les-serments-de-strasbourg-du-14-fevrier-842-de-v-dor

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REPUBLIQUE DU BENIN
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MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR ET DE LA
RECHERCHE SCIENTIFIFIQUE
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UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI
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ECOLE NORMALE SUPERIEURE DE PORTO-NOVO
Filière: LETTRES MODERNES
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Première année
Unité d’enseignement : LITTERATURE ET CIVILISATION FRANÇAISE
Groupe : 05
Thème : LES SERMENTS DE STRASBOURG
Exposants:
ADRO
AGBOKPE
Professeur:
Antoine
J e ff
ANATO
Nadège
MIKLOHOUN
Sylvain
DOFFONWAKOU
Yves
Dr. Pascal Okri TOSSOU
Année académique : 2012-2013
PLAN
INTRODUCTION
I-LES CONFLITS COMME BASES DES SERMENTS DE
STRASBOURG
1-Lothaire et ses ambitions égoïstes
2-Le pacte entre Charles le Chauve et Louis le Germanique
II-IMPORTANCES DES SERMENTS DE STRASBOURG
1-Le partage de l’empire selon le traité de Verdun
2-L’importance linguistique
III- PRESENTATION DES SERMENTS DE STRASBOURG ET
LEURS EXTRAITS
1-Présentation des serments de Strasbourg
2-Les extraits des serments de Strasbourg
CONCLUSION
REFERENCES BIBLIOGRAPHIQUES
INTRODUCTION
L‘histoire de la France est marquée par trois grandes dynasties successives dont les
mérovingiens, les carolingiens et les capétiens. Les Carolingiens tirent leur nom du plus
célèbre représentant de leur famille, l'empereur Charlemagne qui avait su garder l’unité de
son empire .A sa succession, Louis le Pieux et ses enfants ont contribué au partage de cet
empire eu égard à leurs divers problèmes familiaux. C’est au cours de la période de ses
problèmes qu’ont été prononcés les serments de Strasbourg le 14 février 842.Ces serments
sont l’objet de notre étude qui s’articulera d’abord autour de l’origine de ces serments,
ensuite autour de leurs importances et enfin, autour de la présentation et des extraits des
serments de Strasbourg.
I-LES CONFLITS COMME BASES DES SERMENTS DE STRASBOURG
Avant d’aborder les bases des serments de Strasbourg, il est important de clarifier un
peu le concept de serment. Etymologiquement, le mot « serment » vient du latin
« sacrementum » et de « sacrare » qui veulent dirent « rendre sacré ».Selon le dictionnaire
« Le Robert », c’est une affirmation ou une promesse faite en invoquant la morale ou un être
sacré. ». Dieu est l’être sacré dont il s’agissait à Argent aria, l’actuel Strasbourg. Mais,
pourquoi la prestation du serment de Strasbourg ?
1-Lothaire et ses ambitions égoïstes
A la mort de son père Louis le Pieux qui était l’empereur français de 814 à 840,
Lothaire hérite légitimement le vaste empire qu’a laissé son père dont il est le fils aîné parmi
ses frères Pépin, Louis et Charles. Toutefois, signalons que Pépin mourut par la suite et que
Charles était issu d’une autre mère que celle des autres, sa mère s’appelle Judith. Même si
après le décès de son père, Lothaire était choisi comme le parrain du jeune Charles, il
s’oppose à Judith et à son clan. Déjà en 839 c’est-à-dire du vivant de son père, Lothaire
s’était révolté contre son père s’étant associé contre ses deux frères germains. On constate
ainsi la jalousie de Lothaire contre Charles. En 833, Louis le Pieux prévoit le partage de
l’Etat dans lequel Charles a sa part. Ce qui n’est pas du goût de Lothaire qui se révolta encore
contre son père. On se rend compte du caractère égoïste de Lothaire en ce sens qu’il veut que
tout l’Etat ne soit dirigé que par lui. Mais, ses frères supporteront-ils de voir leur part
d’héritage arrogée par Lothaire ? Resteront-ils sans se défendre contre Lothaire ?
