
3- Les aires de poser
3.1 Avant propos
Une hélistation est une construction ménageant des trouées d'approche et de
décollage libres d'obstacles pour répondre aux règles édictées par l'OACI et pour en per-
mettre l'utilisation normalisée. Elle est obligatoire si plus de 200 mouvements par an (ou
20 par mois) y sont constatés (soit plus de 100 missions par an). Ces conditions impo-
sent des réserves foncières sans obstacle (rarement retrouvées en ville) ou des hélista-
tions en terrasse plus sûres mais plus onéreuses.
L'hélisurface ne nécessite aucun aménagement particulier. Elle est " créée " par le pilo-
te au moment de son utilisation s'il juge pouvoir l'utiliser, en respectant la réglementation
opérationnelle OPS 3 et les performances de sa machine décrites dans son "manuel de
vol". C'est une "solution" économique mais non reconnue par la même OACI. Elle est
soumise à des restrictions d'utilisation dans le cadre du transport public de passager.
Elles sont interdites en ville.
La notion de "Site d'Intérêt Public" (SIP) recouvre les aires de poser qui ne sont pas aux
normes mais qui ont été déclarées indispensables, puis utilisables par dérogation. Les
SIP sont créés par l'administration pour faire face à l'urgence du besoin, à la condition
de présenter un plan de mise aux normes.
Le cas particulier des " hélisurfaces hospitalières " :
Les hélisurfaces sont interdites en ville. Il existe néanmoins une exception pour les hôpi-
taux (qui sont le plus souvent construits en agglomération). Malheureusement, il n'exis-
te actuellement aucun texte pour en définir les caractéristiques minimales. Ceci incite
souvent les districts aéronautiques à demander (par défaut) aux établissements de
construire des hélistations (structures très encadrées réglementairement donc beau-
coup plus coûteuses), ce qui est absurde pour des hôpitaux de proximité qui n'utilisent
leur aire de poser que quelques fois par an.
3.2 Quelles sont les difficultés rencontrées ?
Pour utiliser de manière optimale pour le patient un hélicoptère sanitaire, il est
nécessaire de pouvoir le poser au plus près de l'endroit où le patient se trouve puis
sera traité. Cette constatation de bon sens est la première qui est contredite par l'expé-
rience : sur les 750 points de poser référencés dans le "Registre national des vols sani-
taires par hélicoptères" [http://www.afhsh.org] riche de 22.500 missions héliportées, seu-
les 185 sont aux normes (25%).
Faute d'une politique clairement énoncée et de l'absence de textes réglementaires impo-
sant la dotation d'une zone de poser pour les hélicoptères aux normes pour toute struc-
ture ayant un plateau de recours ou une structure d'accueil des urgences, de nombreux
établissements (mêmes neufs!) n'en sont pas dotés. L'aire de poser est souvent la pre-
mière " économie " réalisée sur un projet jugé trop coûteux !
Les zones de poser qui existent sont souvent situées loin des services d'accueil, obli-
geant un transfert intermédiaire en ambulance de réanimation ce qui réduit le gain de
temps réalisé par l'hélicoptère et augmente la mobilisation d'un patient le plus souvent instable.
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