
4 | RepèRes économiques
RBc Gestion mondiale d’actifs
à ce sujet ne sont pas unanimes, mais elles démontrent
généralement (tout comme la théorie, certainement) que de
nombreux propriétaires aux prises avec une hypothèque dont
la valeur excède celle de leur logement arrivent difficilement à
vendre cette propriété pour déménager là où les marchés de
l’emploi sont plus vigoureux. Pire, les marchés du logement
les plus atrophiés correspondent, naturellement, à certains
des marchés du travail les plus déprimés, ce qui rend la fuite
particulièrement improbable pour ceux qui en bénéficieraient
le plus. Soit dit en passant, l’apparition depuis quelques
décennies de familles à deux revenus a encore davantage
réduit la capacité des familles de se déraciner sans heurt et
de déménager pour des raisons économiques, car l’un des
conjoints peut encore avoir un emploi rémunéré.
Cinquièmement, même si la création d’emplois commence à
afficher une tendance plus normale, le roulement du personnel
qui la sous-tend reste faible. Lorsque le Bureau of Labor
Statistics annonce la création de 200 000 nouveaux emplois
en un mois, il s’agit en fait d’un chiffre net et non pas d’un
chiffre brut. En fait, il y a sans doute eu environ 4 millions de
nouveaux emplois de créés et près de 3,8 millions de détruits.
Ce roulement, lorsque les travailleurs s’y prêtent de bon
gré, peut, en fait, être très avantageux pour l’économie, car
il en résulte souvent une meilleure harmonisation entre les
compétences et les emplois disponibles. En moyenne, chaque
déplacement volontaire de travailleurs d’une société à une
autre s’accompagne d’une hausse du salaire (et sans doute de
la productivité) de 9 %. Mais le roulement du personnel reste
anormalement faible (figure 8). Dans un climat d’incertitude,
les travailleurs estiment que ce qu’ils connaissent déjà est un
moindre mal. Et cela fait perdre des gains d’efficacité.
Nous nous risquons à estimer que, globalement, les
États-Unis essuient presque en permanence une perte d’environ
un à deux points de pourcentage de production économique
en raison d’un sous-investissement en stock de capital et d’un
disfonctionnement du marché du travail. Ce phénomène est
observable mais à un degré moins extrême dans d’autres pays2.
Ralentissement temporaire de la croissance
Hélas, la faible croissance économique des dernières années
se poursuivra probablement pendant plusieurs années encore.
La figure 3 le montre : le passage de la ligne B à la ligne C
représente un autre glissement par rapport à la trajectoire
de croissance initiale. Deux principaux facteurs expliquent
ce phénomène. D’abord, la croissance a tendance à ralentir
après une crise financière. Ensuite, un contexte de difficultés
Sources : Haver Analytics, RBC GMA
Sources : Haver Analytics, RBC GMA
-1200
-800
-400
0
400
800
2000 2002 2004 2006 2008 2010
Variation nette de l'emploi (milliers)
3500
4000
4500
5000
5500
6000
JOLTS : Total brut des nouveaux
employés (milliers)
Variation nette de l'emploi (g.)
Total brut des nouveaux employés (dr.)
La création
d'emploi mensuelle
semble normale
Le taux mensuel
de roulement du
personnel ne l'est pas
Figure 8 : Le taux de roulement de personnel demeure faible
20
35
50
65
80
95
1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
Encours de la dette en % du PIB GDP
Encours de la dette publique
générale La dette
publique
doit
diminuer
Figure 9 : Le gouvernement américain doit diminuer son
niveau d’endettement
budgétaires entrave généralement la croissance. Ces deux
facteurs sont présents dans la situation actuelle.
Les lendemains d’une crise financière
En théorie, la croissance économique devrait être plus lente
après une crise financière. Les dettes excessives doivent être
ramenées à des niveaux soutenables compte tenu du revenu
et des actifs. Dans leurs efforts en vue d’atteindre cet objectif,
les ménages, tout comme les entreprises, dépensent moins
et épargnent davantage. Les banques réduisent leurs leviers
d’endettement. Les gouvernements prennent normalement
plus de temps à adopter un tel comportement – ils s’efforcent
normalement de sauver d’abord les autres secteurs de
l’économie – mais ils finissent par céder aux pressions des
marchés et à adopter leur propre programme d’austérité
(figure 9).