Retrouvez notre analyse des sessions du congrès de l’AFPBN 2014 dans ce numéro ...
Notre congrès annuel s’est achevé vendredi 19 septembre après deux jours riches en échanges et en
partages d’expériences. Merci à tous ceux qui ont participé et contribué à la réussite de nos Journées
Annuelles de l’AFPBN qui ont réunit, cette année encore, près de 200 personnes.
Pour la première fois, nos conférences plénières du vendredi ont été précédées, le jeudi, d’une journée consacrée
à 3 ateliers,
> Des MasterClass destinées aux internes sur Les démarches thérapeutiques dans la dépression unipolaire
> Un atelier réunissant des chefs de cliniques pour échanger sur La Psychopharmacologie de la schizophrénie
> Un atelier axé sur la recherche permettant à une dizaine de jeunes chercheurs en psychiatrie de présenter leurs
travaux en cours et d’échangers avec leurs ainés.
Cette édition 2014 est véritablement le gage du dynamisme de notre association et manifeste notre volonté d’inter-
venir activement dans la formation médicale, théorique et pratique, ainsi que dans la promotion de la recherche en
psychiatrie.
Nous ne saurions évoquer ce congrès sans remercier nos amis de l’Institut du Cerveau et de la Moëlle
épinière (ICM) qui nous ont accueilli cette année. C’est dans ce cadre privilégié que nous avons assisté à une
séance inaugurale tout à fait originale, à travers la pièce de théatre : « Des algues, des souris et des hommes.
Ou : La psyché végétale », de Eric Bruguière (ICM) et Yves Sarfati (psychiatre et metteur en scène).
Vous retrouverez dans ce numéro l’ensemble des résumés des sessions du congrès.
1
Newsletter de l’AFPBN
Octobre
2014
Octobre
2014
Association Française de Psychiatrie Biologique et Neuropsychopharmacologie
Comité de Rédaction : David Misdrahi, Philippe Courtet, Pierre-Michel Llorca
Ont collaboré à ce numéro : Romain Buzzi, Claire Nobilet-Seguin - Quadrature Santé
www.afpbn.org
Journée Formation de l'AFPBN
Présentation de Thèses de Recherche
www.afpbn.org
Jeudi 18 septembre 2014
Journée des Internes en Psychiatrie
Quelles démarches de soins ?
www.afpbn.org
Jeudi 18 septembre 2014
Journée Formation de l'AFPBN
Psychopharmacologie de la schizophrénie
www.afpbn.org
Jeudi 18 septembre 2014
SPÉCIALE Journées Annuelles de l’AFPBN 2014
Congrès scientifique de l'AFPBN
Programme Scientifique
www.afpbn.org
Jeudi 18 et vendredi 19 septembre 2014
Conseil de lecture : pour vos patients !
« Savoir pour guérir : la dépression »
Raymund Schwan & Philippe Courtet
La dépression : qu’est-ce que c’est exactement ? Comment cette pathologie agit sur le cerveau ?
Quelles en sont les causes ? Et les conséquences pour la vie des personnes affectées et leur entourage ?
Quels sont les différents traitements et médicaments possibles ?
Que puis-je faire moi, patient, pour aider à la prise en charge de ma maladie ?
Et comment surtout apprendre à améliorer mon quotidien ?....
www.thebookedition.com
Newsletter de l’AFPBN
Octobre
2014
Octobre
2014
Association Française de Psychiatrie Biologique et Neuropsychopharmacologie
www.afpbn.org
MASTERCLASS > Les démarches thérapeutiques dans la dépression unipolaire
C’est le Dr Thomas Charpeaud qui a développé l’idée des Master Class de l’AFPBN à destination des internes.
En voilà le rationnel :
La pratique courante de la psychiatrie est confrontée à des démarches de soins très différentes d’un praticien à l’autre.
Si les classications internationales, DSM et CIM, ont permis une meilleure homogénéisation des démarches diagnostiques, les
prises en charge thérapeutiques sont encore variées en pratique courante, en fonction de la formation des praticiens, de leur
expérience clinique et de leur sensibilité biologique ou psychopathologique. Cette variété des approches et des écoles, représente
une richesse pour la pratique. Néanmoins, certaines données de la littérature actuelle mettent en avant dans le cas de plusieurs
pathologies psychiatriques, la nécessité de procédures de soins codiées, et faisant l’objet d’évaluations régulières. C’est notam-
ment le cas pour la schizophrénie, la maladie bipolaire, ou encore la dépression unipolaire.
