
incitent à persévérer sur la voie des réformes.
Depuis la loi de 1956, la régulation nancière
libanaise prévoit le secret bancaire, an de
protéger l’épargnant et l’investisseur et cette
régulation englobe également une loi contre le
blanchiment d’argent.
Quelles sont les incitations scales ou en
matière de coût qui motivent les investis-
seurs ?
Outre les nombreux avantages que présente le
pays (localisation stratégique, ouverture éco-
nomique, scalité, RH,…), les performances
actuelles et le potentiel du Liban sont suscep-
tibles d’attirer de nombreux investisseurs inter-
nationaux en quête de relais de croissance.
Dans son eort de modernisation et de déve-
loppement, l’Etat recherche et encourage acti-
vement l’apport des capitaux étrangers. L’IDAL,
agence pour le développement des investisse-
ments au Liban, a ainsi été créée en 1994 avec
pour mission de promouvoir le Liban comme
une destination viable pour les capitaux étran-
gers, de les attirer, de les faciliter et de les retenir.
L’IDAL a ainsi prévu de nombreuses mesures
incitatives comme l’exemption des impôts sur
le revenu et sur la distribution des dividendes,
la délivrance de permis de travail multiples ou
des réductions de taxes pour les permis de tra-
vail, de résidence, et de construction.
Des incitations
scales fortes
En quelques années, cet environnement ré-
nové a convaincu de nombreuses entreprises
internationales à s’implanter au Liban, notam-
ment dans le secteur touristique où l’ouverture
de prestigieuses enseignes s’est multipliée, et
nous savons l’expertise des Monégasques en la
matière ! Si le développement récent de notre
industrie touristique a été spectaculaire et ore
encore de grandes promesses, de nombreux
autres secteurs d’activités sont particulière-
ment porteurs pour les IDE, comme les tech-
nologies d’information et de communication,
l’industrie (agroalimentaire, ameublement,
joaillerie, cosmétiques,) et l’agriculture.
Vous semblez attendre beaucoup des parte-
nariats public /privé. En général ou pour des
projets particuliers?
En eet, les besoins de reconstruction et de
modernisation nécessitent l’apport des capi-
taux et des compétences du secteur privé :
l’Etat seul ne dispose pas des moyens su-
sants pour atteindre ces objectifs dans un délai
optimal. « Le Liban doit rapidement remédier à
son décit d’infrastructures, pour exploiter son
potentiel et assurer une croissance durable.
Les conférences de Paris I, II et III, ont d’ailleurs
prévu la libéralisation de secteurs clés comme
l’Energie et les Telecoms.
Ressources naturelles
De plus l’Etat projette également la privatisa-
tion de 25% de la compagnie aérienne natio-
nale, la MEA, et de nombreux autres projets
dans le domaine des transports sont à l’étude
comme l’établissement d’une liaison ferro-
viaire entre les villes côtières et la Syrie. Nous
voulons également développer les ressources
naturelles du pays, comme notre potentiel
hydrologique, photovoltaïque et éolien pour
l’industrie des énergies renouvelables. Enn,
nous encourageons également le secteur privé
à s’impliquer pour le progrès social du pays par
la création d’écoles, d’universités, de labora-
toires et d’hôpitaux.
Du pétrole a été découvert au large de Bey-
routh. Quelle est l’importance de ce gise-
ment? Qui va l’exploiter?
Suite à la découverte par la société norvé-
gienne d’un important gisement de gaz aux
larges des cotes méridionales du Liban, une loi
a été adoptée au Parlement pour l’organisation
de ce secteur: forage, exploitation, production,
ect… Le ministère de l’Energie adoptera pro-
chainement une «data room»pour fournir aux
compagnies qui le souhaitent les données dis-
ponibles sur les fonds marins et procèdera dans
une phase, ultérieure à la délimitation des blocs
de prospection qui feront l’objet d’adjudication.
Sur un plan politique, qu’attendez-vous de
l’UPM ? Le Liban a-t-il d’autres projets de
coopération méditerranéens?
Dès le départ, le Liban a adhéré au projet de
l’Union pour la Méditerranée avec conviction
pour l’intérêt global qu’il a suscité. Le Président
Audi:
un acteur bancaire de
premier plan à Monaco
La banque libanaise Audi est désormais
officiellement implantée à Monaco. C’est
en début d’année que le groupe avait fait
connaître son intention de racheter la
Dresdner Bank Monaco. SAM au capital de
20 millions d’euros, celle-ci est présente à
Monaco depuis 2006 où elle emploie une
vingtaine de personnes sous la direction
générale de Charles Sirna. Elle vient d’adop-
ter la raison sociale de Banque Audi SAM
– Audi Saradar Group et devrait connaître
de nouveaux développement grâce à l’appui
de son nouvel et puissant actionnaire.
Audi Saradar Group est issu du rappro-
chement, en 2004, des activités bancaires
d’Audi fondée en 1830 et transformée en
SA libanaise en 1962 et de la banque créée
par Marius Saradar au milieu du siècle
dernier. Aujourd’hui, les deux familles Audi
et Saradar en sont les principaux action-
naires avec la famille Al Homaizi. Parmi
les toutes premières banques arabes, elle est
très solidement implantée au Liban, bien
sûr, mais aussi en Jordanie, en Egypte, en
Arabie Saoudite, au Soudan, en Syrie, au
Koweït, dans les Emirats et bientôt dans
tout le Maghreb. Elle dispose aussi de
filiales en France et en Suisse où elle est la
seconde banque arabe par le montant des
actifs gérés. Son implantation à Monaco est
donc un évènement majeur pour la place
financière.
La porte
du Moyen-Orient
Moustapha El-Solh, consul honoraire du
Liban à Monaco, qui représente le Liban sur
le plan des affaires et proche des autorités
de Beyrouth, a exprimé sa reconnaissance
envers Michel Dotta, président de la CDE,
pour sa mise en avant du Liban. Une
délégation d’une centaine de dirigeants se
rendra du 11 au 14 janvier à Beyrouth. Elle
regroupera les entrepreneurs de Monaco,
les membres de l’Amaf (Association
monégasque des activités financières), les
directions du tourisme et de la SBM. « Nous
cherchons à entrer dans le secteur du
Moyen-Orient. Le puissant secteur bancaire
libanais présente une réelle opportunité »,
explique Anthony Torriani, vice-président de
l’Amaf « Nous allons voir avec nos homolo-
gues quels sont leurs produits d’investisse-
ment et si le Liban n’aurait pas l’utilité de
certains des nôtres. Nous pouvons en retour
offrir à nos interlocuteurs une porte d’accès
à l’Europe. »
© CDE
N°440 / 15 Novembre - 14 décembre 2010 La Gazette de Monaco
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