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SESSION 2011
UE6 – ÉPREUVE ORALE D'ÉCONOMIE SE DÉROULANT
PARTIELLEMENT EN ANGLAIS
Sujet n° 1 : Quelles solutions aux problèmes environnementaux ?
PISTES DE CORRECTION
Référence thématiques du sujet :
Thème principal : thème 5 : Les déséquilibres spatiaux, sociaux et environnementaux.
o 5.2 : Croissance, crise et déséquilibres environnementaux.
Pistes d’exploration possibles :
Le document met en avant un raisonnement économique particulier, l’effet rebond, qui ne résume pas à lui seul le
sujet posé.
Le sujet invite le candidat à aborder tout l’éventail des solutions économiques aux problèmes environnementaux.
Dans un premier temps on peut attendre du candidat qu’il présente ces problèmes sous l’angle économique, à l’aide
des concepts de l’économie publique : externalité, biens publics, biens communs, biens publics mondiaux…
L’exposé doit ensuite présentées les différentes solutions, théorique, mais aussi leur mise en pratique et les
difficultés rencontrées. On peut distinguer par exemple d’une part, les solutions « hors marché » : règlementation,
quota… Ces approches soulèvent la question du niveau optimal auquel peuvent être fixés ces quotas. Les choix des
agents ne sont pas pris en compte ni valorisés économiquement.
D’autre part il existe des dispositifs faisant appel aux mécanismes du marché (taxe pigouvienne, création de marché
de droit à polluer). Après avoir présentés les principaux mécanismes et raisonnements économiques, le candidat
pourra évoquer certains dispositifs concrets : la taxe carbone, les bonus écologiques, marché des permis
européens…
L’effet rebond, présenté dans le document peut être utilisé ici pour compléter le raisonnement.
D’autres limites peuvent être soulevées, comme par exemple la prise en compte du commerce international et du
risque de dumping environnemental. Les biens environnementaux étant des biens publics mondiaux, les solutions
sont plus efficaces si elles sont mises en œuvre dans le cadre d’une gouvernance mondiale.
Sujet n° 2 : Le mouvement coopératif, une alternative au capitalisme financier ?
PISTES DE CORRECTION
Parties de programme concernées :
existence de différents modèles de capitalisme,
marché et économie non marchande,
croissance économique, équilibres sociaux et environnementaux.
Lien sujet/programme/document :
Ce sujet est lié aux conséquences de la crise financière et sur les évolutions possibles du capitalisme. Il porte aussi
sur la problématique de l’économie sociale dont les activités économiques ne sont pas principalement à but lucratif
(les coopératives en font partie). L’article présente le développement du secteur des coopératives au Royaume-Uni.
Ce développement concerne tous les secteurs de l’économie et les coopératives de toutes tailles.
Définitions des termes :
Mouvement coopératif : mouvement qui traduit le développement de sociétés coopératives qui sont un
groupement de personnes mettant en commun du travail et du capital pour réaliser un projet économique et social
sans rechercher le profit. On distingue les coopératives de consommateurs et les coopératives de producteurs. Ces
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organisations se caractérisent par : une répartition des résultats disponibles entre les coopérateurs, la création de
réserves impartageables en faveur de l’entreprise dans une perspective de long terme, chaque sociétaire s’exprime
selon la règle « une personne, une voix » (ce principe de démocratie est une différence fondamentale avec les
sociétés par actions). Il faut noter cependant que les règles de fonctionnement varient selon les pays.
Capitalisme financier : système économique capitaliste qui donne à l’actionnaire et donc aux marchés financiers
une place centrale et qui a un impact sur les stratégies d’entreprises (recentrage stratégique, licenciements…).
Problématiques :
Le « capitalisme coopératif » peut-il remplacer le « capitalisme financier » ?
En effet, le premier serait au service de ses sociétaires, valorisant les territoires, mutualisant ses ressources au
service des plus faibles…, et le deuxième serait au service de l’intérêt à court terme des actionnaires extérieurs,
n’hésitant pas à délocaliser...
Dans une économie capitaliste avec une importance donnée à l’actionnaire, est-il possible de laisser une place au
partage et à la coopération ?
Intérêt du sujet :
Alors que se font sentir les effets sociaux douloureux de la crise ayant pour origine en partie le capitalisme
financier, une nouvelle conception de l'emploi, de l'argent, de la consommation, de la valorisation des ressources se
développe. De nombreux épargnants cherchent à placer leur épargne dans des activités d'avenir, sûres et stables.
