l’échec du narrateur
dans sa recherche d’une explication
Durée : 1 h 30.
Les cinq premières séances ont été consacrées à l’étude de la mise en place du fantastique dans le
récit. Cette intrusion du fantastique s’accomplit de manière progressive et implacable. Le narrateur
se sent possédé par un être « invisible ». Pourtant, il cherche à comprendre. Tu vas donc suivre,
dans cette séance, la manière dont il réagit, la manière avec laquelle il tente de se ressaisir.
Prends ton cahier. En haut d’une nouvelle page, recopie en rouge le numéro et le titre de la
séquence. Encadre-les. Écris ensuite en rouge le numéro et le titre de la séance. Souligne-les.
Lis cet extrait avec attention.
1
19 août. – Je sais… je sais… je sais tout ! Je viens de lire ceci dans la Revue du
Monde scientifique : « Une nouvelle assez curieuse nous arrive de Rio de Janeiro.
Une folie, une épidémie de folie, comparable aux démences1 contagieuses qui
atteignirent les peuples d’Europe au Moyen Âge, sévit en ce moment dans la province
5
de San-Paulo. Les habitants éperdus quittent leurs maisons, désertent leurs villages,
abandonnent leurs cultures, se disant poursuivis, possédés, gouvernés comme un
bétail humain par des êtres invisibles bien que tangibles2, des sortes de vampires qui
se nourrissent de leur vie, pendant leur sommeil, et qui boivent en outre de l’eau et
du lait sans paraître toucher à aucun autre aliment.
10
« M. le professeur Don Pedro Henriquez, accompagné de plusieurs savants
médecins, est parti pour la province de San-Paulo afin d’étudier sur place les origines
66
— © Cned, Français 4e
séance 6 —
15
20
25
Séquence 2
et les manifestations de cette surprenante folie, et de proposer à l’Empereur les
mesures qui lui paraîtront les plus propres à rappeler à la raison ces populations en
délire. »
Ah ! Ah ! je me rappelle, je me rappelle le beau trois-mâts brésilien qui passa sous
mes fenêtres en remontant la Seine, le 8 mai dernier ! Je le trouvai si joli, si blanc, si
gai ! L’Être était dessus, venant de là-bas, où sa race est née ! Et il m’a vu ! Il a vu
ma demeure blanche aussi ; et il a sauté du navire sur la rive. Oh ! mon Dieu !
À présent, je sais, je devine. Le règne de l’homme est fini.
Il est venu, Celui que redoutaient les premières terreurs des peuples naïfs3, Celui
qu’exorcisaient les prêtres inquiets, que les sorciers évoquaient par les nuits sombres,
sans le voir apparaître encore, à qui les pressentiments des maîtres passagers du monde
prêtèrent toutes les formes monstrueuses ou gracieuses des gnomes, des esprits, des
génies, des fées, des farfadets4. […] Malheur à nous ! Malheur à l’homme ! Il est
venu, le… le… comment se nomme-t-il… le… il me semble qu’il me crie son nom,
et je ne l’entends pas… le… oui… il le crie… J’écoute… je ne peux pas… répète…
le… Horla… J’ai entendu… le Horla… c’est lui… le Horla… il est venu !…
Le Horla, Maupassant (1887)
Notes :
1. « démence » : folie.
2. « tangibles » : palpables, dont on sent la présence.
3. « peuples naïfs » : primitifs.
4. Cette énumération désigne des créatures merveilleuses.
A
Un bref moment de répit
1- Observe la première phrase de l’extrait « Je sais… je sais… je sais tout ! » et les lignes 15 à
18 qui suivent la lecture de l’article.
a) Quel(s) adjectif(s) utiliserais-tu pour qualifier le narrateur dans la première phrase ?
b) Pourquoi, selon toi, le narrateur est-il dans cet état ?
c) Plusieurs procédés que tu connais déjà traduisent l’agitation du narrateur des
lignes 15 à 18. Lesquels ?
2- a)Sais-tu comment s’appellent les mots et expressions suivantes : « Ah ! Ah ! » (l. 15) et
« Oh ! mon Dieu ! » (l. 18) ?
b) À quoi servent-elles ?
Vérifie tes réponses.
Lis et apprends le « Je retiens » qui suit.