2-Le pacte entre Charles le Chauve et Louis le Germanique
Les serments de Strasbourg sont prêtés le 14 février 842, deux ans après la mort de Louis
le Pieux. Les enfants de ce dernier ne s’entendaient pas sur le partage de l’empire comme
l’avait prévu leur père. A partir de ce moment, on peut parler de deux clans : le clan de
Lothaire et celui de Charles le Chauve et de Louis le Germanique .C’est ce dernier clan qui
unit ses forces à travers les serments de Strasbourg. Louis le Germanique déclare son serment
en langue romane pour être compris des soldats de Charles le Chauve. Et Charles le Chauve
prononce le sien en langue tudesque pour qu'il soit compris des soldats de Louis. Cette façon
de procéder constitue aussi, outre la compréhension par les soldats de l'autre partie, un acte
symbolique. On peut déduire des langues de prestation des serments une union réciproque.
Surtout que ces serments tiennent lieu d’engagements dans l’union, dans la fidélité et dans
des aides mutuelles. Si tous les serments de Strasbourg constituent une alliance,
La déduction est que ce sont les rivalités qui ont conduit à la prestation des serments
de Strasbourg. Cette harangue de Louis avant la prestation des serments est bien illustrative
pour prouver la raison de cette alliance :
« Vous savez à combien de reprises Lothaire s’est efforcé de nous anéantir, en nous poursuivant,
mon frère Charles et moi, jusqu’à extermination. Puisque ni la parenté, ni la religion, ni aucune
autre raison ne pouvait aider à maintenir la paix entre nous, en respectant la justice, contraints
par la nécessité, nous avons soumis l’affaire au jugement du Dieu tout-puissant, prêts à nous
incliner devant son verdict touchant les droits de chacun de nous. Le résultat fut, comme vous le
savez, que par la miséricorde divine nous avons remporté la victoire et que, vaincu, il s’est retiré
avec les siens là où il a pu. Mais ensuite, ébranlés par l’amour fraternel et émus aussi de
compassion pour le peuple chrétien, nous n’avons pas voulu le poursuivre ni l’anéantir ; nous lui
avons seulement demandé que, du moins à l’avenir, il fût fait droit à chacun comme par le passé.
Malgré cela, mécontent du jugement de Dieu, il ne cesse de me poursuivre à main armée,
ainsi que mon frère ici présent ; il recommence à porter la désolation chez notre peuple en
incendiant, pillant, massacrant. C’est pourquoi, poussés maintenant par la nécessité, nous nous
réunissons, et pour lever toute espèce de doute sur la constance de notre fidélité et de notre
fraternité, nous avons décidé de prêter ce serment l’un à l’autre, en votre présence. ».Ce discours
est prononcé en roman avant la prestation des serments de Strasbourg. Mais, quelle est
l’importance de ces serments ?
II-IMPORTANCES DES SERMENTS DE STRASBOURG
1-Le partage de l’empire selon le traité de Verdun : concrétisation de l’alliance
Les serments de Strasbourg sont prêtés en 842 et marquent la détermination de Louis
et de Charles à s’entendre. Il va falloir attendre 843 pour voir se concrétiser cette
détermination à travers le traité de Verdun. C’est un traité de paix conclu en août 843 dans la
cité impériale de Verdun entre les fils de Louis le Pieux. Le traité de Verdun met un terme au
conflit opposant les trois frères carolingiens pour la possession de l’Empire franc édifié par
leur grand-père Charlemagne. Selon les termes de cet accord, l’Empire est partagé en trois
parties, mettant de ce fait un terme à la brève unification de l’Europe occidentale. Le fils aîné,
l’empereur Lothaire, qui a succédé à son père sur le trône de l’Empire carolingien, reçoit la
partie centrale de l’Empire, comprenant l’Italie, les Pays-Bas, l’Alsace, la Lorraine et la
Bourgogne, qu’il transforme en 855 en royaume de Lotharingie. Louis II, dit le Germanique,
obtient le contrôle du Royaume franc oriental, qui devient la Germanie (future Allemagne).
Charles le Chauve échoit le Royaume franc occidental, c’est-à-dire le royaume de France. De
cette répartition, il est important que le traité de Verdun, étant issu des serments de
Strasbourg, a permis de respecter le partage de l’héritage comme l’avait planifié l’empereur
Louis le Pieux .
