CHAPITRE 5 : QUELLE EST LA PLACE DE L`UNION

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CHAPITRE 5 :
QUELLE EST LA PLACE DE L’UNION EUROPEENNE DANS L’ECONOMIE GLOBALE
L’intégration régionale est la réponse des Etats a la Mondialisation.
Suite aux élargissements successifs, l’Union Européenne à 28 représente aujourd'hui la
première économie du monde devant les Etats-Unis. Pourtant Isolés, chaque pays européen
pèse un poids négligeable sur la scène économique mondiale.
La progression des échanges internationaux s’explique notamment par le développement des
échanges intra régionaux.
Exportation de l’UE :
 2/3 à l’intérieur de l’UE.
 1/3 à l’extérieur de l’UE.
INTEGRATION REGIONALE : processus par lequel plusieurs nations s’accordent pour faciliter
les échanges entre elles, afin d’unifier leur marché et d’en tirer des avantages mutuelles. (Ex :
ALEA, UE, MERCOSUR, ASEAN).
I-
L’UNION EUROPÉENNE, UNE CONSTRUCTION ORIGINALE.
A. LES OBJECTIFS DE L’UNION EUROPÉENNE.
La construction européenne a permit le développement du libre échange entre les pays de l’UE.
Document 2 : l’Europe, un projet économique et politique.
« nos pays sont devenus trop petits pour le monde actuel, à l’échelle des moyens techniques
modernes, à la mesure de l’Amérique et de la Russie d’aujourd’hui, de la Chine et de l’Inde de
demain. L’Unité des peuples européens, réunis dans les Etats-Unis d’Europe, est le moyen de
relever leur niveau de vie et de maintenir la paix ».
Jean Monnet, novembre 1954
L’Union européenne (UE) est un partenariat économique et politique unique entre 27 pays
européens qui, ensemble, couvrent la plus grande partie du continent.
La construction européenne a fait ses premiers pas au lendemain de la Seconde Guerre
mondiale. Son objectif était de renforcer la coopération économique, en partant du principe
que les pays liés part des échanges commerciaux deviennent économiquement
interdependants, et sont donc moins enclin à entrer en conflit.
Smith et Ricardo ont montré que le commerce international est un jeu à somme positive.
Chaque pays va se spécialiser dans le domaine où il est plus performant. Ce qui va améliorer la
productivité et donc augmenter la production.
L’intégration européenne ne s’explique pas uniquement par des objectifs économiques mais
aussi des objectifs politiques. Dans un premier temps, le but était d’éviter la guerre
notamment avec la mise en place de la CECA (communauté Européenne Charbon Acier),
ensuite d’éviter que des pays retombent dans la dictature (Grèce en 1981 et Espagne et
Portugal 1986) et enfin d’arrimer (intégrer à) les pays satellites de l’ex-URSS.
B. LES ETAPES DE LA CONTRUCTION EUROPÉENNE ET LES DEGRES D’INTEGRATION
REGIONALE.
Bela Balassa (économiste hongrois 1928-1991) montre qu’il existe plusieurs étapes dans
l’intégration régionale :
 La Zone de Libre Échange (ZLE).
Les échanges commerciaux (biens et services) ne sont pas soumis à des barrières
protectionnistes entre les différents pays de la zone. (ex : l’ALENA).
 L’Union douanières (UD).
Il s’agit d’une ZLE dans laquelle les pays appliquent la même politique commerciale vis-à-vis
des pays extérieurs de la zone (ex : le Mercosur).
 Le Marché Commun.
Le marché commun est une union douanière avec en plus la libre circulation des facteurs de
productions. (Capital et Travail).
 Union économique.
L’union économique désigne l’harmonisation des politiques économiques de la zone (l’Union
Européenne à 28).
 L’Union économique et monétaire.
Il s’agit d’une Union économique avec la mise en place d’une monnaie unique (ex : la Zone
Euro, 18 Etats Membres).
 L’Union Politique ou la Fédération d’Etat.
C’est à dire la constitution d’un pouvoir politique fédérale avec une harmonisation totale des
politiques.
En quoi la construction européenne est-elle originale ?
Document 4 : l’originalité de la construction européenne.
L’Union Européenne à refusé au d’être une simple zone de libre échange, et a été tout de suite
une Union Douanière.
De plus, des politiques économiques communes ont été mises en place dès la signature du
traité (exemple la politique agricole commune).
Enfin l’union européenne s’est dotée d’institutions supranationales. Cela montre que
l’intégration européenne n’est pas un processus uniforme et linéaire. Il s’agit d’un processus
complexe ou les différentes étapes s’enchevêtrent (s’entremêlent).
L’Union Européenne ne vise pas seulement à construire un espace économique intégré mais à
faire de l’Europe un acteur à part entière de la politique internationale.