© Cned, Français 4e —
67
Séquence 2 — séance 6
j e retiens
Les interjections
1- Les interjections sont des mots ou des expressions invariables (on ne peut pas les
utiliser au pluriel) qui permettent de rendre le texte plus expressif. Les interjections
insistent en effet sur les sentiments des personnages. Souvent, les interjections sont
accompagnées d’un point d’exclamation.
2- Certaines interjections sont aussi appelées onomatopées lorsqu’elles imitent un bruit :
« boum ! », « cocorico ! ».
3- Par exemple, dans notre extrait, les interjections « Ah ! Ah !» traduisent l’enthousiasme
du narrateur qui commence à comprendre son état et « Oh ! mon Dieu ! » fait
comprendre la panique qui s’empare soudain du narrateur à mesure qu’il poursuit son
raisonnement.
B
Un début d’explication
Réponds aux questions suivantes dans ton cahier de brouillon.
1- a) Quelle est la source d’information du narrateur ?
b) D’après le titre, quel genre d’informations s’attend-on à trouver dans cette source ?
2- Quels sont les signes de ponctuation qui te permettent de repérer le début et la fin de cet
article ?
Vérifie ton repérage dans le livret de corrigés.
Tu vas désormais travailler sur l’extrait des lignes 1 à 12.
3- a) Complète le tableau suivant :
L’épidémie
Le mal du narrateur
De quel pays l’épidémie se
propage-t-elle ?
De quel pays est originaire
le bateau que le narrateur
observe dans l’incipit ? N texte
de la séance 1
Quels sont les signes de
la présence d’un être
mystérieux ?
Par quels signes le narrateur
a-t-il eu la certitude qu’un
double vit avec lui ? N texte de
la séance 4 (l. 11-20)
Dans le texte, relève, dans
leur ordre d’apparition
(l. 4-6), les quatre adjectifs
qui caractérisent les habitants
de San-Paulo victimes de
l’épidémie ?
Retrouve le même adjectif. N
texte de la séance 4 (l. 11-13)
Retrouve un adjectif synonyme
N texte de la séance 5 (l. 1-3)
Retrouve un verbe conjugué
qui exprime la même idée. N
texte de la séance 4 (l. 11-20)
68
— © Cned, Français 4e
séance 6 —
Séquence 2
b) Quelle conclusion peux-tu tirer de ce tableau ?
c) Comment le narrateur explique-t-il que l’épidémie brésilienne soit arrivée jusqu’à
lui ?
Tu as l’as compris : le narrateur prend connaissance d’informations qui lui semblent utiles pour
comprendre sa situation. Pour autant, ces nouvelles sont-elles vraiment rassurantes ?
C
Le Horla
C’est dans cet extrait qu’apparaît pour la première fois le nom qui donne son titre à l’œuvre : « le
Horla ».
Commence par relire le texte à partir de la ligne 15. C’est sur cette seconde moitié du texte que tu
vas désormais travailler.
1- Comment l’Être est-il présenté ?
2- a) Dans le dernier paragraphe, repère le verbe conjugué au présent de l’impératif.
b) Qui parle à qui ?
c) Qu’en déduisez-vous sur l’état du narrateur ?
3- a)Dans cette partie du texte, souligne tous les mots qui renvoient au réseau lexical de la
peur.
b) Qui est à l’origine de cette peur ?
c) Par quel mot est-il désigné à la ligne 14 ?
d) Comment est-il nommé à la fin du texte ?
Vérifie tes réponses.
4- a) À partir de la ligne 25, quel est le signe de ponctuation qui domine ?
b) Quelle impression est suggérée par ces signes de ponctuation ?
c) Pourquoi la pensée du narrateur est-elle ainsi interrompue ?
Vérifie tes réponses.
5- Au final, valide ou non les affirmations suivantes :
Vrai
Faux
Le narrateur trouve des informations dans une revue scientifique.
Il découvre que le Horla est un être sympathique et bienveillant.
Le narrateur trouve un certain réconfort dans ces informations.
Les informations sont très rassurantes.
Le narrateur veut se rendre au Brésil.
La panique gagne peu à peu le narrateur.
Le narrateur semble finalement complètement possédé.
Vérifie tes réponses.
© Cned, Français 4e —
69
Séquence 2 — séance 7
Tu l’as certainement compris. Ces explications qui devaient rassurer le narrateur aggravent au
contraire la panique qu’il ressent. Il est complètement possédé par le Horla !
D
Dictée
Tu vas à présent t’entraîner à la dictée. Le texte est un extrait d’un autre passage du Horla déjà
étudié.
