Chapitre 30 : de l’œuf à l’adulte
Le développement embryonnaire conduit à la formation du plan d’organisation de l’animal. Chez la
grenouille, il est suivi par un développement post-embryonnaire qui conduit la larve à la
métamorphose.
Au cours de l’ovogenèse, la femelle stocke dans ses ovocytes de nombreuses protéines (vitellogenèse)
et des ARNm qui sont traduits dans les premières étapes du développement (segmentation). Par
ailleurs, le génome du futur gamète synthétise de très nombreux ARNr et des ARNm qui sont traduits
en histones, protéines ribosomales. Toutes ces molécules sont utilisées jusqu’à la transcription du
génome zygotique qui débute au 12ème cycle de divisions qui marque la transition blastuléenne.
La disposition des ARN et des protéines dans l’ovocyte est à l’origine d’un double gradient qui
spécifie, avant la fécondation, la région antérieure (pôle animal) et la région postérieure (pôle végétatif)
de l’embryon. La future région antérieure correspond à celle qui est pigmentée. L’ovocyte est à
symétrie radiale.
La fixation d’un spermatozoïde sur l’hémisphère animal est à l’origine de la rotation corticale. Le
cytoplasme cortical est réorganisé à la suite d’une rotation de 30°. Il se forme alors un croissant gris, à
l’opposé du point d’entrée du spermatozoïde, qui correspond à la future région dorsale. Le plan de
symétrie bilatérale est maintenant acquis. La région dorsale possède un assortiment particulier de
protéines qui lui confère de nouvelles propriétés. La β-caténine s’accumule alors dans les blastomères
dorso-végétatifs du stade 64 qui constituent le centre de Nieuwkoop dont le fonctionnement est à
l’origine du centre organisateur de Spemann.
Au cours de la segmentation, les divisions cellulaires synchrones conduisent à un embryon de 4096
cellules qui s’est creusé progressivement d’une cavité. À partir du 13ème cycle, les divisions deviennent
moins synchrones et, avec quelque 10 000 cellules, l’embryon est à la fin du stade blastula.
Le suivi des cellules de la blastula au cours du développement a conduit à la réalisation de la carte des
territoires présomptifs. À ce stade, l’embryon est constitué de trois ensembles de cellules : la calotte
animale, la zone marginale, l’hémisphère végétatif. Bien que ces trois ensembles soient constitués de
cellules indifférenciées, elles sont déterminées. La calotte animale donne l’ectoderme, la zone
marginale produit le mésoderme et l’hémisphère végétatif l’endoderme.
La gastrulation débute par la formation d’une encoche dans les blastomères dorso-végétatifs. Des
cellules de forme particulière, les cellules en bouteille, participent à ces mouvements
morphogénétiques qui conduisent les cellules de la zone marginale et de l’hémisphère végétatif à entrer
dans l’embryon. À la fin de la gastrulation, la zone marginale (mésoderme) est collée, par
l’intermédiaire d’une matrice extracellulaire, à la face interne de l’ectoderme dorsal, les cellules de
l’hémisphère végétatif (endoderme) sont collées à la face interne de l’ectoderme ventral. L’embryon
contient quelque 30 000 cellules.
La neurulation correspond à l’apparition d’une fente antéro-postérieure sur la face dorsale de
l’embryon. Cette ligne neurale est à l’origine de l’invagination d’une partie de l’ectoderme, le
neuroderme, qui forme le système nerveux tubulaire. En parallèle, le mésoderme s’étale ventralement
et l’endoderme s’étend vers la face dorsale. L’embryon se présente alors comme trois tubes emboîtés :
l’ectoderme, le mésoderme et l’endoderme qui constitue le futur tube digestif.
L’organogenèse prolonge la neurulation. Au cours de ce stade, les trois feuillets mis en place au cours
des étapes ultérieures s’organisent les uns par rapport aux autres et donnent naissance aux organes.
L’ectoderme se différencie en épiderme et en système nerveux, le mésoderme donne naissance aux os,
aux muscles, au système circulaire, au sang, aux reins et aux gonades. L’endoderme est à l’origine du
tube digestif est des poumons. À ce stade, l’embryon est presque achevé, l’œuf éclot.
Le développement post-embryonnaire qui caractérise les développements indirects est une phase de
croissance qui correspond à la prémétamorphose ; les changements morphologiques sont peu
importants. La durée de cette phase est très variable et dépend des espèces et des conditions du milieu.
Au cours de la prométamorphose, la croissance ralentit, les pattes postérieures se développent, mais la
forme générale du têtard reste inchangée.