I. ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE 1) Introduction 1. L`économie

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I. ENVIRONNEMENT ECONOMIQUE
1) Introduction
1. L'économie mexicaine a connu une grave récession en 1995, après la crise financière de la
fin de 1994. Malgré une progression du PIB réel de 5 pour cent en 1996, le niveau global du PIB
reste inférieur à celui de 1994.1Cette dernière récession a été plus forte que lors de la crise
d'endettement des années 80, mais la reprise a été plus rapide. La croissance du volume des exportations,
qui a été plus ou moins la même pendant les deux périodes, avait cette fois pour moteur les produits
manufacturés etnon lepétrolecomme au début desannées 80. En 1995, lacontraction desimportations
a été nettement moins forte qu'au début des années 80 du fait de la teneur accrue en éléments importés
desproduits d'exportation. La stabilisation macro-économique estun objectif prioritairedepuis la crise
financière, mais le degré accru d'ouverture de l'économie (mesuré par le rapport du commerce au PIB)
et les réformes structurelles importantes entreprises depuis le milieu des années 80 ont aussi accéléré
la reprise.2Il convient de noter que la crise de 1995, contrairement à la crise d'endettement des
années 80, n'a pas donné lieu àl'adoption de mesures de contrôlede la balancedes opérations en capital
et de celle des paiements courants ni à une recrudescence des obstacles au commerce.3
2. La récession économique a eu un effet négatif immédiat sur le niveau de vie des Mexicains
puisque le PIB par habitant est tombé de 4 727 dollars EU en 1994 à 3 602 dollars EU en 1996; le
chômage a atteint le taux record de 7,4 pour cent en septembre 1995, mais est retombé à 3,9 pour
cent en mai 1997.4Les écarts de revenus entre riches et pauvres restent importants (les plus démunis,
soit 20 pour cent de la population, reçoivent 4 pour cent du revenu5) et il y a aussi une grande disparité
des revenus entreles différentes régions du pays; par exemple à Chiapas, Hidalgo, Guerrero etOaxaca
ils sont de 30 à 50 pour cent inférieurs à la moyenne nationale.6
3. Depuis 1990, la structure de l'économie mexicaine continue à se modifier lentement, l'agriculture
cédant peu à peu la place aux services (tableau I.1). Tandis que la part du secteur agricole est tombée
à 6 pour cent du PIB en 1996 contre 8 pour cent en 1990, celle des services est passée de 61 à 63 pour
cent. Les moteurs de l'expansion du secteur des services observée ces dernières années ont été
essentiellement les transports, les communications et les services financiers; la majeure partie de la
population active (51 pour cent) est employée dans ce secteur. La contribution des industries
manufacturières au PIB est tombée de 23 à 19 pour cent. Malgré sa contribution modeste au PIB,
1Banco de México (1997).
2Le degré d'ouverture de l'économie, mesuré d'après le rapport du commerce (somme des exportations et
des importations) des marchandises et des services non facteurs au PIB, est passé de 33 pour cent en 1981 à
38 pour cent en 1993. Depuis lors toutefois, sa croissance a été spectaculaire; le rapport est estimé à 62 pour
cent pour 1996.
3Les seules exceptions sont quelques majorations des droits de douane sur certains produits (par exemple
les vêtements et les chaussures) (chapitre III).
4Dans l'Enquête nationale sur l'emploi urbain, les personnes âgées de 12 ans ouplussontconsidérées comme
employées si,entre autres choses, elles ont travaillé au moins une heure enéchange de marchandises ou d'argent,
ou ont travaillé à leur propre compte.
5Banque mondiale (1996), page 197.
6Economist Intelligence Unit (1995), page 17.
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le secteur agricole emploie environ un quart de la main-d'oeuvre, soit plus du double que le secteur
manufacturier (10 pour cent). Les principales caractéristiques de quelques-uns de ces secteurs sont
examinées au chapitre IV.
Tableau I.1
Principaux indicateurs sociaux et économiques, 1970-1996
1970 1980 1990 1996a
Population (millions d'habitants, en
milieu d'année) 48,2 66,8 81,2 92,0
Croissance démographique (variation en
pourcentage)b... 2,9 2,3 2,1c
Population urbaine (pourcentage du total) 59 66 71 74
Espérance de vie à la naissance (années) 62 66 70 73
Indice synthétique de fécondité (nombre
de naissances par femme) 6,8 4,7 3,3 2,8d
Taux de mortalité infantile (pour
1 000 enfants nés vivants) 74 54 39 28
Taux de scolarisation (pourcentage)
Ecole primaire 104 115 115 98e
Ecole secondaire 22 46 55 88e
PNB par habitant (dollars EU, prix
courants) 822 3 106 3 240 3 320d
Part du PIB (pourcentage)fTaux de croissancef
1970 1980 1990 1996a1981-1993g1994 1995 1996a
Agriculture, foresterie et pêche 11 8 8 6 1 0 2 1
Industrie 31 33 33 26 2 5 -8 10
Industries extractives 2 3 4 1 2 2 -3 8
Industries manufacturières 21 22 23 19 2 4 -5 11
Construction 6 6 5 4 1 8 -23 11
Electricité, gaz et eau 1 1 2 2 5 5 2 4
Services (y compris les services publics) 59 60 61 63 2 5 -6 3
Commerce, restauration et hôtellerie 28 28 26 18 1 7 -16 4
Transports et communications 4 6 7 9 3 9 -5 9
Services financiers 10 9 11 15 4 5 -0 1
Services sociaux et communautairesh17 17 18 20 2 1 -2 1
Services bancairesi-1 -1 -1 -2 ... ... ... ...
