Une présentation de l`ABA – Dov Botturi

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Une présentation de l'ABA pour ceux et celles qui veulent s'informer / merci à Daria
pour la rédaction
COMPTE RENDU FORMATION ABA : ASPECT THEORIQUE
I/ Qu’est ce l’ABA ?
... Une présentation de l'ABA pour ceux et celles qui veulent s'informer / merci à Daria pour la rédaction
COMPTE RENDU FORMATION ABA : ASPECT THEORIQUE
I/ Qu’est ce l’ABA ?
*ANALYSE APPLIQUEE DU COMPORTEMENT (Applied Behavior Analysis)
Il est important de se souvenir que l’ABA provient de la recherche fondamentale en Science du
Comportement.
A partir des sciences du comportement, on élabore des procédures que l’on applique ; c’est l’ABA. L’intérêt
est donc d’élaborer des procédures qui ont démontré leurs preuves d’un point de vue scientifique.
L’ABA impose donc une démarche scientifique dans l’étude des comportements humains :
1/ proposer des hypothèses
2/vérifier ces hypothèses
3/reproduire et prédire les faits
L’ABA n’est ni une METHODE, ni un REGIME particulier ; si on se réfère à sa provenance (les sciences du
comportement et particulièrement l’Analyse Expérimentale du Comportement) on remarque que l’on se
situe dans une démarche scientifique d’appréhension du comportement.
*Une démarche scientifique donc UNE METHODOLOGIE.
L’ABA est une Méthodologie qui envisage le comportement d’un point de vue scientifique : cela implique
un raisonnement scientifique, et des faits qui ont été mises en lumière en Analyse expérimentale du
comportement.
Comme pour toutes les sciences, les procédures utilisées changent au fur et à mesure de l’avancée de la
science et de nouvelles explications peuvent apparaître pour mieux appréhender les comportements.
En France comme au Maroc les réticences par rapport à l’ABA sont dues à plusieurs facteurs :
1/ La relation étroite entre la Psychologie et la Philosophie qui empêche certains professionnels à considérer
le comportement humain comme un objet scientifique.
2/ La vision de l’éducation : pour certains elle ne dépend que des parents et de ce fait il ne peut y avoir de
conseils ou de prise en charge par une tierce personne.
3/ l’idée que le développement humain est différent de l’apprentissage.
La méthodologie ABA considère que le comportement humain doit être étudié de façon scientifique, car
plus objective, plus précise. De même, les professionnels ABA pensent qu’en matière d’éducation, les
parents ont besoin de soutien, de conseils voire de directives ; d’autant plus si l’enfant présente des troubles
du comportement dû ou non à un handicap.
De plus, nous n’allons pas considérer que le développement est différent de l’apprentissage : le
développement est un ensemble d’apprentissages et c’est l’apprentissage au sens large (c'est-à-dire
l’interaction de l’individu avec les stimuli de son environnement) qui permet le développement.
Même si les lois concernant la prise en charge du handicap évoluent et imposent par exemple que les parents
soient partie prenante de la prise en charge de leurs enfants, l’application de ce genre de principes n’est
malheureusement pas courante.
De plus, les formations des professionnels (éducateurs par exemple) n’évoluent pas en fonction des
demandes spécifiques des parents et l’ABA reste inconnue ou méconnue des professionnels du handicap.
On constate de plus en plus que les parents sont mieux informés sur la méthodologie que les éducateurs,
pédiatres ou psychiatres (Internet, centre ressource…).
II/Le comportement : qu’est ce que c’est pour l’ABA ?
En ABA nous considérons que le comportement est une action ou une réponse OBSERVABLE ET
MESURABLE de l’individu.
Observable : nous pouvons l’appréhender par au moins un de nos 5 sens.
Mesurable : il y a un début et une fin, ce qui nous permet de le dénombrer.
Cette définition du comportement a comme origine la provenance de l’ABA : la Science du comportement ;
et donc la recherche d’objectivité permanente de la démarche scientifique.
Cette manière de concevoir le comportement implique dans l’utilisation des termes une certaine précision :
le comportement que l’on observe ou que l’on souhaite mettre en place doit être précis, tout le monde doit
avoir la même définition de celui-ci et le percevoir de la même façon.
