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Groupe ad hoc chargé de la liste OIE des maladies des animaux aquatiques - « Équipe crustacés »/octobre 2005
Concernant la myonécrose infectieuse, l'Union européenne (soutenue par la Norvège) est d'avis que cette
maladie ne répond pas au critère 7. Le Groupe ad hoc partage la conclusion de la Commission des animaux
aquatiques qui estime que si la distribution de cette maladie reste actuellement limitée (confinée à certaines
parties d’un pays seulement), elle présente un potentiel de propagation rapide, car, entre 2002 et 2005, elle
s'est disséminée à partir d'un seul secteur d'un État brésilien à plusieurs États adjacents. Le Groupe ad hoc
considère que le potentiel de propagation serait le même si la maladie était introduite à d'autres secteurs
géographiques comptant des espèces sensibles. À propos du point 7 cependant, aucun rapport ne signale le
virus de la myonécrose infectieuse en dehors du pays touché en Amérique du Sud. Pour le Groupe ad hoc,
ce fait confirme que toutes les autres régions du monde qui comptent des espèces sensibles sont indemnes.
À propos du commentaire de l'Australie sur le critère 8, le Groupe ad hoc souligne qu'il existe au moins
deux trousses de PCR commercialisées pour la détection du virus de la myonécrose infectieuse ainsi que
deux publications scientifiques revues par des pairs (en cours d’impression ou déjà parues, voir les
informations complémentaires dans l'annexe IV). Le Groupe ad hoc soutient la recommandation de la
Commission des animaux aquatiques qui souhaite ajouter la myonécrose infectieuse à la liste OIE des
maladies.
Les documents correspondants sont joints à l'annexe IV.
2. Maladies émergentes des animaux aquatiques dont l'inscription sur la liste est recommandée
Le Docteur Karim Ben Jebara, Chef du Service de l'information sanitaire de l'OIE, a rejoint le
Groupe ad hoc pour clarifier les procédures d'inscription des maladies émergentes des animaux aquatiques
sur la liste OIE.
Après avoir réexaminé les commentaires des Pays Membres et les recommandations de la Commission des
animaux aquatiques, le Groupe ad hoc s’est déclaré favorable à l'inscription des maladies énumérées ci-
après sur la liste de l'OIE, considérant que celles-ci répondent aux critères d'inscription des maladies
émergentes définis à l'article 1.1.2.2. Les documents correspondants sont joints à l'annexe V.
a) Infection à virus Mourilyan
Le Groupe ad hoc a réexaminé les critères d'inscription figurant dans l'article 1.1.2.1, notamment les
critères 1, 4 et 5 qui, de l'avis de la Commission des animaux aquatiques et des Pays Membres, ne sont
pas totalement remplis à l’heure actuelle. L'Australie s'interroge notamment sur l'approche utilisée par
le Groupe ad hoc pour confronter aux critères d'inscription le virus Mourilyan et le virus de la virose
létale des géniteurs, et signale le manque de preuves démontrant l’existence d’une relation entre le
virus Mourilyan et la morbidité.
Le critère 1 se réfère à la maladie et à ses conséquences. Des observations rapportées montrent que le
virus Mourilyan est associé à une morbidité et à des pertes nationales significatives dans la production
de Penaeus monodon et Marsupenaeus japonicus en Australie (Cowley et al., 2005a, 2005b ; voir
l’annexe V). Chez P. monodon, la maladie se caractérise par un syndrome de mortalité qui survient à
la partie médiane du cycle de production, d’où la dénomination « MCMS » (« mid-crop mortality
syndrome »). Le Groupe ad hoc partage l'avis des Pays Membres qui considèrent que l'expression de
la maladie pourrait être associée à des facteurs d'élevage et/ou d'environnement, mais cette remarque
s'applique également à la plupart voire à la totalité des maladies des crustacés de la liste, y compris à
la maladie des points blancs. Du fait que la maladie est à l'origine de pertes de production nationales
significatives, le Groupe ad hoc considère que le critère 1 est rempli.
Les critères 4 et 5 se réfèrent à l'étiologie et au potentiel de propagation de la maladie. Tout comme
les Pays Membres, le Groupe ad hoc considère que les populations de P. monodon en Australie sont
couramment infectées par plusieurs virus, dont le virus associé aux branchies (GAV), le virus de la
virose létale des géniteurs, le virus de la nécrose hypodermique et hématopoïétique infectieuse et le
virus Mourilyan, le rôle de chacun d’eux n’ayant pas encore été totalement explicité. Il n'existe
cependant guère d'éléments prouvant que les virus de la virose létale des géniteurs ou de la nécrose
hypodermique et hématopoïétique infectieuse aient un rôle étiologique chez P. monodon. Les épisodes
de mortalité touchant M. japonicus ont par ailleurs été associés uniquement au virus Mourilyan, en
l'absence de virus GAV, de virus de la virose létale des géniteurs et d'autres agents pathogènes
connus. Cette association se caractérise par une élévation progressive de la charge virale et la
propagation systémique du virus qui persiste jusqu'à l'apparition des signes cliniques, puis par des
épisodes de mortalité. Malgré l’absence d’expériences de transmission de la maladie, et donc de
confirmation de son étiologie infectieuse, le Groupe ad hoc considère que le virus Mourilyan est
fortement associé à la morbidité. Le Groupe ad hoc partage par conséquent l'avis de la Commission
des animaux aquatiques selon laquelle le critère 4 n'est pas rempli pour le virus Mourilyan alors que le
critère 5 l'est.
Les autres critères liés à l’inscription de la maladie par le Groupe ad hoc n'ont pas été contestés par la
Commission des animaux aquatiques ni par les Pays Membres.