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RÉSUMÉ
Développement d’un modèle de suivi en imagerie TEP de la cardiotoxicité
induite par chimiothérapie chez la souris
Par Suzanne Gascon
Programme de Sciences des radiations et imagerie biomédicale
Mémoire présenté à la Faculté de médecine et des sciences de la santé en vue de l’obtention
du diplôme de maître ès science (M. Sc.) en Sciences des radiations et imagerie biomédicale,
Faculté de médecine et des sciences de la santé, Université de Sherbrooke, Sherbrooke,
Québec, Canada, J1H 5N4
Le cancer est la première cause de décès au Canada et le cancer du sein est la forme
la plus courante de cancer chez la femme. Le traitement privilégié lors d’un diagnostic de
cancer du sein est l’utilisation de la doxorubicine, un agent de chimiothérapie de la famille
des anthracyclines. Cet agent grandement utilisé en clinique permet de traiter différents
types de cancer et possède un large spectre d’action. Cependant, son utilisation est limitée
par l’apparition d’effets secondaires, lesquels peuvent se manifester longtemps après l’arrêt
des traitements. L’un de ces effets particulièrement nocifs est le développement d’une
cardiotoxicité, qui est dépendante de la dose et conduit à une insuffisance cardiaque
congestive et irréversible. Les techniques utilisées en clinique pour déterminer le
développement d’une cardiotoxicité reposent principalement sur l’évaluation de la fraction
d’éjection du ventricule gauche (FEVG).
Le projet comprend deux objectifs; 1) développer un modèle de cardiotoxicité,
induite par l’administration de doxorubicine, chez la souris; 2) effectuer un suivi
longitudinal par tomographie d’émission par positrons (TEP) afin de vérifier si certains
paramètres métaboliques ou physiologiques permettraient de prédire le développement de
la cardiotoxicité. Le suivi est effectué avec deux traceurs, le 11C-acétoacétate (11C-AcAc),
permettant d’évaluer à la fois la captation et la clairance du traceur par le cœur, mais
semble avoir l’avantage de mettre en évidence l’insuffisance cardiaque sans avoir recours à
un test à l’effort, comme le 11C-acétate. Le deuxième traceur est le 18F-FDG, couramment
utilisé pour les examens cliniques, il permet de mesurer la consommation de glucose par le
tissu cardiaque ainsi que la FEVG. Les deux traceurs ont été analysés à l’aide de modèles
pharmacocinétiques afin de vérifier si les changements observés permettent de prédire
hâtivement le développement de la cardiotoxicité, avant d’atteindre un état de non-retour.
Les travaux réalisés ont permis de mettre au point un modèle de cardiotoxicité chez
la souris suite à l’administration de chimiothérapie. Les résultats obtenus démontrent que
des changements révélant le développement d’insuffisance cardiaque peuvent être observés
hâtivement par une diminution de la captation myocardique et de la clairance du 11C-AcAc,
indice de la perfusion et du métabolisme oxydatif myocardique, suivi d’une augmentation
du taux de transfert du glucose vers le cœur qui arrive au même moment que la diminution
de la FEVG.
Mots-clés : Cardiotoxicité, doxorubicine, tomographie d’émission par positrons (TEP),
cancer du sein, 11C-acétoacétate, 18F-FDG.