EX : « être calme » : chacun peut avoir son propre point de vue de ce comportement alors que « rester assis
» va correspondre au même comportement pour tout le monde.
De même pour « faire attention » ou « écouter »… Nous allons préférer nous référer à une définition
OPPERATIONNELLE des éléments que nous observons, dans le seul but d’être le plus objectif possible et
donc le plus efficace.
III/ Grands principes de L’ABA.
A/ LE COMPORTEMENT EST FONCTION DE SES CONSEQUENCES
Le premier grand principe de l’ABA est que le comportement est fonction des ses conséquences :
■si les conséquences sont POSITIVES pour un individu, il y aura AUGMENTATION de la probabilité
d’apparition de ce comportement.
■Si les conséquences sont NEUTRES OU NEGATIVES, il y aura DIMINUTION de cette probabilité
d’apparition.
On considère donc que le comportement a une FONCTION.
Notre intérêt sera de trouver cette fonction, pour faire en sorte qu’un comportement augmente ou diminue.
Si on considère le schéma A-B-C où A= Antécédent, B=Comportement (Behavior) et C= Conséquence ; le
C sera la conséquence que l’on doit découvrir pour soit diminuer un comportement que l’on juge inadapté
soit augmenter un comportement adapté.
B/ STIMULUS DISCRIMINATIF
Le second grand principe est que l’environnement est composé de stimuli qui vont avoir un contrôle sur le
comportement d’un individu. Ces Stimuli vont contrôler l’émission d’une réponse : on parle également de
stimulus contrôle.
REPONSE
COMPORTEMENT
CONSEQUENCE
STIMULUS
DISCRIMINATIF (SD)
Voir un camarade de classe
Le saluer (tape dans le dos, signe de tête…)
Retour amical de sa part
Bonbon dans le supermarché
Cris, pleurs, se rouler par terre
La mère prend le paquet et le met dans le caddie
Nous ne pouvons pas toujours agir sur les SD pour modifier les comportements, en général c’est les
conséquences que l’on modifie pour agir sur le comportement.
Dans ces exemples : si le camarade de classe ne répond pas à notre salut et que cela se répète plusieurs fois,
il est fort probable que l’on ne le salue plus quand on le verra une prochaine fois. Ici, il y a une diminution
du comportement « saluer » suite à une absence de conséquences.
Dans le second exemple, les conséquences sont positives pour l’enfant : le fait de crier, pleurer est suivi du
paquet de bonbon ; si on souhaite que ce comportement inadapté diminue, on doit agir sur les conséquences
(il est impossible de retirer les paquets de bonbon du magasin !!!), et dans ce cas ne plus mettre le paquet
dans le caddie suite à ces comportements. La conséquence devient neutre pour l’enfant (ou négative) et c’est
ce qui peut diminuer le comportement.
IV/ Le traitement comportemental
En ABA nous allons agir sur les comportements de 3 façons :
1/ Augmentation des comportements adaptés : ce qui est en déficit comportemental chez l’enfant.
2/ Diminution des comportements inadaptés : ce qui est en excès comportemental
3/ Maintien des comportements adaptés : maintenir le répertoire comportementale de l’enfant.
Quand on commence un traitement comportemental, on prépare un curriculum qui correspond à l’ensemble
des compétences que l’on souhaite développer pour permettre un développement harmonieux de l’enfant
Il est important de permettre à l’enfant un développement harmonieux et de ne pas se concentrer que sur un
ou deux domaines.
Les domaines à exploiter:
–
Imitation
–
Langage et communication
–
Interaction sociale
–
Jeux
–
Motricité fine et globale
–
Cognition/Préscolaire/Scolaire
–
Autonomie de vie
–
Compétences sociales
–
Comportement inadapté (en priorité)
Une fois que l’on a un objectif par domaine, on rédige les programmes du curriculum.
Le projet éducatif individualisé (PEI) est la description des objectifs du curriculum et la rédaction des
procédures.
On parle de traitement comportemental si le programme commence avec :
-
une évaluation des capacités et déficits de l’enfant ;
-
les objectifs,
-
les méthodes d’apprentissage,
-
les séquences d’apprentissage
-
les renforçateurs adaptés aux caractéristiques et aux besoins de chaque enfant.
