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Prévisions économiques et financières Volume 17 / Automne 2012 www.desjardins.com/economie
SOMMAIRE
Le lent rééquilibrage des pays industrialisés se poursuit
Plusieurs banques centrales sortent l’artillerie lourde
Les enjeux économiques et financiers mondiaux demeurent importants et le chemin pour parvenir à une plus grande stabilité,
notamment en Europe, est parsemé d’obstacles. L’été a été riche en promesses dans la zone euro, mais elles doivent maintenant
se transformer en actions concrètes. La Chine suscite des inquiétudes, les États-Unis craignent le fiscal cliff 1, la zone euro est
en récession et les moteurs de la croissance au Canada s’affaiblissent. Sur l’horizon 2013, les marchés financiers seront
encore sur les dents, et l’activité économique, très modérée. Le redressement des profonds déséquilibres poursuit son cours.
TOUS LES ESPOIRS SONT MAINTENANT PERMIS
POUR LA ZONE EURO
L’événement marquant de l’été a été la promesse du président
de la Banque centrale européenne (BCE) de prendre toutes
les actions nécessaires pour préserver l’euro. C’est dans ce
cadre que la BCE peut maintenant acheter sans limites des
obligations des pays ayant demandé une aide au fonds de
sauvetage dans le but d’atténuer les tensions financières sur
ces mêmes pays. En revanche, il reste encore beaucoup à
faire, dont mettre en place le plan de recapitalisation des
banques espagnoles, le pacte pour l’emploi et la croissance,
et faire avancer le projet d’une union bancaire entre les pays
de la zone euro. Les efforts promis par des pays comme la
Grèce pour rétablir leur situation budgétaire devront aussi
être respectés. Avec une baisse anticipée du PIB réel de 0,4 %
en 2012, la récession frappe actuellement en zone euro, et
les meilleurs jours se feront encore attendre longtemps avec
une hausse prévue de seulement 0,1 % en 2013.
Pendant ce temps, l’économie de la Chine inquiète de plus
en plus, et d’autres mesures de stimulation sont au menu.
Des indicateurs comme les ventes au détail, la production
industrielle, les exportations, les emprunts et les investisse-
ments étrangers voient leur croissance ralentir. La faiblesse
de la demande mondiale affecte l’économie chinoise, ce qui
se répercute sur les pays fournisseurs, notamment les pro-
ducteurs de matières premières. Compte tenu de ces diffi-
cultés, la prévision de croissance mondiale a été abaissée de
3,1 % à 3,0 % pour 2012 et de 3,7 % à 3,4 % pour 2013.
LES ÉTATS-UNIS CRAIGNENT LE REDRESSEMENT
BUDGÉTAIRE
L’économie américaine a montré des signes plus encoura-
geants cet été. Après avoir cumulé une baisse de 1,4 % de-
puis le sommet du mois de mars, les ventes au détail ont
bondi de 0,8 % en juillet et de 0,9 % en août. Le PIB réel a
Sources : Institute for Supply Management, Conference Board et Desjardins, Études économiques
Graphique 1 – La confiance des entreprises et des ménages
ne montre pas d’amélioration significative aux États-Unis
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2009 2010 2011 2012
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Indice ISM manufacturier (gauche)
Indice de confiance des consommateurs du Conference Board (droite)
Indice Indice
1 On nomme fiscal cliff l’ensemble des mesures budgétaires devant être appliquées dès janvier 2013 si aucune loi n’est changée. Cela inclut l’échéance des
baisses d’impôts de 2001, de 2003 et de 2010 et les réductions de dépenses exigées par l’accord de 2011 sur le plafond de la dette.
enregistré une croissance modérée de 1,7 % au printemps,
mais le premier trimestre a été légèrement ajusté à la hausse.
De plus, l’augmentation du PIB réel au dernier trimestre
de 2011 a été fortement révisée à la hausse. La croissance
prévue du PIB réel aux États-Unis a donc été relevée à 2,2 %
pour 2012.
En revanche, les indices de confiance des consommateurs
ont de la difficulté à remonter et l’ISM manufacturier se
trouve toujours en dessous de la barre de 50 (graphique 1),
ce qui laisse entrevoir d’autres difficultés pour les entrepri-
ses. L’annonce de la création de 163 000 emplois en juillet
avait étonné, mais tout le monde a vite été déçu par celle de
96 000 emplois en août. Il y a fort à parier que le moral des
Américains sera influencé par l’issue des élections prochai-
nes, par les diminutions des dépenses publiques ou par les
hausses d’impôts susceptibles de survenir en début de 2013.
La croissance espérée de l’économie l’an prochain sera in-
fluencée par tous ces éléments d’incertitude et restera mo-
dérée à 1,9 %.