2- l’importance linguistique des serments de Strasbourg
Les serments de Strasbourg se ressemblent par leur contenu mais se différencient du point de
vue linguistique. En effet, l’un est prêté en langue tudesque et l’autre en langue romane. Cette
dernière langue est la forme déformée et vulgaire du latin populaire qui donnera naissance à
la langue française. Mais, comment ? En effet, les habitants de la Gaulle appelés gaulois
parlaient le celtique, une des langues indo-européenne mais avec la conquête de Jules César
50 ans avant Jésus Christ, le latin classique et le latin populaire furent l’un et l’autre cultivés.
On y voyait accourir tous ceux qui avaient le goût des lettres ou qui désiraient arriver aux
honneurs. Mais pendant que les rhéteurs enseignaient dans les écoles le latin classique, les
soldats romains, les vétérans, les colons ; les marchands apprenaient au peuple des villes et
surtout des campagnes le latin vulgaire qu’ils parlaient eux-mêmes. Les prêtres romains qui
vinrent en Gaulle prêchaient en langue latine. Le latin populaire devint d’un usage général.
En effet, les paysans gaulois altérant tous de la même manière la prononciation du latin, le
transformèrent. A l’instar de ces paysans, les barbares tels que les Francs, les Saxons, les
Wisigoths, les Burgondes, contribuèrent puissamment à la décadence de la langue latine
populaire dont ils altéraient la prononciation. Vers le Ve siècle, à la chute de l’empire romain,
le latin, ainsi défiguré par la prononciation gauloise et Germanique commença par former une
langue distincte que les savants d’alors désignaient dédaigneusement par le nom de lingua
romane rustica et que l’on appelle langue romane. Le premier monument qui matérialise
officiellement la naissance de cette langue est les serments de Strasbourg du 14 février 842.
Au fil des siècles, le Roman va évoluer pour donner naissance à la langue française qui est
devenue l’actuelle langue officielle du Bénin. Revenant aux Serments de Strasbourg,
signalons qu’ils ont été prononcés oralement sans support écrit puisqu’en ces moments, tous
les écrits se faisaient en latin. Pour une première fois dans l’histoire, il eut un écrit dans
lequel il était mentionné la langue romane. Cet écrit est intitulé Histoire des fils de Louis le
Pieux qui est rédigé en latin par Nithard. Cet écrit justifie les événements comme les
décisions. Afin de signaler dans son texte même cette nouvelle alliance, Nithard utilise
l’échange linguistique et reproduit les Serments de Strasbourg dans les deux langues
vulgaires. L’écriture était jusque-là entièrement latine. Mais par le geste de Nithard, le
Français accède à l’écrit, et les langues vulgaires sont les premières langues à le faire.
II-PRESENTATION DES SERMENTS DE STRASBOURG ET LEURS EXTRAITS
1-Présentation des serments de Strasbourg
Serments de Strasbourg de fidélité réciproque prononcés en langue romane et germanique le
14 février 842 par Charles le Chauve et Louis le Germanique, deux des trois fils de
l’empereur Louis le Pieux .Destinés à être compris par l’ensemble des guerriers, les serments
de Strasbourg sont au nombre de quatre : deux en langue romane (voir Ancien français)
prononcés par Louis et ses officiers et deux en langue tudesque (ancêtre de l’allemand)
prononcés par Charles. Ils donnent lieu à une cérémonie grandiose qui réunit les armées et la
noblesse de Louis et de Charles : des joutes mettent ainsi aux prises, avec la participation des
deux rois, Saxons, Gascons, Austrasiens et Bretons qui les soutiennent.
2-Les extraits des serments de Strasbourg
Le 16 des calendes de mars, Louis et Charles se réunirent dans la cité qui jadis s’appelait Argentaria,
mais qui aujourd’hui est appelée communément Strasbourg, et prêtèrent, Louis en langue romane
et Charles en langue tudesque, les serments qui sont rapportés ci-dessous. Mais avant de prêter
serment, ils ont harangué le peuple assemblé, l’un en tudesque, l’autre en langue romane. Louis, en
sa qualité d’aîné, prenant le premier la parole que nous avons déjà citée plus haut.