Pour la mise en place du traitement on va essayer au maximum de suivre la démarche suivante :
Choix des priorités
Définition des objectifs
Analyse fonctionnelle
Analyse de tâche
Élaboration et application du programme
Évaluation
Généralisation et Maintien
A/ Le choix des priorités
Il va se faire en s’interrogeant sur ce qui pose le plus problème à l’enfant dans son développement, et sur ce
qu’il est important de développer pour l’enfant et son entourage.
Critères pour évaluer les priorités choisies:
-
Y a-t-il un décalage important entre le comportement de l’enfant et celui de ses pairs?
-
Y a-t-il un décalage important entre les divers acquis de l’enfant?
-
Quelles sont les exigences des divers milieux de vie de l’enfant?
-
Au sein d’un même milieu plusieurs personnes sont-elles d’accord pour choisir une même priorité?
Il est également important de fixer des objectifs qui vont améliorer la qualité de vie de l’enfant, d’autant plus
si il s’agit d’un adolescent. Les priorités doivent aussi être valides socialement.
B/ Définition des objectifs
Un objectif est la description d’un ensemble de comportements ou performances que l’enfant doit savoir
réaliser afin d’être reconnu compétent.
Il est impossible d’évaluer clairement un programme lorsqu’il n’y a pas d’objectifs définis.
Trois caractéristiques pour rédiger un objectif:
-
la performance: ce que l’élève doit pouvoir accomplir
-
Les conditions éventuelles de la performance
-
Le critère d’un niveau de performance acceptable
EX : l’objectif est que X regarde quand on lui pose la consigne « regarde moi », et ceci dans différents lieus,
avec différentes personnes et dans au moins 80% des cas.
La performance : X doit regarder (contact oculaire) quand on lui demande de le faire
Les conditions : X doit regarder dans différents endroits et avec différentes personnes quand on lui pose la
consigne
Le critère : X doit regarder avec une fréquence supérieure à 80%.
Autre exemple :
Comportement visé
Activité
Moment
Lieu
Matériel
Aide lors de l’apprentissage
Avec qui
Après quel indice naturel
Seuil de réussite (critère)
Thomas rangera son matériel
A la fin de la période de jeux, ranger les jouets dans les boites correspondantes
Tous les jours de 15H à 15h15
Salle de classe
Ballons, balles, cubes…
Les images et les noms des objets sont collés sur les boites de rangement
Enseignants
Jouets en désordre dans la salle
Tous les objets sont rangés à leur place durant une semaine
C/Analyse fonctionnelle et Analyse de Tâche.
C1/ Analyse fonctionnelle.
Elle concerne principalement les comportements inadaptés et donc ceux que l’on souhaite réduire.
Il s'agit de mesurer la fonction du comportement cible.
Pour cela, il faut identifier les causes de maintien du comportement:
- où? : Dans quel environnement apparaît-il?
- quand? : À quel moment apparaît-il?
- comment? Quelle est la forme du comportement, quelle topographie?
- avec qui? Quelles personnes sont présentes à ce moment là?
- pourquoi? Pendant quels types d'activités? Pour obtenir ou éviter quoi? Il faut donc noter les antécédents
ainsi que les conséquences de ces comportements.
Pour faire cela on peut établir une grille d’analyse fonctionnelle. Celle-ci doit comporter les différents
éléments que l’on souhaite observer.
C2/ Analyse de Tâche.
L’analyse de tâche consiste à décomposer un nouveau comportement, une nouvelle tâche que l’on désire
apprendre à l’enfant, pour que la tâche ne paraisse pas infaisable à l’enfant, ceci évite donc une diminution
de la motivation de l’enfant face à la difficulté d’une tâche à accomplir.
EX : Comportement : se laver les cheveux
Analyse de tâche:
-
faire couler l’eau
-
Mouiller les cheveux
-
Ouvrir la bouteille de shampoing
-
Se verser du shampoing dans les mains
-
Frotter les cheveux avec
-
Rincer les cheveux
-
Fermer la bouteille de shampoing
-
Essuyer les cheveux
La décomposition en unités comportementales ou en séquences d’apprentissage permet d’apprendre à
l’enfant progressivement la tâche complexe, et donc de réduire les difficultés.
