ACTUALITÉ 6Hôpitaux universitaires de Genève   Déc. 09 / Janv. 10  Pulsations
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Quand le placenta
est anormal
Caractérisées par un développement anormal
du placenta, les maladies trophoblastiques sont rares
et nécessitent une prise en charge spécialisée.
Un centre traitant de ces affections a été mis en place.
Les maladies trophoblastiques, 
aussi appelées grossesses mô-
laires, correspondent à un déve-
loppement anormal du placenta 
(le trophoblaste est une des par-
ties du placenta en dévelop-
pement). Il s’agit d’une affection 
rare, concernant environ 1 femme 
enceinte sur 1000. Les symptômes 
sont généralement des saigne-
ments vaginaux, des nausées 
et vomissements, ainsi que des 
douleurs abdominales basses. 
Tandis que la prise de sang montre 
un taux élevé des hCG, l’hormone 
de la grossesse, l’échographie 
révèle un placenta ayant la forme 
de petits kystes. « Dans certains
cas, il n’y a pas d’embryon. Dans
d’autres, un fœtus peut se dé-
velopper, mais avec de graves
malformations ne permettant pas
sa survie », explique le Dr Patrick 
Petignat, médecin adjoint agrégé 
au service de gynécologie. Le dia-
gnostic doit toujours être confirmé 
par le pathologue.
Surveillance régulière
La grossesse môlaire, dont les 
causes restent inconnues, né-
cessite un curetage ainsi qu’un 
suivi. « Il existe un risque de per-
sistance de tissu anormal dans
la paroi de l’utérus qui peut
proliférer ailleurs dans le corps.
La surveillance se fait au moyen
d’une prise de sang régulière
pour doser les hCG », précise le 
Dr Petignat. « C’est un double
choc pour la femme qui doit en
même temps faire face au deuil
d’une grossesse perdue et à
l’angoisse d’une maladie po-
tentielle. Il y a aussi beaucoup
de questions par rapport à une
future maternité où le risque de
récidive est de 1 à 3% », sou-
ligne Ginette Rosseel, infirmière 
référente.
Chez environ 80  à 90%  des 
femmes, le test des hCG se nor-
malise après quelques semaines 
ou quelques mois. Si tel n’est 
pas le cas, une chimiothérapie 
est généralement mise en place. 
Elle aboutit la plupart du temps 
à une guérison complète sans 
altération de la fertilité. 
 
Une aide aux médecins
En raison de la rareté de la ma-
ladie, le diagnostic, le bilan, les 
traitements et le suivi ne sont 
pas toujours optimaux. Afin 
d’harmoniser la prise en charge, 
le département de gynécologie 
et d’obstétrique, placé sous 
la responsabilité du Pr Jean- 
Bernard Dubuisson, a mis en 
place en janvier 2009 un centre 
des maladies trophoblastiques 
avec la collaboration du Centre 
hospitalier universitaire vaudois, 
des Hôpitaux Neuchâtelois et 
de l’Hôpital du Jura. Multidisci-
plinaire, l’équipe comprend des 
gynécologues, des pathologues, 
des oncologues médicaux, un 
généticien, ainsi qu’une infirmière 
référente. « Ce centre d’expertise
permet aux cliniciens d’obtenir
des conseils, des informations
ou d’enregistrer leur patiente.
Nous analysons une seconde
fois les tissus anormaux curetés,
établissons la courbe d’évo-
lution des hCG et proposons
une conduite thérapeutique
concertée à tenir »,  relève 
Ginette Rosseel. Et de préciser : 
« La patiente n’a pas besoin de
nous consulter. Les informations
sont transmises à son médecin
de référence par courrier. »
Paola Mori
Vite lu
Fondation
Tissières
En 2009, la Fondation Jérôme
Tissières a généreusement
remis un chèque de 30 000
francs au Dr Bernhard Walder,
médecin adjoint agrégé au
service d’anesthésiologie.
Cette donation sera utilisée
pour soutenir le projet intitulé
« Devenir du patient après
un traumatisme cranio-céré-
bral », correspondant au titre
anglais « Patient-relevant
Endpoints after Brain Injury
from Traumatic Accidents (PE-
BITA) ». Objectifs ? Connaître la
véritable fréquence des trau-
matismes crâniens-cérébraux
sévères en Suisse (actuelle-
ment estimée à 10 patients
pour 100 000 habitants et par
an), connaître la qualité de
vie du patient et des proches
à long terme et détecter les
facteurs précoces influençant
le pronostic.
Pulsations TV
primé
L’émission Pulsations T V
consacrée à la « Greffe de
rein avec donneur vivant. A
travers la barrière des groupes
sanguins » a remporté le prix
spécial du jury au 14e festival
international des émissions
médicales et des reportages
médicaux télévisés d’Amiens.
Le film retrace le parcours de
Bruno qui a reçu un rein de sa
maman malgré des groupes
sanguins incompatibles.
Le placenta est anormal et se pré-
sente sous forme de kystes.
JEAN-CLAUDE RUMBELI ET PIERRE-ALAIN RÜTTIMANN / HUG
SAVOIR +
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