De nombreuses sociétés savantes établissent régulièrement des recommandations de traitement, en fonction des don-
nées scientiques les plus actuelles. Leur application en pratique courante est encore loin d’être admise par tous. Citons
à titre d’exemple, le délai souvent particulièrement long de recours à la clozapine dans la schizophrénie résistante… Si les
données de l’Evidence Based Medicine sont sûr difcilement appliquées au sens strict, en pratique clinique courante,
il semble sans doute possible d’élaborer des stratégies de soins, moins empiriques, tenant compte à la fois des recomman-
dations des sociétés savantes, mais également de paramètres plus individuels tels que le choix du malade, ses antécédents
et ses comorbidités, ou encore son niveau d’observance ou sa tolérance aux différents traitements… L’évaluation plus sys-
tématique des effets d’un traitement est dans cette perspective un élément essentiel. Il s’agit également d’élaborer de ma-
nière diachronique, pour un malade donné, un historique le plus complet possible, des antécédents de réponse et de non-
réponse à un traitement pharmacologique donné…
Les échelles d’évaluation psychométrique sont aujourd’hui d’utilisation courante dans le domaine de la recherche en santé
mentale. Elles constituent l’outil de mesure principal, destiné à apprécier le changement symptomatique sous traitement. Leur
emploi est le plus souvent réservé au cadre de la recherche. Pourtant, le recours à ces outils en pratique courante, n’appa-
raît pas incompatible avec l’évaluation clinique standard. Il s’agit bien au contraire, d’une approche complémentaire, per-
mettant un éclairage différent sur l’état clinique du malade. Le caractère codié, systématisé, et ainsi moins subjectif des
échelles d’évaluation, peut ainsi avantageusement compléter le regard clinique habituel. De plus, en dressant un pano-
rama des différentes dimensions d’un trouble, les échelles d’évaluation représentent aussi un outil pédagogique intéressant.
Le caractère exhaustif et systématique de ces outils peut ainsi permettre à l’étudiant, de dresser un l conducteur lors de ses
entretiens cliniques avec les malades.
L’objectif des Master Class de l’AFPBN a été d’offrir aux internes de psychiatrie la possibilité de se former à une démarche
thérapeutique rigoureuse, basée sur des connaissances solides dans le domaine de la psychopharmacologie, et plus géné-
ralement de la thérapeutique, ainsi que sur la règle de l’évaluation régulière et standardisée des démarches de soins :
Quel traitement dois-je prescrire ? Quand et comment dois-je évaluer son efcacité ?...
Cet atelier a été co-animé par Thomas Charpeaud, Emmanuel Haffen, Michel Hamon et Pierre-Michel Llorca.
ATELIER CHEFS DE CLINIQUE > La Psychopharmacologie de la schizophrénie
Cet atelier a été l’occasion d’aborder des questions autour de l’évolution et la compréhension de la pharmacologie des
antipsychotiques (Régis Bordet), de la mise en parallèle des recommandations internationales et de la pratique clinique
(D. Misdrahi), des aspects liés à la résistance (E.Poulet) et des traitement non médicamenteux comme la remédiation cognitive
(I. Amado). Cette première expérience a rencontré un vif succès. l’objectif d’interactivité et d’échanges a été atteint et nous
envisageons dès à présent une réédition pour l’an prochain.
ATELIER RECHERCHE > Présentation et discussion sur des travaux de recherche
De jeunes chercheurs en psychiatrie ont présenté avec grand talent leur travail de recherche en cours à leurs ainés qui ont pu les
discuter de façon constructive, avec bienveillance et dans une belle ambiance. Les critiques et commentaires permettront sans
doute d’optimiser ces travaux de qualité !
Cette session a été animée par les experts seniors suivants :
Pr Franck Bellivier (Paris), Pr Philippe Courtet (Montpellier), Dr Josselin Houenou (Créteil), Dr Luc Mallet (Paris),
Dr Karim N’Diaye (Paris), Pr Florence Thibaut (Paris).
