OECT/Service Communication REVUE DE LA PRESSE NATIONALE 1er avril 2016 Page 5
Qui pouvait dialoguer, avec l’usine du monde, d’égal à égal, je vous le demande bien. Et, on doit à la
vérité de dire que les articles chinois forçaient nos frontières sans même qu’on ait notre mot à dire. Les
produits turcs et chinois ont fait les beaux jours de la contrebande en Tunisie. Ceci, pour dire que la
question de la parité dinar-yuan ne survient pas au bon moment. Ah, si! Sauf si on la met sur une pente
vertueuse, dira Chedly Ayari, avec une roublardise bien assumée.
Un pari de bonne volonté et un test de vérité
Officiellement, la question de la parité des deux monnaies sera étudiée au début du mois d’avril. Le
gouverneur s’emploie à préparer les partenaires chinois à mieux calibrer leur offre.
S’agissant d’un deal, laisse sous-entendre, en substance, il faut qu’il soit équilibré, c'est-à-dire “gagnant-
gagnant“. Si tant est que la Chine est intéressée, via la parité, à développer sa coopération avec la Tunisie,
alors elle devrait aborder la question de façon pragmatique.
La question du change ne peut nous conduire vers une croissance équilibrée, à moyen terme, de nos
échanges commerciaux. Il existe par contre deux champs d’échange sur lesquels la coopération peut
démarrer sur les chapeaux de roues et seraient mutuellement bénéfiques.
Comme preuve de bonne volonté, la Chine accepterait-elle d’aider la Tunisie dans l’épreuve financière qui
l’attend dans les prochaines années? Est-elle disposée à l’aider à refinancer sa dette sur le marché
international, comme l’ont fait le Japon et les Etats-Unis à quatre reprises? Ce serait un test de vérité.
Outre qu’il donnerait à la parité son plein sens mettant les deux pays sur des horizons de coopération
sensibles et par conséquent durables.
Le Swap plutôt que la parité, dans un premier temps
Dès 2017, la Tunisie devra aller sur le marché international pour emprunter, afin de rembourser ses
crédits. L’impasse financière est voisine de 3 milliards de dollars par an. Ce sera éprouvant pour la
Tunisie, qui est pénalisée par son rating, si elle devait y aller avec sa propre signature. Et cela représente
epsilon, pour le partenaire chinois. La contre-garantie de la Chine abaisserait sensiblement la charge de
l’emprunt.
Ou alors, hypothèse plus accommodante, la Chine ouvrirait-elle son marché de la dette à la Tunisie. Ainsi,
avec le stock de yuan engrangé, la BCT fera du swap entre les deux monnaies, et cela faciliterait
l’opération de parité.
Les “Soft quick-wins“
Activer la coopération exige des deux partenaires de commencer par ce qui peut être immédiatement mis
en service. Et les structures soft existent dans la finance, mais également les IT où la Chine conforte une
position forte, suggère le gouverneur. Et la dynamique initiée par Smart Tunisia a balisé la voie. Cette
passerelle soft ouvrirait la voie à une dynamique de partenariat d’investissement. Et dans ce sillage, Aziz
M’Barek, DG de Tuninvest, a suggéré la création d’un fonds des fonds mixte pour financer les joint-
ventures entre les deux pays. Cette solution est préférable à la création de banques mixtes, appuiera le
gouverneur. Là-dessus, l’hôte chinois vient rappeler que la Chine a récemment prêté 20 milliards d’euros à
l’Agence française de développement (AFD) pour l’aider à financer ses concours à l’adresse des pays
africains. Simple parade de Gomoku ou attitude sincère de la part de Liu Minghzi? Le directeur de la
Banque populaire de Chine entend-il acquiescer à la demande des Tunisiens en rappelant cet évènement.
Cela resterait du chinois tout le temps que cela ne se concrétisera pas.