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LA DETERMINATION NOMINALE

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LA DETERMINATION NOMINALE
Articles Ø, A/AN, THE / Démonstratifs THIS, THAT / Génitif qui permet à un nom de limiter un autre
nom
I)
Concevoir la notion nominale
Antoine Culioli -> définit la notion comme un ensemble, structuré de façon complexe, de « propriétés
physico-culturelles » propres à une communauté linguistique. Il s’agit de souligner le fait que les
formes linguistiques font appel à des représentations du monde sur lesquelles les locuteurs d’une
langue s’entendent + ou – pour communiquer.
Ex : « dog » -> active mentalement un ensemble de représentations qui concerne un « animé nonhumain ». Propriétés dites essentielles ou définitoires comme respectivement /être non humain/ et
/animal domestique/. Permet également de construire des oppositions, comme avec « wolf ». Parler
de notion, c’est se donner les moyens de rassembler les propriétés définitoires et les autres : prendre
en compte ce qui est stable et les variations impliquées. On peut faire le choix de distinguer des chiens
+ ou – typiques, beaux, grands, méchants, bizarres… mais aussi de les rassembler.
Discontinu
dénombrable et quantifiable
Ex : tree, cat, table, picture, cow, kiss…
Dense -> non-dénombrable et quantifiable
Ex : bread, milk, coffee, beer, information, news…
Continu
Compact -> non dénombrable et non quantifiable
Ex : love, courage, anger
-
-
-
Discontinu : intègre des entités non seulement dénombrables (on peut prélever une certaine
quantité) mais aussi quantifiables (on peut prélever une certaine quantité). En anglais, on parle
de « count nouns ». Ex : one cow, two trees, nine children, eleven kisses… Ce sont des entités
discernables / discrétisables et individuables.
Continu : équivalent de « mass nouns » en anglais. Dense VS Compact
o Dense -> non dénombrable et quantifiable. Ex : bread est une notion que l’on ne peut
pas compter mais par rapport à la quelle on peut penser l’extraction d’une quantité
avec « a loaf of » + bread. Pour information, milk, coffee, beer ou news, on utilisera
plutôt « a piece of », « a glass of », « a cup of »…
o Compact -> notion caractérisée par le non dénombrable et le non quantifiable. Ex :
love, courage ou anger, qui ne se découpe pas en plus petites unités.
Phénomène de recatégorisation du nom : Par exemple, si courage a un fonctionnement
continu compact, il peut changer de catégorie et renvoyer à du discontinu si le contexte le
permet. Ex : « They have a courage that comes from ignorance ». Ici, le nom devient
dénombrable à cause de la modification que produit la subordonnée « that comes from
ignorance », et qui permet de spécifier un sous-type de courage.
II)
L’opposition référence générique VS référence spécifique
Référence générique : renvoie à une généralité. Il sert à représenter une catégorie entière d’êtres ou
de choses. Ex : « Horses may bite » -> Horses renvoie aux cheveux d’une manière générale.
Référence spécifique : désigne des êtres ou des choses comme représentants d’une catégorie. Ex : « I
saw horses in the street this morning » -> réfère à quelques cheveux.
III)
L’article Ø
Opération de détermination la plus faible -> marque que, pour l’énonciateur, il n’y a pas d’obstacles à
l’apparition du nom, pas de limitations particulières permettant alors une représentation brute de
l’information dont le nom est porteur. Permet une certaine « mise en vedette » de la notion comme
dans « Ø Racism shall not pass ».
Construction d’une référence générique :
- Par renvoi direct à la notion -> lorsqu’il opère sur du continu. Ex: « Ø Money is the root of all
Ø evil ». On ne passe pas par la construction d’occurences. Possible à la fois avec du continu
dense (« Ø Bread is losing its place at France’s table ») et du continu compact (« Ø Hope knows
no fear »).
- Par une opération d’extraction -> lorsqu’il opère sur du discontinu. On passe alors par la
construction d’occurrences en utilisant la combinaison Ø + pluriel comme dans « Ø cats are
smarter than Ø dogs ».
