Épitre aux Colossiens Colossiens 2.8-12 #9 Page 1/9
Le piège de l’Évangile « + » (Col 2.8-12)
Introduction
Vous garderiez quoi ?
Ce début d’année a été pour bien des peuples une véritable tragédie.
Le tsunami au Japon, la catastrophe nucléaire qui a suivi.
Les ouragans aux US et les milliers de personnes qui ont tout perdu – y compris leur vie pour
plusieurs centaines d'entre eux.
Sans compter les guerres, habituelles, qui ensemencent l’actualité.
Sans compter les catastrophes individuelles, accidents, incendies, etc.
Les personnes qui sont passées par de telles catastrophes vivent un choc profond. Et au moment où
elles ont lieu, il y a, parait-il, outre l'instinct de survie, le désir ou le regret de ne pouvoir sauver
quelque chose. Que sauveriez-vous de votre maison ? Que sauveriez vous ? L’album photo,
l’ordinateur, un jouet d’enfant, une couverture ?
Difficile comme question, ou plutôt question facile dans le confort de cette salle, où l'on peut réfléchir
sans l’émotion de ce genre d’épreuve.
J’étais bouleversé par l’histoire de ce père de famille de 13 enfants qui a rassemblé toute sa famille au
sous-sol de la maison. Lorsqu’elle s’est effondrée il a couvert de son corps les enfants rassemblés, les
protégeant par sa vie et par sa mort. La dernière chose que les enfants ont entendu de leur père,
c’était la prière que Dieu les garde et prenne soin d’eux.
Si l’on devait garder quelque chose de la Bible, que garder ? Tout bien sûr ! Mais disons que certaines
doctrines sont moins conséquentes que d’autres ! Si vous vous trompez sur les questions alimentaires
de la Loi, c’est moins grave que si vous vous trompez sur la divinité de Christ. Aujourd'hui, Paul veut
que l’on comprenne le danger mortel d’ajouter quoi que ce soit à l'Évangile.
Lecture Col. 2.8-12
Le rejet des spiritualités de tradition humaine (2.8)
« 8 Prenez garde que personne ne fasse de vous sa proie par la philosophie et par une vaine
tromperie selon la tradition des hommes, selon les principes élémentaires du monde, et non selon
Christ. »
L’exhortation : « voyez », observez, regardez.
Il s’agit d'observer ceux et celles qui influencent l’Église en évaluant s’ils vont dans le sens de
l’Évangile, ou dans le sens de traditions étrangères à l’Évangile…
Quand on conduit une voiture, on fait attention aux autres, on s’assure d’être vu et de bien voir.
C'est la même chose dans le monde de la spiritualité.
En tant que disciples de Christ, nous devons être très attentifs à développer une spiritualité qui
découle entièrement de Jésus et de son œuvre. Mais une telle spiritualité va tellement à l’encontre de
ce que nous connaissons, que c’est contre-intuitif. Il n’existe aucune autre relation qui soit donnant /
non-donnant ! Du moins dans les proportions de l'Évangile.
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L’attention est portée sur trois déviances présentes à Colosse, et qui résument celles que toute Église
risque de rencontrer.
Par l’intelligence ; en s'appuyant sur une philosophie indépendante
Paul parle de « proie »
Littéralement d’être kidnappé, emmené captif, comme trophée de la guerre
Une personne saisie qui subit comme un lavage de cerveau.
La notion de contrôle est complète.
On peut penser à l'attitude du chat et de sa proie la souris… pendant plusieurs heures avant la
bouchée finale, impossible de se dégager de l’emprise du chat !
La philosophie n’est pas intrinsèquement mauvaise. Littéralement, le mot veut dire « amour de la
sagesse ». Un concept qui est cher à l’Écriture. Dieu veut que ses enfants possèdent la sagesse, que
leur raisonnement soit juste et que leur comportement reflète une belle compréhension.
Le livre des Proverbes a pour objectif de développer la sagesse (Prov 1.2) et une sagesse qui
vient de Dieu (Prov 2.6).
