
L’aide publique au développement est très insuffisante et mal orientée
Dans les années 80, les pays donateurs se sont fixé un objectif : porter le montant
de l’aide publique au développement (APD) à 0,7% du PNB, le double des
montants alloués à l’époque. Dans les faits, les budgets de l’APD ont diminué
presque de moitié. Au Canada, ils sont passés de 0,43% du PNB, en 1988, à 0,29%,
en 2001.
Parallèlement à cette diminution, l’APD a évolué en un instrument de mise en
œuvre des plans d’ajustements structurels et des stratégies catastrophiques émanant
du FMI et de la Banque mondiale : « Les pays donateurs sont devenus des
inconditionnels de la conditionnalité ». Alors que dans les années 80 on parlait de
conditionnalité démocratique (pour recevoir de l’aide, tel pays se voyait encouragé
à entreprendre une démocratisation de son fonctionnement), aujourd’hui, la
conditionnalité est de type néolibéral : pour recevoir de l’aide, il faut se conformer
aux diktats du FMI, privatiser, libéraliser le commerce, éliminer les protections
douanières de ses produits, déréglementer.
Par ailleurs, la partie des budgets de coopération qui permettait aux organismes
indépendants de sensibiliser et d’éduquer le public aux réalités internationales a été
réduite de manière encore plus dramatique que l’ensemble. Des groupes
d’éducation ont même subi des coupures de 100%.
Enfin, les budgets affectés à la concertation entre les différents organismes de
coopération internationale pour leur permettre de jouer leur rôle de conseil et de
critique des politiques gouvernementales, ont été également réduits parfois de
100%.
Le défi est donc triple :
augmenter substantiellement les budgets de coopération internationale en
remettant concrètement à l’ordre du jour l’objectif de 0,7% du PNB;
réorienter ces budgets vers les objectifs de lutte à la pauvreté, de justice
sociale et de développement humain. Rappel : 70% des 4, 5 milliards de
personnes qui vivent avec moins de 2$ US par jour sont des femmes et des
enfants;
réserver des montants suffisants pour les initiatives non gouvernementales,
en particulier pour les programmes de sensibilisation et d’éducation du