- Le français lui, procède différemment pour se référer au générique : il utilise les articles
indéfinis le, la ou les. Ex : les chats sont plus malins que les chiens, l’argent est la racine du
mal…
Construction d’une référence spécifique :
- Par une opération de prélèvement -> fonctionne avec du continu dense. Traduit en français
par du, de, de la, des. On envisage le passage à l’existence d’une quantité non spécifiée. Ex:
“I’m hungry, do you have Ø blue cheese?” (on envisage une quantité), “That black thing on the
road is Ø oil” (on envisage l’existence de quelque chose qui serait une flaque de pétrole).
- Par extraction -> fonctionne avec du discontinu. Ex : “I was tortured and I saw Ø children
dying”. La quantité exacte n’est pas importante et là encore, Ø permet d’introduire une notion
brute de l’information dont le nom est porteur.
IV)
L’article A / AN
A est étymologiquement lié à ONE. Permet l’extraction d’un élément d’une classe, ce qui explique
pourquoi A n’est compatible qu’avec du singulier et des noms discontinus. Ex : a dog, an orange, an
honest person, a university, a kiss, a bedroom… Pour les autres, on utilisera un extracteur pour
renvoyer à une unité continue dense : a piece of work, a loaf of bread, a piece of furniture, a cup of
coffee, a tuft of hair…
Prédication d’existence -> avec A, on pose l’existence d’une occurrence extraite de la classe
d’occurrences de ce que dénote la notion. Il s’agit d’opérer la sélection d’un élément afin de le
présenter au co-énonciateur. Ex : « Our new student, a boy from London, has passed all his exams ».
Le GN “boy from London”, permet une explication du référet de “student” -> opération de première
mention (à la différence de THE qui marque une reprise ou un présupposé).
Double nature à la fois quantitative (on envisage une unité) et qualitative (on distingue cette unité du
reste de la classe d’occurrence). Ex : « They live in a villa » -> il vivent dans une villa + une villa et non
un appartement, une ferme ou une caravane.
-
Construction d’une référence spécifique : avec du discontinu. Ex : « She’s a doctor », « « I
listened to a Pink Floyd record this morning » -> elle est une représentante parmi d’autres de
la classe des médecins et j’ai écouté un disque particulier de PF parmi tous les possibles.
-
Construction d’une référence générique : l’occurrence est interprétée comme étant
représentative de l’ensemble de la classe d’occurrences. Ex: « a guitar is constructed from
dozen of parts », « a lion is the second-largest big cat, smaller only than the tiger”. On
Remarque que le français utiliserais “le lion est le deuxième plus gros félin”, ce qui témoigne
d’une stratégie pour renvoyer au générique qui est différente.
Valeur d’échantillonnage -> on fait comme s l’occurrence de notion dont on prédique
l’existence était un échantillon représentatif de la classe : un lion quelconque et une guitare
parmi d’autres.
Avec A on procède différemment de Ø : de manière plus indirecte. Ex: « Ø Cats are feline » / « A cat is
a feline ».
Comparé à ONE, A a une dimension à la fois qualitative et quantitative : “I’d like a coffee please!”
veut dire que je veux un seul café, et que je demande un café et non un thé ou un chocolat chaud.
ONE a un fonctionnement nettement plus quantitatif : « I want just one coffee please, not two ».
V)
L’article THE
Article dit défini : historiquement dérivé de THAT. Indique que la chose a déjà été citée ou pensée /
intériorisée : on mentionne la chose avec A et on la reprend avec THE. C’est pourquoi THE marque
souvent une reprise. Ex: « I watched a car as it came up our road. The car stopped outside our house
a man got out. The man was carrying a case in his hand. With the case in his hand, the man looked
like a salesman”.
Ex: “She saw Hamlet in London. She enjoyed the play”.
THE marque que l’existence de la pièce dans la situation de référence n’est plus un enjeu car elle est
acquise, et que la pièce à laquelle on fait référence est à distinguer d’un opéra comme Carmen ou
d’un film comme Citizen Kane, mais aussi d’une autre pièce comme Othello ou Pygmalion. On peut
même la distinguer d’une autre représentation d’Hamlet.
