Analgésie et sédation consciente
pour soins dentaires chez l’enfant
Yves Delbos*, Javotte Nancy*, Sophie Parfait*, Christiane Maudier**
C’est lors d’un spectacle organisĂ© le
10 décembre 1844 par un certain
Colton que Horace Wells, dentiste de
son état, découvre les bienfaits anes-
thĂ©siques du protoxyde d’azote. À
cette époque, on utilisait les effets
sédatifs du gaz hilarant pour animer
des soirées festives : un des partici-
pants, quelque peu excité, se casse une
jambe dans une acrobatie personnelle
mais continue la farandole comme
si de rien n’était ! Wells subodore les
bienfaits que l’on pourrait tirer d’une
telle propriété et, peu aprÚs, il se fait
enlever une dent de sagesse supé-
rieure par son confrĂšre Riggs. AprĂšs
une vingtaine de cas réussis en cabi-
net, il échoue malheureusement lors
de la présentation officielle de ses tra-
vaux devant la faculté... Tuberculeux,
raillé par ses collÚgues, blessé par les
succÚs de son ancien associé William
Green Morton2qui fait usage de l’éther,
il sombre dans la folie et meurt en se
sectionnant l’artĂšre fĂ©morale sous
chloroforme le 24 janvier 1848.
Réintroduit en France grùce à la per-
sĂ©vĂ©rance d’une Ă©quipe de l’hĂŽpital
Trousseau (Dr Annequin, 1995), le
protoxyde d’azote est de nouveau uti-
lisé pour des soins douloureux, et
tout particuliĂšrement en dentisterie
chez l’enfant difficile, “opposant”,
ainsi que chez certains handicapés pour
lesquels il permet d’éviter le recours
à une anesthésie générale, mais sous
une forme bien spécifique : le MEOPA.
AprĂšs une autorisation temporaire
d’utilisation (ATU) datĂ©e du 30 mars
1998, ce dernier bĂ©nĂ©ficie d’une auto-
risation de mise sur le marché (AMM)
depuis le 17 novembre 2001 (incluant
l’obstĂ©trique et l’odontologie), qui
le classe sur la liste 2 des substances
vĂ©nĂ©neuses et le rĂ©serve Ă  l’usage
hospitalier. L’inhalation doit ĂȘtre
conduite par du personnel médical
ou paramédical spécifiquement formé
mais non nécessairement anesthésiste,
et sur prescription nominative.
Principe de l’analgĂ©sie
relative
L’analgĂ©sie relative est la disparition
de la perception douloureuse sans
modification de la conscience. Le pro-
toxyde d’azote (N2O) est un gaz stable,
incolore, non inflammable, non irri-
tant, d’odeur douce et de saveur lĂ©gĂš-
rement sucrĂ©e. L’emploi du N2O en
odonto-stomatologie pédiatrique ne
s’intĂ©resse qu’à un mĂ©lange fixĂ©
d’emblĂ©e sous forme de 50 % de pro-
toxyde d’azote et 50 % d’oxygùne :
c’est le mĂ©lange Ă©quimolaire oxy-
gùne-protoxyde d’azote, ou MEOPA
(1, 2).
À cette concentration, le protoxyde
d’azote dans le mĂ©lange N2O/O2prĂ©-
sente deux effets majeurs : un effet
anxiolytique, euphorisant et amné-
siant ; un effet antalgique de surface.
Le protoxyde d’azote est un anesthĂ©-
sique faible, qui a des capacités antal-
giques mĂȘme Ă  faible concentration
(dùs 10 %). Toutefois, c’est entre
50 et 60 % qu’il se rĂ©vĂšle le plus effi-
cace sans risque de perte de cons-
cience3. AssociĂ© Ă  50 % d’oxygĂšne,
il peut ĂȘtre employĂ© en toute sĂ©curitĂ©,
sans craindre l’asphyxie du patient.
Le mélange a un effet amnésiant en
agissant sur des régions du cerveau
impliquées dans les processus de la
* Section d’odontologie pĂ©diatrique, universitĂ©
Victor-Segalen – Bordeaux-2. HĂŽpital Saint-AndrĂ©.
