
La ville c’est de l’économie. De l’économie au sens noble du terme, c’est-à-dire, ce
qui a amené des populaons à se regrouper pour construire ensemble des villes.
Au-delà donc des performances énergéques de nos bâments, ou des émissions de
nos véhicules, la robustesse du Grand Paris dépend de la durabilité de son système
économique complexe et intégré.
L’enjeu économique a toujours été le point névralgique de la planicaon en l’Île-de-
France. Le culte du siècle dernier étant celui de la croissance, diérentes planicaons
ont été parellement réalisées en ce sens : les cités jardins des années 1930, les villes
nouvelles des années 1960, les clusters en 2008.
Cee progression de la planicaon pousse toujours plus vers la spécialisaon
et une focalisaon sur le bureau, le neuf, l’innovant, des lectures parelles du
système économique. Or, le Grand Paris est une économie complexe et diversiée :
1ère desnaon tourisque mondiale, ville de culture et de patrimoine, 1ère ville
universitaire mondiale… Sans oublier la producon et la distribuon de l’alimentaon
qui recouvrent des champs économiques très variés. Le système existant, qui innerve
déjà le territoire, en fait le 1er PIB d’Europe devant Londres. Ce système doit selon
nous être reconnu, placé au centre des réexions sur la planicaon économique.
Dans un contexte de mutaons et d’incertudes, nous souhaitons poser ici la queson
de la condion de la robustesse du Grand Paris. Ce terme indique une spécicité de
certaines organisaons, structures, ou de certains matériaux à s’adapter à l’aléa, aux
chocs et à l’avenir incertain. Alors que la résilience vise à retrouver l’état originel, la
robustesse permet de dépasser cet état originel et de retrouver un équilibre ainsi
qu’une capacité à se réinventer. Cee noon est au croisement d’enjeux mulples :
climat, inégalités socio-économiques croissantes, paramètres liés au vieillissement,
développement de l’industrie, crise du teraire et de l’immobilier, obsolescence,
friches et transformaon.
Penser la transion métropolitaine demandera alors de s’intéresser aux qualités de
cee robustesse, à savoir : l’interacon entre les diérents niveaux économiques ;
l’équilibre, au croisement avec les enjeux de massicaon et de démassicaon ;
l’adaptaon, et la capacité à penser dans le temps ; le réemploi, en lien avec les
quesons de ressource ; la diversité, multude des éléments économiques ou à
portée économique qui animent le territoire.