Fléchage : on fait référence à une particularité de la situation, on met le doigt dessus à l’exclusion de
tout autre possible. Le fléchage a deux dimensions -> la préconstruction de l’existence du référent +
distinction qualitative de ce référent parmi d’autres possibles.
-
Fléchage contextuel : lorsque le GN évoque un référent dont l’existence est prédiquée
ailleurs dans le texte.
o Fléchage anaphorique -> l’existence du référent est à chercher à gauche dans le
texte ou bien visuellement avant Ø et que cela fait utiliser THE comme une reprise.
 Strict -> la reprise se fait mot pour mot. Ex : voir premier exemple avec car…
 Lâche-> la reprise est faite par un autre mot. Ex: « I like reading novels,
English books are great ».
o
Fléchage cataphorique -> le référent est à droite. Ex: « You’re face to face with the
man who sold the world ».
-
Fléchage situationnel : le déjà-pensé peut également concerner un élément qui n’a pas été
mentionné car il est considéré comme acquis dans la situation.
o Étroit -> Ex: « Please, shut the door! », « Can I have the jam? », « How is the wife? ».
Le référent est ici acquis pour le couple énonciatif (énonciateur + co-énonciateur).
o Large /culturel -> lorsqu’on parle du point de vue d’une communauté. Ex: The
Crown, the Pope, the Queen, the Government, the sun, the earth, the BBC…
-
Fléchage notionnel : lorsque l’on veut construire le générique. Ex: « The carrot cake is a
healthy, tasty dessert that takes no time to make and is a great idea for a family supper
dessert ». Il est question du prototype qui répond à la question “qu’est-ce qu’un bon carrot
cake ?” mais aussi du type de gâteau (chocolate cake, sticky toffee pudding…).
BILAN : CONSTRUIRE LE GENERIQUE AVEC DU DISCONTINU
Renvoi indirect à la notion : par extraction multiple
“Ø Lions are a symbol of power” -> on envisage l’ensemble des lions possibles, tous les lions de la
classe et on leur attribue le fait d’être un symbole de pouvoir.
Renvoi indirect à la notion : par extraction simple
“A lion is a carnivorous animal” -> on envisage un lion, n’importe lequel, à qui on attribue la
propriété d’être carnivore et on généralise en le prenant comme représentant de tous les lions.
Renvoi indirect à la notion : par fléchage
“The lion is a member of the cat family”-> on envisage un lion a qui ont attribute la propriété
d’être un member de la famille des chats et on généralise. Mais on part d’un lion par excellence,
d’un prototype et non pas de n’importe quel lion comme pour l’extraction simple.
VI)
Le fléchage de THIS et THAT
THIS (pluriel THESE) et THAT (pluriel THOSE) > domaine de la monstration / ostention, c’est-à-dire
qu’on associe ces mots à un geste, ils servent à montrer quelque chose. Ex: « What’s this? », «I want
one of those magazines over there ».
-
-
THIS / THESE: indique que l’objet auquel l’énonciateur fait référence révèle de son univers, de
sa “sphère”. Il exprime une proximité temporelle, émotionnelle, physique…
Ex : « I’ll do it this week »
+ reflète souvent le passé immédiat, le présent et l’avenir. Idée d’un moment non-clos, plus
ou moins inachevé
THAT / THOSE: marque une distance par rapport à la sphère de l’énonciateur. On procède à
un éloignement physique, temporel ou émotionnel.
Ex : « On that day, I did something wrong ».
Egalement une valeur de rejet -> Ex: “One direction?! I hate that band ! »
+ contexte d’un moment achevé, idée de clôture, d’« affaire classée ».
VII)
Le génitif
Détermination d’un nom par un autre > forme du génitif « saxon » est N1’s N2. Ex : « Mark’s blog,
Kim’s husband »…
Rappel : le morphème ‘s est réduit à une apostrophe lorsque N1 se termine par le -s du pluriel. Ex :
« my parents’ car ». Il reste toutefois présent lorsque le nom se finit par un -s et est singulier. Ex :
« Dickens’s book, James’s car »…
« Paul’s boutique » -> le lien qui unit ces termes est préconstruit, il ne pose pas de problème pour le
couple énonciatif, il est déjà-pensé. De plus, N2 n’est pensé qu’en fonction de N1. Aucun autre repère
n’est pris en compte : la boutique est considérée comme celle de Paul et de personne d’autre, d’une
certaine façon, c’est Paul qui permet de penser la boutique en tant que boutique.
