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MATERIEL ET METHODES
Patientes
Entre le 1er Janvier 1991 et le 31 Décembre 1995,
parmi toutes les patientes qui ont été suivies pour
incontinence urinaire, 77 patientes ont eu sur protoco-
le une promontofixation utérine et un Burch associés à
une périnéorraphie postérieure chaque fois que le tonus
des releveurs était très défaillant (53 patientes)
Ces patientes ont été opérées essentiellement par 2
d’entre-nous (B.L et B.B) : 70 patientes sur 77. L’âge
moyen des patientes était de 56,7 ans (33 à 81 ans).
55,8% des patientes étaient ménopausées dont 15%
traitées. 28 patientes présentaient une surcharge pondé-
rale supérieure à 20% du poids idéal (36,3%).
15 patientes présentaient une récidive après traitement
chirurgical (19,4% chez 6 patientes), la technique chi-
rurgicale antérieure n’a pas été retrouvée. Les antécé-
dents chirurgicaux sont résumés dans le Tableau 1.
Bilan préopératoire
Le motif de consultation a été l’incontinence urinaire,
qu’elle survienne à l’effort ou par impériosités pour
79,2% des patientes. Le prolapsus plus moins 2 comme
motif de consultation associé à des fuites urinaires est
retrouvé chez 16 patientes (20,7%).
Pour les 77 patientes, 31 patientes (40,2%) avaient des
fuites urinaires modérées (0 à 1 garniture par jour). 19
patientes (24,6%) avaient des fuites urinaires sévères
(1 à 3 garnitures par jour). 27 patientes (35,0%) avaient
des fuites urinaires très sévères (plus de 3 garnitures
par jour). Sur les 31 patientes ayant des fuites modé-
rées, 16 patientes présentaient une importante cystocè-
le avec un effet clapet postérieur donc une incontinen-
ce urinaire potentielle masquée, avec des fuites uri-
naires très modestes.
13 patientes ont eu un Pad Test avant l’opération avec
en moyenne 26,5 g de pertes.
Bilan urodynamique
Il a été réalisé chez 69 patientes (89,6%).
Etude du taux de transmission
50 femmes sur 69 (72,4%) présentaient un défaut de
transmission.
19 patientes n’avaient aucun trouble de transmission.
Parmi ces 19 patientes on a retrouvé 8 effets clapet pos-
t é r i e u r, 7 instabilités vésicales, et 4 insuff i s a n c e s
sphinctériennes avec des pressions de clôture infé-
rieures à 40 cm d’eau.
Instabilité vésicale
12 patientes sur 69 patientes (17,3%) avaient des
signes d’instabilité à la cystomanométrie .
Etude du tonus sphinctérien
Les résultats de la chirurgie sont directement dépen-
dants de la qualité du sphincter urétral.
Insuffisance sphinctérienne
8 patientes avaient des pressions de clôture inférieures
à 30 cm d’eau (11,9%). La pression moyenne de clôtu-
re de ces 8 patientes était de 25 cm d’eau.
6 femmes (7,7%) présentaient des pressions de clôture
entre 30 et 40 cm d’eau.
La pression de clôture moyenne dans la série est de
62,9 cm d’eau.
Pour les patientes ayant une pression de clôture supé-
rieure à 50 cm d’eau, la moyenne est de 67,1 cm d’eau.
Tonus sphinctérien des femmes présentant une réci -
dive d’incontinence urinaire
Un bilan urodynamique a été réalisé chez ces 15
patientes.
Les pressions de clôture chez ces patientes étaient en
moyenne de 51,3 cm d’eau, ce qui correspond à la limi-
te inférieure de la normale. (80 ± 30 cm d’eau).
Chez les 54 patientes n’ayant pas eu de cure d’inconti-
nence préalable, la pression de clôture était de 64,0 cm
d’eau.
Nous avons réalisé un test de Wilcoxon qui montre une
d i fférence significative entre ces deux séries de
patientes avec un p = 0,414.
Technique opératoire
ECBU préopératoire stérile. Ovule gynécologique
Bétadine® la veille de l’intervention.
Position à deux équipes, les jambes légèrement suréle-
vées. Anesthésie générale ou rachianesthésie. Sondage
urétro-vésical stérile dans le champs opératoire par une
sonde de Foley 22 Ch. Nouvel examen, sous anesthé-
sie, du périnée et des releveurs. Antibioprophylaxie
per-opératoire (Augmentin®-Flagyl®).
Promontofixation utérine ou de la tranche vaginale
par une prothèse de Gore-Tex®
La voie d’abord était un Pfannenstiel. Fixation de la
prothèse au promontoire par 3 points triangulés au fil
non résorbable (Crin n°4). Cette fixation se fait en
regard du disque L5-S1 au niveau du ligament verté-
bral commun antérieur et non au niveau du disque
intervertébral lui-même. La prise au niveau du pro-
montoire doit être plus large que profonde pour éviter
de “charger” le disque intervertébral et prévenir le
risque de spondylodiscite. Puis on passe ces trois fils
au travers de la bandelette de Gore-Tex® que l’on noue
au promontoire.
E. Drancourt et coll., Progrès en Urologie (2000), 10, 211-218