Retrouvez la liste des travaux présentés ci-après >>
Retour sur les Journées Annuelles de l’AFPBN 2014
2
Newsletter de l’AFPBN
Octobre
2014
Octobre
2014
Association Française de Psychiatrie Biologique et Neuropsychopharmacologie
www.afpbn.org
Retour sur les Journées Annuelles de l’AFPBN 2014
3
ATELIER RECHERCHE (suite) > Voici la liste des travaux de recherche témoignant de la richesse
des projets en cours, émanant d’équipes françaises sur tout le territoire :
> Vers une nouvelle méthode expérimentale d’évaluation quantitative et objective des états hédoniques et motivationnels
chez l’homme - Dr Camille GOUZIEN (CCA - CH Charles Perrens - Bordeaux)
> Imagerie perfusionnelle par la technique dite d’arterial spin labeling dans la dépression récurrente et résistante
Dr Jean-Marie BATAIL (CCA - CH Guillaume Regnier - Rennes)
> Evaluation de l’impact d’un traitement par tDCS sur le ralentissement psychomoteur dans la dépression
Dr Djamila BENNABI (CCA - CHU de Besançon)
> Polymorphisme Val66Met du BDNF et efficacité antidépressive à 6 mois chez des patients caucasiens déprimés :
les patients Val/Val devraient se voir prescrire des ISRS et les patients Met des IRSN ou des tricycliques
Dr Romain COLLE (CCA - CHU de Bicêtre - Paris)
> Trouble de connectivité cérébrale dans le trouble bipolaire
Dr Samuel SARRAZIN (Interne - Institut Mondor de Recherches Biomédicales - Créteil)
> De Freud aux Ganglions de la Base : quel mécanisme pour le TOC ? - Dr William HAYNES (ICM - Paris)
> Signature moléculaire de la réponse au lithium dans le Trouble Bipolaire : étude de la régulation de l’expression des
gènes circadiens - Dr Pierre-Alexis GEOFFROY (CHRU de Lille)
Points forts des symposia des Journées de l’AFPBN 2014
Symposium n°1 > Section MCMI (Modulation Cérébrale par Matériel Implanté)
Présidents : Luc Mallet (Paris) et Bruno Aouizerate (Bordeaux)
Résumé de la communication de Bruno Aouizerate (Bordeaux) :
Trouble obsessionnel-compulsif. Comment en comprendre la symptomatologie par l’anatomie fonctionnelle ?
Mieux comprendre la physiopathologie du trouble obsessionnel-compulsif (TOC) est un enjeu majeur de par sa fréquence rela-
tivement élevée en population générale, son évolution généralement chronique, sa réponse souvent partielle aux démarches
thérapeutiques usuelles. Les avancées les plus marquées ont été réalisées grâce à l’apport des techniques de neuroimage-
rie fonctionnelle mettant en évidence d’importants dysfonctionnements fronto-sous-corticaux. Il a ainsi été rapporté chez les
patients souffrant de TOC une hyperactivité métabolique au sein d’un certain nombre de régions corticales, intéressant les
cortex orbito-frontal et cingulaire antérieur, de même qu’au niveau de structures sous-corticales, incluant notamment le noyau
caudé ou le thalamus, que ce soit en condition de repos ou en situation de provocation des manifestations obsessionnelles-
compulsives. Ces données contrastent avec ce qui est observé lors de la réalisation de tâches instrumentales explorant plus
spéciquement la exibilité cognitive ou l’inhibition comportementale, révélant un défaut d’activation de certaines aires corti-
cales, dont le cortex préfrontal ventro-latéral ou dorso-latéral, faisant d’une altération de ces deux processus un des déterminants-clés
de la symptomatologie obsessionnelle-compulsive. Une suractivation au niveau de l’aire motrice supplémentaire a été néan-
moins décrite, bien qu’insufsante pour compenser le décit d’inhibition comportementale mis en évidence chez les patients
avec TOC. Ce même pattern d’activation a été retrouvé au sein des territoires dorsaux du cortex cingulaire antérieur lors de la
passation d’une tâche comportementale, que les patients avec TOC aient répondu correctement ou pas à la consigne qui leur
est donnée ; ce qui témoigne du haut niveau d’incertitude qui les anime, y compris en cas de réponses correctes. Ces pertur-
bations fonctionnelles observées au niveau des boucles fronto-sous-corticales sont enn renversées grâce à la prescription
adaptée de traitements médicamenteux ou psychothérapiques. Ces effets favorables peuvent même être étendus à la neuro-
chirurgie fonctionnelle à travers l’application de la stimulation cérébrale profonde proposée dans les formes résistantes de TOC.
Ces travaux relevant d’une approche anatomo-fonctionnelle de qualité ont donc contribué à apporter un éclairage nouveau
sur l’importance des circuits cortico-sous-corticaux dans la pathogénie du TOC grâce à l’identication de certains processus
dysfonctionnels, aujourd’hui reconnus pour jouer un rôle majeur dans l’expression clinique de cette affection psychiatrique.
