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dominante (HBD), pathologie héréditaire dans laquelle le trouble de
réabsorption rénale, différent de celui de l’HLX, entraîne des
anomalies osseuses mais pas de rachitisme uniforme bien que le
niveau de phosphate dans le sérum soit aussi faible.
[35]
Les signes dentaires de ces deux syndromes sont un émail normal
mais fin, une cavitépulpaire élargie avec des cornes pulpaires qui
s’étendent jusqu’à la jonction émail/dentine et un taurodontisme.
La taille anormale de la pulpe est la conséquence d’une dysplasie de
la dentinogenèse secondaire et/ou d’une déficience de la
minéralisation (dentine interglobulaire).
[36, 37, 38, 39, 40]
Un excès de zinc
dans les espaces interglobulaires pourrait expliquer ce trouble de la
minéralisation dentinaire.
[41, 42]
En effet, contrairement au tissu
osseux, le déficit en phosphate ne semble pas être la cause principale
des défauts de minéralisation dentinaires, tandis que le zinc, connu
pour inhiber la minéralisation dentinaire et observéen excès dans
les espaces interglobulaires sur un modèle de souris HLX, jouerait
un rôle déterminant.
[41]
Les malades atteints d’HLX et d’HBD présentent tous des anomalies
dentaires mais àdes degrésdifférents, alors que l’hypophosphatémie
est similaire. De plus, les lésions pulpodentinaires sont observables
même lorsque les malades ont un traitement dèsl’enfance qui
permet de restaurer le taux de phosphate sérique àdes valeurs
normales.
[43]
Ilaétédémontréque les anomalies dentaires observées
dans les cas d’HLX sont la conséquence de deux processus séparés,
l’un qui est dûàl’hypophosphatémie d’origine rénale, l’autre
affectant directement la dentinogenèse secondaire.
[36]
Une fois
induite génétiquement, la dentinogenèse secondaire est continue,
lente et régulière et ne semble pas dépendre de la concentration en
phosphate.
[36, 44]
Des nécroses pulpaires (dans 40 % des cas d’HBD, 50 % des HLX
chez la femme et 100 % des HLX chez l’homme) et des abcèsau
niveau de dents temporaires et définitives non cariées sont décrits
sans que la cause de ces abcès soit clairement définie.
[38, 39]
Au
niveau des dents temporaires, la faible épaisseur d’émail puis
l’envahissement bactérien de la dentine hypominéraliséeou
l’attrition amélaire entraînant une exposition pulpaire au niveau des
cornes pulpaires effilées pourraient expliquer la nécrose pulpaire
[42]
alors que sur les dents définitives, les abcès sont inexpliqués.
[38]
La
progression des micro-organismes dans les défauts microscopiques
de l’émail et de la dentine semble une hypothèse probable.
[42]
Bien
que ces abcès dits «spontanés»apparaissent dèsl’âge de 2 ans,
l’intérêt de pulpotomies prophylactiques chez les jeunes patients
atteints de rachitisme résistant àla vitamine D a étédiscuté
[37]
et
depuis 2002, ce traitement n’est plus recommandé.
[39]
Dans la pathologie liéeàl’X, les anomalies dentaires sont plus
accentuées chez les hommes que chez les femmes (ceci est dûà
l’atténuation du phénotype par l’allèle sain).
[35, 36, 37, 45]
Rachitisme vitamine D-dépendant (VDDRI et VDDRII)
La bioactivation de la vitamine D requiert l’activitéenzymatique de
la 1a-hydroxylase rénale. La déficience ou l’absence de cette enzyme
est provoquée par une maladie autosomale récessive rare appelée
rachitisme vitamine D-dépendant de type I (VDDRI ou rachitisme
vitamine D-pseudodéficient). Le VDDRII ou rachitisme vitamine
D-dépendant de type II (aussi nommérachitisme hypocalcémique
vitamine D-résistant) est une autre forme de rachitisme à
transmission autosomique récessive causée par une anomalie du
récepteur àla vitamine D et donc résistante au traitement
vitaminique. Les signes cliniques du syndrome du VDDRI sont
nombreux ; on y retrouve des anomalies squelettiques mais aussi
musculaires et des convulsions. Le bilan biologique révèle une
hypocalcémie, une hypophosphatémie, un taux de PTH élevéet une
forte phosphatase alcaline. Dans le VDDRII, les signes cliniques du
VDDRI sont retrouvés avec en plus une alopécie et un taux élevéde
1,25-dihydroxyvitamine D.
