
Enfin, pour les formes quadratiques ternaires (n= 3) il y a une relation entre
les coefficients des séries thêta Θ
Q
et les nombres de classes des corps quadra-
tiques imaginaires provenant du fait que les coefficients de Fourier des séries
d’Eisenstein de poids 3/2 s’expriment en termes de tels nombres de classes. En
particulier, le théorème de Gauss-Hermite dit que le nombre r
3
(n) de représenta-
tions d’un entier positif ncomme somme de trois carrés, c’est-à-dire, le n-ième
coefficient de Fourier de
θ
(
τ
)
3
, est un multiple simple du nombre de classes de
(
–n) ; par exemple, r
3
(n) = 24h(–n) si n> 3 est congru à 3 (mod 8) et sans fac-
teurs carrés. Pour des formes ternaires plus générales on obtient des renseigne-
ments moins précis.
Séries thêta comme formes de Jacobi. Déjà dans les œuvres de Jacobi, les séries
thêta n’étaient pas simplement des fonctions d’une variable
τ
, comme
θ
(
τ
) =
Σ
e
2i
π
n
2
τ
, mais des fonctions de deux variables complexes
τ
et z, comme
θ
(
τ
, z) =
Σ
e
2i
π
(n
2
τ
+nz)
, et en fait, c’était la dépendance de zqui était considérée comme
la plus intéressante, puisque les quotients des séries thêta de ce type avec
τ
fixé don-
nent des fonctions elliptiques de zpar rapport au réseau
τ
+ . Plus générale-
ment, si Lest un réseau de rang net Q: Lrune forme quadratique définie positive
comme avant, et si l’on fixe un vecteur x
0
dans L, alors la série thêta Θ
Q,x
0
(
τ
,z) =
Σ
xL
e
2i
π
(Q(x)
τ
+B(x,x
0
)
z
)
, où Best la forme bilinéaire symétrique associée à Q, est une forme
de Jacobi de poids k= n/2 et d’indice Q(x
0
), ce qui veut dire qu’elle a un comporte-
ment modulaire par rapport aux transformations (
τ
, z) .
(
a
τ
+ b , z
)
avec
c
τ
+ dc
τ
+ d
(
a b
)
dans un sous-groupe d’indice fini de SL(2,) et un comportement elliptique
c d
par rapport aux transformations (
τ
, z) .(
τ
, z+ λ) avec λappartenant à un réseau
d’indice fini dans
τ
+ . Nous avons discuté quelques applications de cet aspect
de la théorie des séries thêta. En particulier nous avons présenté une démonstra-
tion simple de la modularité des séries thêta, due à Y.-J. Choie, qui n’utilise pas
la formule de sommation de Poisson mais se sert plutôt du fait qu’une série thêta
de Jacobi comme
θ
(
τ
, z) peut être caractérisée de façon unique par ses propriétés
de transformation elliptiques par rapport à z.z+ m
τ
+ n(qui sont triviales à
vérifier) et le fait qu’elle est une solution de l’équation de chaleur.
Applications des séries thêta. Il y a des applications nombreuses, d’importance
en particulier dans la théorie des empilements de sphères et dans la théorie de
codage, des séries thêta modulaires Θ
Q,P
(
τ
) et des séries thêta de Jacobi Θ
Q,x
0
(
τ,
z).
Certaines d’entre elles ont été présentées. Nous en mentionnons deux ici. Si Qest
donnée par une matrice symétrique de déterminant 1 à coefficients entiers et coef-
ficients diagonaux pairs, alors Θ
Q
(
τ
) est une forme modulaire de poids n/2 sur le
groupe modulaire Γ
1
= SL(2,). Deux conséquences bien connues en sont que le
rang nde Qest divisible par 8 et que la valeur minimale de Q(x) pour 0 0xL
est ≤r, où r= dim M
n/2
(Γ
1
) = [n/24]+1. Le réseau Ls’appelle extrémal si cette
borne est atteinte. On sait qu’il existe des réseaux extrémaux pour n= 24 (réseau
de Leech), 32, 40, 48, 56, 64 et 80, le cas n= 72 étant ouvert, mais un théorème
THÉORIE DES NOMBRES 123
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