... Non disponible.
a Données provisoires.
b Croissance annuelle moyenne pour les dix années précédentes.
c Moyenne pour 1990-1994.
d Données de 1995.
e Données de 1994.
f Jusqu'en 1993 aux prix constants de 1980, ensuite aux prix de 1993.
g Taux de croissance annuelle.
h Y compris les services professionnels, médicaux et autres.
i Les services bancaires sont un élément imputé.
Source: Gouvernement mexicain; et Banque mondiale, WorldTables, 1995,version STARS (croissance démographique ettauxde scolarisation
pour 1990).
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2) Evolution économique récente
4. Pendant la période qui s'est écoulée depuis l'examen précédent de la politique commerciale
du Mexique, réalisé en 1993, la scène économique mexicaine a été dominée par la crise du peso et
l'ajustement qui a suivi (encadré I.1). Le programme de réforme, entrepris dans le sillage de la crise
d'endettement dudébutdes années 80, aentraîné unrenversement detendance del'économie, réduisant
fortement le déficit budgétaire et ramenant l'inflation à des taux à un chiffre. Les entrées nettes de
capitaux sont montées en flèche, finançant les déficits courants. On attendait par ailleurs des effets
positifsdelaparticipationàl'Accorddelibre-échangenord-américain(ALENA)quiestentréenvigueur
le 1er janvier 1994.7L'appréciation réelle du peso observée jusqu'en 1994 a aidé à juguler l'inflation,
mais a également contribué à l'aggravation des déficits courants déjà importants, entraînant une inversion
des fluxde capitaux, une baisse des réserveset une dépendance accrueà l'égard des empruntsen devises
à court terme. Toutefois, au moment du précédent examen, on pensait que la croissance des
importations, parmi lesquelles figuraient de grosses quantités de biens d'équipement et de biens
intermédiaires, finirait par entraîner une expansion des exportations et rétablirait donc l'équilibre
commercial. Mais, à la fin de 1994, les engagements à court terme du Mexique dépassaient de loin
les réserves, confrontant le gouvernement à une grave crise de liquidités à laquelle sont venus s'ajouter
les événements politiques survenus pendant la période qui a précédé le changement d'administration
en décembre 1994. La combinaison des facteurs économiques et politiques a donc entraîné une perte
de confiance qui a abouti à la dévaluation puis au flottement de la monnaie en décembre 1994
(graphique I.1).8
5. Le programme de stabilisation mis en place après la crise a été soutenu par d'importants trains
de mesures d'aide financière émanant de la communauté financière internationale, y compris le Fonds
monétaire international et le gouvernement des Etats-Unis.9A court terme, le programme visait
essentiellement à réduire le déficit de la balance courante et à empêcher l'apparition d'une spirale
prix/salaires après la dépréciation de la monnaie. Bien que la stabilisation macro-économique soit la
priorité, les réformes structurelles ont aussi été renforcées, par exemple, par une libéralisation plus
pousséedurégimed'investissementétranger,l'amplificationduprogrammedeprivatisationsdéjàvaste,
des réformes dans le système de sécurité sociale et dans le secteur bancaire, et la création de marchés
à terme pour les devises.
7Pour plus de détails, voir le chapitre II.
8Frankel (1996) montre que les investisseurs mexicains ontété à l'origine des sortiesde capitaux; juste avant
la dévaluation, la valeur liquidative des fonds mexicains (essentiellement aux mains d'investisseurs mexicains)
a diminué plus vite que le cours des fonds mutuels de placement mexicains (essentiellement aux mains
d'investisseurs étrangers), peut-être parce qu'on s'attendait à une dévaluation analogue à celle qui avait eu lieu
après les premières élections présidentielles (lorsque les taux de change n'étaient pas fixés par le marché).
9Le FMI a accordé dans le cadre d'un accord de confirmation un crédit de 18 milliards de dollars EU, soit
près de sept fois la quote-part du Mexique. Il s'agit du plus gros prêt que le FMI ait accordé tant en pourcentage
de la quote-part du pays qu'en valeur absolue.