D/ Ligne de Base (LB)
Avant de commencer le programme, il est primordial de connaître le niveau de l’enfant ; cela nous évite de
mettre en place une procédure pour une compétence que l’enfant maîtrise déjà.
Ligne de base: évaluation des compétences de l’enfant avant l’intervention
■Prise de mesures:
-
fréquence du comportement
-
Observation par intervalle de temps
-
Durée du comportement
-
Intensité du comportement
Le type de mesure dépend de l’objectif : si on souhaite augmenter le temps de regard on va mesurer en
durée, si on souhaite augmenter la fréquence d’apparition, on va mesurer la fréquence du comportement
Ici aussi, on peut utiliser des grilles de cotation, qui permettent une certaine clarté des résultats.
E/Elaboration du programme.
La rédaction du programme comprend différents éléments:
*Comportement cible : le comportement que l’on veut voir augmenter ou diminuer
*Technique : la procédure (ou les) d’apprentissage que l’on met en place
*Matériel
*Agents renforçateurs utilisés
*Mesures : types de mesure
*Consigne (s)
*Critère
*Généralisation et maintien : la manière dont on va travailler ces deux aspects.
Exemple d’un programme d’apprentissage en appliquant la procédure de chaînage
Objectif : apprendre à Pénélope à mettre son pantalon toute seule.
Objectif comportemental : Lorsque Pénélope doit s’habiller, elle doit être capable d’enfiler son pantalon
toute seule quand on lui donne la consigne « mets ton pantalon ».
Compétences actuelles : Pénélope n’est pas encore capable de s’habiller seule. Le soir sa mère a quelque fois
des difficultés à la préparer pour le coucher. On peut donc envisager de faire Pénélope participer à mettre
son pyjama. On commencera par le bas de pyjama
Comportement cible : Enfiler son bas de pyjama
Technique : Chaînage arrière. La procédure de chaînage arrière consiste à renforcer le comportement final
de la chaîne, puis progressivement renforcer le comportement précédent et ainsi de suite jusqu’au premier
comportement de la chaîne. (Précision plus loin sur cette technique)
Consigne : « Pénélope, mets ton pantalon ! »
Critère: elle enfile son bas de pantalon seule et sans aide, tous les soirs de la semaine.
Généralisation : elle doit enfiler n’importe quel bas de pyjama, dans différents endroits avec différentes
personnes. Nous veillerons donc à ce qu’elle n’utilise pas le même bas de pyjama et qu’elle apprenne à
l’enfiler n’importe où ; durant l’apprentissage, nous ferons intervenir différents membres de la famille afin
qu’elle généralise cet apprentissage à différents intervenants.
Maintien : elle doit être capable de le faire plusieurs mois après l’apprentissage et ceci même sans
renforcement. On réduira donc le taux de renforcement pour permettre au comportement de se maintenir.
F/ Evaluation
Durant la mise en place de l’apprentissage nous évaluerons les comportements de l’enfant ; il est important
d’évaluer toutes les séances d’apprentissage afin de conclure sur la réussite ou non du programme.
Les cotations au cours du traitement permettent de voir si il y a évolution ou non des comportements,
notamment dans le sens que l’on souhaite.
Il est important que les données collectées soient objectives : la durée, la fréquence nous renseigne de façon
efficace sur l’évolution du programme.
Ce qui va surtout nous intéresser c’est la représentation graphique que l’on peut faire avec les chiffres.
Les représentations graphiques jouent un grand rôle dans l’évaluation de l’évolution comportementale.
En règle générale, le temps est représenté en abscisse (axe horizontal) et la mesure du comportement en
ordonné (axe vertical) ; chaque point correspond à une session (qui peut comprendre 5 ou 10 essais). Pour
les comportements inadaptés on peut représenter leurs fréquences, par jour, par semaine, par heure ou par
intervalle de temps.
Quelles questions se poser si les résultats ne sont pas significatifs?
