160 C. BRONFEN
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Green et Anderson [4–6] et destinée à diminuer l’er-
reur radiologique, est faite en décubitus dorsal. Elle
consiste à prendre trois expositions radiographiques
(hanches, genoux, chevilles) sur un grand cliché.
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phiques, mais sur une petite cassette qui est mobilisée
pour les trois expositions.
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vent être nécessaires, notamment dans les étiologies
congénitales pour lesquelles il peut y avoir de 1 à 2 cm
de raccourcissement dans la hauteur du pied.
Autres méthodes
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membres inférieurs en entier traité par informatique
sur table numérisée, diminue l’irradiation.
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mesure des segments osseux.
UÊiÊ /Ê ÃV>}À>]Ê ÕÌÃ>ÌÊ >Ê « scout view » des
membres inférieurs en tomodensitométrie, a l’intérêt
de pouvoir être utilisé de profil dans des inégalités avec
déformations articulaires.
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utilise une séquence T1 en spin echo avec une incidence
coronale. Il n’est pas entré dans la pratique courante.
Si l’utilisation de la radio conventionnelle reste cou-
rante, le choix de la technique étant fait selon les habi-
tudes de chacun, les clichés digitalisés moins irradiants
semblent intéressants chez des enfants qui ont des radios
fréquemment, d’autant plus que les grandes plaques per-
mettant les téléradiographies et le matériel permettant les
orthoradiographies sont en voie de disparition. La tomo-
densitométrie avec le CT scanner et la « scout view » de
profil est intéressante en cas de flexum du genou.
Dans tous les cas, il faut être très critique sur les
comptes rendus radiologiques, car le cliché peut être
fait dans des conditions imparfaites qui modifient la
différence de longueur. Ce qui prime, c’est la clinique.
Cependant, à partir du moment où une thérapeutique
est envisagée, il faut réaliser un cliché de suivi par an.
Apport de l’analyse de la marche
L’analyse quantifiée de la marche (AQM) est utilisée
pour évaluer le retentissement des inégalités sur le pas
et les résultats des traitements d’égalisation ou des
appareillages [49]. L’asymétrie des différents paramè-
tres étudiés lors de la marche augmente lorsque l’inéga-
lité augmente. Une inégalité supérieure à 2 cm entraîne
une asymétrie du pas plus importante que dans la
population normale. L’AQM fait la différence entre les
inégalités fonctionnelles et structurales et donne une
information sur l’indication thérapeutique.
Retentissement des inégalités :
quand une inégalité est-elle
pathologique [16] ?
Les petites inégalités de moins de 2 cm sont très fréquen-
tes et ne nécessitent pas toujours une compensation.
Les inégalités plus importantes peuvent retentir sur
le membre inférieur avec une marche en équin du côté
court avec à terme rétraction d’Achille fixée, ou plus
rarement une marche pied à plat en flexum du genou du
côté long. Le déséquilibre retentit également sur le rachis
avec attitude scoliotique bien supportée chez l’enfant,
mais entraînant des lombalgies à l’âge adulte et, pour les
inégalités de plus de 2 cm, la survenue de scolioses lom-
baires. Le retentissement des inégalités qui sont bien sup-
portées dans l’enfance s’exprime plutôt à l’âge adulte.
Étiologies [24,35]
Il est important de connaître l’étiologie des inégali-
tés de façon à établir leur pronostic et envisager un
traitement. Il y a de nombreuses façons de présenter
les étiologies, nous allons les classer en tenant compte
de l’établissement du pronostic et des possibilités thé-
rapeutiques. Nous n’essayerons pas d’être exhaustif.
Shapiro [83] a décrit, à partir d’une étude de 803 dos-
siers, cinq types évolutifs pour les inégalités rapportées
à des courbes (figure 3).
Inégalités acquises (par arrêt
ou stimulation de la croissance)
Lésions du cartilage de croissance
Elles sont d’autant plus graves que l’enfant est jeune
lors de leur survenue. Elles donnent une association
de raccourcissement par arrêt ou ralentissement de
la croissance et de déviation axiale par asymétrie de
la lésion de la chondroépiphyse (zone de croissance).
Leur pronostic est facile à établir quand la plaque de
croissance est totalement détruite. Les causes de lésion
du cartilage de croissance sont multiples. Parmi elles,
les décollements épiphysaires : le trait de fracture passe
dans la couche hypertrophique. Ils sont classés selon
Salter et Harris. Les types I et II donnent peu de trou-
bles de croissance, sauf les Salter II de l’extrémité infé-
rieure du fémur. Les lésions de type III et IV traversent
la plaque de croissance et risquent de créer des ponts