Prends ton CD et écoute la piste 4 pour faire la dictée.
Ensuite, prends le corrigé et vérifie la dictée. Lis bien les explications qui te sont données afin de
comprendre tes erreurs et de ne pas les renouveler.
Recopie ensuite les points corrigés correspondant à tes erreurs.
© Cned / N. Julo
Séance 7
Analyser la fin d’un récit fantastique
Durée : 1 h 30.
Tu vas maintenant t’intéresser à la fin du Horla.
L’objectif de cette séance est de mobiliser tes connaissances pour les mettre au service d’une lecture
expressive du texte.
Prends ton cahier. En haut d’une nouvelle page, recopie en rouge le numéro et le titre de la
séquence. Encadre-les. Écris ensuite en rouge le numéro et le titre de la séance. Souligne-les.
Tu vas maintenant lire soigneusement, deux fois, le texte qui suit. Il s’agit de l’explicit de l’œuvre.
À l’inverse de l’incipit, l’explicit est la fin d’un récit.
Depuis le 19 août, le narrateur n’a pas cessé de ressentir la présence de l’être invisible, le Horla… Un
soir, se retournant vers son miroir, il n’aperçoit pas son reflet qui réapparaît petit à petit, comme si
quelqu’un passait devant lui (tu peux entendre une lecture de cet extrait à la piste 5 de ton CD).
70
— © Cned, Français 4e
séance 7 —
Séquence 2
Le narrateur, ne supportant plus cette présence oppressante, finit par mettre le feu à sa maison
dans laquelle il pense avoir enfermé le Horla. Il observe de son jardin l’incendie.
1
5
10
15
20
25
30
10 septembre. […]
Je regardais ma maison, et j’attendais. Comme ce fut long ! Je croyais déjà que le
feu s’était éteint tout seul, ou qu’il l’avait éteint, Lui, quand une des fenêtres d’en
bas creva sous la poussée de l’incendie, et une flamme, une grande flamme rouge et
jaune, longue, molle, caressante, monta le long du mur blanc et le baisa jusqu’au toit.
Une lueur courut dans les arbres, dans les branches, dans les feuilles, et un frisson,
un frisson de peur aussi. Les oiseaux se réveillaient ; un chien se mit à hurler ; il me
sembla que le jour se levait ! Deux autres fenêtres éclatèrent aussitôt, et je vis que
tout le bas de ma demeure n’était plus qu’un effrayant brasier. Mais un cri, un cri
horrible, suraigu, déchirant, un cri de femme passa dans la nuit, et deux mansardes
s’ouvrirent ! J’avais oublié mes domestiques ! Je vis leurs faces affolées, et leurs bras
qui s’agitaient !...
Alors, éperdu d’horreur, je me mis à courir vers le village en hurlant : « Au
secours ! au secours ! au feu ! au feu ! » Je rencontrai des gens qui s’en venaient déjà
et je retournai avec eux, pour voir.
La maison, maintenant, n’était plus qu’un bûcher horrible et magnifique, un
bûcher monstrueux, éclairant toute la terre, un bûcher où brûlaient des hommes, et
où il brûlait aussi, Lui, Lui, mon prisonnier, l’Être nouveau, le nouveau maître, le
Horla ! Soudain le toit tout entier s’engloutit entre les murs et un volcan de flammes
jaillit jusqu’au ciel. Par toutes les fenêtres ouvertes sur la fournaise, je voyais la cuve
de feu, et je pensais qu’il était là, dans ce four, mort...
– Mort ? Peut-être ?... Son corps ? son corps que le jour traversait n’était-il pas
indestructible par les moyens qui tuent les nôtres ?
S’il n’était pas mort ?... seul peut-être le temps a prise sur l’Être Invisible et Redoutable.
Pourquoi ce corps transparent, ce corps inconnaissable, ce corps d’Esprit, s’il devait
craindre, lui aussi, les maux, les blessures, les infirmités, la destruction prématurée ?
La destruction prématurée ? toute l’épouvante humaine vient d’elle ! Après
l’homme, le Horla.
– Après celui qui peut mourir tous les jours, à toutes les heures, à toutes les
minutes, par tous les accidents, est venu celui qui ne doit mourir qu’à son jour, à son
heure, à sa minute, parce qu’il a touché la limite de son existence !
Non... non... sans aucun doute, sans aucun doute... il n’est pas mort... Alors...
alors... il va donc falloir que je me tue, moi !...