Le débat sur l’élargissement.
 Le nombre d’états membres est passé de 6 au départ à 28 (Croatie 07/2013) en 2013.
Plusieurs défis sont liés à l’élargissement notamment depuis 2004 où l’UE est passé de 15 à 28.
Les nouveaux entrants ont des niveaux de développement très inferieurs à celui des membres
de l’Union Européenne. De plus, le rythme d’intégration des pays s’est accéléré. Ainsi l’Union
Européenne n’a plus les moyens de financer leurs rattrapages.
 L’élargissement de l’Union Européenne s’oppose à son approfondissement (défense
commune, politiques étrangères communes, fédéralisme) avec des pays nombreux et très
différents, d’où la tentation de construire une Europe à géométrie variable par exemple 18
pays sur 28 ont adoptés l’Euro.
 L’élargissement pose des problèmes institutionnels. Il est plus difficile de prendre des
décisions a 28 qu’a 6.
Le marché unique présente les avantages suivants :
 L’augmentation de la concurrence pousse les entreprises à innover et à baisser leurs prix.
 La taille du marché européen permet de réaliser des économies d’échelles ainsi les
entreprises peuvent atteindre la taille critique.
TAILLE CRITIQUE : taille minimale qu’une entreprise doit atteindre pour rester compétitive.
 Le marché unique attire les IDE : l’implantation d’une firme n’appartenant pas à l’UE dans
un pays européen lui permet d’accéder à l’ensemble du marché européen.
 La suppression des barrières douanières fait baisser les prix.
C. L’EURO, UNE NOUVELLE ETAPE DE LA CONSTITUTION EUROPÉENNE.
1. POURUOI L’EURO ?
Document 5 : les avantages de la monnaie Unique.
Les avantages de la monnaie unique
La monnaie unique est […] le complément logique et indispensable au marché intérieur. Apres
la libération de mouvement de biens, de services, de capitaux et de personnes, les variations
des taux de change constituaient le dernier obstacle au développement accru des échanges
intracommunautaires. De fait, les couts génères par la présence d’une monnaie par Etats dans
les opérations de change notamment, handicapent lourdement les entreprises européennes
alors même que les échanges intracommunautaires représentent près de 60% des échanges
extérieurs pour chacun des Etats-Membres.
En supprimant la possibilité de dévaluation compétitive entre des pays de plus en plus
interdépendants, l’euro assure donc une meilleure cohésion des pays de la zone et évite le
développement de stratégies individualistes. Dans la même logique, la monnaie unique doit
accroitre la concurrence au sein de la zone euro en facilitant la comparaison des prix entre
pays et, par ce biais, augmenter la compétitivité des entreprises européennes.
Il s’agit aussi de pouvoir concurrencer le dollar comme monnaie internationale de facturation
des échanges et comme instrument de réserve des banques mondiales. […]
L’euro présente les avantages suivants :
 La transparence augmente sur le marché sur le marché européen. Les consommateurs
peuvent plus facilement comparer les prix, ainsi la concurrence entre les producteurs
européens augmente, ce qui va les pousser à réaliser des gains de productivité et baisser les
prix.
 L’Euro réduit l’incertitude et élimine les risques de changes. Dans les relations
commerciales, les règlements se font le plus souvent à crédit (payements retardés dans le
temps). Avant l’Euro, les devises pouvaient fluctuer (=changer) entre la signature du contrat et
le règlement. L’Euro supprime ce risque de change.
Exemple de risque de change :
Entreprise française vend à une entreprise US 1000 biens pour 1million€ le 1/01/2014
(1€=1$). L’entreprise doit 1million$.
Le 30/03/2014 Payement de l’entreprise US (1€ = 2$) l’entreprise US règle 1million $ soit =
500000 €. L’entreprise française perd 500.000€.
 L’Euro empêche les Etats de pratiquer des dévaluations compétitives.
 L’Euro est une monnaie plus crédible (stable) que n’importe quelles des monnaies
nationales réunies dans la zone l’euro. Ceci permet aux européens d’emprunter sur les marchés
financiers internationaux à des taux d’intérêts plus faibles car le risque de change est limité.
Exemple de risque de change sur un emprunt :
2014 : 1€ = 1$. Une banque US prête 1Million€ à une entreprise française remboursable en
2017. La banque US prête 1million $.
2017 : 1€ = 0.5$ remboursement de l’entreprise d’1 million €. La banque US ne recupera
500000$.
 L’euro permet la disparition des commissions de change.
2. LES CONSEQUENCES DU PASSAGE À L’EURO.
Document 6 : la monnaie unique engendre des interdépendances entre les Etats.
la monnaie unique engendre des interdépendances entre les Etats.