Un comportement qui ne présente aucune modification
■ Programme à réévaluer et réajuster
■Vérifier la puissance des renforçateurs
■ Vérifier l administration du traitement
■Vérifier le niveau d’exigence: est-il en accord avec les capacités de l’enfant testées au préalable ?
Le graphique permet de voir directement si le comportement évolue dans le sens attendu : diminution ou
augmentation.
G/ Généralisation et maintien
L’objectif de notre intervention vise toujours l’intérêt de l’enfant, notamment dans ses capacités
d’autonomie. Ce que l’on souhaite, c’est d’arriver à ce que la réponse soit spontanée, qu’elle puisse se
reproduire dans d’autres contextes et situations.
■ Le maintien consiste en la persistance de la réponse adaptée apprise, dans le temps ; ainsi que son
apparition systématique lors de la présence des contingences de l’apprentissage.
■La généralisation consiste en l’apparition de la réponse adaptée dans d’autres contextes que celui de
l’apprentissage. Il y a transfert de la réponse à d’autres situations en rapport avec celle ci.
L’intervention n’est achevée qu’après ces deux dernières étapes de maintien et de généralisation.
V/Procédures de modification comportementale.
L’analyse appliquée du comportement est une méthode scientifique de modification des comportements
inadaptés.
Elle a trois objectifs principaux :
-Augmenter la fréquence d’apparition des comportements adaptés,
-Diminuer la fréquence d’apparition des comportements inadaptés,
-Apprendre de nouveaux comportements.
A/ Procédure visant l’augmentation des comportements : LE RENFORCEMENT.
La procédure de renforcement est la procédure qui vise l’augmentation de la probabilité d’apparition d’un
comportement.
Il s’agit ici non pas d’apprendre une nouvelle réponse (un nouveau comportement) mais simplement d’en
modifier la fréquence ou la durée.
Le renforcement positif : consiste en l’augmentation de la fréquence d’apparition d’un comportement suite à
la présentation d’un stimulus (AJOUT, stimulus en plus, d’où le terme POSITIF).
On fait donc suivre le comportement d’un AGENT RENFORCATEUR (« récompense ») dans le but
d’augmenter la probabilité d’apparition de ce comportement (sa fréquence ou sa duré).
L’agent renforçateur peut prendre différentes formes : ENCOURAGEMENT, AIDE, ATTENTION,
ALIMENT…. ce qui sera POSITIF/ AGREABLE pour l’enfant.
On distingue plusieurs types de renforçateurs :
*renforçateurs primaires : ce sont les aliments et les boissons, ils portent le nom de « primaire » car ce sont
des éléments indispensable à la survie de l’individu, (manger et boire sont deux comportements
indispensables à la survie de tout individu, d’où le terme « Primaire »).
*renforçateurs secondaires : il peut s’agir de renforçateurs sociaux comme les encouragements, les
compliments, les félicitations ; ou des activités intéressantes, comme regarder la TV, écouter de la musique,
jouer avec sa poupée…
*renforçateurs intermédiaire : il s’agit d’éléments qui ne sont pas « agréables » en soi, mais qui permettent
d’obtenir quelque chose d’agréable (qui est le renforçateur), l’argent est un bon exemple de renforçateur
intermédiaire : ce ne sont pas les pièces ou les billets qui sont « agréables », mais ce qu’ils permettent
d’obtenir. Avec l’enfant, on peut mettre en place un système d’économie de jeton, l’objectif est qu’il «
économise » des jetons durant la séance d’apprentissage pour les échanger contre un élément « renforçant ».
L’efficacité des agents renforçateurs ne peut être vérifié qu’à posteriori, ce n’est que si l’on constate une
augmentation de la probabilité d’apparition d’un comportement, suite à l’ajout d’un élément, que l’on peut
dire qu’il s’agit d’un agent renforçateur.
Pour s’assurer qu’un élément est préféré par l’enfant, il faut le tester : test de préférence, observation directe,
interrogation de l’entourage…
■Les renforçateurs doivent être:
*Individualisés : chaque enfant a ses préférences
*Appropriés à l’âge de l’enfant : pour la validité sociale
*Ayant un intérêt pour l’enfant : test de préférence
*Reliés à des capacités permettant le développement
On délivre les renforçateurs de façon CONTINUE au début de l’apprentissage, pour un nouvel
apprentissage, puis PROGRESSIVEMENT, on renforce de façon INTERMITTENTE,pour maintenir le
comportement.