Les coopératives répondent à cet objectif. Elles sont des organismes communautaires qui se soucient non seulement
d'assurer leur rentabilité, mais également de répondre aux besoins de leurs membres et d'améliorer leur qualité de
vie. Elles offrent des satisfactions personnelles en permettant aux membres propriétaires de solidifier leur rôle
social et économique au sein de la collectivité.
Pistes de réflexion :
Quelle qu’en soit la forme, coopérative d’entreprises, coopérative d’usagers, coopérative de consommateurs,
coopérative d’artisans, coopérative de salariés, les coopératives sont présentes dans la quasi-totalité des secteurs de
l’économie et participent à la pluralité de l’offre économique.
Ce type d’organisation n’est pas nouveau. Elle est issue d’un mouvement de résistance au mode de production
capitaliste ayant pour origine les réflexions des socialistes utopistes au XIXème siècle avec Proudhon, Owen…
Bien que ce secteur se développe avec les excès du capitalisme financier, il reste limité car elles ont des difficultés
à trouver des investisseurs pour assurer le développement bien qu’il existe des structures de « capital-risque
solidaire ». En effet, les coopératives choisissent de créer des filiales avec un statut de SA et lorsqu’elles
grandissent, elles se transforment souvent en SA…
Sujet n° 3 : Les difficultés de mise en œuvre d’un développement durable
PISTES DE CORRECTION
Thème du référentiel :
5 : croissance économique, équilibres sociaux et environnementaux :
o 5.1 : croissance et déséquilibres environnementaux ;
o 5.2 : croissance, croissance durable et décroissance.
Pistes de réponse :
Définition du développement durable.
Rappel des étapes historiques de prise de conscience et des différentes conventions et sommets.
Présentation des difficultés de mise en œuvre en raison :
- des États (protection de leurs modèles de développement ou de croissance, de leurs industries, de leurs
infrastructures) ;
- des différentes théories défendues (négation du problème, croissance durable, décroissance) ;
- du lobbying de certains secteurs (énergie, automobile,..) ;
- de l’opposition Nord/Sud, pays développés/pays en développement.
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Sujet n° 4 : Comment accroître l’attractivité des territoires ?
PISTES DE CORRECTION
Parties du programme : 4 - Réseaux, territoires et pôle de compétitivité.
Le territoire est devenu une nouvelle cible pour l’action publique. En effet il faut accroître les relations
intersectorielles et les réseaux d’entreprises au niveau local. Il faut donc mieux coordonner les politiques
sectorielles : environnement et agriculture, urbanisme et industrie, recherche et industrie, tourisme et artisanat….
Cette coordination doit permettre d’optimiser les services rendus aux entreprises.
Une étude de février 2010 (observatoire des investissements internationaux dans les principales métropoles
mondiales) met en évidence les paramètres d’attractivité par ordre décroissant : stabilité économique, politique et
juridique ; infrastructures (télécommunications, hôtellerie..) ; croissance économique ; accessibilité et taille des
marchés ; disponibilité des ressources humaines qualifiées ; charges, coûts et niveau de la fiscalité ; qualité de
l’enseignement ; disponibilité et coût de l’immobilier pour l’entreprise ; qualité de vie et enfin qualité de la
recherche et innovation.
Pôle de compétitivité : c'est la combinaison sur un territoire donné d'entreprises, de centres de formation
professionnel, d'établissements d'enseignement supérieur et de recherche engagés dans une démarche partenariale
destinée à dégager des synergies autour de projets communs à caractère innovant et disposant de la masse critique
nécessaire pour une visibilité internationale.
Cluster : réunir dans la même zone géographique les meilleurs chercheurs, enseignants et étudiants afin que les
entreprises locales puissent utiliser ce vivier de compétences pour adapter les innovations et se développer. Par
ailleurs, l’excellence, le renom et la visibilité internationale de ce territoire permettent ensuite d’attirer de nouveaux
chercheurs et de nouvelles entreprises créant ainsi une véritable zone d’attractivité spécialisée au niveau mondial.
Exemples : Silicon Valley…
C’est Michael Porter qui a démontré l’importance des pôles de compétences. Les entreprises se regroupent en
grappe (cluster).