...........................................
Le Horla, Maupassant (1887)
A
Pour commencer
Réponds aux questions suivantes sur ton cahier de brouillon.
1- Que ressens-tu à la lecture de ce texte ?
Tu vas maintenant réinvestir les différents éléments que tu as découverts lors des séances
précédents.
2- a) Complète le tableau qui suit. Tu peux t’aider des cours précédents.
© Cned, Français 4e —
71
Séquence 2 — séance 7
Je rappelle les caractéristiques d’un récit
fantastique
J’illustre mon propos en repérant des
éléments dans le texte
Dans la séance 2, j’ai vu qu’un récit
fantastique est souvent rédigé à la
________________________ et peut prendre la
forme d’un________________________
Dès la première ligne, j’encadre un pronom
personnel et un déterminant possessif.
Dans la séance 3, j’ai vu que le narrateur
est souvent sous l’emprise d’une
_________________ incontrôlable.
Dans le premier paragraphe, je surligne une
phrase exclamative.
Dans la séance 3, j’ai vu que le narrateur ne
dirige pas l’action : il est _____________.
Il n’y a pas davantage de phrases dans
lesquelles le narrateur est en position de
_____. Le narrateur est donc moteur des
actions : pourquoi ce choix ?
Je souligne cinq mots du champ lexical de la
peur dans tout le texte.
__________________________________
__________________________________
__________________________________
Dans les séances 4 et 5, j’ai vu que le
narrateur s’interroge en permanence car il est
confronté à un ________.
Je surligne en jaune trois phrases
interrogatives.
Dans le dernier paragraphe, je relève le nom
employé à deux reprises : « _________ ».
b) Après avoir rempli ce tableau, dirais-tu que cet extrait est conforme aux attentes d’un
récit fantastique ?
Vérifie tes réponses.
B
La fin du récit fantastique
1- a) Pourquoi le narrateur décide-t-il de mettre le feu à sa maison ?
b) Est-ce un acte raisonnable ?
2- Qui le narrateur met-il aussi en danger ?
3- À quelle conclusion arrive-t-il à la fin du texte ?
4- Le lecteur sait-il si le narrateur réalise son projet ?
5- Existe-t-il des éléments qui te permettent de penser qu’il a réalisé son projet ?
Tu peux relire le texte de la séance 1 pour remplir le tableau suivant :
6- a) Complète le tableau suivant.
Dans l’incipit
Dans l’explicit
Où se déroule l’action ?
À quel moment se déroule l’action ?
Quelle est l’ambiance ?
Quel est l’état d’esprit du narrateur ?
b) Quelle(s) conclusion(s) peux-tu tirer de ce que tu as noté dans le tableau ?
72
— © Cned, Français 4e
séance 7 —
Séquence 2
Vérifie tes réponses.
Lis et apprends le « Je retiens » qui suit.
j e retiens
Les enjeux de l’explicit
L’explicit désigne la fin d’un récit. On utilise aussi parfois les termes d’« épilogue » ou
de « dénouement » (plus adapté à la fin d’une pièce de théâtre).
L’explicit coïncide souvent avec la fin de l’histoire : il a pour but d’apporter des éléments
de réponse au lecteur et permet souvent de clôturer le texte en apportant une
résolution définitive.
Parfois, la réponse est incomplète. C’est au lecteur de « trancher » et d’imaginer la suite
du texte. On parle alors de dénouement ouvert. C’est le cas dans Le Horla. Le lecteur
ignore si le narrateur se tue mais il peut le penser.
Fréquemment, l’explicit fonctionne comme un miroir par rapport à l’incipit. Ainsi, dans
Le Horla, le décor du début et de la fin du récit est le même. L’incipit met en place une
ambiance sereine, alors que le même décor est le théâtre d’un véritable enfer dans
l’explicit.
C
Lire un texte fantastique
Tu vas t’efforcer de lire un texte fantastique en faisant percevoir à ton public (ta famille, tes
amis…) l’ambiance angoissante.
Première étape. Lis à voix haute le texte de cette séance. Tu peux essayer, déjà, de mettre
instinctivement le ton.
Deuxième étape.
Efforce-toi de rendre perceptible l’émotion suggérée par les phrases exclamatives et les
phrases interrogatives.
 Efforce-toi de trouver un ton adapté pour lire les mots du réseau lexical de la peur.