L’adoption d’une même monnaie par différents pays supprime l’ensemble des couts liés aux
variations des taux de change des monnaies entre elles. De ce fait, les échanges entre les
différents pays de la zone sont facilités par la seule suppression des taux de change. Le poids
du commerce intra zone augmente, ce qui favorise la transmission des fluctuations d’une
économie à l’autre. En effet, une accélération de la croissance dans un pays accroit les
importations en provenance des autres pays, tirant ainsi la croissance du reste de la zone dans
son sillage. Les fluctuations des économies nationales tendent ainsi à devenir similaires, tout
en se synchronisant. L’adoption d’une monnaie unique permet ainsi une convergence des
fluctuations économiques, cette convergence permettant en retour la définition d’une seule
politique monétaire pour l’ensemble des pays de la zone.
P. Artus, la crise de l’euro, Armand Colin 2010.
Avec la monnaie unique, les échanges intra régionaux sont de plus en plus importants et les
performances économiques des différents états liés les unes aux autres. La bonne santé
économique d’un Etat stimule ses importations et donc les exportations des autres pays
européens. Le problème est que certains Etats ont tendance a mener des politiques noncoopératives, par exemple au début des années 2000, l’Allemagne a mené une politique de
rigueur et de modération salariale pour améliorer sa compétitivité prix. Cela à limiter le
pouvoir d’achat des allemands et donc les exportations vers l’Allemagne des autres pays de la
zone Euro.
Conclusion : il est donc nécessaire de mettre en place une coordination des politiques
économiques et sociales.
II- LA DIFFICILE COORDINATION DES POLITIQUES DE L’UNION EUROPÉENNE.
A. LE PASSAGE A L’EURO ET LA RECHERCHE DE CONVERGENCE.
Document 7 : Critères de Maastricht et Pacte de Stabilité et de Croissance.
La mise en place d’une monnaie unique exige que les différents pays aient une situation
économique proche (convergence). Le traité de Maastricht 1992 a fixé les cinq critères
suivants :
 Un déficit public annuel ≥ 3% du PIB.
 Un endettement public (somme des déficits publics passés inferieur à 60% du PIB).
 Les taux d’intérêt à long terme doivent être proche.
 Les taux d’inflation doivent être proche.
 La stabilité des taux de change.
Le pacte de solidarité et de croissance adopté en 1997 reprend les critères du traité de
Maastricht. Les pays membres de la zone euro qui ne respectent pas ces critères sont
susceptibles de faire l’objet de sanctions financières. Or, de nombreux états ne respectaient pas
le PCS. Son assouplissement a donc été décidé en 2005. Un dépassement temporaire de la
limite de 3% pour le déficit public peut être autorisé en cas de récession sévère.
Enfin, l’application éventuelle des sanctions n’est pas automatique, mais résulte d’une décision
politique du conseil européen.
 Pourquoi a-ton-mis en place le Pacte de Solidarité et de Croissance ? Et quels sont ses
effets attendus sur la croissance ?
Document 8 : la stabilité budgétaire au service de la croissance et de l’emploi ?
1. L’équilibre budgétaire permet à l’Etat de contracter de nouveau emprunts :
Emission emprunt  création de monnaie.
Remboursement d’emprunt  destruction de la monnaie.
La masse monétaire reste donc stable ainsi que les prix. Ainsi, la banque centrale européenne
(BCE) pourra éventuellement baisser ses taux d’intérêt.
LE SERVICE DE LA DETTE correspond au remboursement de la dette et au payement des
intérêts. L’objectif de la discipline budgétaire est de réduire la dette publique et donc le service
de la dette. Cela doit permettre de réduire la contrainte budgétaire.
CONTRAINTE BUDGETAIRE : les marges de manœuvres des politiques économiques sont
réduites par l’existence d’une dette publique importante, car l’Etat est obligé de consacrer une
partie de plus en plus importante de son budget au service de la dette (payement des intérêts
et aux remboursements des emprunts).
STABILISATEUR AUTOMATIQUE : l’existence d’un déficit budgétaire pendant une dépression
permet d’atténuer cette dépression.
↘PIB  déficit budgétaire  emprunt  ↗masse monétaire  stabilisation du PIB.
L’existence d’un excédent budgétaire pendant une période de croissance permet d’éviter la
surchauffe et l’inflation.
↗PIB  excédent budgétaire  ↘emprunts  ↘masse monétaire  stabilisation du PIB.  évite
3. Le PSC est critiqué par certains économistes notamment Keynésiens.
Les deux instruments de la politique conjoncturels sont :
- La politique budgétaire : politique économique utilisant le budget de l’état pour atteindre les
objectifs économiques.