** HÎpital Robert-Debré, Paris.
1. Gaz découvert par Joseph Samuel Priestley
en 1772. Son activité analgésique a été démon-
trée par Davy et Allen dÚs 1800. DÚs 1846, Wells
l’utilise en dentisterie. Il est introduit en France
vers 1868 par Thomas Evans.
2. L'éther a été utilisé pour la premiÚre fois en
1842 par Crawford Long à Jefferson, aux États-
Unis, mais la postérité a retenu le nom de celui
qui effectua la premiÚre démonstration publique
de l'éther comme anesthésique le 16 octobre 1846,
au Massachusetts General Hospital Ă  Boston : le
dentiste William Morton.
3. À 80 % se produit un stade d’anesthĂ©sie, avec
dépression cardiovasculaire par hypoxie. Utilisé
pur, il provoque une perte de conscience en moins
d’une minute, suivie d’une paralysie bulbaire,
d’une apnĂ©e et d’un arrĂȘt cardiovasculaire.
I
l n’est peut-ĂȘtre pas inutile de rappeler la contribution essentielle
des odontologistes Ă  la sĂ©dation. C’est en effet aux chirurgiens-
dentistes que l’on doit l’introduction de l’éther et du protoxyde d’azote
1
dans le but louable de soulager les souffrances de leurs contemporains
au cours d’actes opĂ©ratoires.
Mots-clĂ©s : SĂ©dation consciente – MEOPA – Dentisterie pĂ©diatrique.
Statue de Horace
Wells (1815-1848)
d’aprùs le sculpteur
T.H. Barlett, telle
que l’on peut la voir
dans sa ville natale
de Hartford, Connec-
ticut, au Bushnell
Park.
36
Le Courrier de l’algologie (3), no2, avril/mai/juin 2004
Mise au point
Mise au point
mémorisation. Son inhalation entraßne
un détachement de la réalité sans
perte de conscience. On parle de
sĂ©dation consciente. L’enfant subit
un certain degrĂ© d’analgĂ©sie tout en
conservant ses réflexes laryngés. Il
peut répondre à tout moment à un sti-
mulus psychique et Ă  des commandes
verbales. Le gaz est éliminé rapide-
ment : en quelques minutes, le patient
revient Ă  son Ă©tat normal. Il n’est pas
dĂ©presseur respiratoire, il n’a pas
d’effet sur la frĂ©quence cardiaque et
la pression artérielle chez le sujet
sain.
L’enfant sous protoxyde d’azote est
relaxé, détendu ; il peut toutefois res-
sentir quelques désagréments tels
que des paresthésies (picotements,
fourmillements) au niveau des extré-
mités, une sensation de lourdeur, de
chaleur, de légÚreté.
Quelques effets indésirables ont été
décrits dans la littérature :
– des nausĂ©es et des vomissements,
dans moins de 5 % des cas ;
– une sensation de malaise, une dys-
phorie chez certains enfants trĂšs
anxieux ;
– une excitation ;
– une certaine somnolence (3).
Pratique de la sédation
consciente
Indications
La sédation consciente est particu-
liÚrement utilisée pour :
– les actes de courte durĂ©e (jusqu’à
45 minutes maximum) ;
– les enfants phobiques ;
– les enfants non coopĂ©rants ;
– les enfants polyhandicapĂ©s ;
– la petite chirurgie, les extrac-
tions.
Contre-indications (4)
Elles sont rares.
✓Contre-indications absolues :
– Accident de plongĂ©e, pneumo-
thorax ou occlusion digestive.
– Hypertension crñnienne.
– Bulles d’emphysùme.
– Embolie gazeuse.
– AltĂ©ration de la conscience non
évaluée.
– Traumatisme crĂąnien non Ă©valuĂ©,
accident cérébrovasculaire.
– Fracture des os de la face.
✓Contre-indications relatives :
– ImpossibilitĂ© de respiration par le
nez (sinusite, bronchite, rhume des
foins).
