
ASSEMBLEE NATIONALE - 2
e
SEANCE DU 21 OCTOBRE 1987
4591
M
.
le ministre d
'
Etat, ministre des finances, de l
'
éco-
nomie et de la privatisation
.
Chacun a droit au respect
d'un contrat et nous respecterons celui-là comme les autres.
(Applaudissements
sur les bancs des groupes du R
.P
.R
. et
U
.D
.F
. - Exclamations sur les bancs du groupe communiste
.)
M
. Pierre Mauger
.
Voilà une réponse sérieuse I On n
'
était
pas habitué à cela I
M
.
le président
.
Nous en venons aux questions du groupe
Front national (R
.N
.).
TEMPÊTE EN BRETAGNE
M
. te
président
.
La parole est à
m
.
Jean-Marie Le Pen.
M
.
Jean-Marie Le Pen
.
Mesdames, messieurs, la Bretagne
et la Normandie ont subi des dommages sans précédent à la
suite de l'ouragan qui les a dévastées dans la nuit de jeudi à
vendredi
. C'est dans des cas comme ceux-là que la solidarité
nationale doit jouer à plein.
Monsieur le Premier ministre, allez-vous constater l
'
état de
catastrophe naturelle prévu par la loi de juillet 1982 et
qu'attendez-vous pour dresser la liste des communes sinis-
trées 7 Allez-vous indemniser au titre des calamités agricoles
les éleveurs dont le bétail a été atteint par la dégradation des
bâtiments et les coupures d'électricité 7 Allez-vous accorder
des subventions exceptionnelles aux communes les plus tou-
chées ?
A ces questions précises, les Bretons et les Normands
attendent des réponses précises
.
(Applaudissements sur les
bancs du groupe Front national /R
.N
.]
.)
M
.
le président
.
La parole est à M. le ministre de l
'
inté-
rieur.
Un député du groupe socialiste
. C
'
est le ministre des
calamités !
(Rires sur les bancs du groupe socialiste
.)
M
. Charles Pasqua,
ministre de l'intérieur
.
Monsieur le
député, ainsi que vous le savez, j'ai pu constater moi-même
dès samedi dernier l'ampleur des dégâts
. J'ai vu au travail les
sapeurs-pompiers, les employés communaux, les agents de
l'E
.D
.F
. et des autres services publics, et j'ai apprécié leur
dévouement ainsi que la qualité des secours.
J'ai personnellement veillé à ce que les moyens complé-
mentaires qui leur étaient nécessaires soient acheminés très
rapidement
. J'ai dépêché en renfort 720 hommes appartenant
aux unités de la sécurité civile ou aux unités militaires,
envoyé 30 hectares de bâches et 250 groupes électrogènes.
J'avais par ailleurs immédiatement notifié un million de
francs de secours d'extrême urgence pour apporter une aide
immédiate aux familles les plus démunies et directement tou-
chées.
Il s'agit maintenant, à l'heure du bilan, de régler la ques-
tion des réparations, des très graves dommages aux biens et
aux exploitations
. Le Gouvernement prendra, avant la fin de
la semaine, toutes les dispositions nécessaires et, comme je
l'ai annoncé sur place, les populations peuvent compter sur
la solidarité du pays
.
(Applaudissements sur les bancs des
groupes du
R
.P
.R
et U
.D
.F
.)
INCIDENTS DE ROISSY
M
.
le président
.
La parole est à M
. Georges-Paul Wagner.
M
. Georges-Paul Wagner
.
Ma question s
'
adresse à M
. le
Premier ministre.
Dans la nuit du 13 octobre dernier, à Roissy, un com-
mando communiste
(Exclamations sur les bancs du groupe
communiste)
a
empêché l
'
expulsion vers Brazzaville d'un
jeune Congolais, Serge Mitolo, qui a pu s'enfuir.
M
. Maxime Gremetz
.
Tant mieux 1
M
. Georges-Paul Wagner
.
La situation irrégulière de ce
dernier remontait au 13 octobre 1986
.
..
M
. Guy Ducoloné
.
C'était un orphelin sans famille !
M
. Georges-Paul Wagner
....
et l
'
arrété d
'
expulsion le
concernant au 20 mai 1987.
L'intervention du commando communiste s'est accompa-
gnée de violences graves sur les forces de l'ordre
. Les instiga-
teurs, les auteurs, les complices de ces violences sont connus.