On distingue 3 emplois différents du génitif selon le type de référence qu’il contribue à construire :
- Le génitif spécifique
- Le génitif générique
- Le génitif de mesure
Le génitif spécifique : renvoie à une occurrence particularisée de ce que dénote N2. Ex: « I’ve seen a
man’s face tremble in awe and, yes, fear, as I walked down an aisle toward him ». On parle du visage
d’un homme particulier et non pas d’un visage d’un homme en général (auquel cas le génitif aurait une
valeur générique). On appelle aussi ce type de génitif un génitif « non-classifiant » car il n’ouvre pas
de sous-classe dans ce que dénote N2.
Le génitif générique : on ouvre une sous-classe de ce que dénote N2. On peut alors parler d’un génitif
« classifiant ». Ex : « A man’s face is his autobiography. A woman’s face is her work of fiction » (Oscar
Wilde). Par opposition à l’exemple précédent, on parle d’un visage d’homme, compare à celui d’une
femme.
Le génitif de mesure : le premier terme N1 exprime nécessairement une mesure relative au temps, à
la distance, à l’argent, à une quantité… Ex : « Only two hours’ drive from Montreal ».
Lorsque le génitif de mesure est en concurrence avec un nom composé, ce dernier tend à exprimer du
générique. Ex : « a two-week holiday » est presque un type de vacances dans le segment « Six-month
breaks for the price of a two-week holiday ».
Il existe une deuxième forme de génitif : le génitif dit Roman, représenté par la forme N1 OF N2, qui
permet de construire la relation. La préposition OF a un double rôle : elle sert de relateur car elle met
en relation les deux noms, qui entrent en repérage. Etymologiquement liée à OFF, elle a aussi un rôle
de rupteur : la relative entre les deux noms n’est pas acquise pour l’énonciateur. Ex: “The luxurious
fabric and attention to detail would indicate this woman was upper-class, perhaps the wife of a doctor,
attorney, bank president, planter, a university president or other such professional”. En plus des
marqueurs d’incertitude (would, perhaps), le OF indique la construction d’une hypothèse quant à
l’appartenance de cette femme.
BILAN : LE GENITIF
N1’s N2 -> ordre repère – repéré, aussi appelé élément stabilisé – élément à stabiliser
N1 OF N2 -> ordre repéré – repère, ou élément à stabiliser – élément stabilisé
La tendance dans un énoncé est de mettre en première position l’élément connu, stable et ensuite
l’information nouvelle, instable -> positionnement dit thématique suivi de la position dite
rhématique. On voit donc qu’avec N1’s N2, comme dans « the car’s door », on met en position
thématique l’élément stable et en position rhématique l’élément instable. La relation est donc abordée
par son côté stable dont l’élément instable n’est qu’une dépendance. Avec N1 OF N2, comme dans
« the door of the car », on met en position thématique l’élément instable, et en position rhématique
l’élément stable. La relation est donc abordée par son côté instable.
METHODOLOGIE D’ANALYSE
1. Décrire le segment
Ex : « a white horse » > a + white + horse > det + adj + N/noyau du GN
2. Décrire le fonctionnement du nom noyau et dire si le GN est singulier ou pluriel
Discontinu / continu dense / continu compact / recatégorisation
Ex : horse renvoie à du discontinu -> quantifiable et dénombrable. GN singulier
3. Rappeler la valeur fondamentale du déterminant
4. Pourquoi utiliser cette opération ?
Marque-t-elle une extraction / un prélèvement ?
5. Référence
Générique, spécifique ? Trouver des indices textuels
6. Quelle est la stratégie de l’énonciateur ?
Première mention, reprise ? Spécificité ? Usage différent en français ?
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