– Prudence en cas d’insuffisance
hépatique ou rénale, de drépano-
cytose et de greffes d’organes.
– Certaines associations mĂ©dicamen-
teuses. Il existe un risque de dépres-
sion respiratoire par potentialisation
par un psychotrope (benzodiazé-
pines : ValiumÂź, HypnovelÂź) ou
opioĂŻde (CodenfanÂź) (5).
✓Contre-indications liĂ©es Ă  l’acte
lui-mĂȘme :
– DurĂ©e d’intervention trop longue.
– Interventions rĂ©pĂ©tĂ©es Ă  moins
d’une semaine d’intervalle.
– IntensitĂ© nociceptive trop grande.
– Refus de l’enfant, non-acceptation
du masque.
Matériel
Le matĂ©riel nĂ©cessaire Ă  l’adminis-
tration du MEOPA comporte les élé-
ments suivants :
– une bouteille de 1 m3de mĂ©lange
équimolaire N2O/O2(MEOPA) ;
– un manodĂ©tendeur qui permet
d’ouvrir la bouteille ;
– une valve d’anesthĂ©sie de type
Ruben, valve antiretour évitant la
réinhalation du gaz expiré ;
– un ballon standard 21, un ballon
réservoir ;
– un dĂ©bitmĂštre graduĂ© qui permet
d’adapter le dĂ©bit du gaz Ă  chaque
enfant ;
– un tuyau reliant le manodĂ©tendeur
et le ballon ;
– un chariot AGA 1m3sur lequel
repose la bouteille ;
– un masque nasal parfumĂ© et colorĂ©
adaptĂ© Ă  la taille de l’enfant ;
– un filtre sodĂ© antibactĂ©rien ;
– un jeu de sifflets “sirùne”, systùme
non obligatoire.
Prise en charge de l’enfant
en odontologie pédiatrique
Les principaux problÚmes à gérer, aussi
bien pour l’enfant que pour le prati-
cien, sont la douleur, la peur de la
douleur, l’anxiĂ©tĂ© que ressent l’enfant
vis-Ă -vis du dentiste et des soins. Tout
traitement est perçu comme une expé-
rience stressante qui mobilise l’enfant
face Ă  une situation nouvelle (2).
Le comportement de l’enfant est
avant tout le reflet de son état émo-
tionnel. Le travail du praticien est
d’aider son jeune patient à adapter
et Ă  modifier ses comportements
pour permettre la réalisation des
soins.
Méthode
PremiÚre séance
Elle consiste en l’évaluation du com-
portement de l’enfant et de sa coopĂ©-
ration.
L’acte n’est pas forcĂ©ment rĂ©alisĂ© au
cours de la premiĂšre sĂ©ance. Il s’agit
d’appliquer le “Tell-Show-Do”, c’est-
Ă -dire :
Tableau. EnquĂȘte multicentrique sur l’utilisation du MEOPA pour la rĂ©alisation de gestes
invasifs et douloureux chez l’enfant (moyenne d’ñge 7,2 ans ; 1 025 observations, dont
43 dentaires). D’aprùs Annequin D, Carbajal R et al. (Pediatrics, 2000).
Effet Cas observés
Absence (62 %) 644
Euphorie (20 %) 207
Paresthésie (2 %) 17
Modification de la perception sensorielle (7 %) 71
RĂȘve (6 %) 58
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Le Courrier de l’algologie (3), no2, avril/mai/juin 2004
Mise au point
Mise au point
38
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Mise au point
Mise au point
– prĂ©senter le soignant ;
– familiariser l’enfant avec l’envi-
ronnement et les appareils et lui
montrer leur fonctionnement ;
– interroger l’enfant sur sa peur et
l’amener à la formuler ;
– apprendre à l’enfant le mode de
ventilation buccal/nasal par applica-
tion du masque buccal ;
– recueillir le consentement Ă©clairĂ©
des parents ou des tuteurs.
DeuxiÚme séance (figures 1 et 2)
✓Il n’est pas nĂ©cessaire que l’enfant
soit Ă  jeun, mais il est prĂ©fĂ©rable qu’il
n’ait rien absorbĂ© 2 heures avant
l’acte thĂ©rapeutique.