 R
epère les signes de ponctuation pour respirer quand c’est nécessaire. Ne va pas trop vite.
Mais tu peux éventuellement accélérer ton rythme de lecture quand les événements se
précipitent.
 Relis ensuite le texte. L’ambiance fantastique doit commencer à se faire entendre.
Troisième étape. Si tu as un ordinateur ou un téléphone mobile de dernière génération, tu vas
pouvoir ajouter des bruitages à ta lecture. Par exemple, sur Internet, rends-toi sur un moteur
de recherche et tape « bruitages Halloween » pour trouver un site qui propose des bruitages
tout à fait adaptés à un texte fantastique. Sur un téléphone récent, il existe de nombreuses
applications proposant des bruitages : tempête, hurlements, pluie…
Quatrième étape. Lis maintenant le texte de manière vivante, expressive ! Fais-toi aider par
quelqu’un pour « lancer » au bon moment les bruitages que tu as sélectionnés.
© Cned, Français 4e —
73
Séquence 2 — séance 8
Tu peux maintenant écouter à la piste 6 de ton CD, un exemple de lecture expressive du texte de
Maupassant.
Si l’exercice te plaît, procède de la même manière en lisant, cette fois, le texte que tu as rédigé au
fil des séances de la séquence !
Séance 8
Je m’évalue
Durée approximative : 1 heure.
Tu le sais, à la fin de chaque séquence, tu fais le point sur ce que tu dois connaître. Complète le
tableau de synthèse ci-dessous en répondant aux questions.
Si tu le souhaites, tu peux feuilleter les cours de la séquence pour t’aider.
Lorsque tu auras fini, lis le corrigé et vérifie tes réponses : il est important que ton tableau ne
comporte pas d’erreurs.
Je connais…
Les caractéristiques du récit fantastique :
 Le récit fantastique est souvent écrit
à la __________________ personne. Il
peut d’ailleurs prendre la forme d’un
__________________________.
Je suis capable de…
 Utiliser ces éléments comme dans
l’exercice d’écriture de la séance 2.
 L’emploi du pronom « ___ » permet aussi au
lecteur de s’_______________ pleinement au
narrateur (je = narrateur = lecteur).
 Le fantastique, c’est le moment où, dans
 Utiliser ces éléments comme dans
l’univers quotidien du narrateur, un
l’exercice d’écriture de la séance 5.
événement ____________fait irruption.
 Si cet événement est inexplicable, on dira
qu’il est __________________.
 Mais si on parvient à l’expliquer, on dira
qu’il est ___________________.
 Le narrateur est souvent ________. Il subit  Distinguer les homophones on/on n’.
l’action et est souvent _____ des verbes.
Dans les exemples qui suivent, ajoute la
Les mots qui le caractérisent sont souvent
forme qui convient :
construits avec un préfixe ______________.
1- ____________ a faim !
 Très souvent dans le récit, le narrateur se
2- ____________ a plus faim !
pose des questions : il _______. On trouve
3- ____________ en aura toujours plus.
alors des phrases ___________________.
 Lorsque le narrateur est possédé par une
force inconnue, cet élément étranger
peut être désigné par le pronom indéfini
« ____ ».
74
— © Cned, Français 4e
4- ___________ en peut plus !
 Utiliser ces éléments comme dans
l’exercice d’écriture de la séance 4.
séance 8 —
Je connais…
L’angoisse est très présente dans le récit
fantastique :
Séquence 2
Je suis capable de…
 Utiliser ces éléments comme dans
l’exercice d’écriture de la séance 3.
 Le ___________ lexical de la peur est très
utilisé.
 La peur du narrateur s’exprime par des
phrases _____________________ ou par
des ________________________ (« Ah ! »,
« Mon Dieu ! »).
Les caractéristiques de la fin du récit
fantastique :
 Utiliser ces éléments comme dans
l’exercice d’écriture de la séance 5.
 L’explicit est la ____ du récit. Ce passage
permet souvent d’apporter une
______________ définitive à l’œuvre.
 Dans le récit fantastique, le lecteur
___________ toujours entre plusieurs
interprétations. Il reste dans l’incertitude.
 De rédiger un texte fantastique
qui reprend l’essentiel des éléments
nécessaires (= les éléments que tu as
trouvés dans la colonne de gauche).
 De lire un texte fantastique en utilisant
un ton adapté comme dans l’exercice
oral de la séance 7.
© Cned, Français 4e —
75
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