C1
ISSN 1774-430X - 09ST000BF/00-09
Numéro 14
RACINES Pr Guy GOODWIN
Tempéraments et risque de dépression : nouvelles données
MISE AU POINT Dr Yann LE STRAT
Traiter la dépression bipolaire : enjeux et perspectives
CONNEXIONS Pr Hugo THÉORET
Le système de neurones miroirs chez l’homme
CulturePsy_14_couv:Mise en page 1 12/05/09 14:43 PageC1
CulturePsy_14_couv:Mise en page 1 12/05/09 14:43 PageC2
1
ÉDITORIAL
L’imagerie fonctionnelle, à la vitesse du cerveau . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .2
• Pr Sylvain BAILLET, PhD
Professeur associé de Neurologie, Directeur Scientifique du Programme de Magnétoencéphalographie,
Hôpital Froedtert & Medical College of Wisconsin, Milwaukee, États-Unis
MISE AU POINT
Traiter la dépression bipolaire : enjeux et perspectives . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .3
• Dr Yann LE STRAT
INSERM, Unité 675, Faculté de Médecine Xavier-Bichat, Paris
RACINES
Tempéraments et risque de dépression : nouvelles données . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .4
• Pr Guy GOODWIN
Département de Psychiatrie, Université d’Oxford, Royaume-Uni
QUESTIONS DE PRATIQUE
Cannabis et dépression . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .6
Pr Jean COSTENTIN
Unité de Neuropsychopharmacologie, Faculté de Médecine & Pharmacie de Rouen
Unité de Neurobiologie Clinique, CHU Charles Nicolle, Rouen
PARCOURS DE VIE
Une bioœnographie médicale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .8
• Pr Marc-Louis BOURGEOIS
Neuropsychiatre et docteur en Psychologie, Bordeaux
CAS CLINIQUE
Dépression au cours d’une maladie de Parkinson . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .10
• Dr Pierre CESARO
Service de Neurologie et INSERM U841 NPI, CHU Henri Mondor, Université Paris XII, Créteil
IMAGERIE
La magnétoencéphalographie : MEG . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .12
• Dr Isabelle MASSAT, MD, PhD
Pédopsychiatre, chercheur qualifié du FNRS, Université Libre de Bruxelles, Belgique
Clinique de Neuropédiatrie, Hôpital Erasme, Bruxelles, Belgique
CONNEXIONS
Le système de neurones miroirs chez l’homme . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .14
• Pr Hugo THÉORET, PhD
Département de Psychologie, Université de Montréal, Canada
CONGRÈS PSY
3eCongrès de la Société Internationale de Thérapie Interpersonnelle . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .16
• Dr Frédéric KOCHMAN (Lille) • Dr HASSAN Rahioui (Paris)
Dr Laurent JACQUESY (Annecy) • Dr Thierry BOTTAI (Martigues)
CULTURE PSY
Cinéma et troubles de l’humeur . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .20
• Dr Christian GAY
Clinique du Château, Garches
VISIONS
« Autoportrait » de Pierre-Marie Tardat . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .21
• Ce tableau vu par… Dr Jean AUDET
Psychiatre, Angoulême
Conseillers scientifiques : Dr Frédéric KOCHMAN et Dr Jean-Albert MEYNARD
Numéro 14
Ce numéro est dédié au Docteur Jean AUDET, brusquement décédé. Il était impliqué depuis des années dans la réalisation de
cette revue où, à la croisée de son immense culture picturale et de son regard sur les hommes, il nous livrait avec enthousiasme
et acuité, son interprétation de nombreuses œuvres dans le cadre de la rubrique « Visions ». Dans ce numéro paraît le fruit de
l’un de ses derniers regards… ARDIX Médical, toute la Rédaction ainsi que Frédéric KOCHMAN et Jean-Albert MEYNARD
s’associent à la douleur de ses proches.
CulturePsy_14_int_:Mise en page 1 12/05/09 14:53 Page1
2
Numéro 14
Vingt ans après les premières images par résonance
magnétique fonctionnelle (IRMf), où en est-on aujour d’hui ?
Les techniques se sont affinées, ont gagné en sensibilité et
spécificité, et ont permis d’ouvrir un nou-veau champ de
connaissances, au carrefour de l’anatomie, de la physiologie
et des sciences physiques et mathé ma tiques : la cartographie
fonctionnelle cébrale humaine.