✓Application du masque bucco-
nasal (ou nasal bouche fermée) pen-
dant 3 minutes minimum. Le débit
est fonction de l’ñge et du poids :
généralement entre 6 et 12 ans,
aprĂšs une phase d’induction initiĂ©e Ă 
9 l/mn, l’acte opĂ©ratoire pourra se
dérouler avec un débit moindre de
l’ordre de 6 l/mn. Le ballon ne doit
pas ĂȘtre complĂštement gonflĂ© (dimi-
nuer le débit) ni collabé (augmenter
le débit).
✓Ouverture de la bouche, rĂ©alisa-
tion de l’anesthĂ©sie locale (le contrat
de confiance passĂ© avec l’enfant
interdit toute sensation de douleur :
il lui faut apprendre Ă  discriminer les
sensations d’engourdissement propres
Ă  l’anesthĂ©sie).
✓Fermeture de la bouche, applica-
tion du masque de nouveau pendant
3 minutes.
✓DĂšs la perte de contact avec la rĂ©a-
litĂ© et le dĂ©but de l’euphorie, le masque
est remontĂ©, l’acte est rĂ©alisĂ© en gar-
dant le contact vocal et visuel. Le
mode de ventilation est constamment
surveillĂ© : l’aide opĂ©ratoire doit s’as-
surer, en posant la main sur le ventre
de l’enfant, que celui-ci respire correc-
tement et profondément. Si la ventila-
tion buccale intervient, des pauses sont
nécessaires. Il faut de nouveau appli-
quer le masque sur le nez et la bouche.
✓Une prĂ©mĂ©dication avec de l’hydro-
xyzine (AtaraxŸ), une cuillÚre à café
par 10 kg de poids 1 heure avant les
soins (6), peut Ă©ventuellement ĂȘtre
associĂ©e d’emblĂ©e dans les cas sĂ©vĂšres,
ou en deuxiĂšme intention si la pre-
miùre application n’est pas concluante.
Une fois la confiance retrouvée, les
séances suivantes pourront éventuel-
lement se dérouler avec une utilisation
du MEOPA plus ponctuelle lors des
soins.
Les parents et les praticiens corres-
pondants doivent avoir conscience
que l’usage du masque ne facilite pas
la conduite du geste opératoire : si les
extractions simples ne posent géné-
ralement pas de problĂšme, “dĂ©vitali-
ser” une molaire peut s’avĂ©rer beau-
coup plus difficile !
Personnel nécessaire
Le praticien, un personnel paramé-
dical formé (7) :
– le praticien doit possĂ©der la maĂź-
trise de l’utilisation du MEOPA ;
– les auxilliaires paramĂ©dicaux
peuvent intervenir seuls, en l’absence
de traitement morphinique ou psycho-
trope, et sur prescription médicale
(décret du 15 mars 1993, articles 1er
et 4).
Cette prescription doit ĂȘtre consignĂ©e
dans le dossier médical du patient.
Comme pour la pratique des soins
sous anesthésie générale, une forma-
tion clinique, universitaire et/ou hos-
pitaliĂšre est indispensable. Un diplĂŽme
interuniversitaire d’anesthĂ©sie-sĂ©da-
tion (Bordeaux, Marseille, Montpel-
lier, Paris, Toulouse) est accessible
aux chirurgiens-dentistes depuis cette
année.
Discussion et résultats
Un bon rapport risque-bénéfice
pour le patient et le praticien
Les bĂ©nĂ©fices de l’utilisation du
mélange équimolaire N2O/O2sont
nombreux et variés. Ils sont liés aussi
bien aux propriétés intrinsÚques (phar-
macologiques, biologiques) qu’aux
Figure 1. Application du MEOPA : une induction réussie. Figure 2. Soins dentaires sous MEOPA.
