Colloque sur le théâtre de Sony Labou Tansi - LABEX Arts-H2H

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Colloque international
Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique
14-15 novembre 2013
Sony Labou Tansi en scène(s)
Une expérience théâtrale du monde
Appel à communication
« Le théâtre est peut-être la seule manière de redorer le blason de l’existence
sans cesse délavé par l’institution civile — C’est un lieu de rencontre avec la
vie et la mort et peut-être la seule occasion pour un être <humain> de serrer
la main fortement à ces deux inconnues. En cela il me paraît être un lieu
sacré. Le sacré étant pour moi ce qui permet de joindre la respiration de la
chair à celle de l’idée, autorisant ainsi la cohabitation lumineuse entre la
poétique du muscle et celle de l’idée […]. Nous assistons toujours à une
manière d’immolation : l’acteur prête son corps, en cela il est holocauste. Le
public prendra ce corps pour voguer vers des ailleurs qui tous les comptes
faits sont d’ici. »
SLT, Propos de répétitions, 8 novembre 1984
Le théâtre est au coeur de la conception que l'écrivain congolais Sony
Labou Tansi se fait de l’écriture, car comme celle-ci, mais plus
directement que celle-ci, il établit un lien physique, voire érotique,
entre les mots et les corps, confondus alors en « chair-mots-depasse ». Dans sa quête d'une expérience incarnée du verbe, Sony
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cherchait à rendre vivante toute parole. Le kairos de la représentation
théâtrale est en ce sens la visée de toute sa démarche créatrice,
l’accomplissement de la force de vie qu’il cherche à donner au verbe.
Si jusque dans les romans, poésies, lettres et conférences, on trouvera
une dimension dramaturgique et scénique, de « visualité », de
performance, c'est peut-être au théâtre de Sony énergumène que
s'allume le moteur de son énergie créatrice, que s’accomplit et
s’entend pleinement sa « folie de nommer ».
Pourtant ses pièces sont aujourd'hui mal connues, peu jouées et à
peine étudiées, alors qu'elles donnent d'indispensables clés pour une
lecture du reste de l'oeuvre. Une importante mémoire de mises en
scène risque de se perdre, notamment pour des textes qui n'ont
toujours pas fait l'objet d'une publication. Sony a aussi théorisé sa
pratique du théâtre ; conçu d’abord comme un moyen de « parler à
plus de monde », il le voyait comme un « artisanat mondial » par
lequel des hommes entraient en contact avec d'autres hommes, un
théâtre monde avant la lettre. À l'horizon de l'ancrage
anthropologique du théâtre (que Sony envisageait volontiers comme
une forme de salut, comme une pratique rituelle de « sauvetage »), il
y a une dimension politique concrète, philosophique et humaine,
vécue comme résistance aux dérives idéologiques et à la misère
matérielle du continent, à son silence.
Ce colloque voudrait comprendre la façon dont ce théâtre novateur a
été, et peut encore être, pratiqué par des acteurs, par des metteurs
en scène, par des lecteurs et par tous ceux que Sony cherchait
obstinément à interpeller de pièce en pièce.
Les propositions de communication, qui concernent tous les
chercheurs, aussi bien les universitaires que les artistes, pourront se
rattacher à l'un des quatre axes suivants:
- Un art de performance :
- sur la vie des différentes troupes au Congo et en particulier du
Rocado. Zulu Théâtre) et des témoignages de ceux qui ont joué
avec SLT ou participé à son théâtre
- sur l'esprit, les façons de faire, les techniques des répétitions
- sur les collaborations avec des metteurs en scène, les
compléments de regard qu’il a demandé ou qui lui ont été
imposé
- les mises en scènes (quelle part y prend-il ?), le travail d’acteur
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- Une pratique politique et sociale :
- sur le lien avec le théâtre de guérison, dimension pédagogique,
prophétique, manifestaire, etc. Un lien ne se fait-il pas à ce
niveau, ou un continuum ne s’établit-il pas entre formes
occidentales (art) et africaines (pratiques sociales) ?
- le public/la foule (quels "usages" des spectateurs ?)
- le spectaculaire (comment Sony travaille-t-il le visible et
l’invisible et leur effet sur le spectateur)
La
part
de
l’ombre :
Atopie/utopie,
magie/rêve,
politique/science-fiction
- L'art de « dramatiser » des fables :
- autour des personnages (quelles grandes figures, leur lien avec
des personnages de roman, etc.)
- les réécritures de Shakespeare (La coutume d'être fou/Hamlet;
Roméo et Juliette/ Jules César…)
- théâtralité de la fable (autour des types de récit qui soustendent le théâtre de Sony)
- Vers un théâtre expérimental?
- Quelles pistes ont-elles été prolongées dans les nouvelles
dramaturgies?
- lien avec les expérimentations poétiques sur le langage...
- expériences croisées de mise en scène de SLT à travers le
monde : Europe, Afrique, Amérique
- inspirations de Sony : que connaît-il du théâtre ? (africain,
occidental, les autres formes de performance, notamment
rituelles et religieuses)
Les propositions de communication d’une quinzaine
de lignes devront parvenir avant le 24 juin 2013 , en
fichier Word attaché, à :
Céline Gahungu : cgahungu@hotmail.fr
Xavier Garnier : xavier.garnier@univ-paris3.fr
Nicolas Martin-Granel : yanikos@aol.com
Julie Peghini : julie.peghini@gmail.com
3
Comité scientifique et artistique :
Rémi Astruc
Jean-Damien Barbin
Pierre-Marc de Biasi
Monique Blin
Sylvie Chalaye
Jean-François Dusigne
Xavier Garnier
Mukala Kadima-Nzuji
Bernard Magnier
Nicolas Martin-Granel
Martin Mégevand
Daniel Mesguich
Maëline Lelay
Julie Peghini
Patrice Yengo
4
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