Il est dit de Jésus qu’il était rempli de sagesse dès son enfance (Luc 2.6)
Il est dit que l’Esprit nous donne un Esprit de sagesse (2 Ti 1.7)
Jacques caractérise la marque d’une vraie sagesse : « Lequel d’entre vous est sage et
intelligent ? Qu’il montre, par sa bonne conduite, ses œuvres empreintes de douceur et de
sagesse. » (Jc 3:13)
Mais le problème que dénonce Paul :
c’est une sagesse indépendante de Christ. Or, c’est en Christ que « sont cachés tous les trésors
de la sagesse et de la connaissance » (Col 2:3)
C’est une sagesse initiée par le raisonnement des hommes alors que « le commencement de la
sagesse, c’est la crainte de l’Éternel » (Ps 111.10)
C’est une sagesse qui glorifie l’homme alors que la vraie sagesse n’est que moyen de parvenir à
une connaissance personnelle de Dieu. J’aime ces mots de Jérémie :
Jérémie 9.22-23 Ainsi parle l’Éternel : Que le sage ne se glorifie pas de sa sagesse, Que le fort ne se glorifie pas de
sa force, Que le riche ne se glorifie pas de sa richesse, 23 Mais que celui qui veut se glorifier se glorifie d’avoir de
l’intelligence et de me connaître, (De savoir) que je suis l’Éternel, Qui exerce la bienveillance, le droit et la justice sur
la terre ; Car c’est à cela que je prends plaisir, - Oracle de l’Éternel.
Je ne suis pas philosophe pour un sou, mais voilà ce que je comprends des notions élémentaires de
philosophie.
Descartes réalisait qu’on ne peut avoir aucune certitude sur la réalité des choses. Le soleil semble
tourner autour de la terre alors que c’est l’inverse. Le sentiment d’amour d’un jour ne révèle pas
nécessairement d’amour réel. Mais il réalise qu’il y a une chose dont il est sûr : il pense, raisonne,
et doute – c’est cela la réalité de départ. « Je pense donc je suis », est célèbre dans le monde
entier. Le point de départ est l’homme. Le sujet réfléchit à la réalité qu’il s'agît alors de découvrir
progressivement.
Quel est le problème de ce point de départ ? C’est qu’il n’est pas le véritable point de départ !
Par quelle magie un homme peut-il penser ? Par quelle logique peut-il raisonner ? Le point de
départ de Descartes n’en est pas un ! Il en existe un en amont qui identifie immanquablement
un Dieu personnel, intelligent et Créateur.
La démarche philosophique et la démarche scientifique exigent l’existence de lois de la
logique. Et demandez à un logicien quelle est leur origine ; il vous dira « c’est impossible » !
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Luc Ferry signe un bel ouvrage introductif à la philosophie qui s’intitule Apprendre à vivre. Un survol
des idées, des manières de concevoir le monde, des pensées. Super. Dès le premier chapitre il
montre pourquoi la religion offrira toujours une réponse différente de la philosophie aux questions
fondamentales. Pourquoi ? Il donne plusieurs raisons intéressantes, et notamment :
1. L’arbre de la connaissance est dangereux dans la Bible ;
2. La religion suppose une révélation, la philosophie est une réflexion ‘indépendante’.
Et nous sommes là au cœur du problème. Son raisonnement est juste si l’arbre de la connaissance
est mythique. Son raisonnement est juste si la révélation se veut être une réponse relative aux
problèmes de l’existence. Et bien sûr il n’évoque pas l’origine de sa capacité à raisonner, de
l’existence des lois de la logique.
Toute philosophie indépendante de Dieu est vouée à l’échec, parce qu’elle ignore son unique fonde-
ment possible ! En plus, elle ignore le pouvoir du péché qui corrompt notamment la pensée. Paul
écrit : « ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les
ténèbres. Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous » (Ro 1:21, 22).
Un prix Nobel de Physique écrivit un article. C’était super. Il disait qu’il fallait abandonner une fois
pour toutes le modèle du surgissement spontané de la vie. Extraordinaire ! Enfin ! Savez-vous ce
qu’il a suggéré ? Qu'il faut plutôt croire au surgissement graduel de la vie… Comment peut-on ne
pas remarquer l’absurdité de la proposition ?
La pensée est affectée par la chute, et l’homme veut se créer un chemin de vie dans un tunnel qui
n’est éclairé que par la pensée de Dieu.