Newsletter de l’AFPBN
Octobre
2014
Octobre
2014
Association Française de Psychiatrie Biologique et Neuropsychopharmacologie
www.afpbn.org
Symposium n°1 > Section MCMI (Modulation Cérébrale par Matériel Implanté)
Présidents : Luc Mallet (Paris) et Bruno Aouizerate (Bordeaux)
Résumé de la communication de Bruno Millet (Rennes) :
Contribution de la Stimulation Cérébrale Profonde aux modèles physiopathologiques des pathologies psychiatriques
Les approches psycho chirurgicales lésionnelles ont laissé la place depuis 10 ans aux approches par stimulation
cérébrale profonde à haute fréquence.
STOC : Dans le domaine de la prise en charge du trouble obsessionnel compulsif, les études menées au sein du groupe STOC
en France ont permis de mettre en évidence l’efcacité de la stimulation du noyau sub-thalamique chez les sujets particulière-
ment handicapés par cette pathologie. Les études de neuro imagerie réalisées à l’aide du Pet-scan ont permis de démontrer
dénitivement les liens existants entre les structures sous corticale et le cortex pré frontal particulièrement le cortex orbito
frontale. En matière d’électrophysiologie, les électrodes implantées enregistrent des décharges neuronales au niveau du NST
qui semblent être spéciques chez le sujet souffrant de troubles obsessionnels complexes. Toutes les études menées avec la
stimulation cérébrale profonde permettent aujourd’hui de dénir parmi d’autres structures cérébrales, le NST et le cortex orbito
frontal comme des structures essentielles dans cette pathologie. Le rôle du NST comme noyau organisateur et synchronisa-
teur des émotions est notamment soulevé.
SCP et Troubles Dépressifs Résistants : dans le domaine des troubles dépressifs résistants plusieurs régions ont été choisi en
fonction de leur potentiel impact sur les structures reconnues comme jouera un rôle dans la physiopathologie de la dépression.
Le rôle de l’aire Cg 25 est discuté autour du concept d’HOMEOSTASIE CEREBRALE enjeux dans son rôle de dérégulation
dynamique. Le rôle du medium forebrain bundle a été mis en évidence notamment grâce aux techniques d’’imagerie par
tenseur de diffusion. Cette structure des noyaux du tronc cérébral est articulé au système mésolimbique et au cingulum.
L’importance du nucleus accumbens est enn souligné au travers de son rôle-clé établi dans le système de récompense en lien
avec les structures du cortex frontal connues pour être impliquées dans les pathologies dépressives résistantes.
Symposium n°2 > Section STEP (Stimulation Transcrânienne en Psychiatrie)
Présidents : Emmanuel Haffen (Besançon) et David Szekely (Monaco)
Résumé de la communication de Wissam El-Hage (Tours) :
Optimisation des stratégies thérapeutiques de la dépression
La dépression majeure est l’une des affections psychiatriques les plus fréquentes. Son évolution récidivante, voire chronique
en fait une pathologie particulièrement invalidante, sévère et trop souvent résistante. Les progrès en psychopharmacologie ont
amélioré le pronostic péjoratif de la maladie, encore que le pourcentage de patients en rémission clinique après une première
prescription d’antidépresseurs ne soit que de 37%, atteignant seulement 52% après une seconde ligne de traitement. Nous
insistons ur l’importance du dépistage et du repérage clinique des formes de dépression ne répondant aux stratégies théra-
peutiques les plus standards. Une évaluation rigoureuse de la clinique dépressive et des comorbidités, ainsi qu’un examen
minutieux du retentissement fonctionnel et de la qualité de vie contribuent ainsi à la caractérisation du trouble nécessaire pour
envisager les choix thérapeutiques. Le point sur les recommandations thérapeutiques dans le traitement de la dépression résis-
tante, notamment les diverses stratégies de potentialisation ou de combinaison d’antidépresseurs actuellement disponibles ont
été précisées.
Pour aller plus loin...
3 references dans Pubmed :
- Orbitoc 1 publiée dans Transl Psychiatry qui est le fruit de la rencontre entre la rTMS et la DBS, l’action thérapeutique commune des deux tech-
niques étant semble -t-il associée à la diminution de l’activité orbito frontale (Nauczyciel et al. 2014).
- Burbaud et al. 2013 dans Brain avec la tache de vérification de l’équipe bordelaise. Très beau papier avec un tracé neuronal différent lorsque il y
a vérification et lorsqu’il n’y en a pas.
