cérébelleuse ou néocorticale et aussi
les fonctions immunitaires et gastro-
intestinales.
L. Calandreau
>
Campbell DB, Sutcliffe JS, Ebert PJ et al.
A genetic variant that disrupts MET transcription
is associated with autism. Proc Natl Acad Sci USA
2006;103(45):16834-9.
L’environnement
peut contrôler la plasticité
synaptique
L
orsqu’un train de stimulations
électriques active une assemblée
neuronale, il entraîne des modifica-
tions moléculaires spécifiques au
sein des cellules de telle sorte que, à
la prochaine petite stimulation élec-
trique délivrée, une forte activation de
l’assemblée neuronale sera constatée.
Ce phénomène de potentialisation
à long terme (PLT) est observé dans
de nombreuses structures clés de la
mémoire (comme l’hippocampe), et
constitue actuellement la forme de
plasticité neuronale la plus étudiée,
in vitro ou in vivo, afin d’établir les
bases moléculaires de l’apprentissage
et de la mémoire. Ainsi, parmi les
événements moléculaires critiques
à l’établissement de la PLT, la voie de
signalisation des MAP kinases/ERK
(MAPK/ERK) joue un rôle central.
L’étude présentée par S. Li et al. vient
compliquer l’utilisation de ce modèle
de plasticité synaptique en révélant
l’influence de facteurs environne-
mentaux sur la sélection des subs-
trats moléculaires qui sous-tendent
le phénomène de PLT. Les auteurs
confirment tout d’abord que, in vitro,
le phénomène de PLT au niveau du
champ CA1 de l’hippocampe requiert
de manière critique l’implication de la
voie des MAPK/ERK. Néanmoins, ils
observent que si les animaux ont été
élevés dans un environnement enrichi,
cette PLT ne requiert plus la voie des
MAPK/ERK, mais plutôt une autre
voie impliquant d’autres molécules
telles que la PKA, et la protéine p38.
Ils constatent par ailleurs que cette
nouvelle voie moléculaire n’est impli-
quée dans le phénomène de PLT que
chez des animaux jeunes, âgés d’un
mois. En effet, la PLT des animaux
âgés de 6 mois requiert à nouveau la
voie des MAPK.
Commentaire. Les résultats de
cette étude indiquent que dans des
conditions standard d’élevage en
laboratoire, la PLT, mesurée dans
le CA1 de l’hippo campe, requiert
bien l’implication de la voie des
MAPK. En revanche, ils révèlent
que si les animaux ont été élevés
dans un environnement plus riche,
ce phénomène requiert chez l’animal
jeune une autre voie de signalisation.
Cette étude indique ainsi que l’envi-
ronnement peut déterminer la sélec-
tion des substrats moléculaires qui
sous-tendent la PLT, phénomène de
plasticité synaptique le plus étudié en
neurosciences. Ils conduisent donc
à relativiser sérieusement l’utilisa-
tion du phénomène de PLT comme
modèle cellulaire de mémoire et
d’apprentissage.
L. Calandreau
>
Li S, Tian X, Hartley DM, Feig LA. The envi-
ronment versus genetics in controlling the contri-
bution of MAP kinases to synaptic plasticity.
Curr Biol 2006;16:2303-13.
La persistance de la mémoire :
une simple histoire
de molécule ?
L
a théorie classique postule qu’au
niveau cellulaire, la mise en
mémoire repose sur des modifications
des “poids synaptiques” dépendantes
de l’activation de cascades molécu-
»
laires dans les heures qui suivent un
apprentissage. Une fois ces modi-
fications effectuées, le réseau qui
sous-tend la “trace” est alors stable.
Ainsi, une multitude de travaux ont
permis de montrer que seule une
action précoce post-apprentissage
sur ces processus moléculaires peut
conduire à une amnésie. Dans cette
étude, les auteurs montrent que l’ad-
ministration intrahippocampique d’un
inhibiteur de l’activité catalytique de
la PKMζ (ZIP) – une protéine kinase
spécifique du système nerveux – un
jour, une semaine ou un mois après un
apprentissage spatial, conduit à une
amnésie persistante (au moins une
semaine). En revanche, ces mêmes
animaux sont tout à fait capables de
réapprendre la tâche une fois l’inhi-
biteur dissipé. De même, l’adminis-
tration intra hippocampique du “ZIP”
supprime la potentialisation à long
terme (PLT) induite artificiellement
dans l’hippocampe 24 heures plus
tôt.
Commentaire. Quel peut être le
rôle d’une telle activité enzymatique
persistante ? Des travaux antérieurs
montrent que la PKMζ une fois
synthétisée, est adressée au sein des
synapses, où elle permet l’adressage à
la membrane des récepteurs AMPA,
mécanisme nécessaire au maintien
à long terme d’une potentialisation
synaptique. Même si des études
supplémentaires sont nécessaires
pour venir renforcer ces résultats –
et notamment pour confi rmer que
cet effet n’est pas lié à un blocage
des processus de rappel –, les résul-
tats de E. Pastalkova et al. viennent
quelque peu “bousculer” un dogme de
la neurobiologie de la mémoire.
P. Trifilieff
>
Pastalkova E, Serrano P, Pinkhasova D et al.
Storage of spatial information by the maintenance
mechanism of LTP. Science 2006; 313:1141-4.
»
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