Renforcement continu : on renforce chaque bonne réponse par exemple.
Renforcement intermittent : on renforce de moins en moins les réponses correctes. Au début, en moyenne
toutes les 2 réponses, puis toutes les 3, puis les 4….
■Le renforcement négatif : cette procédure vise à augmenter la probabilité d'apparition du comportement
cible, suite au retrait d'un stimulus dit « aversif » pour l'enfant, ou agent renforçateur aversif (aversif =
désagréable).
De nombreux comportements inadaptés sont appris en situation de renforcement négatif, toutefois on
l’utilise très peu comme situation d’apprentissage car on soumet la personne à la situation aversive.
Ex: situation d’échappement: acheter les bonbons quand l’enfant pleure dans le magasin.
Ex: situation d’évitement: faire dormir l’enfant dès le début de la nuit pour éviter que l’enfant pleure en
milieu de nuit et être réveillé.
Dans ces 2 exemples, les parents vont émettre des comportements pour se retirer de situations désagréables.
B/Procédure visant à initier et développer un nouveau comportement
B1/ LES GUIDANCES
Il s’agit d’aides présentées à l’enfant afin de l’inciter à produire le comportement.
Il existe plusieurs types de guidances :
- physiques : Aider physiquement à faire le geste. Ex : prendre sa main pour faire le geste ensemble.
- visuelles : On place dans l’environnement des indices visuels pour aider l’enfant. Ex : mettre en avant
l’objet à sélectionner.
- gestuelles : Il s’agit de faire des gestes qui vont aider à diriger l’attention de l’enfant sur la réponse correcte
à donner. Ex : pointer l’objet à prendre avec le doigt.
- verbales : dans le cadre de réponses verbales demandées initier le début de la réponse attendue.
B2/ LE FACONNEMENT
On va renforcer successivement et graduellement des approximations de comportements qui ressemblent de
plus en plus à celui du comportement final désiré.
Les exigences seront de plus en plus importantes, jusqu’à la maîtrise du comportement.
Il est important de ne plus renforcer les approximations antérieures.
■Exemples de façonnement d’un comportement complexe :
Objectif : Apprendre à un enfant isolé à avoir des contacts avec d’autres enfants:
-
regarder les autres
-
Se trouver de plus en plus près des autres
-
Se trouver dans un groupe
-
Réagir passivement aux invitations du groupe
-
Prendre des initiatives dans le cadre du groupe
B3/ LE CHAINAGE
Pour faire un chaînage, il faut avoir déterminé les unités comportementales du comportement complexe que
l’on souhaite apprendre à l’enfant : il s’agit donc de faire une analyse de tâche.
Le chaînage consiste à décomposer un comportement complexe en toutes ses étapes intermédiaires, en sous
unités plus simples, afin de faciliter l’apprentissage.
On va donc établir une chaîne de comportements. L’enfant doit savoir réaliser les différentes étapes du
comportement.
Il existe deux types de chaînage : le chaînage avant et le chaînage arrière.
■Chaînage avant : on commence par apprendre le premier comportement de la chaîne, puis le deuxième...
jusqu’au dernier. L’enfant est renforcé pour avoir réalisé le premier comportement, lorsqu’il est capable de
le faire seul, on lui apprendra le second. L’intervenant fait les autres comportements qui suivent à la place de
l’enfant ou avec lui.
■Chaînage arrière: on commence par apprendre le dernier élément de la chaîne, c’est à dire le comportement
final à atteindre, puis on continue dans la chaîne en progressant vers les premiers éléments.
L’avantage du chaînage arrière est que l’enfant termine sur un succès et seul, et il semble plus motivant de
terminer la tâche seul que de la commencer seul. Le but de ces méthodes est toujours de placer autant que
possible l’enfant dans une situation de « réussite », tout en augmentant la difficulté et les exigences.
