
Résumé
Les vertébrés, du poisson à l'homme, possèdent un potentiel membranaire médié en partie
par les ions chlorure (Cl-). L’une des premières formes d’activité neuronale lors du
développement est la dépolarisation médiée par les ions chlorures extrudés par les canaux
glycinergiques (GlyR) et GABAergiques. Cette dépolarisation est rendu possible grâce à
l’expression retardée du co-transporteur d’ions chlorure et de potassium KCC2 lors du
développement qui génère un gradient hyperpolarisant postnatalement chez les
mammifères. Le rôle de cette dépolarisation précoce paradoxale durant le développement
est inconnu. En injectant l’ARNm de KCC2 dans des embryons de poissons zébrés
nouvellement fertilisé, nous avons devancé l’expression de ce co-transporteur rendant ainsi
la glycine hyperpolarisante dans tous les neurones dès les premières phases du
développement. Nous avons aussi ciblé le récepteur glycinergique directement en bloquant
son activité et son expression à l’aide d’une drogue spécifique, la strychnine et d’un
morpholino antisens (Knockdown). Dans les trois cas (KCC2, strychnine et GlyR KD), les
perturbations de l’activité neuronale ont provoqués des erreurs dans la neurogenèse, en
particulier une diminution du nombre d’interneurones sans avoir d’effets sur les
motoneurones et les neurones sensoriels. De plus, en bloquant les canaux calciques activés
à bas voltage dans le développement avec la drogue nifedipine, il y a des erreurs dans la
neurogénèse semblables à celles remarquées dans les trois conditions précédentes. Nous
concluons que la dépolarisation précoce par la glycine permet l’entrée du calcium et
l’activation de la neurogénèse chez les interneurones.
Mots-clés : KCC2, Récepteur glycinergique, Neurogénèse, Calcium, Chlore, Poisson zébré