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Encadré I.1: Evénements à l'origine de la crise du peso
Les causes de la crise du peso de décembre 1994 peuvent se diviser en trois grandes catégories, bien qu'il y ait
désaccord quant à leur importance relative: i) l'aggravation des déséquilibres macro-économiques
(surévaluation du peso et déficit important de la balance des opérations courantes), ayant entraîné une
accélération des ponctions sur les réserves et une dépendance accrue à l'égard des emprunts à court terme en
devises; ii) des événements extérieurs défavorables (augmentation des taux d'intérêt aux Etats-Unis); et
iii) une série d'événements politiques survenus dans le pays. Certains économistes pensent aussi que la crise
financière a été aggravée par la spéculation et n'est donc pas entièrement imputable aux données économiques
fondamentales. Quoi qu'il en soit, il y a eu une perte de confiance qui a fini par entraîner l'effondrement de la
monnaie et sa dévaluation le 20 décembre 1994.
Plusieurs des indicateurs économiques clés semblaient prometteurs. Le déficit budgétaire, qui représentait
13 pour cent du PIB en 1986, s'était sensiblement résorbé pour tomber à 0,4 pour cent du PIB en 1993, bien
que, en raison du processus électoral, il ait quelque peu augmenté en 1994. L'inflation avait été réduite,
passant de 131 pour cent en 1987 à 10 pour cent en 1993. De plus, l'économie se développait à un rythme
soutenu (taux de croissance annuel moyen du PIB réel de 3 pour cent entre 1990 et 1993).
Cependant, le Mexique a dû faire face à une augmentation considérable des dépenses privées et des déficits
commerciaux entre 1988 et 1994. La forte appréciation réelle de la monnaie enregistrée à partir de 1991 a
contribué à creuser les déficits en compte courant; le déficit de la balance des opérations courantes avait
atteint environ 5,8 pour cent en 1993 et allait même se chiffrer à 7 pour cent du PIB en 1994 à la suite d'une
envolée des importations dépassant l'accroissement des exportations. Les importants déficits en compte
courant étaient, en un sens, surfinancés par les ressources extérieures. Attirées par un programme de réforme
énergique comportant de vastes réformes structurelles (privatisation, déréglementation et réorientation de
l'économie vers l'extérieur) et les perspectives économiques manifestement positives, les entrées nettes de
capitaux ont pris leur essor pendant la même période et ont atteint un niveau sans précédent avec la ratification
de l'ALENA en janvier 1994. Une grande partie des apports de capitaux étrangers s'est dirigée vers les
marchés des valeurs boursières. Les réserves internationales nettes sont passées de 7 milliards de dollars EU
fin 1988 à 24 milliards de dollars EU fin 1993.
Une série d'événements nationaux et internationaux ont affecté les marchés financiers en 1994. En janvier,
une rébellion a éclaté dans l'Etat de Chiapas. Par ailleurs, des turbulences se sont produites sur les marchés
obligataires internationaux et les taux d'intérêt mondiaux ont sensiblement augmenté. A la suite de l'assassinat
du principal candidat à la présidence en mars, le flux des investissements de portefeuille s'est presque tari.
Les taux d'intérêt nominaux ont été considérablement accrus et le taux de change nominal a été porté à la
limite supérieure de la bande de fluctuation.
Les sorties de capitaux se sont poursuivies pendant le reste de l'année et le déficit commercial du Mexique a
été financé en grande partie par des ponctions sur les réserves internationales. Pour empêcher de nouvelles
hausses des taux d'intérêt, le gouvernement a permis une expansion du crédit intérieur et converti des effets
publics à court terme libellés en peso (cetes) arrivant à échéance en obligations libellées en dollar (tesobonos).
Comme l'a fait observer M. Sachs (1996), à la fin de 1994, la dette à court terme dépassait de loin les
réserves (la dette extérieure à court terme du secteur public était plus de trois fois et demie supérieure aux
réserves internationales), confrontant le gouvernement à une crise de liquidités.
Le recours à un taux de change prédéterminé pour réduire l'inflation, associé aux apports massifs de capitaux
dont l'intermédiation était assurée par un système bancaire déficient, a abouti à une situation de surévaluation
du taux de change, à l'existence d'un système financier vulnérable et finalement, en décembre 1994, à
l'effondrement de la monnaie. Après avoir élargi la marge de fluctuation du taux de change en permettant au
peso de se déprécier de 15 pour cent le 20 décembre, le gouvernement a adopté un système de taux de change
flottant le 22 décembre. Dans le cadre de ce système, qui est encore appliqué, la valeur extérieure est
déterminée sur le marché interbancaire en fonction de l'offre et de la demande. Au moment de la crise, les
réserves étaient tombées à 6 milliards de dollars EU alors qu'en janvier 1994 (ratification de l'ALENA) elles
atteignaient 29 milliards de dollars EU.
Source: FMI (1995), Working Paper 95/112 rédigé par M. Otker et (1996), Working Paper 96/6 rédigé par
M. Masson.
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