Distinction possible entre :
- les pôles à dominante technologique plutôt tournés vers la recherche et le développement. Par exemple, la
Silicon Valley aux Etats-Unis réunit des universités de réputation internationale (Stanford, Berkley, Santa
Clara), des entreprises technologiques (Hewlett Packard…) et des fonds de capital risque pour permettre
les investissements. Autre exemple en France, à Sophia Antipolis (Valbonne) avec les entreprises Cisco,
Texas Instruments, IBM, eu Suède à Stockholm (Wireless Valley) avec les entreprises Erikson, Adobe,
Oracle.
- Les pôles reposant sur des savoir-faire plus traditionnels et qui sont davantage structurés par la densité du
tissu productif et du réseau de commercialisation. « Diamant » de Porter : un pays détient un avantage
comparatif dans une industrie lorsqu’il maîtrise quatre paramètres. Ces paramètres sont à l’origine de la
compétitivité d’un pays.
Développer la compétitivité des entreprises et celle des territoires : en France, c’est la DATAR qui est à l’origine de
la politique des pôles de compétitivité. La création de pôles de compétitivité s’inscrit dans la mise en oeuvre d’une
nouvelle politique industrielle par le territoire. Il s’agit de développer tant la compétitivité des entreprises que celle
des territoires.
A. Marshall, père de l'économie industrielle et de l'économie spatiale a mis en évidence, dès la fin du XIXème siècle,
les avantages tirés par la localisation des entreprises à proximité les unes des autres et a affirmé que les techniques
se transmettent bien mieux au sein d'une même zone géographique : ce sont les districts industriels, réseaux de
petites entreprises, qui peuvent exister à côté de la production à grande échelle.
Capital-risque : son rôle est considérable pour le développement de certaines activités de haute technologie.
Il est insuffisamment développé ce qui constitue un handicap pour les régions européennes par rapport aux régions
américaines.
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Fiscalité, réglementation, politiques de recherche et d'enseignement supérieur : ce sont les leviers reconnus comme
les plus efficaces. Dans la majorité des autres pays, ces derniers sont gérés par l'État.
Contractualisation : elle permet à l’État ou d’autres institutions publiques d’organiser et de formaliser leurs
relations avec des partenaires publics ou privés. Elle s’inscrit directement dans le courant de gouvernance
territoriale.
En France, la décentralisation a considérablement développé l'autonomie des différentes collectivités territoriales.
Ces dernières ont privilégié la démarche contractuelle pour établir des relations avec leurs partenaires : contrats de
plan État - région (CPER), mise en place des nouveaux contrats de pays, contrats d'agglomération et contrats de
ville voire les contrats globaux de développement dans certaines régions.
Aides financières : le soutien aux entreprises peut se faire par des aides financières (prêts avances, exonérations,
exemptions...), ou par une législation favorable (libéralisation ou dépénalisation du droit des sociétés ;
assouplissement du droit du travail.)
Les aides de l'État aux entreprises peuvent permettre d'assurer une meilleure répartition géographique des
entreprises :
- prime d'aménagement du territoire accordée par la DATAR (Délégation à l'aménagement du territoire et à
l'action régionale) aux entreprises s'implantant dans certaines zones d'aménagement du territoire sous
conditions d'emplois et d'investissements ;
- exonération d'impôt sur les bénéfices des entreprises nouvelles qui s'implantent dans certaines zones
d'aménagement du territoire.
Prime d’aménagement du territoire (PAT) : dispositif d’aides directes à l’investissement de l’État, qui s’adresse aux
PME et aux grandes entreprises, quel que soient leur forme juridique et leur régime d’imposition. L’objectif est de
financer des programmes d’investissement (industrie manufacturière, production et distribution d’eau, gestion des
déchets et dépollution…).
Sujet n° 5 : Pour relancer la croissance économique d’un pays, existe-t-il un moyen
efficace de réduire la dette ?
PISTES DE CORRECTION
Parties de programme concernées
existence de différents modèles de capitalisme,
croissance économique, équilibres sociaux et environnementaux.
Lien sujet/programme/document
Le sujet sans être de manière très explicite dans le programme de DSCG est un thème central de l’actualité
économique et nécessite une bonne connaissance du financement de l’économie (programme d’économie du
DCG). Le document en anglais apporte de nombreux éléments de réflexion en proposant et illustrant différentes
modalités pour réduire la dette.