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Le Courrier de l’algologie (3), no2, avril/mai/juin 2004
Mise au point
Mise au point
propriétés extrinsÚques (rapport avec
les enfants, les parents, simplicitĂ© d’uti-
lisation du produit). Le grand intĂ©rĂȘt
de l’utilisation du MEOPA en odonto-
stomatologie chez l’enfant est d’obte-
nir une réduction de la perception de la
douleur sans perdre l’état de cons-
cience, de façon rapide et réversible (8).
Aucun autre antalgique ne présente
ces avantages. En effet, le N2O/O2
offre une rapiditĂ© d’action (3 minutes
d’inhalation) et une rĂ©versibilitĂ©
(l’effet disparaüt dans les 5 minutes
qui suivent l’arrĂȘt de l’inhalation).
Le protoxyde d’azote altùre la per-
ception de la douleur mais ne dispense
pas de l’anesthĂ©sie locale.
Des Ă©tudes menĂ©es sur un mĂȘme
groupe d’enfants ont montrĂ© que :
– chez des enfants trùs anxieux, la
diminution de la peur est significa-
tive dÚs la premiÚre séance ;
– le protoxyde n’interfùre pas sur la
relation praticien/enfant.
Au fil de la séance, le patient se sent
de plus en plus en confiance et son
anxiĂ©tĂ© diminue, l’emploi du MEOPA
lui permettant de coopérer et de sup-
porter les soins.
Il faut en outre retenir la sécurité
d’emploi du protoxyde d’azote pour
un
praticien parfaitement formé (9).
Comme l’anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale, cette
mĂ©thode tend Ă  rĂ©introduire l’enfant
dans le circuit classique des soins en
cabinet dentaire. Sur les traces du Dr
Maudier (hÎpital Robert-Debré, Paris),
nous avons pu utiliser avec satisfac-
tion cette technique à l’hîpital Saint-
AndrĂ© (dans l’unitĂ© fonctionnelle
d’odontologie du Pr Dorignac) sur
des enfants ùgés de 4 à 15 ans depuis
le printemps 2003, pour des soins den-
taires, des extractions ou des actes
de chirurgie buccale comme des fré-
nectomies.
Un bon rapport coût-bénéfice
pour le patient et la collectivité
MĂȘme si “la santĂ© n’a pas de prix”
dans l’absolu, il en est tout autrement
dans la réalité. Dans de nombreux cas
bien sélectionnés par un praticien
expĂ©rimentĂ©, l’emploi du protoxyde
d’azote Ă©vite l’anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale et
donc le recours Ă  une logistique lourde
pour le petit patient et le personnel.
Une anesthésie générale est onéreuse
tant sur le plan humain que sur le
plan financier. Les complications de
l’anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale sont trĂšs excep-
tionnelles, mais elles peuvent ĂȘtre
gravissimes et laisser des séquelles
neurologiques, le décÚs du patient
Ă©tant l’accident le plus redoutĂ©. Ce
tableau ne se produit jamais sous
sédation consciente.
L’emploi du MEOPA en odonto-
stomatologie pédiatrique est une
solution adéquate pour les nombreux
enfants anxieux et apeurés par les
soins en cabinet dentaire. Bien sou-
vent, il s’agit tout simplement de
pouvoir passer le cap de l’anesthĂ©sie
locale ou de diminuer l’effet anxio-
gĂšne induit par le bruit des instru-
ments rotatifs (sifflement de la tur-
bine, etc.). Cet outil supplémentaire
permet dans bien des cas d’éviter le
recours Ă  l’anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale.
Cependant, le N2O/O2n’est pas un
produit miracle mais un médicament.
Son utilisation en odonto-stomato-
logie s’adresse à des cas particuliers
(enfants ou patients handicapés), par-
faitement sélectionnés par un prati-
cien formĂ© au sein d’une Ă©quipe hos-
pitalo-universitaire confirmĂ©e. ■
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AnalgĂ©sie et sĂ©dation consciente pour soins dentaires chez l’enfant
Si les soins dentaires sont souvent perçus comme des interventions mineures, leur prise
en charge ambulatoire chez de jeunes enfants polycariés, handicapés, ou tout sim-
plement phobiques, s’avĂšre souvent trĂšs problĂ©matique, pour ne pas dire impossible.
