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a) Un environnement macro-économique défavorable
Depuis la fin des Années 70, les pays d'Afrique confrontés à la stagnation de
la production, aux déséquilibres financiers, à la massification de l'endettement ont
mis en place des politiques de stabilisation et d'ajustement dont l'un des objectifs
importants est de permettre l'accroissement de l'investissement privé(
). En réalité,
ce sont les investissements d'aujourd'hui qui font les profits de demain et les
emplois d'après-demain. Les Nouveaux Pays Industrialisés et le Japon en ont fait
une variable déterminante. C'est ainsi qu'un pays comme le Japon consacre 30% de
son PIB à l'investissement(
). Au Sénégal, ce taux d'investissement, de l'ordre de
12% dans les années 80, il est estimé en 1996 à 16,6%.
Toutefois, plus de deux décennies d'application des PAS n'ont pas encore
permis de sortir de la crise et d'amorcer un processus irréversible, ce qui s'explique
aisément à travers la fonction d'investissement de IBARRA (1995)(
) :
It It-1 wkt
──
= k0 + k1
──
+ k2 + Et1 [Δln(yt)] + k3 Et Δln
──
+ k4 [θt]
Kt-1 [ Kt-2] [ Pt ]
La variable dépendante est ici le taux d'investissement et ses différents
arguments sont respectivement : le taux d'investissement à l'année t-1, la variation
anticipé de l'output global si la réforme macroéconomique est durable, le coût
anticipé des services du capital et enfin, la globalité (θt) que l'environnement
macroéconomique se dégrade du fait de l'abandon de la réforme liée à l'application
des PAS. Cette probabilité est le point nodal et elle est négativement liée à
l'investissement privé et peut être affectée par plusieurs facteurs. D'abord par des
facteurs politiques ; c'est le cas lorsqu'il y a risque que le gouvernement reporte
des mesures annoncées ex ante, c'est également le cas lorsqu'il y a incertitude
quant à l'avenir du régime politique en place. En second lieu, cette probabilité
s'accroît s'il y a risque de crise de la balance des paiements dû à une politique
monétaire ou fiscale expansionniste, une appréciation du taux de change réel, une
baisse non anticipée des secteurs d'exportation. Toutes choses qui sont
caractéristiques à des degrés divers -il est vrai- de l'environnement économique
des pays africains.
En effet, les indicateurs d'augmentation de l'investissement privé du cadre
macro-économique sont, en général, défavorables avec un double déficit des
finances publiques et de la balance des paiements, un taux de change surévalué,
une inflation rampante, un encours de la dette insupportable et un taux de
croissance inférieur à celui de la croissance démographique. Et ces distorsions sont
assez dissuasives de l'investissement.
. BIGSTEN A. : Constraints on african growth in New directions in development economics by LUNDAHL M. & NDULU
B., Rouledge, London, 1996, p. 60.
. BOISSONNAT J. : Une crise de l'argent, L'Expansion, 4/17 Mars 1993, p. 79
. Luiz Alberto IBARRA : Credibility of trade policy reform and investment = the mexican case. Journal of Development
Economics, vol. 47, pp. 39-60.