Définitions des termes
Dette : ce terme doit être pris au sens large, c’est-à-dire les sommes dues par tous les agents économiques. Il y a
lieu de distinguer :
- la dette publique qui est l’ensemble des emprunts effectués par l’État, les collectivités territoriales et les
organismes de Sécurité sociale. L’endettement permet de faire face à l’accumulation des déficits
budgétaires dus à la situation dans laquelle les recettes du budget de l’État sont inférieures aux dépenses ;
- la dette extérieure qui est constituée de l’ensemble des engagements des agents économiques d’un pays,
particuliers, entreprises.., et non seulement de l’État, vis-à-vis de prêteurs étrangers. La dette extérieure
d’un pays est provoquée par un déficit de la balance des transactions courantes qui se traduit par une entrée
nette de capitaux étrangers. La dette extérieure engendre des charges d’intérêt supportées par le pays
endetté, ces coûts financiers viennent accroître encore le déficit de la balance des transactions courantes qui
peut nécessiter le recours à de nouveaux capitaux étrangers engageant le pays dans une spirale dangereuse.
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Réduire la dette recouvre l’ensemble des politiques permettant d’alléger le poids de la dette publique et la dette
extérieure.
On peut distinguer aussi, dette externe et dette interne :
- une dette interne est due par une nation à ses propres citoyens ;
- une dette externe est due par une nation aux étrangers. Cette dette se traduit pour les citoyens de la nation
endettée par un prélèvement net sur les ressources disponibles.
De nombreuses nations ont rencontré, au cours des années 1980, de grandes difficultés économiques après être
devenues fortement endettées. Elles ont été contraintes d'exporter plus qu'elles n'ont importé pour dégager des
excédents commerciaux - pour « assurer le service de leurs dettes externes ». Les Etats-Unis, à la fin des années
1980, ont rejoint la liste des pays débiteurs. Leur déficit externe important (leurs exportations nettes négatives) a
fait passer les Etats-Unis du stade de nation créancière à celui de nation débitrice.
La croissance économique d’un pays est l’augmentation soutenue d’un indicateur de dimension tel que le
PIB. La relance économique est un objectif de la politique économique.
Problématiques
Quels sont les risques et avantages pour la croissance de chaque modalité de réduction de la dette ? Quelles sont les
conditions de réussite de chaque modalité ? Existe-t-il une ou des méthodes de réduction de la dette plus efficaces
pour relancer la croissance économique ? Quelle dette (privée, publique externe, interne) doit-on réduire en priorité
?
Comment réduire les déficits et donc l’endettement public sans nuire à la relance économique ? Par une forte baisse
des dépenses ou une forte hausse des impôts ?
La réduction de la dette suppose un plan de rigueur, est-ce compatible avec une relance de la croissance
économique ?
La rigueur dans le secteur public ne doit-elle pas être réalisée en tenant compte du désendettement dans le secteur
privé ?
Intérêt du sujet
La réduction de la dette publique est nécessaire car les charges d’intérêt finissent par mobiliser la plupart des
recettes publiques au détriment des dépenses utiles et peut conduire in fine le pays dans une impasse.
Pistes de réflexion
Réduire l’endettement par la réduction des déficits publics : la réduction des déficits risque d’aggraver le
manque de croissance en raison des effets keynésiens négatifs de toute hausse des prélèvements obligatoires ou de
toute baisse des dépenses publiques sur l’activité. Ainsi, une dette publique en forte hausse n'évince pas
automatiquement la dette privée puisque c'est la chute de la demande privée qui provoque la hausse de la dette
publique.
Cependant ces effets keynésiens doivent être relativisés car ils risquent d’être faibles lorsque les ménages et chefs
d’entreprises, dans un contexte de fort endettement public, anticipent une politique de rigueur et augmentent leur
épargne privée.
Nature des dépenses à préserver pour relancer la croissance :
Il faut discuter aussi de la nature des dépenses à réduire pour réduire l’endettement. Existe-t-il des bonnes et
mauvaises dépenses publiques, et par conséquent des bonnes et mauvaises dettes ? Les économistes (Romer,
Lucas, Barro) mettent en avant l’utilité des investissements publics, des dépenses de recherche et de formation qui
ont, des effets positifs à long terme et peuvent justifier un financement par l’emprunt.
Réduire la dette par le mécanisme de l’inflation :
En Europe, cette solution est impossible en raison du PSC et la politique de la BCE.
Réduire la dette par l’augmentation des exportations :
Pour stimuler la croissance tout en diminuant la dette totale, il faut accroître les exportations en renforçant la
compétitivité. A long terme, il faudrait que la croissance ne repose pas sur l'endettement et la consommation mais
sur les capacités d'innovation permettant une compétitivité suffisante pour réduire la dette privée et la dette
publique à un niveau supportable, tout en maintenant un taux de croissance acceptable.
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