Comme souvent, ces avancées remarquables appor tent de
nouveaux questionnements. Ainsi par exemple, il n’est pas
rare qu’une région du cerveau soit impliquée dans des
processus fonctionnels multiples. Langage, mémoire et
attention se partagent parfois les mêmes structures
cérébrales. Avec ce type de résultats, c’est le principe même
de cartographie fonctionnelle qu’il conviendrait de revisiter en
le précisant. Par ailleurs, la plupart des études font état de
résultats obtenus sur de petits échantillons de sujets, de
l’ordre de la douzaine. Paradoxe : c’est trop, et trop peu à
la fois.
Trop, car il s’agit d’extraire des résultats moyens d’un groupe
de sujets étudiés dont l’anatomie et la géométrie cérébrales
varient de manière considérable entre individus. Cette
disparité est en partie compensée par des techniques de
mise en correspondance anatomiques sophistiquées mais
qui restent à standardiser.
Trop peu, car si un échantillon minimal de 1000 personnes
est nécessaire pour qu’un sondage d’opinion soit considéré
comme significatif, que peut-il en être de l’étude de fonctions
complexes comme l’apprentissage ou l’empathie ? aussi,
les recherches sont très actives et ont permis la mise au point
de techniques de classement des réponses cérébrales au
sein d’un groupe d’individus. En clinique, se pose comme
toujours le dilemme de la sensibilité et de la spécificité de la
neuroimagerie, aussi bien à l’échelle collective en tant qu’outil
d’appréciation de l’effet d’un traitement sur un groupe de
patients, qu’à l’échelon individuel en tant qu’aide à l’établis -
sement du diagnostic.
Une meilleure identification de la chronométrie des activations
et des interactions entre régions cérébrales devrait permettre
de lever l’ambiguïté sur leurs spécificités fonctionnelles et
leurs dysfonctionnements. L’imagerie cérébrale électro -
ma gnétique par magnéto encé phalo graphie (MEG)
permet d’accéder à l’activité électrique des grands ensembles
de neurones à l’échelle de la milliseconde. L’article du
Dr Isabelle Massat résume bien l’état de l’art de cette
technique non invasive, née des applications de la physique
quantique et de la supra conductivité. Avec la MEG, il devient
envisageable de suivre à la trace l’activité cérébrale qui
s’écoule entre la perception d’une consigne et l’exécution
d’une réponse. Aux États-Unis et au Japon, les examens
MEG pour la localisation de l’origine des crises d’épilepsie
et la cartographie fonctionnelle en bordure de tumeurs
cérébrales sont remboursés par les systèmes de santé…
Le "temps cérébral", cette échelle temporelle de l’activité
neuronale de masse au sein des grands systèmes rébraux,
devient donc accessible, et ce, sous différents aspects. Tout
d’abord, la chronométrie des réponses cérébrales met
en évidence la cascade temporelle des traitements mentaux
mis en jeu dans des tâches variées. L’évaluation quantitative
de ces réponses constitue une bibliothèque de nouveaux
biomarqueurs du cerveau sain ou malade, au cours du
développement ou en réponse à un traitement. Ainsi, il a été
récemment démontré que les réponses cérébrales auditives
mesurées en MEG constituaient un marqueur quantitatif
d’effets thérapeu tiques chez des patients dépressifs1. Mais
l’accession aux processus cérébraux en temps réel offre
d’autres perspectives d’évaluation clinique, pour la plupart
encore peu explorées. Les rythmes cérébraux de base,
par exemple, forment une signature de l’activité oscillatoire
neuronale massive normale ou pathologique au sein de notre
cerveau. Certaines pathologies, comme la pression ou les
accidents vasculaires cérébraux en phase post-aiguë, se
manifestent en effet par un fort ralentis sement des activités
neuronales oscillatoires liées à leurs physiopathologies
respectives. La MEG, par l’identification de ces régimes
oscillants anormaux et de leurs origines anatomiques, est un
outil de pointe à même de répondre à ces défis.
Référence
1 •
Tollkötter M, Pfleiderer B, Sörös P, Michael N. Effects of antidepressive therapy on
auditory processing in severely depressed patients: a combined MRS and MEG study.
J Psychiatr Res. 2006;40:293-306.
L’imagerie fonctionnelle, à la vitesse
du cerveau
Pr Sylvain BAILLET, PhD
Professeur associé de Neurologie, Directeur Scientifique du Programme de
Magnétoencéphalo graphie, Hôpital Froedtert & Medical College of Wisconsin,
Milwaukee, États-Unis
CulturePsy_14_int_:Mise en page 1 12/05/09 14:53 Page2
Traiter la dépression bipolaire :
enjeux et perspectives
Dr Yann LE STRAT
INSERM, Unité 675, Faculté de Médecine Xavier-Bichat, Paris
Pourtant, cette prise en charge thérapeutique de la
dépression est une des clés du pronostic du trouble
bipolaire. Les 3 grandes possibilités thérapeutiques à ce
jour sont les thymorégulateurs et les antidépresseurs en
monothérapie ou bien l’association de ces deux classes.