- la politique monétaire : elle consiste a contrôler l’évolution masse monétaire pour éviter
l’inflation ou la déflation. Son principal instrument est la variation du taux d’intérêt.
3. On parle de politique mixte ou Policy-mix pour designer une politique économique qui
combine les instruments de la politique monétaire et de la politique budgétaire.
4. Le passage a la monnaie unique a crée un contexte radicalement nouveau au sein de la zone
euro :
 La politique monétaire est décidée au niveau de la zone euro par la Banque Centrale
Européenne.
 Les politiques budgétaires sont décidées aux niveaux de chaque Etats Membres de la zone
Euro.
Il est donc impossible pour un Etat Membre ou au niveau de la zone Euro de mener une
véritable Policy-mix, d’où la nécessité d’une plus grande coordination des politiques
budgétaires et de la coopération entre les Etats.
5. Certains économistes notamment keynésiens considèrent le Pacte de Stabilité de Croissance
(PSC) comme un frein à la croissance économique car il empêche le fonctionnement des
stabilisateurs automatiques et conduit a des politiques pro-cycliques.
6. En matières politiques économiques, on distingue souvent :
 ACTION PAR LES RÈGLES : les politiques fondées sur l’application d’une règle que les
décideurs se contentent d’appliquer.
 Les politiques discrétionnaires supposent que les décideurs prennent des décisions qui
leurs semblent adéquates dans un contexte économique changeant (action par les choix).
= Les économistes libéraux privilégient les politiques fondées sur les règles et mettent l’accent
sur le caractère autorégulateur du marché.
B. LA CRISE DES DETTES SOUVERAINES REVELENT LES INCOHERENCES DE LA ZONE EURO.
Crise des subprimes  Crise financière  crise économique : choc de demande négatif 
politique de relance (Baisse des recettes + ↗dépenses)  ↗déficit budgétaire  ↗endettement
du pays  questionnement sur la solvabilité des états  crise des dettes souveraines.
Document 11 : Comment expliquer la crise des dettes souveraines ?
1. Il y a spéculation lorsque les prix d’un actif (un bien) s’écarte de leurs valeurs
habituelles.
2. La crise des dettes souveraines en Europe a montré les insuffisances de la gouvernance
de la zone euro. La lenteur dans les prises de décisions et la solidarité insuffisante entre
les états ont encouragé la spéculation entre les Etats les plus fragiles. La spéculation sur
la dette des PIIGS a entrainé l’envolé des taux d’intérêts, ce qui a aggravé leur situation
financière.
3. Les pays du sud se sont spécialisés dans les productions non-exportables d’où des
déficits extérieurs (importations > exportations) et un besoin de financement. Ces
déséquilibres extérieurs n’ont as été compensés par des transferts entre pays les pays
du Nord et les Pays du Sud de l’Europe.
Les dotations factoriels expliquent cette spécialisation : en Europe du Nord, la
qualification de la population active, l’Effort en ReD, le niveau du capital par tête a
permis une spécialisation dans les produits hauts de gammes exportables (et vis versa).
Des lors, la question essentielle est celle de la mise en place d’un gouvernement économique de
la zone Euro qui suppose un fédéralisme budgétaire accru (politique budgétaire coordonnée),
et donc une redéfinition de la BCE.
Pour l’instant, la seule mission de la BCE est de limiter l’inflation dans la zone euro alors que la
banque centrale américaine a pour objectif aussi la maitrise de l’inflation mais s’intéresse a la
croissance.
Document 12 : Quelles réponses a la crise des dettes souveraines ?
1. deux solutions se présentent :
→ Renforcer la discipline budgétaire par l’adoption de règles communes (par exemple « la
règle d’or » : les états s’engagent a ne plus avoir de déficit budgétaire structurelles sur le long
terme)
Avec la crise des dettes souveraines, la Commission européenne impose la « règle d’or » : ne
pas avoir de déficit structurel.
→ Ou, avancer vers un fédéralisme européen en instaurant une plus grande solidarité entre
les Etats membres.
Ces deux solutions ont été retenues avec :
→La mise en place d’une plus grande solidarité entre les Etats de la Zone euro, notamment
avec l’instauration du MES (Mécanisme Européen de Stabilité) qui apporte un soutien aux Etats
qui sont dans l’incapacité de se financer.
→ De plus, les Etats membres devront dorénavant soumettre leur budget à la validation de
l’Union Européenne.
D’autres pistes sont envisagées :
→ Des émissions en commun de dettes publiques, c’est à dire d’Euro-obligation. L’Allemagne
n’est pas favorable à ce type d’émissions.
→ La mise en communs de certaines parties de la contribution sociale. Si l’indemnisation du
chômage était faite sur une base Européenne et non nationale, les pays à chômage faible
soutiendraient alors les pays à chômage plus élevé.
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