B4/ L’ESTOMPAGE
Il ne faut pas oublier d’estomper (c'est-à-dire de diminuer progressivement) les aides, et les renforcements,
afin que l’apprentissage devienne de plus en plus naturel, et que le comportement de l’enfant ne soit pas
dépendant des aides ou des renforcements.
Pour les guidances, on passe de l’aide physique, à l’aide visuelle, puis gestuelle et enfin verbale.
Pour les renforcements, pendant l’apprentissage renforcer chaque émission de comportement, puis une fois
le comportement est acquis on ne renforce que tous les deux ou trois comportements (en moyenne).
C/Procédures qui vise la diminution des comportements.
C1/L’EXTINCTION
Il s’agit de n’attribuer aucune conséquence à l’apparition du comportement, il suppose donc un arrêt de tous
les renforcements positifs. Il ne se passe rien dans l’environnement. Il s’agit d’ignorer le comportement
inadapté, mais pas d’ignorer la personne.
Difficultés de la procédure d’extinction :
-
pic d’extinction (augmentation de la fréquence du comportement au début de l’extinction)
-
Procédure difficile à mettre en place, qui prend du temps, la diminution peut être progressive
L’utilisation de cette procédure seule n’apprend rien à l’individu : elle supprime un comportement
sans en apprendre un à la place. Il est donc nécessaire de l’associer à une procédure de renforcement
positive des comportements adaptés. Par exemple : L’enfant est réorienté vers des comportements plus
adaptés qui seront suivis d’attention.
Avantages de la procédure d’extinction :
-
résultats à long terme
Un comportement éteint par procédure d’extinction ne réapparaît plus (sauf s’il est de nouveau
renforcé).
C2/LE « TIME OUT »
On peut considérer que le time out est une procédure de punition négative : il s’agit de diminuer le
comportement inadapté en retirant l’enfant de la situation agréable dans laquelle il était.
Il s’agit de l’isoler pendant un temps bref, de la situation dans laquelle le comportement a eu lieu, et ceci
immédiatement après l’émission du comportement.
La période de l’isolement ne doit pas être longue, ni trop courte ; il est important que l’enfant associe cet
isolement au comportement problème. Cela implique que l’isolement arrive immédiatement après et à
chaque fois.
Il faut veiller à ce que le time out ne lui permet pas d’échapper à la tâche, ni de s’auto stimuler.
L’endroit où a lieu l’isolement ne doit pas être une source de renforcement positif, sans quoi le
comportement inadapté augmentera.
C3/ LA PUNITION
La punition est une procédure qui vise à la diminution d’un comportement.
Cette procédure provoque une diminution de la fréquence d’une réponse suite à la présentation d’une
conséquence négative (punition positive) ou du retrait d’un renforcement positif (punition négative).
Ce procédé de punition n’apprend en aucun cas à l’enfant le comportement que nous attendons de lui. Il
n’est donc conseillé d’utiliser cette procédure qu’en cas de comportements d’extrême gravité qu’il est
impossible de contrôler par l’extinction mettant en danger la personne ou les autres.
C4/ RENFORCEMENT DIFFERENTIEL
Il s’agit d’une procédure qui implique la dispensation de conséquences selon des modalités différentes en
fonction des comportements ; elle se caractérise par une diminution de la probabilité d’apparition de certains
comportements en même temps qu’une augmentation de la probabilité d’apparition d’autres comportements.
Ici on vise la diminution d’un comportement, en augmentant la probabilité d’autres comportements qui sont
adaptés.
On peut l’utiliser en parallèle à l’extinction.
■ Procédures de renforcement différentiel:
- DRO: renforcement des autres comportements
- DRI: renforcement des comportements incompatibles
Conclusion sur les comportements inadaptés.
Avant d’utiliser une procédure de diminution des comportements inadaptés, il faut en connaître la fonction,
d’où l’importance de faire une analyse fonctionnelle. Un même comportement peut avoir des fonctions
différentes, pour le même enfant, notre manière d’agir face au comportement ne sera donc pas la même !!!
Les comportements inadaptés chez l’enfant autiste seront : les écholalies, les stéréotypies, les
automutilations, les comportements agressifs, les colères.
Avant de proposer un traitement, il s’agira de déterminer ce qui maintient ces comportements : ANALYSE
FONCTIONNELLE.
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