Les traitements de première ligne restent les thymo -
régulateurs, qu’il s’agisse des molécules de première
génération (lithium), des antiépileptiques ou, plus récem -
ment, de certains antipsychotiques associés ou non à un
traitement antidépresseur.
Attention au virage… sous antidépresseurs
Le traitement par antidépresseur seul est fréquemment
prescrit, en dépit de l’absence d’étude randomisée en
double aveugle de qualité satisfaisante ayant montré leur
intérêt, du moins en monothérapie. Le risque de virage
maniaque ou hypomaniaque ainsi que l’accélération des
cycles sont particulièrement bien démontrés dans le cas
d’un traitement par antidépresseur seul, ce qui rend cette
modalité thérapeutique plus hasardeuse.
Les traitements associant thymorégulateurs et anti dépres -
seurs représentent toutefois la modalité la plus utilisée par
les prescripteurs. L’adjonction d’un traitement antidépres -
seur est notamment utile en cas de dépression ayant
résisté à un traitement par thymorégulateur à posologie et
durée réputées efficaces.
Le choix du traitement antidépresseur repose alors à la fois
sur le profil d’efficacité et de tolérance de celui-ci. Les
traitements tricycliques, par exemple, majorent nettement
le risque de virage maniaque, et bénéficient de peu d’essais
cliniques ayant montré leur efficacité dans le cadre de la
dépression bipolaire. De même, les 2 études portant sur
les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la
noradrénaline suggèrent une augmentation du risque de
virage en comparaison à d’autres traitements anti -
dépresseurs. Ces données rendent la prescription de ces
2 types de molécule plus aléatoire1.
La piste glutamatergique
Des travaux récents ont montré que le lithium et d’autres
thymorégulateurs étaient susceptibles de modifier l’activité
de certains récepteurs glutamatergiques, ce qui sous-tend
en partie leurs effets neuroprotecteurs2. Il est tentant de
spéculer que des antidépresseurs ayant une actividirecte
et spécifique sur la voie glutamatergique, ou indirecte sur
la neuroplasticité et la neurogenèse, seraient susceptibles
d’avoir des effets antidépresseurs non seulement additifs,
mais également synergiques.
À ce titre, une enquête a été mise en place en France pour
évaluer non seulement l’efficacité de ce type de traitement,
mais également les risques de virages hypomaniaques ou
maniaques sous bithérapie centrée sur la voie glutamater -
gique. Les résultats préliminaires semblent prometteurs,
tant sur le plan de la tolérance et de l’efficacité que sur la
diminution du risque de virage, et pourraient constituer une
avancée significative dans la prise en charge de la
dépression bipolaire.
Références
1 •
Salvi V, Fagiolini A, Swartz HA, Maina G, Frank E. The use of antidepressants in bipolar
disorder. J Clin Psychiatry. 2008;69:1307-1318.
2 •
Sourial-Bassilious N, Rydelius PA, Aperia A, Aizman O. Glutamate-mediated calcium
signaling; a potential target for lithium action. Neuroscience. 2009 Apr 9. [Epub ahead
of print].
Les épisodes dépressifs survenant dans le cadre d’un trouble bipolaire constituent un
enjeu thérapeutique particulrement difficile. Dune part, parce que ces épisodes
sont particulièrement fréquents, et notamment plus fréquents que les épisodes de
manie ou d’hypomanie. D’autre part, parce que la symptomatologie dépressive, qu’elle
soit contemporaine de lépisode ou même résiduelle à son décours, est un facteur
essentiel du handicap lié au trouble bipolaire. Enfin, parce que la prise en charge
trapeutique de ces épisodes est complexe, les recommandations ayant constam -
ment évolué au cours des 10 dernières années.
3
CulturePsy_14_int_:Mise en page 1 12/05/09 14:53 Page3
1 / 24 100%
La catégorie de ce document est-elle correcte?
Merci pour votre participation!

Faire une suggestion

Avez-vous trouvé des erreurs dans l'interface ou les textes ? Ou savez-vous comment améliorer l'interface utilisateur de StudyLib ? N'hésitez pas à envoyer vos suggestions. C'est très important pour nous!