Francis Schaeffer a bien démontré que l’homme ne peut commencer avec lui-même et arriver à la
réalité suprême (voir Dieu, illusion ou réalité ?, Démission de la raison)
Du temps de Paul, il n’y avait ni Descartes ni Luc Ferry ni Comte-Sponvile … Mais il y avait tout autant
de gens qui trouvaient le message chrétien sympa, mais à améliorer. Une dose d’indépendance à
Christ. Voici quelques spéculations sur les idées qu'ils pouvaient avoir :
l’homme n’a pas totalement perdu le contact avec Dieu… à force de réflexion, d’effort sur lui-
même, il peut accéder à la lumière céleste… ERREUR SUR L’HOMME
Jésus est un être remarquable qui est venu du ciel sans toucher terre… il est un guide, un
merveilleux guide, mais il ne peut être Dieu qui habite au-delà des hommes… ERREUR SUR
JESUS
Il existe plusieurs niveaux de chrétiens. Il y a le niveau basique qui dépoussière son cœur, mais le
niveau de la pureté ne s'atteint qu’au contact d’un enseignement ésotérique et secret, destiné à
l’élite spirituelle… ERREUR SUR L’ÉVANGILE
Connaissez-vous des mouvements affirmant cela ? Ils pullulent dans toute l’histoire de l’Église. Je
connais plusieurs tendances actuelles d’inspiration chrétienne qui ont la prétention de fournir une
spiritualité supérieure à celle de la croix de Christ…
Par les habitudes ; en développant des traditions humaines
Les maîtres en séduction spirituelle réorientent la pratique chrétienne vers la tradition lorsqu’ils
n’arrivent pas à leur fin par le discours de la doctrine.
Là encore, la notion de tradition n’est pas mauvaise en soi. « Nous vous recommandons, frères, au
nom de notre Seigneur Jésus-Christ, de vous éloigner de tout frère qui vit dans le désordre et non
selon la tradition que vous avez reçue de nous. » (2Th 3:6).
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Le problème, c’est que la tradition peut facilement devenir le sujet prépondérant à défendre au mépris
de ce qui est central, c'est-à-dire la seule grâce de Dieu par le seul Jésus-Christ, obtenue par la seule
foi en lui et son œuvre…
Jésus fustige les prêtres d’avoir annulé la Bible par la tradition : Mr 7:13 « vous annulez ainsi la
parole de Dieu par votre tradition que vous vous êtes donnée »
Esa 29:13 « Le Seigneur dit : Ainsi quand ce peuple s’approche (de moi), Il me glorifie de la
bouche et des lèvres ; Mais son cœur est éloigné de moi, Et la crainte qu’il a de moi N’est qu’un
commandement de tradition humaine. »
Comment peut-on arriver à masquer l’Évangile de gloire par des traditions ? C'est très simple. On
résout un problème de façon pragmatique sans considérer ce que la Bible en dit. Voici quelques
exemples :
Au 1er siècle, on constatait du désordre pendant le repas du Seigneur. Le remède ? Justin Martyr
exigea la présence de l’évêque. Le résultat ? Le repas devint sacré, l’évêque devint sacré et
affublé du pouvoir…
La sexualité est la force la plus difficile à cadrer ? On va la décrire comme la plus terrible
expression du péché. Avec Augustin il faut s’en détourner et demander une abstinence absolue,
au moins pour les prêtres. Quand la Bible dit que l’évêque doit être le mari d’une seule femme, la
tradition va dire, avec Chrystotome, que le célibat est un statut supérieur nécessaire…
Les enfants meurent avant de se convertir ? On va associer au baptême la notion d’effacement du
péché ou au moins des conséquences du péché originel. Ainsi, en baptisant les enfants, ils sont
sauvés, membres de l’Église à leur mort…
Nous sommes des créatures d’habitudes ! Cela nous sécurise. Nous avons besoin d’habitudes pour
nous sentir en sécurité. Et la tradition surgit lorsque ces habitudes prennent la place de ce qu’elles
sont sensées représenter. De multiples autres exemples peuvent être cités :
La musique du culte…
Les formes du culte…
Les groupes de jeunes et la vie chrétienne…
Dans moins de 10 ans je ne serai plus le pasteur de cette Église. Une nouvelle équipe donnera une
impulsion nouvelle et formidable. Il y aura des changements. Certains grinceront des dents. Parce
qu’ils ne voudront pas de changement, sans discerner que ce qui compte ce ne sont pas nos
habitudes, mais Jésus Christ, l’Évangile…
Par la rigueur ; en encourageant des disciplines charnelles
Une troisième manière de minimiser l’Évangile est de se tourner vers la rigueur. « Les principes
élémentaires du monde ». La phrase est relativement énigmatique. Plusieurs articles et commentaires
ont tenté de comprendre ce que Paul voulait dire. Les idées exprimées :
Les éléments essentiels du monde correspondraient aux composants de l’univers de l’époque (la
terre, l’air, le feu, l’eau) personnifiés et susceptibles d’exercer une influence spirituelle. Une sorte
de chamanisme où l'on essaierait de maintenir une harmonie naturelle…
Une personnification de démons qu’il faudrait apaiser ou conjurer.