[40]
L’étude d’un cas présentant un
VDDRI montre des altérations dentaires avec, au niveau
radiologique, une pulpe dentaire large et des racines courtes et d’un
point de vue histologique, des altérations comparables àcelles
décrites précédemment dans le rachitisme hypophosphatémique
vitamine D-résistant. Cependant, il est intéressant de noter qu’il n’a
pas étéobservéd’abcès. Les signes dentaires du VDDRII sont
identiques àceux du VDDRI.
[40]
¶Hypophosphatasie
L’hypophosphatasie est une maladie héréditaire autosomale
récessive provoquant l’absence d’activitéphosphatase alcaline
(enzyme qui libère le phosphate en milieu basique). Il existe une
forme infantile de cette maladie oùles enfants décèdent avant
l’apparition des premières dents, une forme juvénile et une forme
adulte. Les malades présentent des déformations osseuses
ressemblant àcelles du rachitisme.
[11]
La dentine radiculaire est
particulièrement affectée. La dentine apicale est trèsfine avec des
fibres de collagène épaisses, des inclusions de débris cellulaires et
de nombreux espaces interglobulaires. Àla radiographie, la pulpe
dentaire de certains patients est extrêmement large, faisant penser à
des «dents en coquillage ».
[11]
¶Ostéogenèse imparfaite
L’ostéogenèse imparfaite est une maladie génétique oùla mutation
du gèneCOL1A1oudugène COL1A2 qui codent pour les chaînes
pro-a1etpro-a2 du collagène de type I provoque des altérations de
la minéralisation de cette protéine de la matrice osseuse et
dentinaire. Il existe quatre types d’ostéogenèse imparfaite classésen
fonction des signes cliniques, radiologiques et génétiques ou en
fonction du degréde mobilitédu malade. La dentinogenèse
imparfaite de type I est une forme de dysplasie dentinaire associée
àl’ostéogenèse imparfaite. Il convient de différencier la
dentinogenèse imparfaite de type I de la dentinogenèse imparfaite
de type II, anomalie génétique liéeàune mutation au niveau du
gène DSPP dont le phénotype est uniquement dentaire. Tous les
malades atteints d’ostéogenèse imparfaite ne présentent pas de
dentinogenèse imparfaite ; la prévalence de la dentinogenèse
imparfaite chez les patients atteints d’ostéogenèse imparfaite est de
8à40 %.
Qu’elle soit de type I ou de type II, les dents des patients atteints de
dentinogenèse imparfaite sont caractérisées par une couleur jaune
(en «sucre d’orge sucé») et un coefficient d’usure très rapide, l’émail
ayant disparu par attrition. Les dents temporaires sont plus atteintes
que les dents définitives. L’aspect radiologique est spécifique avec
des racines courtes, des couronnes bulbeuses dues àune constriction
cervicale et une oblitération de la chambre pulpaire. D’un point de
vue histologique, la dentine présente des zones amorphes
dépourvues de tubuli, ou des tubuli irréguliers et ramifiés, des
inclusions cellulaires et de la dentine interglobulaire. Cependant,
dans la dentinogenèse imparfaite de type I (associéeàl’ostéogenèse
imparfaite), ilyadetrès grandes variations en ce qui concerne la
gravitédes altérations de la dentine. Malmgren et Lindskog,
[46]
en
observant un grand nombre de patients atteints d’ostéogenèse
imparfaite, ont mis en évidence une corrélation entre la gravitéde
l’ostéogenèse imparfaite et la quantitéd’anomalies dentinaires. De
plus, cette étude montre qu’il y a peu de différences entre les dents
d’un même patient, que sur une même dent s’il y a une différence,
l’atteinte radiculaire est toujours plus accentuée que l’atteinte
coronaire, que la dentine circum-pulpaire est plus sévèrement
atteinte que la mantle dentine et que les patients qui présentent une
ostéogenèse imparfaite sans dentinogenèse imparfaite détectable
cliniquement ont des anomalies dentinaires plus importantes que
chez des patients sains.
Odontologie Facteurs étiologiques généraux de la pathologie pulpodentinaire 23-009-A-10
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