
multinationales se trouvent ainsi au cœur d’un processus productif
mondial commandé par l’exploitation des dotations factorielles
naturelles des pays. Aujourd’hui, le phénomène s’est élargi et touche
à la fois les domaines culturel, social et politique, conduisant à une
série d’interrogations.
Pourtant, le concept malgré son utilisation quasi universelle
fait l’objet de plusieurs compréhensions tant au niveau des
chercheurs qu’à celui du public. Le sujet est vaste, complexe,
largement débattu, souvent diabolisé au détriment d’analyses
robustes avec des statistiques crédibles. Ainsi, comme le note
BOYER, «quand des ouvriers d’un abattoir de poulets se mettent en
grève pour contester un aménagement de leurs horaires de travail,
on décrète qu’ils se battent contre la mondialisation qui impose sa
rationalité aux entreprises de ce secteur étroitement dépendant
de ses performances à l’exportation. Tel gouvernement choisit de
renoncer à exercer ses prérogatives pour s’aligner sur les positions
des lobbies favorables au tout-déréglementation, il se justifie en
se fondant sur les nouvelles exigences de la mondialisation
».
Bien que les termes même de "mondialisation", "globalisation",
"internationalisation" soient à la fois flous et empreints
d’ambiguïté, chacun pense que leurs conséquences (sans pouvoir les
cerner précision) sont importantes. Pour certains auteurs, nous
entrons dans l'ère de la mondialisation à partir du moment où un
pourcentage significatif du PIB de la nation est réalisé avec
l'extérieur alors que pour d'autres, ce pourcentage est moins
significatif que la «dépendance » ou «l’indépendance» de la nation
vis-à-vis de décisions prises par des acteurs de l'étranger : firmes
ou Etats compte tenu du caractère de "price taker" ou de "price
maker" que détiennent ces acteurs sur le marché mondial. Pour
d'autres enfin, la mondialisation exprime l’ensemble des
mécanismes qui contribuent à leur ruine par le biais des mécanismes
connus de l’échange inégal caractéristique des distorsions dans le
processus de formation des marchés internationaux et de
R. Boyer et al : Mondialisation au-delà des mythes, Edit. La Découverte,1997, 174p.