L’utilisation du mĂ©lange Ă©quimolaire protoxyde d’azote-oxygĂšne peut permettre de lever
les inhibitions et d’éviter ainsi le recours Ă  l’anesthĂ©sie gĂ©nĂ©rale. Tous les acteurs de
santĂ© doivent s’impliquer dans cette lutte contre la carie dentaire, certes banale, mais
qui, suivant le mot de Pierre Fauchard, pĂšre de la dentisterie moderne auquel on prĂȘte
d’avoir soignĂ© Louis XIV, “est une maladie qui fait mal et qui rend laid”...
Analgesia and conscious sedation in dental procedures for children
Although most procedures in dentistry are regarded as minor the management of
caries in handicaped, phobic children remains a great challenge. The use of Entonox
Âź
(an equimolar mixture of oxygen and nitrous oxide) as an analgesic and a sedative in
these cases can obviate the need for general anesthesia. Dental caries, although banal,
is in the words of Pierre Fauchard, the father of modern dentistry who treated King
Louis XIV, a disease that causes not only pain but also brings out the ugly side of us.
Keywords: Conscious sedation - Nitrogen protoxyde - Paediatric dentistry.
Résumé/
Summary
40
Le Courrier de l’algologie (3), no2, avril/mai/juin 2004
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Agenda
Ambuforum. 3eForum
multidisciplinaire de prise
en charge des patients
en ambulatoire et Ă  domicile
Montpellier,
du 9 au 10 décembre 2004.
Nombreuses sessions douleur, soins
palliatifs, nouveautés thérapeutiques,
etc.
Renseignements :
MCO CongrĂšs, 27, rue du Four-Ă -
Chaux, 13007 Marseille.
Tél. : 04 95 09 38 01.
4eForum d’hypnose
Saint-Malo,
du 2 au 4 juin 2005.
Il s’agit d’un Forum de la ConfĂ©dĂ©-
ration francophone d’hypnose et de
thĂ©rapie brĂšve. L’hypnose chez les
enfants doit se développer en France
et les praticiens doivent ĂȘtre acteurs et
moteurs de ce mouvement.
Renseignements :
Dr Jean-François Marquet, pédopsy-
chiatre, 5, rue de l’Horloge, 35000
Rennes. Tél. : 02 99 78 23 11. E-mail :
CONGRÈS INTERNATIONAUX
3rd World Congress, World
Institute of Pain : Advances
in Research and Clinical Practice
Barcelone (Espagne),
du 21 au 25 septembre 2004.
Renseignements :
Meet2 Ltd, POB 14264, Barcelone,
Espagne. Fax : +34 94 417 22 79.
3rd All Africa Anaesthesia Congress
(3eCongrĂšs panafricain
d’anesthĂ©sie)
Tunis (Tunisie), du 21 au 25 mai 2005.
Sessions douleur aiguë, de la physio-
logie de la douleur à l’organisation
de la prise en charge de la douleur, etc.
Renseignements :
STAAR, BP n° 2, El Menzah VI,
2091 Tunis, Tunisie.
11th World Congress on Pain
Sydney (Australie),
du 21 au 26 août 2005.
Renseignements :
CONGRÈS NATIONAUX
Actualités dans le traitement
de la douleur
Le vendredi 8 octobre 2004,
Ă  Marseille.
JournĂ©e de formation sous l’égide du
Réseau de soins Douleur PACA-
Ouest. Présidence : Pr Jean-Claude
Peragut.
ThÚmes traités : histoire de la dou-
leur, douleurs neuropathiques, dou-
leurs par excĂšs de nociception, algies
faciales et lombalgies.
Renseignements :
Atlanta, 27, bd Gambetta, 92130 Issy-
les-Moulineaux.
Tél. : 01 46 38 77 37.
Fax : 01 46 38 77 31.
4eCongrĂšs annuel de la SETD
(SociĂ©tĂ© d’étude et de traitement
de la douleur)
Montpellier,
novembre 2004.
Renseignements :
www.setd-douleur.org
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