Un mélange de spiritualité ésotérique associée aux rigueurs alimentaires du judaïsme.
Je suppose que j’en ai oublié quelques unes ! Mais voilà concrètement ce à quoi pouvait ressembler
ce que Paul dénonce :
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Si tu jeûnes les lundis et mercredis, si tu t’abstiens d’aliments impurs, Dieu œuvrera en toi. Il te
protégera du mal. Il te révélera les secrets intimes du Seigneur…
R. Brown est une auteur qui a fait fureur il y a quelques années et qui préconisait de s’abstenir de
viande pour chasser des démons. Il y a dans ses ouvrages des doctrines hérétiques comme la
négation de la trinité. Il a été démontré que le personnage principal soi-disant délivré par Brown
est inventé de toute pièce. Et vous savez quoi ? Vous trouverez encore ce livre dans certaines
librairies chrétiennes ! Pourquoi ? Parce que cela flatte l’homme, parce que l'effort et la dureté des
traditions « honore » l’homme qui pense s’élever au-dessus des démons…
Ces choses masquent l’œuvre de Jésus et exaltent l’œuvre des hommes. Ce sont des poisons.
Écoutez ce que Dieu dit à propos de ceux qui changent l’Évangile : « Mais si nous-mêmes, ou si un
ange du ciel vous annonçait un évangile différent de celui que nous vous avons annoncé, qu’il soit
anathème ! » (Ga 1:8)
Si tu crois ou si tu enseignes être sauvé à cause de ton baptême – anathème !
Si tu crois ou si tu enseignes être sauvé à cause de ta présence dans cette église – anathème !
Si tu crois ou si tu enseignes être sauvé à cause de tes prières – anathème !
Si tu crois ou si tu enseignes être sauvé à cause des sacrements de l’Église Catholique –
anathème !
Si tu crois ou si tu enseignes être sauvé par autre chose que la seule grâce de Jésus Christ –
anathème !
Paul explique maintenant la fermeté de son rejet des manipulations humaines à l’Évangile.
Raison 1 : la divinité du Christ (2.9)
« 9 Car en lui, habite corporellement toute la plénitude de la divinité. »
Paul a plusieurs fois souligné la divinité de Jésus pour montrer sa prééminence et sa supériorité. La
même idée a déjà été soulignée en 1.19 : « Car il a plu (à Dieu) de faire habiter en lui toute plénitude »
La résidence de Dieu est continue et constante (c’est le temps du verbe habiter)
Elle est incarnée. C’est en son corps qu’il réside. Dieu s’est installé.
De quoi châtier les dualistes, qui enseignaient que le corps est mauvais et que l’esprit est ce qui
compte le plus…
Paul revient sur cette notion parce que si Christ, fondateur du christianisme, est véritablement Dieu,
on peut sagement supposer qu’il en sait plus que quiconque sur ce qu’est le christianisme, non ?! Et si
Jésus est le Créateur venu créer de nouveaux cœurs, il serait audacieux de modifier ce qu’il propose.
Pire, ce serait le considérer comme insuffisant et menteur.
C’est vraiment intéressant d'examiner la prétention qui habite généralement le cœur humain.
J’avais 8 ans. Je faisais du piano depuis 2 ou 3 ans. Mes parents m’ont emmené à un concert de
musique classique avec Arthur Rubinstein. L’un des grands pianistes de son temps. Spécialiste
des romantiques. Vous savez ce qu’ai j’ai dit à mes parents en sortant ? Il a fait 3 fautes. S’ils
avaient connu la Bible, ils auraient pensé… « des perles à un pourceau »…
« C’était nul »… j’ai déjà dû confesser dire que certaines choses sont nulles, hélas ! Mais je dois
avouer avoir été tenté de souligner qu’il y a une différence entre ne pas comprendre et trouver
quelque chose nul !
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