- Dernier papier en date du groupe SThym publié dans European Neuropsychopharmacology (B Millet et al. 2014)
4
Points forts des symposia des Journées de l’AFPBN 2014 (suite)
Newsletter de l’AFPBN
Octobre
2014
Octobre
2014
Association Française de Psychiatrie Biologique et Neuropsychopharmacologie
www.afpbn.org
Symposium n°3 > ICM (Contribution aux approches biologiques de la psychiatrie)
Présidents : Matthias Pessiglione (Paris) et Lionel Naccache (Paris)
Résumé de la communication de Eric Burguière (Paris - ICM) :
Lumière et incertitude sur les troubles compulsifs
Des études en neuroimagerie ont permis d’identier chez les personnes atteintes de TOC, des dysfonctionnements dans des
circuits de neurones situés entre l’avant du cerveau (cortex orbitofrontal) et des structures cérébrales plus profondes (les gan-
glions de la base). Dans l’étude menée au laboratoire du Pr. Ann Graybiel au MIT, et présentée aux journées AFPBN, Eric Bur-
guière (équipe du Dr L Mallet, ICM) a concentré ses recherches sur ce circuit de neurones pour, à la fois examiner sa fonction
en détail et développer une approche pour traiter les comportements compulsifs chez un modèle mutant de souris. Chez ces
souris mutantes, les comportements compulsifs se traduisent par des toilettages répétés tout au long de la journée pouvant
déclencher des lésions cutanées. D’un point de vue physiologique, ces animaux n’expriment pas une protéine (du a l’absence
du gène Sapap3) normalement présente dans les synapses des neurones du striatum, une structure faisant partie des gan-
glions de la base et associée à des fonctions telles que l’apprentissage de séquences, l’émergence d’habitudes, ou encore la
prise de décision. Grâce à ce modèle de souris, des premières observations ont permis aux chercheurs de montrer que l’émer-
gence des compulsions chez les souris mutantes était due à un décit d’inhibition comportementale. Les souris ne peuvent pas
réprimer l’action de toilettage même lorsque cela n’est pas nécessaire. Ils ont ensuite pu montrer, grâce a des enregistrements
de l’activité des neurones, que la défaillance de communication dans le cerveau entre le néocortex et le striatum conduit à une
hyperactivité des neurones du striatum chez ces souris.
Pour vérier cette hypothèse, Eric Burguière a utilisé l’optogénétique. Cette méthode consiste à modier les neurones précé-
demment identiés pour leur faire exprimer des protéines sensibles à la lumière, appelées opsines. Grâce à cette sensibilité
accrue des cellules neuronales à la lumière, il devient possible de contrôler leur activité en les excitants ou au contraire en
les inhibant via un simple faisceau lumineux. Lorsque les chercheurs ont excité par stimulations lumineuses les neurones du
cortex qui envoient des messages vers le striatum, les comportements compulsifs des souris ont été largement atténués. En
revanche, en dehors de ces périodes de stimulation, les comportements compulsifs réapparaissaient. Ces résultats montrent
que la stimulation sélective du circuit peut rétablir un comportement normal chez des souris présentant à l’origine des compor-
tements répétitifs pathologiques.
Réf: Burguière, E., Monteiro, P., Feng, G., & Graybiel, A. M. (2013). Optogenetic stimulation of lateral orbitofronto-striatal pathway suppresses compulsive
behaviors. Science, 340(6137), 1243–1246. doi:10.1126/science.1232380
Burguière, E., Monteiro, P., Mallet, L., Feng, G., & Graybiel, A. M. (2015). ScienceDirectStriatal circuits, habits, and implications for obsessive. Current
Opinion in Neurobiology, 30, 59–65. doi:10.1016/j.conb.2014.08.008
Retour sur la session inaugurale
«Des algues, des souris, et des hommes ou : la psyché végétale»
Spectacle scientifique de Eric Burguière (Chercheur à l’ICM) et Yves Sarfati (Psychiatre, Metteur en scène)
En partenariat avec l’ICM et le Musée de la Chasse et de la Nature
Comment l’évolution des connaissances à travers la science
peut modifier nos certitudes.
L’occasion aussi de revenir sur une découverte récente dans
le domaine des neurosciences : l’optogénétique
5
Points forts des symposia des Journées de l’AFPBN 2014 (suite)
Nagel G, et al. Channelrhodopsin-1: a light-gated proton channel in green algae. Science. 2002; 296:2395–8. [PubMed: 12089443]
Boyden ES, Zhang F, Bamberg E, Nagel G, Deisseroth K. Millisecond-timescale, genetically targeted optical control of neural
activity. Nat Neurosci. 2005; 8:1263–8. [PubMed: 16116447]
1 / 6 100%
La catégorie de ce document est-elle correcte?
Merci pour votre participation!

Faire une suggestion

Avez-vous trouvé des erreurs dans l'interface ou les textes ? Ou savez-vous comment améliorer l'interface utilisateur de StudyLib ? N'hésitez pas à envoyer vos suggestions. C'est très important pour nous!