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SOMMAIRE
Pour attaquer p.3
3/ en plein chaos – 5/ j’ai pris un verre avec… – 6/ chronique – 8/ chronique
9/ mauvaise humeur – 10/ la mémoire retrouvée –12/ club Transfuge
14/ le journal de… – 15/ nouvelles gueules / 3 questions à ...
Le grand entretien p.16
18/ introduction
20 / entretien : Abel Ferrara
Littérature p.24
24 / ouverture : Le Roman d’un être, Bernard Noël
28 / critique : Récit d’un noyé, Clément Rosset
29 / critique : Lausanne, Antonio Soler
30 / critique : L’Atelier du Diable, Jáchy m Topol
31 / critique : Le Conscrit, Martín Kohan
32 / critiques
34 / remous : Jack London, le Dyonisos du pauvre
38 / déshabillage : Catherine Robbe-Grillet
Cinéma p.42
42 / ouverture : Tabou, Miguel Gomes
46 / critique : 4h44, Dernier jour sur terre, Abel Ferrara
47 / critique : Violeta, Andrés Wood
48 / critique : Marina Abramovic : The Artist Is Present, Matthew Akers
49 / critique : Les Invisibles, Sébastien Lifshitz
50 / critiques
54 / remous : Le verbe de Godard
58 / déshabillage : Valérie Donzelli
Dossier p.62
64/ Sur le parvis du Panthéon
66/ Œuvres choisies, Eduard von Keyserling
68/ Au bord de la mer Noire, Israël Joshua Singer
69/ Quand plus rien n’aura d’importance, Juan Carlos Onetti
70/ Parents et Enfants, Ivy Compton-Burnett
71/ L’ I l e , Eugène Dabit
72/ Critiques
74/ Interview Jean-Yves Tadié
76/ Le choix des écrivains
78/ Coffret Raymond Bernard
80/ La Valse dans l’ombre, Mervyn LeRoy
81/ Les Jeux de l’amour, Philippe de Broca
82/ Woman on the Run, Norman Foster
83/ Euréka, Nicolas Roeg
84/ Critiques
86/ Interview Jean-François Rauger
88/ Le choix des cinéastes
Et pour fi nir p.90
90/ théâtre : Nouveau Roman, Christophe Honoré
91/ essai : Les Atticistes, Eugène Green
92/ série : Freaks and Geeks, Paul Feig
93/ expo : Mircea Cantor
94/ médias : Bruno Patino
95/ bloc-notes
96/ musique pop : Rénover ses classiques
97/ musique classique : Oratorio de Noël, Camille Saint-Saëns
98/ prophétie
N°63/DÉCEMBRE 2012
GRAND ENTRETIEN / Page 17Page 16 / TRANSFUGE
GRAND ENTRETIEN
Je suis
encore vivant,
pas vrai ?
Abel Ferrara
Abel Ferrara, réalisateur de l’inoubliable
Bad Lieutenant,
revient avec un film sur l’Apocalypse,
4h44, Dernier jour sur terre
.
Un magnifique film de couple sur fond de destruction imminente
de la planète. Rencontre avec le mythique réalisateur
new-yorkais, de passage à Paris, entre Perrier et café.
propos recueillis par
Damien Aubel et Vincent Jaury
photo Jean-François R obert
GRAND ENTRETIEN
Abel Ferrara et Shanyn Leigh, sa
compagne, actrice principale
de 4h44, Dernier jour sur Terre
Abel Ferrara
P. 16
REMOUS
e rouge chez Godard, ce n’est pas
seulement celui du drapeau suisse :
c’est aussi celui du gauchisme tendance
radicale. JLG ent re résolument en
militantisme à la fin des six ties. Avec
Jean-Pierre Gori n, un de ses amis,
qui lui ouvre les portes des g roupes maoïstes
à l’époque de La Chinoise, God ard fonde le
groupe Dziga Vertov en 1969. Groupe, ou plutôt
nébuleuse à géométrie vari able, qui emprunte
son nom au légendaire réalisateur de L’Homme à
la caméra. On aur ait pu attendre de Godard d’êt re
un moine-soldat anonyme de l ’extrême-gauche,
on a en fait vu un arti ste ne cessant de réfléchir à
son art.
Comme tous ses pairs, i l s’est posé la question
d’une esthétique engagée : comment faire un cinéma
politique ? Comment faire un film des r evendications,
de la colère et des propositions utopiques ? Comment
mettre lumières et sons au serv ice de la Révolution ?