Lorsque Charles eut répété les mêmes déclarations en langue romane, Louis, étant l’aîné, jura le
premier de les observer :
« Pro deo amur et pro christian poblo et nostro commun salvament, dist di en avant, in quant deus
savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre karlo,et in adiudha et in cadhuna cosa, si
cum om per dreit son fradra dift, in o quid il mi altresi fazet,et ab ludher nul plaid nunquam
prindrai qui meon vol cist meon fradre karle in damno sit »
°°°TRADUCTION :
« Pour l’amour de Dieu et pour le peuple chrétien et notre salut commun, à partir d’aujourd’hui,
autant que Dieu m’en donne le savoir et le pouvoir, j’assisterai mon frère Charles que voici, de
mon aide et en toute chose, comme on doit par le droit défendre son frère, à condition qu’il en
fasse autant pour moi. Et je ne ferai jamais avec Lothaire aucun traité qui selon ma volonté, soit au
préjudice de mon frère Charles »
Lorsque Louis eut terminé, Charles répéta le même serment en langue tudesque :
« In Godes minna in thes christianes folches ind unser bedhero gealtnissi, fon thesemo dage
frammordes, so fram so mir Got geuuizci indi mahd furgibit,so haldih tesan minnan bruother,soso
man mit rehtu sinan bruother scal,in thiu,thaz er mig sosoma duo;indi mit Ludheren in nohheiniu
thing ne gegango, zhe minan imo ce scadhen uuerhen»
°°°TRADUCTION:
« Pour l’amour de Dieu et pour le peuple chrétien et notre salut commun, à partir d’aujourd’hui,
autant que Dieu m’en donne le savoir et le pouvoir, j’assisterai mon frère Charles que voici, de
mon aide et en toute chose, comme on doit par le droit défendre son frère, à condition qu’il en
fasse autant pour moi. Et je ne ferai jamais avec Lothaire aucun traité qui selon ma volonté, soit au
préjudice de mon frère Louis »
Et le serment que prononça chaque nation dans sa propre langue est ainsi conçu en langue
tudesque :
« Oba karl eid,then er sinemo bruodher Ludhuuuige gesuor,geleistit,indi Ludhuuuige min
herro,then er imo gesuor, forbrihchist,ob ih inan es iruuenden ne mag,noh ih noh thero nohhein,
then ih es iruuenden mag, uuidhar karle imo ce follusti. »
°°°TRADUCTION :
« Si Charles observe le serment qu’il jure à son frère Louis et que Louis, mon seigneur, de son côté,
ne le maintient pas, si je ne puis l’en détourner, ni moi ni aucun de ceux que j’en pourrai
détourner, nous ne lui serons d’aucune aide contre Charles. » ;
Et en langue romane :
« Si Charles observe le serment qu’il a juré à son frère Louis et que Louis, mon seigneur, rompt
celui qu’il lui a juré, si je ne puis l’en détourner, ni moi ni aucun de ceux que j’en pourrai
détourner, nous ne lui prêterons aucune aide contre Charles. »
Le texte exact, ainsi qu’une narration, ont été préservés par l’historien Nithard qui a rédigé en
844 son Histoire des fils de Louis le Pieux.
CONCLUSION
En définitive, retenons que les Serments de Strasbourg sont prononcés en 842 par
Charles le Chauve et Louis le Germanique pour attaquer les ambitions égoïstes de Lothaire,
leur frère aîné qui veut à tout prix succéder tout seul à leur père. Ils ont par ailleurs une portée
linguistique. Ils sont restés dans l’histoire comme le plus vieux témoignage des langues
française et allemande car avec eux l’on a pu accéder à l’écriture de la langue dite vulgaire et
à la naissance du français par le truchement du roman. Vu tout ce long parcours qu’a effectué
le Français il est impérieux de tirer la leçon qui suit : « une langue ne nait pas du jour au
lendemain »
Références bibliographiques :
-Okri Pascal TOSSOU, Villon,… Voltaire,… Vigny …, Comprendre la littérature française, Cotonou
,2IA,2012
-Microsoft ® Encarta ® 2007. © 1993-2006 Microsoft Corporation.
- Lettres Modernes, ENS, Exposé sur Les Serments de Strasbourg ,2009-2010
-Recherche sur internet
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