Non seulement ils ont reconnu les faits mais ils s'en sont
vantés
. Les cars nécessaires au transport du commando ont
été fournis par la municipalité communiste de Bagnolet
.
M
.
Maxime Gremetz
.
Elle a bien fait !
M
. Guy Ducoloné
.
Bravo !
M
. Georges-Paul Wagner
.
Il s
'
agit de flagrant délit.
Depuis huit jours, quelles initiatives, judiciaires ou autres,
ont été prises contre les responsables connus et prêts à la
récidive
.
..
M
. Guy Ducoloné
.
Vous allez toucher la prime à la déla-
tion du ministère de l
'
intérieur 1
M
. Georges-Paul Wagner
. . . .
de ces violences contre les
personnes et contre la loi ?
La seule politique de votre gouvernement à l'égard de l'im-
migration, monsieur le Premier ministre, comme celle du
gou-
vernement précédent, consiste à lutter, du moins l'affirmez-
vous, contre l
'
immigration irrégulière et clandestine.
Avez-vous toujours l'intention d'expulser Serge Mitolo
.
..
M
. Guy Ducoloné
.
II était là depuis dix ans III avait dix-
huit ans 1
M
. Georges-Paul Wagner
.
...
et, plus généralement,
quelles mesures avez-vous prises ou comptez-vous prendre
pour mettre un terme à des menées factieuses qui ruinent
l
'
autorité de l
'
Etat ?
(Applaudissements
sur les bancs du groupe
Front national [R
.N
.]
. - Exclamations sur
les bancs du groupe
communiste
.)
M
.
le président
.
La parole est à M
. le ministte
délégué
auprès du ministre de l'intérieur, chargé de la sécurité.
M
. Robert Pandraud,
ministre délégué auprès du ministre
de l'intérieur, chargé de la sécurité
.
Monsieur le député,
il est
vrai qu'il n'est pas tolérable, et il ne sera pas toléré, que la
violence physique, toutes les violences, d'où qu'elles vien-
nent
.
..
M
. Guy Ducoloné
.
Et celle des C
.R
.S
. ?
M
. le ministre chargé de la sécurité
.
.
..
puissent s
'
op-
poser à l'application de la loi républicaine.
Il est vrai qu'il n'est pas tolérable, et il ne sera pas toléré,
que des véhicules de certaines municipalités, de même que
leurs fonctionnaires - cela reprend une vieille tradition que
nous, élus de la banlieue parisienne, connaissons bien -
soient utilisés à des manifestations illégales
.
(Applaudisse-
ments sur les bancs des groupes du R
.P
.R
. et U
.D
.F
.)
M
. Guy Ducoloné
.
Vous êtes un élu de fraîche date 1
M.
le ministre chargé de la sécurité
.
Monsieur Duco-
loné, vous n'y étiez pas, pour une fois. Restez au moins tran-
quille !
Après que le préfet du département de la Seine-Saint-Denis
a porté plainte devant le procureur
de la République
(Inter-
ruptions sur les bancs du groupe communiste), les poursuites
engagées se traduiront par des identifications et des interpel-
lations, et les intéressés seront déférés à la justice
.
Bien
entendu de tels agissements ne peuvent que nous
encourager
à poursuivre fermement notre politique de reconduite à la
frontière de tous les étrangers en situation irrégulière.
M
. Guy Ducoloné
.
Remerciez M
. Wagner 1
M
. le ministre chargé de la sécurité
.
Je
vous
rappelle
que nous procédons en moyenne à cinquante
reconduites
par
jour
.
(Applaudissements sur les bancs des
groupes du R
.P
.R
. et
U
.D
.F
. - Exclamations sur les bancs
du groupe communiste
.)
M
. le président
. Nous en venons aux questions du groupe
socialiste
.
SITUATION ÉCONOMIQUE
M
.
le président
.
La parole est à M
. Lionel Jospin.
M
.
Lionel Jospin
.
Monsieur le Premier ministre,
une bru-
tale chute des cours vient de secouer les marchés financiers
internationaux et la Bourse de Paris
.
(Exclamations sur les
bancs des groupes du
R
.P
.R
.
et U
.D
.F
.).
Elle résulte de la politique déséquilibrée menée aux Etats-
Unis
.
..
M
.
Pierre Mauger
.
Encore un conservateur ! Il n
'
a rien
compris !
M
. Lionel Jospin
. . . .
par cette administration Reagan
que
vous avez tant aimée et dont vous vous plaignez maintenant.
(Très bien ! sur les bancs du groupe socialiste
.)