
1
Introduction
Les processus sous-jacents à la globalisation de l’économie influencent grandement les
activités des institutions financières (Palomo, 2001). Nous désirons souligner deux
enjeux liés aux conséquences provoquées par cette économie globale. Le premier touche
autant les banques ayant une structure de propriété privée que les institutions financières
coopératives. Le second enjeu est spécifique aux institutions coopératives.
Les changements structuraux de cette globalisation ont dessiné un environnement
hautement concurrentiel pour le secteur financier. La déréglementation survenue au
début des années 1980 a permis une concentration des entreprises financières et le
décloisonnement de l’offre des services (Élie, 1997). Pour y faire face, les institutions
financières ont développé des actions stratégiques visant principalement à être
concurrentielles, au niveau de l’offre d’une gamme plus vaste de services de meilleure
qualité et de moindre coût (Palomo, 2001). Il en a résulté des pratiques commerciales et
financières similaires et ce, ayant peu égard au type de propriété des institutions
financières.
Il en découle un second enjeu pour les institutions financières coopératives, à savoir la
préservation de leur distinction coopérative. D’une part, les pratiques stratégiques
développées par les institutions financières sont en partie calquées sur les stratégies de
concentration et de coopération bancaires (Palomo, 2001). D’autre part, il y a une
incohérence entre le processus de globalisation et les caractéristiques spécifiques des
coopératives (Spear, 2001). Au plan de la capitalisation, les coopératives ont des
structures financières qui limitent leur accès à des sources de capitaux plus larges. Au
plan de la gestion, les coopératives, lors des cycles de concentration, peuvent
difficilement recourir au processus de fusion et d’acquisition afin de conserver leur
poids économique. Lorsque vient le temps pour les institutions financières coopératives
de dessiner un plan stratégique et opérationnel pour s’adapter au marché, la conjugaison
de ces facteurs fait en sorte qu’elles se retrouvent sur la défensive au sujet de leur
identité coopérative. Un dilemme émerge : Est-ce que les principes coopératifs