Godard, homme de phras es, de mots, spécialisé
dans le laminage cit ationnel, trouve une réponse :
un cinéma révolutionnaire est un c inéma du verbe.
La Révolution par le v erbe
Le Vent d’est, « western gauchiste » où Cohn-
Bendit joue avec Gian Maria Volonté, présente une
séquence matricielle, un point de fusion où se mêlent
les enjeux esthétiques et politiques auxquels se
confronte Godard. Il s’agit de la scène de l’ass emblée
générale réunissant acteur s et équipe technique.
Alors que la discuss ion se réduit à un brouhaha, la
caméra suit une trajectoi re capricieuse. Elle titube,
elle passe à gauche, elle passe à d roite, elle saisit des
arbres, zoome sur une affiche, dézo ome. Il s’agit
d’un chaos soft, un désordre bucol ique (on se situe
dans la campagne ita lienne). Mais, alors qu’on tente
diffici lement d’emboîter les pièces de ce puzzle
sonore et visuel, une voix off inter vient. Une parole
structurée, clai re, analytique. Elle a la rhétorique
questionneuse et ultra-p édagogique de l’époque
(« Pourquoi ces rapports san s cesse changeants des images et
des sons ? »). Mais surtout, elle joue les i nterprètes : elle
explique l’origine de l’AG – il s’agissait de montrer
un peu de la fièvre de parole collective de 68 . De
dire le pourquoi et le comment de ce qui apparaît
comme un amas informe d’ images et de voix. Pour
Jean-Luc Godard, u n cinéma révolutionnaire est un
cinéma qui fait apparaît re la parole révolutionn aire
pour ce qu’elle est : non pas une imprécation
d’ayatollahs d’extrême-gauche, encore moins une
éructation bouton neuse d’adolescent, mais une
parole bâtisseuse, qui lutte contre le chaos. Un
verbe qui s’oppose à l’exploitation mécanisée de
l’homme par l’homme.
Le verbe de Godard
Les années Dziga Vertov, sont une période de bouillonnement créatif
pour Godard, qui cherche la formule d’un cinéma politique.Un cinéma
dont la clé est le verbe. Retour sur cette période à l’occasion de la
sortie d’un coffret, Jean-Luc Godard - Politique, chez Gaumont.
par Damien Aubel
photo remerciements à Quentin Becker (gaumont)
L
Le bruit de l’esclavage
Prenez par exemple British Sounds. Conçue ave c
un militant, Jean- Henri Roger, cette commande
de la télévision anglaise, es t un cocktail politico-
expérimental qui bra sse discours et formules sur
la condition des travail leurs ou sur le féminisme.
Mais on retiendra s urtout l’affolante première
séquence, cette magistrale démonst ration de
jusqu’au-boutisme cinématog raphique. Pendant
dix minutes, la caméra s uit la chaîne de montage
d’une usine d’automobiles d’Oxford pendant que la
bande-son vomit un bru it assourdiss ant, intolérable.
C’est le fracas des machines, la repro duction
Le Gai savoir
(1969)
avec Jean-Pierre Léaud et Juliet Berto
Le verbe de Godard
Grand Entretien
DOSSIER / Page 63Page 62 / TRANSFUGE
DOSSIER
DOSSIER
classiques
Réveillon(s) nos
Noël est là, son sapin, ses cadeaux. Marre d’offrir le
Goncourt ou la énième réédition des
Tontons flingueurs
?
Osez les modern classics, ces oubliés de la postérité
artistique. La littérature et le cinéma regorgent d’œuvres
qui mériteraient le titre de classique, remplissant tous
les critères pour figurer au Panthéon de la culture.
Mais comment les reconnaître ? Qu’est-ce qui fait un
modern classic ? Pourquoi sont-ils restés dans l’ombre ?
Toutes les réponses dans ce dossier. La rédaction de
Transfuge
a plongé dans les oubliettes du XX
e
siècle pour
vous proposer sa sélection de modern classics, livres et
dvd à réhabiliter de toute urgence.
par Damien Aubel, Orian e Jeancourt
Galignani et Vincent Jaury
illustration d’ouverture par Kill ofer
Réveillon(s) nos classiques
Dossier
Remous
P. 62
P. 54
-P.4-5 Somm+ j'ai bu un verre....indd 4 26/11/12 14:39